Tous les yeux sont rivés sur les stars du football arabe à la veille de la Coupe du monde au Qatar

Pour l’Arabie saoudite, qui affrontera l’Argentine lors de son premier match de la Coupe du monde de football 2022, le complexe d’infériorité n’est pas de mise. (AFP)
Pour l’Arabie saoudite, qui affrontera l’Argentine lors de son premier match de la Coupe du monde de football 2022, le complexe d’infériorité n’est pas de mise. (AFP)
Vue d’ensemble du stade Lusail au Qatar qui peut accueillir jusqu’à 80 000 spectateurs cette année lors de la Coupe du monde 2022. (AFP)
Vue d’ensemble du stade Lusail au Qatar qui peut accueillir jusqu’à 80 000 spectateurs cette année lors de la Coupe du monde 2022. (AFP)
Le stade Lusail au Qatar est situé à une vingtaine de kilomètres au nord de Doha. (Comité suprême du Qatar pour la livraison et l’héritage/AFP)
Le stade Lusail au Qatar est situé à une vingtaine de kilomètres au nord de Doha. (Comité suprême du Qatar pour la livraison et l’héritage/AFP)
Short Url
Publié le Mardi 06 septembre 2022

Tous les yeux sont rivés sur les stars du football arabe à la veille de la Coupe du monde au Qatar

  • La première Coupe du monde organisée sur le territoire arabe comptera un record de quatre nations arabes, tout comme en Russie quatre ans auparavant
  • Le quatuor arabe a la possibilité de fournir ce que ses supporters attendent vraiment: des buts, des victoires et un football dont on peut être fier

DUBAÏ: Le 22 novembre, l’Arabie saoudite affrontera l’Argentine lors de son premier match de la Coupe du monde de football 2022 au Qatar. Nous parlons certes de l’Argentine de Lionel Messi. Les joueurs seront sans doute impressionnés de voir le plus grand footballeur du monde qui suscite une admiration justifiée.
Si affronter une équipe deux fois championne du monde et Lionel Messi reste un honneur, il est peu probable que l’entraîneur français de l’Arabie saoudite, Hervé Renard, permette à ses joueurs de penser à autre chose que le score au stade Lusail.
Pour l’Arabie saoudite, le complexe d’infériorité n’est pas de mise.

foot
La première Coupe du monde organisée sur le territoire arabe comptera un record de quatre nations arabes, tout comme en Russie quatre ans auparavant.
La présence du pays hôte – le Qatar –, de l’Arabie saoudite, du Maroc et de la Tunisie revêt une importance tant culturelle que sportive.
Quand des dizaines de milliers de supporters du monde entier se rendront à Doha, le soutien aux équipes arabes ne se limitera pas, pour une fois, à quelques drapeaux éparpillés çà et là dans les stades, comme cela a souvent été le cas lors des tournois précédents.

foot
Le Qatar abrite d’importantes communautés arabes, dont beaucoup viennent de pays qui ne sont pas qualifiés pour la Coupe du monde, mais qui, on l’espère, apporteront leur soutien à leurs voisins participants. Par ailleurs, des milliers d’autres supporters devraient faire le court voyage depuis les pays voisins, ou le voyage un peu plus long depuis l’Afrique du Nord.
Les équipes arabes devraient, peut-être pour la première fois lors d’une Coupe du monde, être sous le feu des projecteurs. Plus que jamais, les joueurs arabes ont un véritable statut de star.
L’équipe du Qatar, championne d’Asie en titre, est composée de joueurs qui s’entraînent depuis leur plus jeune âge pour participer à ce tournoi, progressant à travers l’Aspire Academy pour atteindre le but ultime.

foot
L’équipe nationale de football du Qatar. (Fédération de football du Qatar via Twitter)

Les médias du monde entier, dont certains ne sont pas toujours bien intentionnés, seront probablement à l’affût de chacun de leurs mouvements et performances comme jamais encore auparavant.
Avec le trio d’Al-Hilal – Salmane al-Faraj, Salem al-Dawsari et Yasser al-Shahrani – l’Arabie saoudite compte trois des meilleurs joueurs d’Asie, comme en témoignent les rôles de premier plan qu’ils ont joués lors des récentes victoires de leur club en Ligue des champions d’Asie (AFC).
De leur côté, le Maroc et la Tunisie ont depuis des années des équipes renforcées par des stars qui jouent dans certaines des meilleures ligues européennes et que les fans du monde entier connaissent.

