Référendums d'annexion en Ukraine: les autorités prorusses revendiquent la victoire

Un homme vote dans un hôpital de Berdiansk, le 26 septembre 2022 (Photo, AFP).
Un homme vote dans un hôpital de Berdiansk, le 26 septembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 28 septembre 2022

Référendums d'annexion en Ukraine: les autorités prorusses revendiquent la victoire

  • Ces scrutins ont été dénoncés comme des «simulacres» par l'Ukraine et ses alliés
  • Les pays du G7 ont juré de ne «jamais reconnaître» leurs résultats

KIEV: Les autorités prorusses des régions ukrainiennes de Zaporijjia, Kherson, Lougansk et Donetsk ont revendiqué mardi la victoire du "oui" en faveur d'une annexion par la Russie, lors des "référendums" d'annexion organisés par Moscou et dénoncés par Kiev et ses soutiens occidentaux.

La prochaine étape revient au Parlement russe, censé voter dans les jours qui viennent un traité formalisant l'intégration des quatre régions au territoire russe.

Dans la foulée de ce processus parlementaire, le président Vladimir Poutine pourrait prononcer un discours dès le 30 septembre pour annoncer formellement l'annexion des territoires ukrainiens, selon les agences russes.

En attendant, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a assuré mardi soir dans une vidéo postée sur Telegram que l'Ukraine agirait "pour défendre son peuple".

"Nous agirons pour protéger notre peuple : à la fois dans la région de Kherson, dans celle de Zaporijjia, dans le Donbass, et aussi dans les zones actuellement occupées de la région de Kharkiv et en Crimée", a déclaré M. Zelensky dans sa première réaction après l'annonce des résultats par les autorités prorusses.

S'adressant plus tôt mardi dans un message enregistré au Conseil de sécurité de l'ONU, il avait affirmé que Kiev ne pouvait mener de pourparlers avec Moscou après ces  "pseudo-référendums".

"La reconnaissance par la Russie des +pseudo-référendums+ comme +normaux+, la mise en œuvre du même scénario qu'en Crimée et une énième tentative d'annexer une partie du territoire ukrainien signifie que nous n'avons pas à discuter avec l'actuel président russe", a-t-il dit.

En 2014, le président Poutine avait signé un traité rattachant la Crimée à la Russie deux jours à peine après le "référendum" que les autorités russes y avaient organisé, lors d'une cérémonie au Kremlin, avant même le vote du Parlement russe. Cette annexion n'a pas été reconnue par la communauté internationale.

«Action diabolique», dit Blinken 

La commission électorale de la région de Zaporijjia a affirmé que 93,11% des électeurs avaient voté pour le rattachement à la Russie, après le dépouillement de 100% des bulletins de vote.

Dans la région de Kherson, l'administration d'occupation pro-Moscou a indiqué que 87,05% des électeurs avaient voté en faveur du "oui", après le dépouillement de tous les bulletins.

Peu après, celle de Lougansk a aussi annoncé la victoire du oui. Dans la soirée, les autorités prorusses de la région de Donetsk ont fait de même.

"Nous nous réunissons avec notre grande patrie, avec la grande Russie", a réagi le chef de la République populaire de Donetsk, Denis Pouchiline.

Les alliés de l'Ukraine ont dénoncé ces scrutins, organisés dans l'urgence face à la progression des forces de Kiev.

La secrétaire générale adjointe de l'ONU pour les Affaires politiques a répété mardi lors d'une réunion du Conseil de sécurité sur ces "référendums" d'annexion, le soutien des Nations unies à "l'intégrité territoriale de l'Ukraine" dans ses "frontières reconnues".

Le G7 a juré de ne "jamais reconnaître" les résultats et Washington a promis une réplique "sévère" par la voie des sanctions économiques.

Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a répété que les États-Unis et leurs alliés prendraient en représailles de nouvelles et "sévères" sanctions contre la Russie, face à ces annexions qu'il a qualifiées d'"action diabolique".

Par la voix de son ambassadeur à l'ONU, la Chine a appelé au respect de "l'intégrité territoriale de tous les pays".

Vladimir Poutine a de son côté défendu ces scrutins comme le moyen de "sauver les populations" locales, Moscou justifiant son invasion en accusant Kiev de "nazisme" et d'orchestrer un "génocide" des russophones en Ukraine.

Ces votes concernent plus de 20% de la surface de l'Ukraine.

Menace nucléaire 

Revendiquant son emprise sur ces nouveaux territoires, Moscou a de nouveau menacé mardi de faire usage de l'arme nucléaire.

"La Russie a le droit d'utiliser des armes nucléaires si nécessaire", a dit l'ex-président et numéro deux du Conseil de sécurité russe Dmitri Medvedev.

