Elections italiennes: Des réactions partagées entre enthousiasme, mises en garde et appels à l'union

Cette photo prise à Rome le 26 septembre 2022 montre des pages de journaux italiens avec des photos de la dirigeante du parti d'extrême droite italien «Fratelli d'Italia« (Frères d'Italie) Giorgia Meloni, au lendemain de la victoire de son parti (Photo, AFP).
Cette photo prise à Rome le 26 septembre 2022 montre des pages de journaux italiens avec des photos de la dirigeante du parti d'extrême droite italien «Fratelli d'Italia« (Frères d'Italie) Giorgia Meloni, au lendemain de la victoire de son parti (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 27 septembre 2022

Elections italiennes: Des réactions partagées entre enthousiasme, mises en garde et appels à l'union

  • La France sera «attentive» au «respect» des droits humains, a averti la Première ministre Elisabeth Borne
  • De son côté, l'Allemagne attend de l'Italie qu'elle reste «très favorable à l'Europe», a indiqué à la presse Wolfgang Büchner, porte-parole du gouvernement

PARIS: Les réactions sont mitigées lundi au lendemain de la victoire du parti post-fasciste de Giorgia Meloni aux législatives italiennes, oscillant entre enthousiasme, appels à l'union et mises en garde sur les droits de l'Homme.

- La Commission européenne espère qu'elle aura "une coopération constructive avec les nouvelles autorités italiennes", selon son porte-parole Eric Mamer.

"La Commission et la présidente (Ursula von der Leyen) travaillent avec les gouvernements issus des élections des pays de l'Union européenne. Il n'en va pas différemment dans ce cas-ci", a-t-il dit lors d'une conférence de presse quotidienne de l'exécutif européen.

 

- En France, la présidence de la République a estimé qu'"en tant que pays voisins et amis, nous devons continuer à œuvrer ensemble". "Le peuple italien a fait un choix démocratique et souverain. Nous le respectons", a ajouté l'Elysée.

Plus tôt, la Première ministre Elisabeth Borne s'était montrée plus circonspecte, indiquant sur la chaîne BFMTV que la France serait "attentive" au "respect" des droits de l'Homme et du droit à l'avortement.

 

- Le ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Albares a lui alerté sur le fait que "les populismes finissent toujours en catastrophe" et estimé que cette victoire intervenait à un moment où "deux modèles s'affrontent" en Europe, sur fond de guerre en Ukraine.

"Un modèle sur lequel parie le gouvernement espagnol et beaucoup d'autres pays en Europe qui est celui de la construction européenne" et un "autre modèle, celui [du président russe] Vladimir Poutine, un modèle autoritaire dans lequel se retrouvent des forces politiques en Europe", a-t-il indiqué.

La ministre du Budget, Maria Jesus Montero, a elle estimé qu'"aujourd'hui est un jour d'inquiétude pour les démocrates".

 

- De son côté, l'Allemagne attend de l'Italie qu'elle reste "très favorable à l'Europe", a indiqué à la presse Wolfgang Büchner, porte-parole du gouvernement.

"L'Italie est un pays très favorable à l'Europe, avec des citoyennes et des citoyens très favorables à l'Europe, et nous partons du principe que cela ne changera pas", a-t-il lancé.

Un porte-parole du ministère des Finances a lui indiqué que Berlin continuait d'attendre de Rome le respect des règles budgétaires européennes.

 

- Aux Etats-Unis, le chef de la diplomatie Antony Blinken a salué en l'Italie "un allié vital, une démocratie forte et un partenaire apprécié".

"Nous sommes impatients de travailler avec le gouvernement italien sur nos objectifs communs: soutenir une Ukraine libre et indépendante, respecter les droits humains et construire un avenir économique durable", a-t-il écrit sur Twitter.

 

- Au Royaume-Uni, la Première ministre conservatrice Liz Truss a félicité Mme Meloni lundi soir sur Twitter, ajoutant: "du soutien à l'Ukraine à la gestion des défis économiques mondiaux, le Royaume-Uni et l'Italie sont de proches alliés".

