Le Zimbabwe mise sur l'or pour survivre aux ravages de la corruption et de l’épidémie

Un jeune mineur d’or tient une pépite entre ses mains (Photo, Jekesai NJIKIZANA/AFP).
Un jeune mineur d’or tient une pépite entre ses mains (Photo, Jekesai NJIKIZANA/AFP).
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Publié le Dimanche 08 novembre 2020

Le Zimbabwe mise sur l'or pour survivre aux ravages de la corruption et de l’épidémie

  • La crise sanitaire mondiale n'a pas terni la richesse du métal précieux : l'once d'or a atteint un nouveau record en août, passant pour la première fois la barre symbolique des 2 000 dollars
  • Le Zimbabwe compte bien en faire un remède miracle à une économie exsangue minée par le chômage, le manque d'argent liquide, d'essence et même d'électricité et d'eau

HARARE: Sur la paille après des décennies de gestion désastreuse, le Zimbabwe mise sur les revenus lucratifs de l'or pour soutenir une économie ravagée par la corruption, l'hyper-inflation et plus récemment la pandémie de coronavirus.

La crise sanitaire mondiale n'a pas terni la richesse du métal précieux : l'once d'or a atteint un nouveau record en août, passant pour la première fois la barre symbolique des 2 000 dollars.

Le Zimbabwe compte bien en faire un remède miracle à une économie exsangue minée par le chômage, le manque d'argent liquide, d'essence et même d'électricité et d'eau.

Le secteur minier représente habituellement 60% des exportations du pays, rapportant un milliard de dollars par an, et attire 50% des investissements directs étrangers, a récemment rappelé le président Emmerson Mnangagwa.

Si l'économie de ce pays d'Afrique australe doit se contracter de 10% cette année, elle pourrait rebondir à +4,5% en 2021, selon les projections du Fonds monétaire international. Et le secteur minier devrait porter cette croissance.

Le gouvernement table sur des revenus annuels issus des exportations minières atteignant plus de 10 milliards d'euros en 2023. Avec dans le premier rôle, l'or.

Le secteur minier passera d'une contraction de 4,1% en 2020 à une croissance de 7,7% l'an prochain, selon les projections du ministre des Finances zimbabwéen, Mthuli Ncubel, lors d'une présentation budgétaire.

Mais l'or et ses atours attirent aussi corruption, contrebande et scandales qui ne font qu'émerger, mais se multiplient.

Petits et grands trafics

L'activité minière est dominée par de petites entreprises, facilitant les petits trafics. Le gouvernement a récemment estimé que plus d'un milliard d'euros se volatilisent chaque année, des mineurs individuels nourrissant des commerces illicites d'or.

Pourtant le ministre des Finances reconnaît que les petites structures de mineurs contribuent jusqu'à plus de 70% de la production.

La semaine dernière, une responsable du secteur minier a été arrêtée à l'aéroport d'Harare avant d'embarquer pour Dubaï, avec six kilos du métal précieux dans son bagage à main, d'une valeur de plus de 300 000 euros sur le marché international.

Le ministère public accuse Henriette Rushwaya d'appartenir à un réseau organisé, opérant à grande échelle : « C'est un exemple classique du mode opératoire du crime organisé », a déclaré le procureur Garudzo Siyadhuma lors d'une audience.

Le gouvernement a établi des règles pour tenter de diminuer les déperditions. Mais de l'avis de nombreux observateurs, elles sont largement inefficaces.

« L'argent n'est pas récupéré dans le système régulier », souligne l'économiste Persistence Gwanyanya. 

Les vieux démons du Zimbabwe risquent aussi de déjouer l'ambitieux plan du gouvernement: pénurie de devises, monnaie faible et hyper-inflation. Le pari du gouvernement de miser sur l'or pour se tirer d'une économie moribonde est « irréaliste », selon le spécialiste Robert Besseling, du cabinet de conseil en risques commerciaux Exx Africa.

