En Afrique de l'Ouest, des pluies records ravagent les fermes

Dans le seul nord du Nigeria, les inondations - les pires en dix ans- ont tué plus de 300 personnes et entraîné le déplacement d'au moins 100 000 personnes (Photo, AFP).
Dans le seul nord du Nigeria, les inondations - les pires en dix ans- ont tué plus de 300 personnes et entraîné le déplacement d'au moins 100 000 personnes (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 27 septembre 2022

En Afrique de l'Ouest, des pluies records ravagent les fermes

  • Les inondations, qui ont affecté 29 des 36 Etats du pays de 215 millions d'habitants, ont été aggravées par l'ouverture d'un barrage au Cameroun et de deux au Nigeria
  • Une grande partie du Nigeria, des terres agricoles du nord jusqu'à la capitale économique côtière Lagos, est sujette aux inondations pendant la saison des pluies, qui va de juin à août

KANO: Pieds nus dans l'eau, Adamu Garba tente d'évaluer ce qu'il peut sauver de sa récolte. De ses rizières, il ne reste plus grand chose, détruites par les violentes pluies qui s'abattent depuis des mois dans le nord du Nigeria.

Des milliers d'exploitations agricoles, comme celle de M. Garba, ont été ravagées cette année par les inondations monstres qui ont durement frappé l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale.

En anéantissant les récoltes, ces inondations risquent d'aggraver la crise alimentaire qui touche ces régions extrêmement pauvres, déjà aux prises avec les retombées de la guerre en Ukraine qui ont fait explosé le prix des fertilisants et des produits alimentaires.

Dans le seul nord du Nigeria, les inondations - les pires en dix ans- ont tué plus de 300 personnes et entraîné le déplacement d'au moins 100 000 personnes, selon les autorités.

"C'est atroce, mais il n'y a rien que nous puissions faire, nous devons juste être fort", soupire l'agriculteur nigérian depuis sa parcelle située en périphérie de la ville de Kano.

En temps normal, ses rizières produisent environ 200 sacs de riz. Cette saison "je ne suis pas sûr de pouvoir récolter un demi-sac", lâche-t-il, dépité.

"Des milliers de fermes ont été détruites", explique à l'AFP Manzo Ezekiel, le porte-parole de l'Agence nigériane de gestion des crises (Nema).

Les inondations, qui ont affecté 29 des 36 Etats du pays de 215 millions d'habitants, ont été aggravées par l'ouverture d'un barrage au Cameroun et de deux au Nigeria, selon cette source.

Une grande partie du Nigeria, des terres agricoles du nord jusqu'à la capitale économique côtière Lagos, est sujette aux inondations pendant la saison des pluies, qui va de juin à août.

Mais selon Nema, cette année est la pire enregistrée depuis 2012, où 363 personnes avaient péri et plus de 2,1 millions avaient été déplacées.

"Ce bilan va encore s'aggraver alors que les pluies torrentielles et les inondations continuent", ajoute le porte-parole. Mi-septembre, les pluies n'avaient toujours pas cessé.

Changement climatique 

Au Niger, pays frontalier, les pluies ont fait débordé le fleuve du même nom, et les inondations ont tué 159 personnes et en ont affecté plus de 225 000, selon les chiffres officiels.

Cette saison des pluies est ainsi l'une des plus dévastatrices que le pays sahélien ait jamais connu.

"Selon toutes nos études, on peut lier ces pluies-là au changement climatique", affirme le directeur général de la météorologie nationale du Niger, Katiellou Gaptia Lawan.

Au fils des ans, "les pluies deviennent de plus en plus intenses et les précipitations extrêmes sont en train d'augmenter", ajoute le spécialiste.

Celles-ci ont totalement détruit ou endommagé plus de 25 900 maisons, touchant aussi des fermes et des élevages.

Au Tchad voisin, l'ONU estime que plus de 622 500 personnes ont été touchées "à différents niveaux" par les inondations dans plus de la moitié du pays, dont la capitale N'Djamena.

Avant cela, le pays faisait déjà face à une grave crise alimentaire, et l'ONU estime que 5,5 millions de Tchadiens, soit un tiers de la population du pays enclavé, a besoin d'une aide humanitaire urgente.

C'est également le cas dans le nord du Nigeria, où plus d'un million d'enfants sont menacés par la faim cette année, notamment à cause des conflits qui y sévissent, qui éloignent les agriculteurs de leurs terres.

Les pluies ne font qu'empirer une situation déjà dramatique.

Non loin de Kano, Kabiru Alassan, un agriculteur de 19 ans, tente de sauver sa récolte. Sa ferme a été détruite: les eaux ont emporté le sable des routes et recouvert ses rizières.

Selon lui, les pluies n'ont jamais été aussi destructrices. "Nous prions pour ne jamais connaître un tel cauchemar à nouveau", lâche-t-il désemparé.


Le président iranien estime que la reprise des hostilités avec les Etats-Unis n'est pas dans l'intérêt de son pays

Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
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  • Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA
  • L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense"

BICHEK: Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie.

"Nous continuons de nous efforcer de trouver un chemin d'accord et de compréhension, et nous pensons que continuer la guerre n'est pas dans notre intérêt, ni dans l'intérêt de la région", a expliqué le président iranien lors d'une réunion avec le Premier ministre indien Narendra Modi avant le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kirghistan.

"Nous pensons que la solution aux problèmes existants réside dans le dialogue et la compréhension, et toutes les capacités doivent être mobilisées pour éviter l'extension de l'insécurité et du conflit", a-t-il ajouté, selon un communiqué de la présidence iranienne.

Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA. L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense".

Le conflit est entré dans son septième mois et les efforts diplomatiques pour y mettre fin patinent.

Ces dernières semaines ont été marquées par une accalmie au Moyen-Orient, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans et autour du détroit d'Ormuz.

Des dizaines de dirigeants, dont le dirigeant chinois Xi Jinping, le russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue pakistanais Shehbaz Sharif, doivent participer lundi et mardi au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se déroule cette année dans la capitale kirghize, Bichkek.

 


Crise migratoire à Ceuta : Sánchez réfute toute implication marocaine

Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
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  • Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines
  • "Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines"

MADRID: Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines dans le brusque afflux de migrants arrivés dans le territoire espagnol de Ceuta depuis le Maroc il y a un mois.

"Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines", a déclaré le chef de gouvernement socialiste sur la radio Cadena Ser.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
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  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.