Des cortèges fournis dans toute la France pour les salaires et les retraites

Certaines pancartes filaient la métaphore culinaire: "Macron, donne-moi ton frigo", "mangeons les riches", "métro, boulot, pâtes à l'eau, caveau"... En chanson, sur l'air de "Voyage, voyage", certains tonnaient "Travaille, travaille, plus loin que l'âge de la retraite". (Photo, AFP)
Certaines pancartes filaient la métaphore culinaire: "Macron, donne-moi ton frigo", "mangeons les riches", "métro, boulot, pâtes à l'eau, caveau"... En chanson, sur l'air de "Voyage, voyage", certains tonnaient "Travaille, travaille, plus loin que l'âge de la retraite". (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 29 septembre 2022

Des cortèges fournis dans toute la France pour les salaires et les retraites

  • Le cortège parisien, fort de plusieurs milliers de personnes (40 000 selon les organisateurs), s'est élancé peu après 14H00 de la place Denfert-Rochereau, en direction de la place de la Bastille
  • Plusieurs responsables politiques de gauche étaient présents, dont Fabien Roussel (PCF), Mathilde Panot (LFI), Olivier Faure (PS) ou encore Sandrine Rousseau (EELV)

PARIS : "Augmentez nos salaires, pas la misère": les manifestants ont battu le pavé jeudi, à l'appel de la CGT, FSU et Solidaires et d'organisations de jeunesse, pour réclamer des hausses de salaires et donner un coup de semonce sur les retraites, au moment où l'exécutif précise sa méthode pour réformer.

La CGT a revendiqué, pour cette première journée de mobilisation interprofessionnelle depuis la rentrée, "plus de 250.000" participants dans près de 200 manifestations en France (contre "près de 80 000" le 17 mars et "plus de 150 000" le 27 janvier).

Le ministère de l'Intérieur a de son côté dénombré 118 500 manifestants pour 179 rassemblements (contre 30 800 en janvier et 89 000 en janvier).

Quelque 40.000 manifestants, selon les organisateurs, 13 500 selon la police, ont marché à Paris de Denfert-Rochereau à Bastille, derrière une banderole proclamant: "Augmentation des salaires, minima sociaux, bourses et retraites, il est urgent d'agir!". Neuf personnes ont été interpellées dans la capitale.

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a mis en avant "un premier avertissement au gouvernement et au patronat pour que s'engagent rapidement des négociations salariales" et pour signaler, "puisque c'est l'actualité", que les Français ne veulent "pas travailler plus longtemps".

"L'urgence sur les salaires, ça devient vital pour pas mal de gens", a plaidé Murielle Guilbert (Solidaires).

Parmi les manifestants, Ibrahima Tell, employé de la restauration de 39 ans: "une trentaine d’euros par mois supplémentaires ne changeront rien à la situation. Ce qu’il faut, c’est 100 à 200€ d’augmentation. Tout a augmenté, je le vois bien dans le domaine de la restauration (...) Et puis il y a aussi l’énergie, le chauffage (...) On veut que je mette le chauffage à 19 degrés ? Mais on est déjà en train de crever de froid", témoigne-t-il.

Plusieurs responsables politiques de gauche étaient présents, dont Fabien Roussel (PCF), Mathilde Panot (LFI), Olivier Faure (PS) ou encore Sandrine Rousseau (EELV).

Dès la matinée, plusieurs milliers de personnes (4 300 selon la police) avaient manifesté à Marseille, en présence de Jean-Luc Mélenchon (LFI).

Ils étaient entre 3 200 (police) et 4 500 (CGT) à Nantes, 770 à Besançon, 3 500 (police) à Toulouse, 3 400 (police) à Lyon, plusieurs centaines à Strasbourg, 500 à Belfort (police), entre 1 600 (préfecture) et 3 500 (CGT) à Caen, entre 3 500 (police) et 8 500 (syndicats) au Havre ou encore entre 1 870 (préfecture) et 3 500 (CGT) à Rouen.

A La Réunion, un millier de personnes ont défilé dans les rues de Saint-Denis (nord de l'île) et à Saint-Pierre (sud).

Le ministère de l'Education nationale a rapporté à la mi-journée un taux de grévistes de 11,01% chez les enseignants. Le Snes-FSU a revendiqué, lui, "30% de grévistes" dans les collèges et lycées, tandis que le Snuipp-FSU en a recensé 20% dans le primaire.

Côté transports, trois syndicats sur quatre, y compris la CFDT-Cheminots, avaient appelé à la grève à la SNCF. Des perturbations ont été signalées sur certaines lignes TGV Inoui, Intercités, Ouigo, TER, et Transilien en Ile-de-France. Du côté de la RATP, où seule la CGT avait appelé à la grève, le trafic était perturbé sur le RER B ou les bus.