« Ce plan ne tient pas compte des risques politiques et économiques extrêmement élevés dans le pays, qui décourageront de nombreux investisseurs », explique-t-il, sans compter les capacités d'exportation limitées par la médiocrité des installations.

Premier producteur d'or au Zimbabwe, RioZim a annoncé en juin l'arrêt de sa production, en raison notamment d'une pénurie de devises étrangères. 

Les restrictions à la possession de devises étrangères édictées par la Banque centrale zimbabwéenne, aggravées par un taux de change fixe, met les rares opérateurs d'envergure en difficulté. Les exportateurs d'or ne sont en effet autorisés à convertir que 70% des revenus de leurs ventes en monnaie étrangère, le reste étant libellé en dollars zimbabwéens.


Le secteur privé, moteur du rapprochement économique entre la France et l’Arabie saoudite

En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
  • Dans un entretien accordé à Arab News en français, Sultan Almusallam souligne la dynamique des relations économiques franco-saoudiennes, avec 12 milliards de dollars d’échanges en 2025
  • À Vision Golfe, la Fédération des chambres saoudiennes veut accélérer les partenariats avec les entreprises françaises en facilitant les investissements et le commerce, dans le cadre des objectifs de Vision 2030

PARIS: À l’occasion de sa première participation à Vision Golfe, le secrétaire général de la Fédération des chambres saoudiennes, Sultan Almusallam, a réaffirmé, dans un entretien accordé à Arab News en français, la volonté du Royaume de renforcer ses liens économiques avec la France. Selon lui, les priorités françaises en matière d’expertise, d’innovation et de développement « s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la Vision 2030 du Royaume et au-delà », créant des opportunités de coopération dans des secteurs stratégiques.

Cette dynamique se traduit déjà par des résultats concrets. « La croissance soutenue des échanges commerciaux entre les deux pays au cours des cinq dernières années est un indicateur positif. Sur un an, les échanges ont progressé de 7,8 %, atteignant 12 milliards de dollars en 2025 », souligne Sultan Almusallam. Dans le même temps, les investissements français en Arabie saoudite ont presque triplé en cinq ans, passant de 7 à 19 milliards de riyals saoudiens.

Aujourd’hui, 500 entreprises françaises sont implantées en Arabie saoudite, dont 30 ont choisi Riyad comme siège régional, un chiffre appelé à progresser.

Pour le secrétaire général, cette croissance repose sur la complémentarité des savoir-faire. « L’expertise française est en phase avec les ambitions saoudiennes », explique-t-il, citant notamment les secteurs du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), de la culture, du tourisme et de l’économie créative.

Les prochains grands événements internationaux organisés en Arabie saoudite, notamment l’Expo 2030 et la Coupe du monde de football, ouvrent selon lui de nouvelles perspectives de coopération. Il cite le groupe hôtelier Accor, fortement implanté dans le Royaume et engagé dans le recrutement de talents saoudiens, comme « un modèle à reproduire dans d’autres secteurs ».

Dans son entretien avec Arab News en français, Sultan Almusallam insiste également sur le rôle de la coopération culturelle dans le développement des relations économiques. Les initiatives telles qu’Afalula, ainsi que l’inscription de huit sites saoudiens au patrimoine mondial de l’UNESCO au cours des dix dernières années, contribuent selon lui à renforcer les liens entre les deux pays.

« Les relations d’affaires ne peuvent se construire que sur la confiance, et la confiance se construit à travers les relations entre les peuples », affirme-t-il. Il souligne également la présence d’environ 16 000 expatriés français en Arabie saoudite, qui contribue à renforcer cet écosystème de coopération.

Le responsable saoudien estime par ailleurs que l’image du Royaume évolue rapidement. « Nous avons encore des efforts à faire pour faire connaître au public français la beauté de l’Arabie saoudite », confie-t-il, ajoutant que « la majorité des personnes qui découvrent le Royaume sont surprises par l’accueil qui leur est réservé ». Selon lui, le développement du tourisme, de la culture et des grands événements favorise les échanges humains, lesquels stimulent ensuite les relations d’affaires.

