Les dirigeants iraniens déstabilisés par la montée des protestations

Les deux candidats les plus susceptibles de remplacer Khamenei sont son fils Mojtaba et le président Ebrahim Raisi représenté ci-dessus. (AFP)
Les deux candidats les plus susceptibles de remplacer Khamenei sont son fils Mojtaba et le président Ebrahim Raisi représenté ci-dessus. (AFP)
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Publié le Samedi 01 octobre 2022

Les dirigeants iraniens déstabilisés par la montée des protestations

  • L'agitation nationale provoquée par la mort de Mahsa Amini a coïncidé avec l'apparition de rumeurs concernant l'état de santé du dirigeant suprême
  • Alarmés par l'ampleur de l'indignation populaire, certains religieux et politiciens de haut rang ont appelé au calme

DJEDDAH: Les dirigeants religieux iraniens semblent avoir du mal à trouver un moyen d'écraser les manifestations antigouvernementales de masse, alors que les tactiques de sécurité sont remises en question et que des manœuvres de haut niveau sont menées pour désigner le successeur de l'ayatollah Ali Khamenei, indiquent les analystes.

L'agitation nationale provoquée par la mort de Mahsa Amini, 22 ans, arrêtée par la police iranienne des mœurs, a coïncidé avec l'apparition de rumeurs concernant l'état de santé du dirigeant suprême, âgé de 83 ans –  une nouvelle qui menace l'establishment religieux iranien.

Bien que l'Assemblée des experts composée de 86 membres soit, en théorie, chargée de choisir le prochain dirigeant, les luttes d'influence ont déjà commencé, ce qui empêche les religieux au pouvoir de s'unir autour d'une série de tactiques de sécurité. 

« Cette course a semé la zizanie au sein de la direction. L'aggravation des désaccords est bien la dernière chose dont nous ayons besoin dans un pays en pleine tourmente », affirme un responsable du parti de la ligne dure. « La question principale à l'heure actuelle est la survie de la République islamique ».

en bref

L'agitation nationale provoquée par la mort de Mahsa Amini, 22 ans, arrêtée par la police iranienne des mœurs, a coïncidé avec l'apparition de rumeurs concernant l'état de santé du dirigeant suprême, âgé de 83 ans.

 

Les deux candidats les plus susceptibles de remplacer Khamenei sont son fils Mojtaba et le président Ebrahim Raïssi. « Aucun d'entre eux ne bénéficie d'un soutien populaire », précise Karim Sadjadpour, chercheur principal à la Fondation Carnegie pour la paix internationale.  « Toutefois, ce qui maintient la République islamique au pouvoir n'est pas le soutien populaire, mais la répression – et tous deux sont experts en répression ».

Alors que les manifestations se sont étendues à 80 villes du pays, les dirigeants iraniens ont accusé une coalition « d'anarchistes, de terroristes et d'ennemis étrangers » d'orchestrer le désordre – une version à laquelle peu d'Iraniens croient.

Alarmés par l'ampleur de l'indignation populaire, certains religieux et politiciens de haut rang ont appelé au calme pour éviter une effusion de sang qui risquerait de galvaniser et d'enhardir les manifestants.

Cependant, cela n'a pas empêché les partisans de la ligne dure de réclamer des mesures plus sévères, malgré la mort d'au moins 75 manifestants lors de la répression sécuritaire. « Une partie de l'establishment craint que le recours à une force plus meurtrière ne pousse la République islamique à un point de non-retour», explique un ancien haut responsable iranien.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Caire critique le rapport du Parlement européen sur les droits de l'homme

Des membres du Parlement égyptien assistent à une session générale au Caire (Photo, AFP/Archives).
Des membres du Parlement égyptien assistent à une session générale au Caire (Photo, AFP/Archives).
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  • De nombreux députés et hommes politiques égyptiens ont exprimé leur rejet de l'appel du Parlement européen et ont affirmé qu'il s'agissait d'une ingérence flagrante dans les affaires de l'Égypte
  • Tamer Abdel Kader a également affirmé que la déclaration violait la charte de l'ONU, «car elle comportait de nombreux mensonges, faussetés et rumeurs»

LE CAIRE: Les députés et les politiciens égyptiens ont rejeté ce qu'ils appellent l'ingérence «flagrante» du Parlement européen dans les affaires intérieures de l'Égypte.

