Manifestations en Iran: plus de 75 morts en 10 jours selon une ONG

Les protestations, qui ont repris lundi soir, ont éclaté le 16 septembre après le décès à l'hôpital de la jeune Iranienne de 22 ans, Mahsa Amini, arrêtée trois jours auparavant à Téhéran pour non respect du code vestimentaire strict pour les femmes en République islamique d'Iran. (AFP).
Les protestations, qui ont repris lundi soir, ont éclaté le 16 septembre après le décès à l'hôpital de la jeune Iranienne de 22 ans, Mahsa Amini, arrêtée trois jours auparavant à Téhéran pour non respect du code vestimentaire strict pour les femmes en République islamique d'Iran. (AFP).
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Publié le Mardi 27 septembre 2022

Manifestations en Iran: plus de 75 morts en 10 jours selon une ONG

  • Selon l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo, "au moins 76 personnes ont été tuées dans les manifestations" dont "six femmes et quatre enfants"
  • Lundi soir, les protestations ont été ponctuées des mêmes slogans de "Mort au dictateur" dans la capitale et dans d'autres villes, selon des témoins

PARIS: Plus de 75 personnes ont été tuées en Iran dans la répression de la contestation déclenchée il y a onze jours par la mort d'une femme détenue par la police, selon une ONG, des pays occidentaux appelant Téhéran à cesser l'usage de la force.

Les autorités iraniennes avancent de leur côté un bilan de 41 morts incluant des membres des forces de l'ordre. Elles ont aussi annoncé l'arrestation de plus de 1.200 manifestants. Des militants, avocats et journalistes ont aussi été interpellés selon des ONG.

Les protestations, qui ont repris lundi soir, ont éclaté le 16 septembre après le décès à l'hôpital de la jeune Iranienne de 22 ans, Mahsa Amini, arrêtée trois jours auparavant à Téhéran pour non respect du code vestimentaire strict pour les femmes en République islamique d'Iran.

Selon l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo, "au moins 76 personnes ont été tuées dans les manifestations" dont "six femmes et quatre enfants", dans 14 provinces du pays. L'IHR a affirmé avoir obtenu des "vidéos et des certificats de décès confirmant des tirs à balles réelles sur des manifestants".

Depuis le décès de Mahsa Amini, des Iraniens manifestent tous les soirs à Téhéran et ailleurs dans le pays.

Photos du guide déchirées 

De nombreux policiers casqués et armés de bâtons prennent alors position pour tenter d'empêcher les rassemblements.

Certains manifestants lancent depuis des toits d'immeubles des slogans antigouvernementaux entrecoupés de "Femme, Vie et liberté", raconte Ali, un habitant de la capitale.

Lundi soir, les protestations ont été ponctuées des mêmes slogans de "Mort au dictateur" dans la capitale et dans d'autres villes, selon des témoins.

A Sanandaj, chef-lieu de la province du Kurdistan (nord-ouest), d'où est originaire Mahsa Amini, des femmes sont montées sur des toits de voitures et enlevé leur voile, selon des images publiées par IHR. Aucune force de police n'était visible sur les images.

A Tabriz (nord-ouest), des policiers tirant du gaz lacrymogène contre les manifestants apparaissent sur une vidéo diffusée par l'IHR, où l'on entend aussi des coups de feu.

De récentes vidéos des protestations publiées par l'AFP, ont montré la police anti-émeute frappant des manifestants à coups de matraque et des étudiants déchirant de grandes photos du guide suprême iranien Ali Khamenei et de son prédécesseur, l'ayatollah Khomeiny, père fondateur de la République islamique.

Et d'après des groupes de défense des droits humains, elle a aussi tiré des plombs et à balles réelles sur les protestataires qui ont lancé des pierres, incendié des voitures de police et mis le feu à des bâtiments publics.

D'autres images ont montré des femmes mettant le feu à leur voile, ou se coupant symboliquement les cheveux, encouragées par la foule, dans plusieurs villes.

L'Iran dénonce des "complots étrangers" derrière le mouvement de contestation, pointant du doigt les Etats-Unis, son ennemi juré.

« Emeutiers »

Son chef de la diplomatie Hossein Amir-Abdollahian a critiqué "l'approche interventionniste des Etats-Unis dans les affaires de l'Iran", leur reprochant de soutenir "les émeutiers".

L'Union européenne a dénoncé l'usage "généralisé et disproportionné de la force" contre les manifestants, Berlin appelant les autorités iraniennes à "ne pas recourir à la violence".