Au-delà des chiffres, Sultan Almusallam affirme que la mission de la Fédération est d’accompagner davantage les entreprises françaises. En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a rencontré le MEDEF, les chambres de commerce ainsi que plusieurs représentants du secteur privé français afin d’identifier les obstacles au commerce et à l’investissement.

« Nous sommes ici pour écouter. Aucun environnement d’investissement n’est parfait. Nous voulons comprendre les barrières auxquelles les entreprises françaises sont confrontées et trouver des solutions », explique-t-il.

Cette ambition s’inscrit dans la stratégie 2026-2030 récemment lancée par la Fédération des chambres saoudiennes, en cohérence avec la troisième phase de Vision 2030. « Le secteur privé doit conduire cette nouvelle étape de la transformation économique », souligne Sultan Almusallam.

Aujourd’hui, celui-ci représente 52 % du PIB saoudien, une part qui devrait atteindre 65 % d’ici 2030. « Nous sommes sur la bonne voie. La question est désormais de savoir comment accélérer le rythme », conclut-il.


Plan d'économies à La Provence (CMA Média), avec de possibles départs

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
  • Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies
  • Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels)

MARSEILLE: CMA Média prévoit un plan d'économies au quotidien La Provence, pouvant comporter de 20 à 30 départs y compris à la rédaction, a-t-on appris mardi de sources concordantes au sein du journal marseillais, le groupe cherchant déjà à vendre les antennes locales de BFMTV.

Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies, avec notamment un plan de départs volontaires au sein de RMC BFM. L'annonce d'une mise en vente des neuf chaînes locales de BFM avait provoqué une grève largement suivie.

Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels), existant depuis 2023, confirmant une information du média d'investigation La Lettre.

Cherchant à "réaliser entre 1,5 et deux millions d'économies", la direction explore plusieurs pistes. "On va tout repeigner, contrats de prestations, coûts de papier, déplacements...", dit-il.

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable.

"Tout ça se fait dans le cadre de notre stratégie de retour à l'information de proximité, mais dans une contrainte économique forte", poursuit M. Pelé. Car malgré un "redressement de la diffusion, notamment avec les municipales" en mars, le groupe a connu "un décrochage publicitaire."

Le syndicat SNJ La Provence évoque également "de nouveaux départs" dans le cadre de la GEPP. "Si tout reste à définir, entre 20 et 30 personnes pourraient être cette fois-ci ciblées" dont du personnel de la rédaction, selon un communiqué du SNJ consulté par l'AFP.

"La cartographie n'est pas faite, ça ne se fera pas avant la rentrée. Donc pour l'instant, c'est un peu prématuré", indique sous couvert d'anonymat un membre du CSE, rappelant que l'entreprise compte près de 300 salariés, pour moitié des journalistes.

D'après le SNJ, "l'enchaînement des GEPP, qui sont à l'origine des outils pour transformer les entreprises, ne saurait être à lui seul une stratégie". Dénonçant "un plan social déguisé", le syndicat souligne "qu'une personne partie grâce à cet outil ne peut pas être remplacée."

Via CMA Media, CMA CGM détient la chaîne télé d'information continue BFMTV, la radio RMC, les chaînes télé RMC Découverte, RMC Story et RMC Life, les journaux La Tribune/La Tribune Dimanche, La Provence et Corse Matin, ainsi que le média vidéo en ligne Brut.


La compagnie aérienne SAS va acheter jusqu’à 40 Airbus A330 pour plus de 10 milliards de dollars

Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
  • La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330
  • "Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme"

COPENHAGUE: La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330, la plus importante commande d'avions de son histoire, pour un montant total de plus de 10 milliards de dollars.

"Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme" en attendant les A330-900neo, a indiqué dans un communiqué SAS, dont Air France-KLM doit devenir le principal actionnaire d'ici la fin de l'année.