foot
Les joueurs tunisiens posent pour une photo de groupe lors du match de quart de finale de la Coupe arabe de la Fifa 2021 entre la Tunisie et Oman à Ar-Rayyan, le 10 décembre 2021. (AFP)

Nous sommes loin de certaines des premières participations des pays arabes à la Coupe du monde. Il convient de mentionner qu’ils avaient, à l’époque, été traités avec une condescendance à peine dissimulée par les experts et les commentateurs.
Les joueurs émiratis qui ont participé à la Coupe du monde de 1990 en Italie ont évoqué le manque total de connaissances des journalistes étrangers au sujet des Émirats arabes unis (EAU) à cette époque.
Trop souvent, les équipes ont elles-mêmes terni leur image, comme le Koweït en 1982 et l’Irak quatre ans plus tard. Sur le terrain, comme en dehors, ces incidents ne devraient plus se produire.
Seules huit équipes arabes se sont qualifiées pour la Coupe du monde depuis que le premier tournoi a eu lieu en 1930: l’Égypte, le Maroc, la Tunisie, l’Algérie, le Koweït, l’Irak, les EAU et l’Arabie saoudite.
Étonnamment, aucun nouveau pays arabe ne s’est qualifié depuis que les Faucons verts ont participé à la Coupe du monde pour la première fois en 1994 aux États-Unis. Le Qatar, pays hôte, sera le premier depuis, en affrontant l’Équateur lors du match d’ouverture de la Coupe du monde 2022, le 20 novembre.

foot
Les joueurs marocains s’alignent derrière leur drapeau national lors du match de quart de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2021 contre l’Égypte à Yaoundé, au Cameroun, le 30 janvier 2022. (AFP)

Cela signifie que le monde arabe a dû compter sur le même groupe de nations pour porter ses espoirs au cours des trois dernières décennies. L’Arabie saoudite a participé à quatre autres tournois depuis sa première qualification, tandis que le trio nord-africain composé du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie se qualifie régulièrement pour la Coupe du monde.
Ces quatre nations, malgré l’élimination choc de l’Algérie, ne rêvent plus de qualification, mais l’attendent.
Cela implique – ou devrait impliquer – la responsabilité de garantir une performance de haut niveau et de gagner. Se contenter de côtoyer les meilleures équipes du monde ne suffit plus.
Lorsque l’Arabie saoudite affrontera Lionel Messi et son équipe à la Coupe du monde, le contexte leur sera certes défavorable.
Mais ce fut également le cas le 29 juin 1994 au stade RFK de Washington D.C. Après avoir perdu contre les Pays-Bas et battu le Maroc, l’équipe saoudienne a joué son dernier match de groupe contre la Belgique, avec encore une chance de se qualifier pour les huitièmes de finale pour sa toute première participation à la Coupe du monde. La mauvaise nouvelle était que c’était contre une formidable équipe belge.

foot
Le joueur saoudien Ahmed Madani tente d’arrêter la progression de l’attaquant suédois Kennet Andersson lors de leur match de football de la Coupe du monde, le 3 juillet 1994 à Dallas, au Texas. (AFP)

Ce qui s’est passé ensuite restera comme l’un des plus grands moments de sport du pays et certainement le plus emblématique.
Cinq minutes seulement après le début du match, le joueur saoudien Saeed al-Owairan se lance dans une course sensationnelle qui a déstabilisé la défense belge, avant d’envoyer le ballon dans les filets du gardien Michel Preud’homme.
Il s'agit de l’un des buts les plus spectaculaires de l’Histoire de la Coupe du monde, qui mérite d’être mentionné au même titre que la course légendaire de Diego Maradona contre l’Angleterre au Mexique en 1986 et du brillant effort en solo de Roberto Baggio pour l’Italie contre la Tchécoslovaquie en 1990.

foot
Saeed al-Owairan. (AFP)