Condamnant une "répression brutale", la France a dit examiner avec ses partenaires européens "les options disponibles en réaction à ces nouvelles atteintes massives aux droits des femmes et aux droits de l'Homme en Iran".

Le président américain Joe Biden a dénoncé la répression des manifestations, se disant solidaire des "femmes courageuses d'Iran".

Et le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a dit sa "grande inquiétude" face à la "réponse violente (…) des forces de sécurité" ainsi que les "restrictions (...) sur les communications téléphoniques, l'Internet et les réseaux sociaux."

Mais les autorités iraniennes restent fermes.

Samedi, le président conservateur Ebrahim Raïssi a appelé les forces de l'ordre à agir "fermement contre ceux qui portent atteinte à la sécurité et la paix du pays et du peuple".

Après lui, le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejei, a exclu toute "indulgence" envers les instigateurs des "émeutes".

Néanmoins, le grand ayatollah Hossein Nouri Hamédani, important religieux conservateur et ardent défenseur de l'ayatollah Khamenei, a appelé les autorités à "écouter les demandes du peuple".

Les protestations sont les plus importantes depuis celles de novembre 2019, provoquées par la hausse des prix de l'essence en Iran, qui avaient été sévèrement réprimées (230 morts selon un bilan officiel, plus de 300 selon Amnesty International).


Chine: La BBC dénonce l'arrestation d'un de ses journalistes en Chine

Ed Lawrence a été arrêté et menotté pendant qu'il couvrait les manifestations à Shanghai (Photo, AFP).
Ed Lawrence a été arrêté et menotté pendant qu'il couvrait les manifestations à Shanghai (Photo, AFP).
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  • Le porte-parole a expliqué que la BBC n'avait eu «aucune explication ou excuse officielle des autorités chinoises»
  • Selon lui, «il a été battu et frappé par la police», alors qu'il travaillait en tant que journaliste accrédité dans le pays

LONDRES: La groupe de médias britannique BBC a indiqué dimanche qu'un de ses journalistes en Chine, qui couvrait à Shanghai les manifestations contre la politique draconienne "zéro Covid" du régime, a été arrêté et "frappé par la police".

"La BBC est très inquiète de la manière dont a été traité notre journaliste Ed Lawrence qui a été arrêté et menotté pendant qu'il couvrait les manifestations à Shanghai", a indiqué un porte-parole du groupe dans une déclaration transmise à l'AFP.

Selon lui, "il a été battu et frappé par la police", alors qu'il travaillait en tant que journaliste accrédité dans le pays.

Des centaines de personnes ont manifesté ce week-end en Chine dans plusieurs grandes villes, dont Shanghai et Pékin, pour protester contre les confinements et les restrictions imposées par les autorités pour lutter contre l'épidémie de coronavirus.

Le porte-parole a expliqué que la BBC n'avait eu "aucune explication ou excuse officielle des autorités chinoises, au-delà d'une affirmation des fonctionnaires, qui l'ont ensuite libéré, qu'ils l'avaient arrêté pour son propre bien au cas où il aurait attrapé la Covid (au milieu) de la foule".

"Nous ne considérons pas cela comme une explication crédible", a-t-il ajouté.


Les Slovènes valident une loi visant à dépolitiser la TV publique

Vue générale du bâtiment où se trouve l'Agence de presse slovène (STA) à Ljubljana (Photo, AFP).
Vue générale du bâtiment où se trouve l'Agence de presse slovène (STA) à Ljubljana (Photo, AFP).
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  • Plus de 40 salariés ont quitté la rédaction qui réunit quelque 2.100 membres au total
  • Plus de 62% des électeurs ont donné leur aval, selon les résultats publiés dans la soirée par la Commission électorale

LJUBLJANA: Les Slovènes ont validé dimanche par référendum une loi visant à empêcher les nominations politiques au sein de la télévision publique, après une dégradation du climat médiatique sous le précédent Premier ministre Janez Jansa.

Plus de 62% des électeurs ont donné leur aval, selon les résultats publiés dans la soirée par la Commission électorale, ouvrant la voie à son entrée en vigueur dans le pays alpin de deux millions d'habitants, probablement début 2023.

Plusieurs associations de défense de la presse, comme l'Organisation des médias du sud-est de l'Europe (SEEMO), ont salué un amendement destiné à "protéger l'indépendance éditoriale" de la chaîne RTV Slovenija face aux "abus politiques et à une destruction certaine".