Une position confirmée par le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, qui a rappelé la doctrine militaire russe, qui prévoit la possibilité de telles frappes en cas d'attaque contre le territoire russe.

Dans la soirée, le Pentagone a affirmé que Washington "prenait ces menaces au sérieux", sans toutefois "ajuster sa position nucléaire pour le moment".

Pour le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, "la Russie doit savoir que la guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais être menée".

La Russie continue parallèlement de mener une mobilisation de ses réservistes afin de recruter 300.000 combattants, cherchant la parade à la contre-offensive des troupes ukrainiennes qui ont, fortes des livraisons d'armes occidentales, repris des milliers de kilomètres carrés de territoire début septembre.

En Crimée, une journaliste de l'AFP a vu des rangées d'hommes mobilisés, souvent d'âge mûr, en treillis militaire et kalachnikov en main, attendre leur tour avant de monter dans des bus.

Cette campagne de recrutement, menée par endroits de manière chaotique, a poussé de nombreux Russes à fuir, un exode confirmé mardi par deux pays voisins, la Géorgie et le Kazakhstan, tandis qu'un afflux est également observé aux frontières de la Mongolie et de la Finlande.

Fuites sur Nord Stream

Par ailleurs, les gazoducs Nord Stream construits au fond de la mer Baltique pour acheminer le gaz russe vers l'Europe ont été touchés par des fuites majeures, le Kremlin évoquant un possible sabotage, Kiev "une attaque terroriste" russe.

Les vastes fuites en cours sont dues à des "actes délibérés" et "pas à un accident", a affirmé mardi soir la Première ministre danoise Mette Frederiksen, pour qui elles devraient durer "au moins une semaine" jusqu'à l'épuisement du méthane qui s'échappe des conduites sous-marines.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a, elle aussi, estimé qu'il s'agissait d'un "acte de sabotage".


Chine: La BBC dénonce l'arrestation d'un de ses journalistes en Chine

Ed Lawrence a été arrêté et menotté pendant qu'il couvrait les manifestations à Shanghai (Photo, AFP).
Ed Lawrence a été arrêté et menotté pendant qu'il couvrait les manifestations à Shanghai (Photo, AFP).
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  • Le porte-parole a expliqué que la BBC n'avait eu «aucune explication ou excuse officielle des autorités chinoises»
  • Selon lui, «il a été battu et frappé par la police», alors qu'il travaillait en tant que journaliste accrédité dans le pays

LONDRES: La groupe de médias britannique BBC a indiqué dimanche qu'un de ses journalistes en Chine, qui couvrait à Shanghai les manifestations contre la politique draconienne "zéro Covid" du régime, a été arrêté et "frappé par la police".

"La BBC est très inquiète de la manière dont a été traité notre journaliste Ed Lawrence qui a été arrêté et menotté pendant qu'il couvrait les manifestations à Shanghai", a indiqué un porte-parole du groupe dans une déclaration transmise à l'AFP.

Selon lui, "il a été battu et frappé par la police", alors qu'il travaillait en tant que journaliste accrédité dans le pays.

Des centaines de personnes ont manifesté ce week-end en Chine dans plusieurs grandes villes, dont Shanghai et Pékin, pour protester contre les confinements et les restrictions imposées par les autorités pour lutter contre l'épidémie de coronavirus.

Le porte-parole a expliqué que la BBC n'avait eu "aucune explication ou excuse officielle des autorités chinoises, au-delà d'une affirmation des fonctionnaires, qui l'ont ensuite libéré, qu'ils l'avaient arrêté pour son propre bien au cas où il aurait attrapé la Covid (au milieu) de la foule".

"Nous ne considérons pas cela comme une explication crédible", a-t-il ajouté.


Les Slovènes valident une loi visant à dépolitiser la TV publique

Vue générale du bâtiment où se trouve l'Agence de presse slovène (STA) à Ljubljana (Photo, AFP).
Vue générale du bâtiment où se trouve l'Agence de presse slovène (STA) à Ljubljana (Photo, AFP).
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  • Plus de 40 salariés ont quitté la rédaction qui réunit quelque 2.100 membres au total
  • Plus de 62% des électeurs ont donné leur aval, selon les résultats publiés dans la soirée par la Commission électorale

LJUBLJANA: Les Slovènes ont validé dimanche par référendum une loi visant à empêcher les nominations politiques au sein de la télévision publique, après une dégradation du climat médiatique sous le précédent Premier ministre Janez Jansa.

Plus de 62% des électeurs ont donné leur aval, selon les résultats publiés dans la soirée par la Commission électorale, ouvrant la voie à son entrée en vigueur dans le pays alpin de deux millions d'habitants, probablement début 2023.