L’instant magique de Saeed al-Owairan a suffi pour assurer la victoire 1-0 des Saoudiens et une qualification pour les huitièmes de finale où, après un vaillant effort dans la chaleur torride de Dallas, ils ont perdu 1 à 3 face aux futurs demi-finalistes suédois.
Les choses ne s’amélioreront plus jamais pour l’Arabie saoudite à la Coupe du monde, malgré quatre participations ultérieures, dont la dernière remonte à quatre ans.
C’est d’ailleurs ce que Hervé Renard et ses joueurs chercheront à rectifier au Qatar.

foot
Les joueurs saoudiens portent l’entraîneur français Hervé Renard pour célébrer leur victoire contre l’Australie lors de leur match des éliminatoires de la zone Asie pour la Coupe du monde du Qatar à Djeddah, le 29 mars 2022. (AFP)

Les nations arabes d’Afrique ont également toutes été impliquées dans des moments mémorables de la Coupe du monde, même si ceux-ci se sont très souvent soldés par des échecs.
En 1978, la Tunisie, grâce au légendaire entraîneur Abdelmajid Chetali et au talent exceptionnel de Tarek Diab, réussit à battre le Mexique, champion en titre de la Gold Cup organisée par la Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf), 3-1, lors de sa première participation à la Coupe du monde en Argentine.
Ce fut la toute première victoire d’une nation arabe lors du tournoi mondial.
Les Aigles de Carthage ont même arraché un match nul 0-0 contre les vainqueurs en titre de la Coupe du monde, l’Allemagne de l’Ouest, mais la génération dorée tunisienne a manqué de peu la qualification pour les huitièmes de finale.

foot
Les joueurs algériens se préparent avant le match de football du groupe D de la Coupe arabe de la Fifa 2021 contre le Liban au stade Al-Janoub d’Al-Wakrah, au Qatar, le 4 décembre 2021. (AFP)

Quatre ans plus tard, en Espagne, l’Algérie surprend le monde entier en battant la puissante équipe de l’Allemagne de l’Ouest 2-1, à Gijón, un résultat d’autant plus satisfaisant que les joueurs et l’entraîneur européens avaient manqué de respect à l’égard de l’équipe africaine adverse quelques jours avant le match.
Mais la participation de l’Algérie se termine dans des circonstances controversées lorsque l’Allemagne de l’Ouest bat l’Autriche seulement 1-0 dans le tristement célèbre match baptisé «Disgrâce de Gijón», qui a assuré la qualification des voisins européens aux dépens de la nation arabe.
À la suite de ce scandale, il a été décidé que les derniers matchs de groupe commenceraient en même temps pour éviter toute collusion à l’avenir. Maigre consolation pour les Guerriers du désert qui sont néanmoins rentrés chez eux en héros.
Mais l’on peut se demander comment une manœuvre aussi flagrante se déroulerait désormais, compte tenu de la couverture médiatique impitoyable et d’une armée d’utilisateurs de réseaux sociaux prêts à attaquer.
Ensuite, il y a eu la deuxième participation du Maroc à la Coupe du monde au Mexique, en 1986. Alors qu'on s'attendait à ce que les joueurs rentrent chez eux prématurément après avoir été placés dans le «groupe de la mort» avec l’Angleterre, la Pologne et le Portugal, les Lions de l’Atlas ont pris la tête du classement du groupe avec une victoire étonnante 3-1 contre le Portugal lors de leur dernier match de poule.

foot
Vue d’ensemble du stade Lusail au Qatar lors de l’événement d’orientation des bénévoles pour la Coupe du monde 2022. (Reuters/Mohammed Dabbous)

Lors des huitièmes de finale, le Maroc affronte l’Allemagne de l’Ouest, mais perd à cause d’un but marqué par Lothar Matthäus. Une nation arabe est, une fois de plus, si près du but et pourtant si loin.
Le poids d’une telle histoire peut être paralysant, mais le quatuor arabe a une chance de changer le cours des événements et de rendre fiers ses supporters au Qatar.
Que veulent donc ces supporters? Rien de plus que ce que tous les autres supporters du monde entier veulent: des buts, des victoires et un football dont ils peuvent être fiers. Il n’y a plus aucune excuse.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