La fédération CGT de l'agroalimentaire a recensé "près de 400 appels à la grève" et "au bas mot, 50 000 grévistes".

«On ne restera pas longtemps»

La Première ministre, Elisabeth Borne, a annoncé jeudi à l'AFP que le gouvernement allait ouvrir un nouveau cycle de concertations en vue d'adopter un projet de loi sur les retraites "avant l'hiver", permettant une entrée en vigueur à l'été 2023 d'une réforme prévoyant le "report progressif de l'âge de départ" jusqu'à 65 ans en 2031.

"On ne veut pas négocier l'allongement de l'âge de la retraite", a prévenu M. Martinez. Quant à participer aux concertations prévues par l'exécutif dès la semaine prochaine, "si c'est pour nous dire voilà ce qu'on veut et maintenant faites ce qu'on vous dit, on ne restera pas longtemps".

La CFDT qui, comme FO, ne participait pas à la journée de mobilisation, a indiqué qu'elle "s'engagera(it) dans les discussions" et réclame "loyauté et transparence".

Tous les syndicats nationaux (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires et Unsa) doivent se retrouver au siège de l'Unsa lundi. Il s'agira de discuter "des modalités pour poursuivre ce mouvement", a dit M. Martinez, plaidant pour l'unité "la plus large possible". La CFDT ira pour "construire des propositions communes sur les axes de concertation qui s'ouvrent et contrer le report de l'âge légal à 65 ans", a-t-elle dit.

Les partis de gauche prévoient de leur côté une "grande marche contre la vie chère et l'inaction climatique", le 16 octobre, sans le soutien, un temps envisagé, de la CGT.


Macron dans un lycée en Lozère mardi pour la rentrée scolaire

Le président français Emmanuel Macron signe une banderole réalisée par des élèves d’une école locale à son départ, après avoir présidé le Conseil des ministres hebdomadaire, dans la ville de Montluçon, dans le centre de la France, le 22 avril 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron signe une banderole réalisée par des élèves d’une école locale à son départ, après avoir présidé le Conseil des ministres hebdomadaire, dans la ville de Montluçon, dans le centre de la France, le 22 avril 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra mardi au lycée Chaptal de Mende pour échanger sur la généralisation de l’interdiction des téléphones portables dans les lycées dès la rentrée
  • Il visitera ensuite la faculté d’éducation de l’université de Montpellier à Mende pour présenter la réforme de la formation des enseignants, destinée notamment à renforcer le recrutement

PARIS : Emmanuel Macron se rendra au lycée Chaptal de Mende (Lozère) mardi, où il échangera avec élèves et enseignants sur l'interdiction du téléphone portable dans les lycées, pour la dernière rentrée scolaire de son double quinquennat, a annoncé vendredi l'Elysée.

"Dans la suite de son engagement pour renforcer la protection des mineurs face aux expositions permanentes aux écrans, le chef de l'Etat échangera avec les élèves et les enseignants sur la généralisation de l'interdiction des téléphones portables au lycée, dans la continuité de ce qui est mis en place au collège depuis 2018", a précisé la présidence.

Déjà en vigueur de la maternelle au collège, l'interdiction du téléphone portable sera étendue aux lycées dès la rentrée par la loi visant à protéger les mineurs des réseaux sociaux.

Emmanuel Macron a promulgué ce texte mardi alors que le Conseil constitutionnel a censuré sa mesure phare interdisant l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

Il se rendra ensuite à la faculté d'éducation de l'université de Montpellier sur le site de Mende à l'occasion de la mise en œuvre de la réforme de la formation initiale des enseignants, "grand engagement du second quinquennat" selon l'Elysée.

Pour répondre à la crise du recrutement, le ministère de l'Education nationale a réformé le système de concours afin notamment d'élargir le vivier de candidats.

Le concours a été avancé cette année à la fin de la licence (bac+3). Jusqu'à l'an dernier, les aspirants professeurs, dans le premier degré (écoles maternelles et primaires) comme dans le second degré (collèges et lycées) ne pouvaient passer le concours qu'après un master (bac+5).

Le manque d'enseignants, avec un nombre conséquent de postes non pourvus depuis plusieurs années, est une problématique de longue date dans l'Education nationale. En 2025, plus de 2.600 postes étaient restés vacants, selon des données compilées par l'AFP.

Cette réforme "permet de préparer plus tôt et plus progressivement les futurs enseignants à leur métier, grâce à des programmes rénovés, une formation renforcée et mieux répartie sur le territoire", estime la présidence.

"Elle doit renforcer durablement l'attractivité du métier et élargir le vivier de candidats qui seront rémunérés pendants leurs années de master", ajoute-t-elle.