Plusieurs associations de défense de la presse, comme l'Organisation des médias du sud-est de l'Europe (SEEMO), ont salué un amendement destiné à "protéger l'indépendance éditoriale" de la chaîne RTV Slovenija face aux "abus politiques et à une destruction certaine".

Le dirigeant conservateur Janez Jansa, au pouvoir de 2020 à 2022, avait multiplié les attaques contre les médias, les accusant de partialité, et remplacé la plupart des responsables de RTV pour y nommer des proches.

La chaîne a depuis été secouée par une série de grèves et de manifestations contre la réorientation des programmes et les pressions subies par les journalistes, tandis que la Slovénie a chuté du 54e au 36e rang dans le dernier classement de l'ONG Reporters sans Frontières (RSF).

C'est le parti de l'ex-Premier ministre qui avait demandé la tenue d'un référendum dans l'espoir d'enterrer cette nouvelle loi, adoptée peu après l'arrivée en avril d'une coalition de centre-gauche. Janez Jansa subit là un nouveau camouflet.

Selon le texte, le gouvernement et le Parlement n'auront désormais plus le droit de procéder à des nominations, et la chaîne sera placée sous la supervision de groupes de la société civile (employés, défenseur des droits, Académie des sciences...).

"Il y a des dommages irréversibles, mais l'autonomie éditoriale sera préservée" par cet amendement, a commenté Helena Milinkovic, porte-parole du principal syndicat de la télévision, interrogée par l'AFP.

Plus de 40 salariés ont quitté la rédaction qui réunit quelque 2.100 membres au total, a-t-elle précisé. Une dizaine de journalistes, qui travaillaient auparavant pour des médias pro-Jansa, sont arrivés entre temps.

"Le nouveau système de gouvernance limitera de manière significative la capacité de tout gouvernement (...) d'interférer dans le travail du média public", ont abondé RSF et d'autres signataires dans un communiqué, jugeant le cadre législatif actuel "dépassé".


Royaume-Uni: Le Brexit a aggravé la pénurie de médecins, selon une étude

Pour le Nuffield Trust, "la campagne et le résultat du référendum est la raison évidente de ce changement de tendance"  (Photo, AFP).
Pour le Nuffield Trust, "la campagne et le résultat du référendum est la raison évidente de ce changement de tendance" (Photo, AFP).
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  • Cette étude est publiée alors que le système public de santé souffre de nombreuses difficultés après des années d'austérité
  • Le Nuffield Trust s'est penché sur quatre spécialités: anesthésie, pédiatrie, chirurgie cardio-thoracique et psychiatrie

LONDRES: Le Brexit a aggravé la pénurie de médecins au Royaume-Uni, en entraînant un manque estimé à 4.000 médecins issus de l'Union européenne dans quatre spécialités majeures, selon une étude publiée dimanche d'un centre de réflexion spécialisé dans la santé.

Cette étude, réalisée à l'initiative du quotidien The Guardian, est publiée alors que le système public de santé (NHS) souffre de nombreuses difficultés après des années d'austérité, avec des listes d'attente record dans les hôpitaux dues à la pandémie de Covid-19, mais aussi aux pénuries de médecins et d'infirmières.

Le Nuffield Trust s'est penché sur quatre spécialités - anesthésie, pédiatrie, chirurgie cardio-thoracique et psychiatrie - dans lesquelles les médecins européens étaient particulièrement représentés avant la sortie du Royaume-Uni de l'UE.

Dans ces quatre spécialités, connaissant déjà des tensions dans leur recrutement, "la progression des effectifs issus de l'UE ou de pays de l'Association européenne de libre-échange (AELE, à savoir Norvège, Islande, Suisse et Liechtenstein) a ralenti", montre l'étude.

Si la tendance observée avant le Brexit s'était poursuivie, il aurait dû y avoir plus de 41.000 médecins issus de l'UE et de l'AELE enregistrés en 2021, soit au moins 4.000 de plus que les chiffres effectivement constatés.

Pour le Nuffield Trust, "la campagne et le résultat du référendum (de 2016 sur la sortie de l'UE) est la raison évidente de ce changement de tendance".

En cause : dans un premier temps, l'incertitude sur les nouvelles règles de circulation des personnes, puis le durcissement des règles d'attribution des visas, et enfin une "détérioration des conditions de travail" en général dans le système de santé.

"Ces résultats suggèrent que la stagnation du nombre de médecins issus de l'UE dans ces spécialités a exacerbé les pénuries existantes dans des domaines où le NHS n'est pas capable de trouver de la main-d'œuvre qualifiée ailleurs", ajoute l'étude.