« Les calculs à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien

« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
Short Url
  • Ibrahim Olabi déclare au Conseil de sécurité de l’ONU qu’Israël a frappé la base aérienne d’Abu Al-Duhur à huit reprises et que les incursions et les « actes d’agression » se poursuivent, notamment les enlèvements, les bombardements et d’autres violations
  • La Syrie se trouve « à un moment charnière » alors que des millions de personnes déplacées rentrent enfin chez elles, a déclaré le coordinateur adjoint des secours d’urgence de l’ONU, mais « ce retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », a-t

NEW YORK : Les frappes militaires et les incursions israéliennes poussent la région vers la catastrophe, a déclaré jeudi au Conseil de sécurité de l’ONU le représentant permanent de la Syrie auprès de l’ONU, Ibrahim Olabi. 

« La région tout entière se trouve au seuil d’une guerre régionale qui n’épargnerait personne », a-t-il déclaré, en raison des « calculs électoraux étroits du Premier ministre israélien ». 

Ses remarques interviennent alors que de hauts responsables de l’ONU ont informé le Conseil de la situation humanitaire en Syrie et de l’avancement de la transition politique post-Assad. 

Israël a mené huit frappes aériennes contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, a poursuivi ses incursions sur le territoire syrien et a persisté dans des « actes d’agression, notamment des enlèvements, des bombardements et des violations » qui « ne cessent pas », a déclaré M. Olabi. 

Il a critiqué « l’attitude irresponsable » du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, qui s’est rendu cette semaine auprès des troupes israéliennes du côté syrien du mont Hermon et a déclaré qu’elles y resteraient indéfiniment, qualifiant cela de « défi flagrant à la légitimité internationale et aux résolutions de ce Conseil ». 

Il a indiqué que la Syrie s’engageait sérieusement dans les efforts diplomatiques menés sous l’égide des États-Unis visant à désamorcer l’escalade, mais a averti que « tous les efforts internationaux et régionaux déployés depuis des mois pour assurer la sécurité et la stabilité dans la région risquent désormais d’être réduits à néant par les illusions qui n’existent que dans l’imagination d’un gouvernement imprudent et extrémiste ». 

Les attaques israéliennes « ne nous feront pas changer de cap », a ajouté M. Olabi, ni « le choix de la Syrie en faveur de la stabilité », qui, selon lui, ne peut être réalisé que si Israël met fin à ses attaques, cesse ses incursions, se conforme pleinement à l’accord de désengagement de 1974 et se retire des territoires qu’il occupe depuis le 8 décembre 2024. 

Abordant la question du Golan occupé, M. Olabi a cité la résolution 497 du Conseil de sécurité, adoptée en 1981, et en a rappelé la conclusion selon laquelle la « décision d’Israël d’imposer ses lois, sa juridiction et son administration dans le Golan syrien occupé » était « nulle et non avenue, et sans effet juridique international ». 

Il a noté qu’une résolution de l’Assemblée générale adoptée ce mois-ci, réaffirmant ce principe, avait recueilli le soutien de 123 États, contre 97 auparavant. 

M. Olabi a exposé sa vision de ce qu’il a qualifié de tournant pour la Syrie. Il a notamment mis en avant trois événements marquants survenus ce mois-ci. Premièrement, la visite du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à Damas, qui, selon lui, a mis fin à « une ère de tensions entre les Nations unies et la Syrie » au profit d’« une nouvelle phase […] placée sous le signe du partenariat ». 

Deuxièmement, la visite du Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, qui a marqué ce qu’il a qualifié de fin de « l’ère des déplacements et des réfugiés » et le début d’une ère de « retour », plus de 3 millions de Syriens étant déjà rentrés chez eux. 

Et troisièmement, la visite de Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui, selon lui, a ouvert «une nouvelle phase de coopération plus large» après «l’ère de l’ambiguïté». 

M. Olabi s’est également félicité de la décision prise cette semaine par les États-Unis de retirer la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme après 47 ans, et a remercié le président Donald Trump. 

Il a évoqué le réchauffement des relations avec la Russie, la Chine et le Pakistan, et a souligné que l’intégration et la dissolution complètes des Forces démocratiques syriennes au sein de l’Armée arabe syrienne constituaient la preuve d’« un véritable processus d’intégration nationale […] fondé sur l’égalité entre les citoyens et non sur des quotas sectaires ». 