Le dirigeant conservateur Janez Jansa, au pouvoir de 2020 à 2022, avait multiplié les attaques contre les médias, les accusant de partialité, et remplacé la plupart des responsables de RTV pour y nommer des proches.

La chaîne a depuis été secouée par une série de grèves et de manifestations contre la réorientation des programmes et les pressions subies par les journalistes, tandis que la Slovénie a chuté du 54e au 36e rang dans le dernier classement de l'ONG Reporters sans Frontières (RSF).

C'est le parti de l'ex-Premier ministre qui avait demandé la tenue d'un référendum dans l'espoir d'enterrer cette nouvelle loi, adoptée peu après l'arrivée en avril d'une coalition de centre-gauche. Janez Jansa subit là un nouveau camouflet.

Selon le texte, le gouvernement et le Parlement n'auront désormais plus le droit de procéder à des nominations, et la chaîne sera placée sous la supervision de groupes de la société civile (employés, défenseur des droits, Académie des sciences...).

"Il y a des dommages irréversibles, mais l'autonomie éditoriale sera préservée" par cet amendement, a commenté Helena Milinkovic, porte-parole du principal syndicat de la télévision, interrogée par l'AFP.

Plus de 40 salariés ont quitté la rédaction qui réunit quelque 2.100 membres au total, a-t-elle précisé. Une dizaine de journalistes, qui travaillaient auparavant pour des médias pro-Jansa, sont arrivés entre temps.

"Le nouveau système de gouvernance limitera de manière significative la capacité de tout gouvernement (...) d'interférer dans le travail du média public", ont abondé RSF et d'autres signataires dans un communiqué, jugeant le cadre législatif actuel "dépassé".


Royaume-Uni: Le Brexit a aggravé la pénurie de médecins, selon une étude

Pour le Nuffield Trust, "la campagne et le résultat du référendum est la raison évidente de ce changement de tendance"  (Photo, AFP).
Pour le Nuffield Trust, "la campagne et le résultat du référendum est la raison évidente de ce changement de tendance" (Photo, AFP).
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  • Cette étude est publiée alors que le système public de santé souffre de nombreuses difficultés après des années d'austérité
  • Le Nuffield Trust s'est penché sur quatre spécialités: anesthésie, pédiatrie, chirurgie cardio-thoracique et psychiatrie

LONDRES: Le Brexit a aggravé la pénurie de médecins au Royaume-Uni, en entraînant un manque estimé à 4.000 médecins issus de l'Union européenne dans quatre spécialités majeures, selon une étude publiée dimanche d'un centre de réflexion spécialisé dans la santé.

Cette étude, réalisée à l'initiative du quotidien The Guardian, est publiée alors que le système public de santé (NHS) souffre de nombreuses difficultés après des années d'austérité, avec des listes d'attente record dans les hôpitaux dues à la pandémie de Covid-19, mais aussi aux pénuries de médecins et d'infirmières.

Le Nuffield Trust s'est penché sur quatre spécialités - anesthésie, pédiatrie, chirurgie cardio-thoracique et psychiatrie - dans lesquelles les médecins européens étaient particulièrement représentés avant la sortie du Royaume-Uni de l'UE.

Dans ces quatre spécialités, connaissant déjà des tensions dans leur recrutement, "la progression des effectifs issus de l'UE ou de pays de l'Association européenne de libre-échange (AELE, à savoir Norvège, Islande, Suisse et Liechtenstein) a ralenti", montre l'étude.

Si la tendance observée avant le Brexit s'était poursuivie, il aurait dû y avoir plus de 41.000 médecins issus de l'UE et de l'AELE enregistrés en 2021, soit au moins 4.000 de plus que les chiffres effectivement constatés.

Pour le Nuffield Trust, "la campagne et le résultat du référendum (de 2016 sur la sortie de l'UE) est la raison évidente de ce changement de tendance".

En cause : dans un premier temps, l'incertitude sur les nouvelles règles de circulation des personnes, puis le durcissement des règles d'attribution des visas, et enfin une "détérioration des conditions de travail" en général dans le système de santé.

"Ces résultats suggèrent que la stagnation du nombre de médecins issus de l'UE dans ces spécialités a exacerbé les pénuries existantes dans des domaines où le NHS n'est pas capable de trouver de la main-d'œuvre qualifiée ailleurs", ajoute l'étude.