 

- En Russie, la présidence, via son porte-parole Dmitri Peskov, a dit être "prêt(e) à saluer toute force politique capable de dépasser le courant dominant établi plein de haine envers notre pays (...) et d'être plus constructifs dans les relations avec notre pays".

 

- Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, a salué la "grande victoire" de Giorgia Meloni. "Grande victoire! Félicitations!", s'est exclamé M. Morawiecki sur Facebook, utilisant des émojis pour souligner que les deux pays seraient forts ensemble.

 

- Un enthousiasme partagé par le Premier ministre nationaliste hongrois Viktor Orban, qui a twitté "Bravo, Giorgia! une victoire bien méritée. Félicitations!". "Nous avons plus que jamais besoin d'amis partageant une vision et une approche communes de l'Europe", a jouté son directeur politique, le député Balazs Orban.

 

- Dans plusieurs pays européens, les formations d'extrême droite se sont réjouies de la victoire de Mme Meloni.

"Le peuple italien a décidé de reprendre son destin en main en élisant un gouvernement patriote et souverainiste", a tweeté la Française Marine Le Pen, du Rassemblement national (RN).

"Nous jubilons avec l'Italie! Félicitations à toute l'alliance", a estimé en Allemagne Beatrix von Storch, vice-présidente du groupe AfD au Bundestag.

Pour le leader du parti espagnol Vox, Santiago Abascal, Mme Meloni "a montré la voie vers une Europe fière et libre de nations souveraines", estimant que "des millions d'Européens plaçaient leurs espoirs dans l'Italie".


Washington sanctionne des Iraniens accusés d'orchestrer la répression des manifestants

M. Larijani "coordonne la réponse aux manifestations au nom du Guide suprême de l'Iran et a publiquement appelé les forces de sécurité iraniennes à recourir à la force pour réprimer les manifestants pacifiques", écrit le ministère dans un communiqué. (AFP)
M. Larijani "coordonne la réponse aux manifestations au nom du Guide suprême de l'Iran et a publiquement appelé les forces de sécurité iraniennes à recourir à la force pour réprimer les manifestants pacifiques", écrit le ministère dans un communiqué. (AFP)
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  • Est en particulier visé Ali Larijani, à la tête de la plus haute instance de sécurité en Iran en tant que secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale
  • M. Larijani "coordonne la réponse aux manifestations au nom du Guide suprême de l'Iran et a publiquement appelé les forces de sécurité iraniennes à recourir à la force pour réprimer les manifestants pacifiques"

WASHINGTON: Le gouvernement américain a annoncé jeudi des sanctions économiques à l'encontre de plusieurs responsables sécuritaires iraniens accusés de coordonner la répression des manifestations dans le pays.

"Les dirigeants iraniens ont répondu brutalement aux manifestations pacifiques par des actes de violence, allant de tueries massives dans les rues à des attaques contre des victimes blessées et des hôpitaux", a dénoncé dans un message vidéo le ministre américain des Finances, Scott Bessent.

En réponse, le Trésor impose une nouvelle série de sanctions économiques contre les intérêts iraniens.

Est en particulier visé Ali Larijani, à la tête de la plus haute instance de sécurité en Iran en tant que secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale.

M. Larijani "coordonne la réponse aux manifestations au nom du Guide suprême de l'Iran et a publiquement appelé les forces de sécurité iraniennes à recourir à la force pour réprimer les manifestants pacifiques", écrit le ministère dans un communiqué.

Sont aussi sanctionnés quatre responsables sécuritaires opérant à l'échelle régionale en Iran.

"Notre message au peuple iranien est clair: vos revendications sont légitimes. Vous manifestez pour une noble cause", a déclaré le ministre Bessent dans la vidéo.

"Notre message aux dirigeants iraniens est également clair", a-t-il continué.

"Le Trésor américain sait que, tels des rats qui quittent un navire en perdition, vous transférez frénétiquement les fonds volés aux familles iraniennes vers des banques et des institutions financières à travers le monde. Soyez assurés que nous les traquerons, et vous avec."

