Football: un acte raciste fait tache lors de la rencontre entre le Brésil et la Tunisie

Le match entre le Brésil et la Tunisie, a fini sur le score de 5-1 pour la Seleçao. Photo, AFP)
Le match entre le Brésil et la Tunisie, a fini sur le score de 5-1 pour la Seleçao. Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 28 septembre 2022

Football: un acte raciste fait tache lors de la rencontre entre le Brésil et la Tunisie

  • Le match a été brièvement interrompu en première période après l’usage de lasers des supporters tunisien visant les joueurs de la Seleçao
  • Une banane lancée par des supporters tunisiens au pied de Richarlison a déclenché le courroux de la sélection brésilienne et de la Fédération brésilienne de football qui ont dénoncé un geste raciste

PARIS: Mardi soir au Parc des Princes, tous les ingrédients semblaient réunis pour faire du match Brésil-Tunisie de préparation à la Coupe du monde, qui débutera le 17 novembre au Qatar, une fête du football. 

Mais avant même le coup d'envoi de la rencontre, les supporters tunisiens qui remplissaient les gradins du stade n’ont pas pu modérer leur fougue: l’hymne national brésilien avait à peine retenti que des sifflements ont fusé des gradins, comme pour réduire au silence le chant patriotique brésilien.

Et ce n’était là qu’un début. Tout au long de la rencontre, à chaque fois que les joueurs de la Seleçao touchaient le ballon, ils étaient conspués copieusement par les supporters tunisiens. Sur le carré vert, les Aigles de Carthage, poussés par leurs fans, ont montré de belles choses: même après un premier but des Brésiliens, ils ont pu égaliser. Mais ils n’ont pas su poursuivre sur leur lancée: dans la minute suivante, ils encaissé un second but.  

La suite de la rencontre s’est déroulée à sens unique: l'écart de niveau entre les deux sélections s’est révélé énorme. À la 29e minute, la star de la Seleçao a plié le match en inscrivant un troisième but sur penalty. Match plié d’avance donc, mais les débordements, eux, n’ont fait que s’amplifier.

 Le match a en effet été brièvement interrompu en première période à la suite de l’usage de lasers visant les joueurs et poussant le speaker du stade à appeler les supporters à cesser d’utiliser ces dispositifs.

Mais l'événement qui a provoqué le courroux de la sélection brésilienne et de la Fédération brésilienne de football, c’est le lancer d’une banane par des supporters tunisiens au pied de Richarlison, alors que ce dernier venait de marquer un but et le fêtait au point du corner avec ses coéquipiers. 

«J'ai vu la vidéo dans le vestiaire. C'est dommage», a déclaré Thiago Silva, défenseur de la Seleçao après le match. C'est difficile de voir des images comme ça. On voit encore ce genre de choses... Malheureusement, on ne peut pas changer la mentalité des gens. J’espère qu’ils seront conscients que ça ne peut plus arriver. C’est le passé, il faut changer. Je suis triste d’avoir vu ce geste. Ce n’est pas le foot.»

La Confédération brésilienne de football (CBF) n’a pas tardé à fermement réagir sur son compte Twitter: «Lamentablement, après une action, une banane a été lancée sur la pelouse en direction de Richarlison, auteur du deuxième but brésilien. La CBF réaffirme sa position dans la lutte contre le racisme et rejette toute forme de préjugés.»

Présent à Paris, le président de la CBF ne cachait pas sa colère dans des propos rapportés par le site Globo.com. «Une fois de plus, j’exprime publiquement mon rejet. Cette fois, j’ai pu le voir [le racisme] de mes yeux, a déclaré Ednaldo Rodrigues. Nous devons toujours nous rappeler que nous sommes tous égaux, peu importe notre couleur, notre race ou notre religion… J’insiste pour dire que les peines doivent être plus sévères.»

L’ironie de l’histoire – et ce qui rend encore plus grave ce geste des supporters tunisiens – c’est qu’avant le coup d’envoi de la rencontre, les joueurs brésiliens avaient posé avant le match avec une banderole contre le racisme: «Sans nos joueurs noirs, nous n’aurions pas d’étoile [de champions du monde] sur notre maillot.» Un message de soutien pour un des attaquants de la Seleçao, Vinicius Junior, visé par des chants racistes lors d’un match du Real Madrid sur le terrain de son voisin, l’Atlético. 

Le match, pas si amical que ça, a fini sur le score de 5-1 pour le Brésil.

 


Des missiles Patriot redéployés en Crète face aux menaces iraniennes

Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
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  • Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer
  • Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale

ATHENES: Une batterie de missiles Patriot était en cours de transfert lundi de l'île de Karpathos, à l'extrême est de la Grèce, jusqu'en Crète, en raison de menaces iraniennes visant des bases américaines en Europe, a rapporté la presse grecque.

Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer.

Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale.

Toujours selon la presse, ce redéploiement fait suite à des informations selon lesquelles l'Iran envisagerait des attaques contre des cibles militaires américaines en Europe si le président Donald Trump intensifiait le conflit dans le détroit d'Ormuz.

Le ministère de la Défense grec n'a pas communiqué sur le sujet.

Selon un article du Financial Times (FT) publié la semaine dernière, citant des sources au sein du régime iranien, l'Iran ne se contentera plus de limiter sa riposte au Moyen-Orient et envisage de frapper des cibles américaines en Europe en cas de nouvelle escalade militaire américaine.