Dans une déclaration publiée vendredi, le Parlement européen a demandé la libération immédiate et inconditionnelle de dizaines de défenseurs des droits de l'homme, d'avocats, de journalistes, d'activistes, de politiciens et d'influenceurs des médias sociaux actuellement détenus dans les prisons égyptiennes, ainsi que l'annulation du recours excessif à la détention provisoire arbitraire en Égypte.

Le Parlement européen a également appelé les États membres de l'UE à «soutenir l'appel à la création d'un mécanisme international de surveillance et de signalisation des violations flagrantes des droits de l'homme en Égypte au Conseil des droits de l'homme des Nations unies, ainsi qu'à un réexamen approfondi et complet des relations de l'UE avec l'Égypte à la lumière des progrès très limités enregistrés par ce pays en matière de droits de l'homme».

De nombreux députés et politiciens égyptiens ont exprimé leur rejet de l'appel du Parlement européen et ont affirmé qu'il s'agissait d'une ingérence flagrante dans les affaires de l'Égypte.

Hind Rachad, membre de la Chambre des représentants, a déclaré à Arab News: «Je rejette fermement tous les mensonges et les tentatives d'ingérence dans les affaires de l'État égyptien.»

Son commentaire est intervenu alors que le Parlement égyptien affirmait que la position de l'UE ne reflétait qu'une vision biaisée et subjective de la réalité dans le pays.

Tamer Abdel Kader, également membre de la Chambre des représentants, a déclaré à Arab News que la déclaration du Parlement européen sur les droits de l'homme en Égypte constitue une «ingérence flagrante» dans les affaires d'«un pays qui jouit de tous les droits souverains».

Il a également affirmé que la déclaration violait la charte de l'ONU, «car elle comportait de nombreux mensonges, faussetés et rumeurs».

Abdel Kader a ajouté: «Cette vieille école a vu ses politiques exposées plus d'une fois et tout le monde sait quelles sont les intentions des rédacteurs de ces politiques à l'égard de l'État égyptien, qui a récemment lancé la stratégie nationale pour les droits de l'homme et établi des cadres pour sa mise en œuvre devant tout le monde.»

«Parmi les inexactitudes de la déclaration figure l'affirmation selon laquelle l'Égypte exécute des enfants, sachant que les lois égyptiennes criminalisent le jugement ou l'exécution d'enfants. Les lois égyptiennes stipulent qu'ils doivent être placés dans des foyers de soins pour leur réhabilitation et leur intégration dans la société.»

L'expert politique Hazem El-Gendy, chef adjoint du parti égyptien Wafd, a déclaré à Arab News que la décision du Parlement européen confirmait sans aucun doute «qu'il existe un état d'hostilité et d'embuscade adopté par certaines institutions internationales contre l'Égypte» et que celles-ci ne sont «pas suffisamment au courant de l'évolution de la situation en Égypte».

El-Gendy a indiqué: «Les résolutions disent que l'Égypte vit sous l'état d'urgence depuis 2017, malgré l'annonce du président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, de l'annuler en octobre 2021. La déclaration de l'état d'urgence est intervenue à la lumière de la guerre menée par l'État et les groupes terroristes dans le Sinaï.»

Mahmoud Bassiouni, membre du Conseil national des droits de l'homme, a également affirmé à Arab News que la déclaration du Parlement européen constitue une ingérence dans les affaires intérieures de l'Égypte et ignore les efforts de l'État égyptien menés afin d’améliorer les droits de l'homme.