Les sanctions américaines entraînent le gel de l'ensemble des avoirs détenus aux Etats-Unis par les personnes et entités visées.

Elles interdisent aussi à toute entreprise ou citoyen américain de faire des affaires avec elles, au risque d'être à leur tour frappés par des sanctions.


«Continuez à manifester», «l'aide est en route», lance Donald Trump aux Iraniens

Les liaisons téléphoniques internationales, coupées depuis vendredi, ont été rétablies mardi depuis l'Iran vers l'étranger mais restent précaires, selon un journaliste de l'AFP à Téhéran.  Dans la capitale, les forces de sécurité ont été mardi moins visibles aux principaux carrefours de Téhéran, a-t-il constaté. (AFP)
Les liaisons téléphoniques internationales, coupées depuis vendredi, ont été rétablies mardi depuis l'Iran vers l'étranger mais restent précaires, selon un journaliste de l'AFP à Téhéran. Dans la capitale, les forces de sécurité ont été mardi moins visibles aux principaux carrefours de Téhéran, a-t-il constaté. (AFP)
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  • La Maison Blanche avait affirmé lundi que la possibilité de frappes aériennes était toujours sur la table, mais que la diplomatie demeurait "la première option"
  • Donald Trump a par ailleurs annoncé des sanctions contre les partenaires commerciaux de l'Iran - des droits de douane de 25% prenant effet "immédiatement

PARIS: Donald Trump a encouragé mardi les manifestants en Iran à renverser les institutions et a promis que "l'aide" arrivait, Téhéran dénonçant de son côté des "troubles orchestrés" pour servir de prétexte à une intervention militaire américaine.

"CONTINUEZ A MANIFESTER - PRENEZ LE CONTROLE DE VOS INSTITUTIONS!!!", a écrit le président américain sur son réseau Truth social, soulignant que "beaucoup d'aide est en route".

Le président américain a menacé plusieurs fois d'intervenir militairement depuis le début le 28 décembre du mouvement, l'un des plus vastes depuis la proclamation de la République islamique en 1979.

La mission iranienne à l'ONU a accusé mardi les Etats-Unis de chercher à renverser le régime par la force, "des troubles orchestrés et le chaos servant de modus operandi pour fabriquer un prétexte à une intervention militaire".

Fils de l'ancien chah d'Iran chassé du pouvoir en 1979 et figure de l'opposition iranienne en exil aux Etats-Unis, Reza Pahlavi a assuré mardi aux manifestants que "le monde n'a pas seulement vu et entendu votre voix et votre courage, maintenant il répond".

La répression a fait au moins 734 morts selon l'ONG Iran Human Rights (IHR) basée en Norvège, qui estime toutefois que le nombre réel de morts pourrait s'élever à plusieurs milliers.

Des rapports crédibles font état "de tueries à grande échelle menées par les forces de sécurité à travers le pays", affirme également l'ONG Human Rights Watch.

De nouvelles vidéos, authentifiées par l'AFP, sont apparues sur les réseaux sociaux montrant des dizaines de corps alignés dans une mosquée au sud de la capitale iranienne.

"Tirs au hasard" 

Les condamnations internationales ont afflué mardi: l'ONU s'est dit "horrifiée" et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dénoncé un bilan "effroyable" et dit plancher sur de nouvelles sanctions contre Téhéran.

L'UE et des capitales européennes ont convoqué les ambassadeurs iraniens pour dénoncer la "répression la plus brutale et la plus sanglante contre des manifestations" depuis des années, selon Londres.

La Maison Blanche avait affirmé lundi que la possibilité de frappes aériennes était toujours sur la table, mais que la diplomatie demeurait "la première option".

Donald Trump a par ailleurs annoncé des sanctions contre les partenaires commerciaux de l'Iran - des droits de douane de 25% prenant effet "immédiatement".

L'Iran reste privé d'internet depuis le 8 janvier. Des défenseurs des droits humains accusent Téhéran de chercher ainsi à masquer la répression.