Le chef de l’Etat échangera avec des étudiants se préparant au professorat des écoles, dont notamment les premiers lauréats du nouveau concours.


Mélenchon aux patrons: "si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession"

Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
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  • Jean-Luc Mélenchon appelle les chefs d’entreprise à augmenter les salaires pour éviter une récession en France
  • Lors du débat du Medef, les principaux candidats ont exposé leurs visions économiques, de la réduction de la bureaucratie à la relance sociale et écologique

PARIS: Jean-Luc Mélenchon a exhorté jeudi les chefs d'entreprise à "augmenter les salaires" pour éviter à la France de "tomber en récession", en ouverture du premier débat entre les principaux candidats à la présidentielle, organisé par le Medef.

"Je vous mets en alerte: le budget Lecornu, plus l'inflation alimentaire, si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession", a lancé le candidat de La France insoumise lors de ce débat à Roland-Garros, diffusé par LCI.

Les sept candidats les mieux placés dans les sondages se sont exprimés à tour de rôle sur le court central.

Actuelle favorite selon les intentions de vote à moins de huit mois du premier tour du 18 avril, Marine Le Pen a estimé qu'il y avait "un consensus général sur la gravité de la situation" économique du pays.

"Moi j'appelle à l'union de l'ensemble des acteurs, à l'union des salariés et des entrepreneurs pour opérer le redressement, j'oserai même, même en présence de Monsieur Attal, la renaissance de la France", a dit la candidate du Rassemblement national.

Gabriel Attal, candidat du parti présidentiel Renaissance, conteste en justice l'utilisation de ce terme par la quadruple candidate à l'Elysée dans son slogan de campagne.

Ce dernier, qui se dispute avec Edouard Philippe la place de candidat du bloc central, a lui épinglé dans son introduction les insoumis, invitant Jean-Luc Mélenchon à "présenter des excuses pour les propos de (l'eurodéputée) Manon Aubry qui a qualifié les entrepreneurs français de nuisibles et de parasites".

Son concurrent Edouard Philippe, candidat du parti Horizons, souvent accusé de promettre du "sang et des larmes", s'est dit "convaincu qu'on ne gagne pas une élection, mais surtout qu'on ne sort pas un pays de l'ornière en se contentant de dire ce qui ne va pas et en disant que ça va être dur".

Il s'en est pris, lui aussi, à la proposition des insoumis d'annuler une partie de la dette publique française, car selon lui, "brûler la dette" mettra la France en "interdit bancaire".

"Moi je ne veux pas pour mon pays, la France, d'un destin de parc d'attractions pour tycoons américains, oligarques russes, dignitaires du Parti communiste chinois ou émirs du Golfe", a martelé pour sa part le social-démocrate Raphaël Glucksmann, proposant son "nouveau contrat patriotique".

A droite, Bruno Retailleau, candidat du parti Les Républicains, a promis de s'attaquer à "l'État bureaucratique", "vorace", "paperasse", qualifié de "premier problème", et qui "asphyxie les forces vives" selon lui.

L'écologiste Marine Tondelier a assuré les patrons que, comme eux, "les Ecologistes aussi veulent la liberté", car "l'écologie est la condition de la liberté".


Un soldat de la Légion étrangère française enlevé en Colombie

Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
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  • Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source
  • José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio

BOGOTA: Un soldat franco-colombien de la Légion étrangère française a été enlevé début août dans une région de Colombie contrôlée par la guérilla, a annoncé l'armée jeudi.

José Olger Melo Charry a été pris en otage le 6 août alors qu'il circulait sur une route du département de Nariño, dans le sud-ouest du pays, selon un rapport de l'armée consulté par l'AFP.

Les responsables présumés de cet enlèvement sont des dissidents de la guérilla des Farc, aujourd'hui dissoute, qui avaient refusé de signer l'accord de paix de 2016 avec le gouvernement, indique le document.

Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source.

José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio.

Le groupe accusé de cet enlèvement est dirigé par un homme connu sous le nom d'Ivan Mordisco, le guérillero le plus recherché de Colombie.

Les groupes armés du pays, principalement impliqués dans le trafic de drogue et l'exploitation minière illégale, ont recours aux enlèvements pour extorquer de l'argent ou faire pression sur les autorités.

Le président Abelardo de la Espriella, tenant de la droite dure, affiche depuis son arrivée au pouvoir début août une politique de lutte sans merci contre les guérillas et les narcotrafiquants, avec le soutien des Etats-Unis.

Son prédécesseur de gauche, Gustavo Petro, lui-même ancien membre d'une autre guérilla dissoute, avait échoué dans la plupart de ses tentatives de conclure la paix, et de nombreux experts soulignent que les groupes armés se sont renforcés durant sa présidence.