Il a soutenu que la déclaration controversée reposait sur une seule source d'information.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Mystère et magie lors du premier festival consacré à l'histoire Antique de l'Arabie saoudite

Ce festival unique en son genre était entièrement axé sur les sites, qui étaient un carrefour culturel durant l'Antiquité, ainsi que des zones d'influence et de richesse (Photo, AN par Huda Bashatah).
Ce festival unique en son genre était entièrement axé sur les sites, qui étaient un carrefour culturel durant l'Antiquité, ainsi que des zones d'influence et de richesse (Photo, AN par Huda Bashatah).
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  • Le festival a redonné vie à des paysages anciens
  • «AlUla, Khaybar et Tayma ont beaucoup de récits historiques et beaucoup d'informations que nous devons montrer au monde», a soutenu Alanzi

KHAYBAR: Le passé, le présent et l'avenir se sont rejoints lors de la clôture du premier festival des anciens royaumes, avec une série d'événements dramatiques mettant en valeur trois oasis historiques du nord-ouest — AlUla, Khaybar et Tayma — pour un public moderne.

Le festival, lancé le 11 novembre, est le premier en son genre à se concentrer entièrement sur ces sites, qui étaient au carrefour de la culture dans l'Antiquité, mais aussi sur des centres d'influence et de richesse.

En mettant l'accent sur une série d'événements, notamment des spectacles culturels, des ateliers et des visites touristiques, le festival a donné un nouveau souffle à ces paysages anciens et de nombreuses activités devraient se poursuivre après la clôture du festival.

Un spectacle incroyable a illuminé le ciel nocturne alors que 1 450 drones formaient des formes pendant qu'un orchestre jouait la musique du compositeur britannique Matt Faddy. Le spectacle se poursuivra jusqu'au 15 décembre 2023.

 


Fars, l'agence de presse iranienne, victime d'une cyberattaque

L'Iran a été ciblé par plusieurs groupes de pirates informatiques anonymes ces dernières années (Photo, LinkedIn/Archives).
L'Iran a été ciblé par plusieurs groupes de pirates informatiques anonymes ces dernières années (Photo, LinkedIn/Archives).
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  • Un groupe de pirates informatiques semble avoir obtenu des informations personnelles du personnel et des données gouvernementales
  • Fars a été fortement critiquée pour sa couverture déformée des récentes manifestations qui ont secoué l'Iran depuis la mort de Mahsa Amini à la mi-septembre

LONDRES: L’organe de presse de l'État iranien Fars a été affecté par une cyberattaque, selon l'agence de presse samedi.

L'incident semble faire partie d'une opération plus vaste visant à discréditer l’organe de presse, qui est géré par le Corps des gardiens de la révolution islamique, et à exposer des informations gouvernementales sensibles.

Fars a déclaré que son site web avait été perturbé vendredi en fin de journée par une «opération complexe de piratage et de cyberattaque».

«La suppression d'éventuels bugs peut entraîner des problèmes pour certains services de l'agence de presse pendant quelques jours», a indiqué Fars dans un communiqué publié sur sa chaîne Telegram.

«Les cyberattaques contre l'agence de presse Fars sont effectuées presque quotidiennement depuis différents pays, notamment les territoires occupés (Israël)», a ajouté Fars.

Fars a été fortement critiquée pour sa couverture déformée des récentes manifestations qui ont secoué l'Iran depuis la mort de Mahsa Amini à la mi-septembre.

La jeune femme de 22 ans avait été arrêtée pour avoir prétendument enfreint le code vestimentaire des femmes du pays et elle est décédée alors qu'elle était détenue par la police des mœurs du pays.

Les pirates semblent avoir pris pour cible le compte Twitter de l'un des responsables de Fars et publié une vidéo sur son profil.

Vendredi, le groupe de pirates informatiques Black Reward a affirmé avoir pénétré dans la base de données de l'agence et a dévoilé avoir obtenu des bulletins confidentiels et des directives envoyés par l'agence de presse au bureau du Guide suprême Ali Khamenei.

L'Iran a été la cible de plusieurs groupes de pirates informatiques anonymes ces dernières années.

En octobre, Black Reward a publié des documents relatifs au programme nucléaire iranien après que le gouvernement a ignoré les exigences des pirates de libérer tous les prisonniers politiques et les manifestants arrêtés lors des récentes manifestations.

Ces dernières semaines, Black Reward a également piraté les courriels des responsables et des employés de la presse et de la télévision affiliées à l'État, obtenant ainsi des informations personnelles.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com