L'IHR évoque 10.000 arrestations.

"La violence augmente, les arrestations aussi. Les oppresseurs tirent au hasard", relate Kian Tahsildari à Istanbul, relayant le témoignage d'amis à Mashad (nord-est de l'Iran).

Téhéran "prêt à toute éventualité" 

Les liaisons téléphoniques internationales, coupées depuis vendredi, ont été rétablies mardi depuis l'Iran vers l'étranger mais restent précaires, selon un journaliste de l'AFP à Téhéran.

Dans la capitale, les forces de sécurité ont été mardi moins visibles aux principaux carrefours de Téhéran, a-t-il constaté.

Les médias d'Etat diffusent en boucle des images des dégâts et rendent hommage aux membres des forces de sécurité tués.

Les autorités iraniennes ont annoncé la tenue mercredi d'une cérémonie funéraire géante à Téhéran en l'honneur des "martyrs" des derniers jours, en référence essentiellement à ceux-ci.

Depuis le début du mouvement, initialement lié au coût de la vie, le pouvoir dit comprendre les revendications portant sur des questions économiques mais accuse des "émeutiers" pilotés par l'étranger d'être à l'origine des violences.

Mardi, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a affirmé sur Al Jazeera que la décision de couper l'internet avait été prise en raison "d'opérations terroristes" dont "les ordres venaient de l'étranger".

"Nous sommes préparés pour toute éventualité et nous espérons que Washington fera un choix guidé par la sagesse. Peu importe quelle option ils choisiront, nous y sommes prêts", a-t-il ajouté.

Agé de 86 ans, l'ayatollah Khamenei a déjà été confronté à d'importants défis, notamment durant la guerre de 12 jours avec Israël en juin 2025, déclenchée par une attaque massive contre les installations militaires et nucléaires iraniennes.

Mais ces manifestations "représentent sans doute le défi le plus sérieux" pour le guide suprême "depuis des années, tant par leur ampleur que par leurs revendications politiques de plus en plus explicites", relève Nicole Grajewski, professeure au Centre de recherches internationales de Sciences Po.

Des analystes jugent cependant prématuré de prédire dans l'immédiat la chute du pouvoir théocratique iranien, soulignant que la République islamique dispose de solides leviers répressifs, à commencer par le Corps des Gardiens de la Révolution.


Des frappes en Iran sont toujours une option pour Trump, selon la Maison Blanche

Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
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  • La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG
  • "Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef"

WASHNIGTON: Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte.

La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG, la République islamique faisant face à l'un de ses plus importants mouvements de contestation depuis sa proclamation en 1979.

"Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef", a affirmé à la presse la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.

Toutefois, elle a assuré que "la diplomatie (était) toujours la première option pour le président".

Selon elle, une voie diplomatique reste ouverte avec l'Iran, le pouvoir adoptant un "ton très différent" lors de discussions privées avec l'émissaire américain, Steve Witkoff.

"Ce que vous entendez de la part du régime iranien est très différent des messages que l'administration (américaine) reçoit en privé, et je pense que le président veut examiner ces messages", a-t-elle ajouté.

Donald Trump "ne souhaite pas voir des gens se faire tuer dans les rues de Téhéran, et malheureusement, c'est ce à quoi nous assistons actuellement", a également assuré Karoline Leavitt.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a lui déclaré lundi qu'un canal de communication était "ouvert" entre l'Iran et Steve Witkoff, malgré l'absence de relations diplomatiques entre les deux pays ennemis.

Le pouvoir cherche à présent à reprendre la main en faisant descendre dans les rues des milliers de ses partisans, après avoir imposé une coupure totale d'internet depuis le 8 janvier.

Le président américain avait annoncé dimanche qu'une réunion avec des responsables iraniens était "en cours de préparation", sans toutefois écarter l'option militaire. "Nous pourrions devoir agir avant une rencontre", avait-il avancé, en ajoutant que l'armée américaine étudiait des "options très fortes".