Il a cité une série de signes de reprise économique en Syrie : la reprise des vols internationaux vers l’Allemagne ; de nouveaux systèmes de paiement électronique ; les préparatifs en vue de sortir de la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI), qui recense les pays présentant des faiblesses reconnues dans leurs efforts de lutte contre le blanchiment d’argent et d’autres crimes financiers ; et la réouverture du salon commercial de la Foire internationale de Damas. 

Pour les Syriens, « le rétablissement d’un vol direct ou l’ouverture d’un compte bancaire… ce ne sont pas des détails mineurs ; ce sont au contraire des signes du retour à la vie elle-même », a déclaré M. Olabi. 

Il a également noté que les tribunaux avaient rendu des jugements à l’encontre de l’ancien président syrien, Bachar al-Assad, de son frère Maher et d’autres membres de l’ancien régime pour des crimes commis contre des citoyens syriens, et a remercié le Liban d’avoir extradé un ancien officier recherché. 

Moment charnière

Lors d’un point d’information au Conseil sur la situation humanitaire en Syrie, Indrika Ratwatte, secrétaire général adjoint par intérim et coordinateur adjoint des secours d’urgence, a déclaré que le pays se trouvait « à un moment charnière », avec près de 2 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et plus de 1,7 million de réfugiés ayant regagné leur foyer depuis la chute du régime d’Assad en décembre 2024. 

Il a toutefois averti que « le retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », soulignant que plus de 5,5 millions de personnes restent déplacées à l’intérieur du pays, dont 833 000 vivent dans plus de 1 200 camps. 

Il a indiqué que les engins explosifs avaient fait plus de 2 400 victimes, dont 865 morts, depuis décembre 2024, et que l’appel humanitaire international en faveur de la Syrie n’était financé qu’à hauteur de 30 %. 

« C’est précisément le moment où les investissements peuvent transformer des progrès fragiles en une reprise durable », a déclaré M. Ratwatte, appelant à un financement soutenu, à un soutien aux rapatriés et à des efforts pour « empêcher la Syrie d’être entraînée dans un conflit régional ». 

S’exprimant depuis Damas, le représentant spécial adjoint pour la Syrie, Claudio Cordone, s’est félicité de la décision américaine de lever la désignation de la Syrie comme «État soutenant le terrorisme », et a cité une projection du Fonds monétaire international prévoyant «une croissance à deux chiffres en 2026» pour le pays. 

Il a toutefois averti que « la pauvreté généralisée et la recrudescence de l’inflation signifient que les conditions restent très difficiles pour la plupart des Syriens ». 

M. Cordone a également fait part de ses inquiétudes concernant la poursuite des opérations militaires israéliennes dans le sud de la Syrie, « notamment les incursions terrestres répétées, les perquisitions domiciliaires et la destruction de biens privés et agricoles », et a déclaré que la présence d’Israël à l’est de la ligne de cessez-le-feu « violait la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie ». 

Il a condamné la frappe israélienne du 18 août contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, dans le gouvernorat d’Idlib, et s’est félicité des « récents contacts directs entre Israël et la Syrie et des pourparlers en Jordanie », ainsi que des efforts de médiation américains. Il a également soulevé un certain nombre de préoccupations d’ordre national, notamment des informations faisant état de décès en détention et de disparitions, et a exhorté les autorités syriennes à instaurer « un moratoire sur toutes les exécutions ».


Syrie: le président Chareh fait du chef kurde Mazloum Abdi l'un de ses conseillers

Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
Short Url
  • M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI)
  • Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat

DAMAS: Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas.

"Moustafa Khalil Abdi est nommé conseiller auprès de la présidence de la République", indique le décret signé par M. Chareh et publié par l'agence de presse officielle Sana.

M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat.

L'accord d'intégration représente une victoire majeure pour M. Chareh, mais met fin aux espoirs d'autonomie des Kurdes.

"Absolument historique": l'envoyé spécial américain en Syrie, également ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, s'est félicité mardi de cette décision qui "ressemble à une véritable intégration (...) visant à renforcer la souveraineté de la Syrie".