Selon ces deux sources, les forces iraniennes ont évalué la possibilité de frapper des installations américaines dans les Balkans et autour de la Méditerranée. Sont notamment évoquées la Bulgarie, où la base aérienne de Bezmer a autorisé son usage pour le ravitaillement d'appareils américains, entre juillet et octobre 2026, et Chypre, où une base britannique avait déjà été visée par un drone en mars.

La Grèce compte de plusieurs bases américaines, à Alexandroupoli – dans le nord du pays – et en Crète, à Souda.

Depuis la publication du FT, le ministère de la Défense nationale et l'état-major "étaient en état d'alerte", selon le quotidien de référence I Kathimerini.

Ce journal explique que la décision de déployer une batterie de Patriot en Crète a été fortement influencée par l'évaluation des capacités de l'arsenal iranien qui, selon les informations transmises à Athènes par les alliés, dispose encore d'un nombre suffisant de missiles balistiques d'une portée supérieure à 2 000 kilomètres, susceptibles de cibler des bases et des infrastructures en Europe du Sud-Est.

Les missiles Patriot avaient été transférés sur l'île de Karpathos,  au voisinage de la Turquie, en mars.

En mars dernier, après une attaque de drones menée par le Hezbollah libanais contre la base anglaise d'Akrotiri à Chypre, la Grèce avait envoyé des F-16 et une frégate équipée d'un système de neutralisation de drones dans l'île.

Une autre batterie de Patriot grecque est par ailleurs déployée en Arabie Saoudite depuis septembre 2021, qui est déjà entrée en action à plusieurs reprises contre des missiles et drones iraniens visant le royaume.


Trump publie une carte du détroit d'Ormuz en "territoire américain"

Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
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  • Donald Trump a relancé l’idée controversée de faire du détroit d’Ormuz un « territoire américain », en publiant une carte sur Truth Social
  • Cette déclaration intervient alors que les négociations entre Washington et Téhéran sont dans l’impasse et que la réouverture de ce passage stratégique reste conditionnée à des exigences jugées incompatibles

WASHINGTON: Donald Trump a publié mardi sur son réseau Truth Social une carte montrant le détroit d'Ormuz et le décrivant comme un "nouveau territoire américain", reprenant ainsi une idée déjà exprimée ces derniers jours.

Le président avait pour la première fois parlé de "territoire américain" à propos de cette artère commerciale stratégique la semaine dernière, pendant un meeting et sur un ton qui laissait penser à une plaisanterie.

Le républicain est revenu à la charge lundi pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau Ovale, en estimant que ce serait une "très bonne idée".

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump, confronté à un obstacle de politique étrangère, lance ainsi une suggestion surprenante ou menaçante d'annexion d'un territoire étranger.

Depuis son retour au pouvoir, il a menacé de faire du Canada le "51e" Etat américain, de s'emparer du Groenland et même évoqué une prise de contrôle de la bande de Gaza, sans passer à l'acte.

Sa suggestion concernant Ormuz intervient alors qu'une issue pacifique au conflit entre l'Iran et les Etats-Unis semble plus lointaine que jamais.

Il y a soixante jours, les deux belligérants avaient signé à grand bruit un protocole d'accord censé déboucher sur un règlement durable, mais qui n'a rien donné.

Washington et Téhéran posent des conditions a priori irréconciliables à la réouverture du détroit, passage névralgique pour le commerce mondial de pétrole.


Iran: le détroit d'Ormuz restera fermé tant que Washington n'aura pas satisfait les exigences de Téhéran

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
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  • Téhéran maintient la fermeture du détroit jusqu’au respect des engagements américains
  • Les négociations avancent, mais la méfiance et les tensions restent fortes

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, restera fermé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord de juin, a annoncé mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le détroit d'Ormuz "ne sera pas ouvert tant que les engagements américains stipulés dans le protocole d'accord (...) ne seront pas mis en oeuvre", a déclaré M. Ghalibaf, également chef du Parlement, dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Il a cité parmi ces conditions "la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l'embargo pétrolier" contre Téhéran, ainsi que "la fin des opérations militaires sur tous les fronts".

Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit, voie de transit majeur des hydrocarbures, faisant s'envoler les cours du pétrole.

Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats après avoir brièvement permis une réouverture du détroit.

Si les hostilités ont récemment baissé en intensité, les efforts diplomatiques menés par les médiateurs marquent le pas.

L'émissaire américain et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a toutefois qualifié lundi de "très positives et animées" les tractations dans le but de conclure un accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

S'il a admis sur Fox News qu'il n'y avait pas "beaucoup de confiance" entre les deux parties, il a précisé qu'elles "s'impliquaient très sérieusement".

"Le président Trump va se montrer très patient, il n'aime pas se précipiter pour conclure un accord. Il conclura le bon accord quand celui-ci sera prêt", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, l'Iran et Oman mènent depuis plusieurs semaines des discussions pour trouver un accord sur le passage des navires dans le détroit d'Ormuz, situé entre leurs côtes, dont Téhéran revendique le contrôle.

"Si Oman se met en travers de notre chemin, on va leur bombarder la gueule", a déclaré lundi l'imprévisible  président américain, interrogé sur ces discussions par le journaliste de Fox News Trey Yingst.