"Sacrifices consentis"

"Garantir des rôles de premier plan à nos précieux partenaires", y compris M. Abdi au sein du gouvernement, "témoigne du respect dû à leur leadership, aux sacrifices consentis par nos partenaires kurdes et à la contribution constructive qu'ils ont apportée à la stabilité régionale", avait ajouté M. Barrack, sans préciser quel rôle l'ex-chef des FDS était appelé à occuper.

Les FDS ont été formées en 2015 à l'initiative des Etats-Unis, impressionnés par les combattants kurdes qui avaient vaincu l'EI à Kobané, dans le nord de la Syrie, et qui cherchaient un partenaire fiable dans la lutte en cours contre les jihadistes.

A leur apogée, elles comptaient environ 100.000 combattants, kurdes et arabes, et contrôlaient de vastes zones du nord et du nord-est de la Syrie, des régions riches en pétrole.

Mais Mazloum a adhéré à l'accord d'intégration à la suite des affrontements de janvier dernier, au cours desquels les Kurdes ont perdu de vastes portions de territoire au profit des troupes gouvernementales, alors même que Washington, soutien de longue date des Kurdes, se rapprochait des nouvelles autorités de Damas.

M. Chareh a de son côté signé un décret consacrant les droits nationaux des Kurdes et reconnaissant le kurde comme langue nationale – une mesure sans précédent depuis l'indépendance de la Syrie en 1946.

M. Abdi a annoncé la semaine dernière que l'intégration de l'administration kurde à l'Etat syrien était achevée, ajoutant "notre combat se poursuivra afin d'inscrire les droits de notre peuple dans la Constitution."


Tunisie: pour les coupures d'eau et électricité, le président dénonce des «actes prémédités»

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
Short Url
  • Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics
  • Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés"

TUNIS: Le président tunisien Kais Saied, doté des pleins pouvoirs depuis l'été 2021, a dénoncé des "actes prémédités" visant à "attiser les tensions" pour expliquer les coupures d'eau et d'électricité qui rythment le quotidien des Tunisiens depuis le début de l'été.

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics.

Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés".

M. Saied s'est exprimé après une réunion avec sa cheffe de gouvernement, les ministres concernés et les dirigeants des deux entreprises publiques, Steg (électricité) et Sonède (eau).

Dans son communiqué, M. Saied, coutumier des déclarations à caractère complotiste, affirme que "les enquêtes ont démontré" que les coupures "dans plusieurs zones ne résultaient pas de pannes ordinaires".

Selon lui, il s'agit "d'actes prémédités visant à enflammer la situation par tous les moyens, à répandre mensonges et rumeurs afin de semer la confusion" et à "maltraiter les citoyens jusque dans les services les plus élémentaires".

Comme en juillet, la Steg a recommencé à publier des avis de "délestages", destinés à soulager son réseau sous forte tension, en listant les villes concernées ainsi que les quartiers de Tunis, une agglomération d'environ trois millions d'habitants sur 12 millions.

Les Tunisiens subissent aussi de fréquentes coupures d'eau, car une bonne partie de l'approvisionnement en eau courante nécessite un pompage.

La production de bouteilles d'eau minérale, dont les Tunisiens sont de gros consommateurs, a en outre été perturbée par ces coupures d'électricité et une pénurie de bouteilles en plastique. Dans les supermarchés, l'eau est rationnée à un pack de six par personne et est devenue introuvable dans les épiceries.

"Les ennemis de la patrie et ceux qui les soutiennent sont désormais démasqués aux yeux du peuple tunisien", a poursuivi M. Saied, prévoyant "un échec" pour ces "tentatives de provocation" et "ces plans criminels, d'où qu'ils viennent" tant que le pays restera "soudé".

En juillet 2021, M. Saied avait limogé son Premier ministre et gelé le Parlement, réduit depuis à un rôle de chambre d'enregistrement.

Plusieurs ONG tunisiennes et étrangères, dont Human Rights Watch et Amnesty International, l'ont accusé de dérive autoritaire à travers une restriction des droits et libertés et l'emprisonnement des principaux leaders de l'opposition, de dizaines de journalistes, avocats et militants.