Ambition Africa, une rencontre annuelle pour les relations économiques franco-africaines

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Publié le Jeudi 06 octobre 2022

Ambition Africa, une rencontre annuelle pour les relations économiques franco-africaines

  • Créé en 2018 par Business France, le forum Ambition Africa est devenu le rendez-vous annuel incontournable des relations économiques et commerciales franco-africaines
  • «Ambition Africa a pour objectif de contribuer à créer de nouveaux courants d’affaires entre l’Afrique et la France»

PARIS: La quatrième édition du forum Ambition Africa organisé par Business France a pour objectif de renforcer les liens d’affaires entre la France et l’Afrique. Inaugurée par le ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, Olivier Becht, cette rencontre rassemble des personnalités officielles et des acteurs économiques africains et français.

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La quatrième édition du forum Ambition Africa organisé par Business France a pour objectif de renforcer les liens d’affaires entre la France et l’Afrique. Photo fournie.

Créé en 2018 par Business France, sous l’égide du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et du ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, Ambition Africa est devenu le rendez-vous annuel incontournable des relations économiques et commerciales franco-africaines. Placée sous le haut patronage du président de la république, Emmanuel Macron, cette quatrième édition prévoit une séance plénière, en présence de ministres français et africains ainsi que de délégations d’entreprises; dix-sept tables rondes thématiques sectorielles et des rendez-vous d’affaires ciblés.

Impulser les partenariats

«Ambition Africa a pour objectif de contribuer à créer de nouveaux courants d’affaires entre l’Afrique et la France: export et investissements vers l’Afrique, accueil des investisseurs africains en France, partenariats croisés, tous les modes de coopération sont envisageables pour peu qu’ils soient gagnant-gagnant!», souligne Christophe Lecourtier, directeur général de Business France à Arab News en français.

«Nos destins sont liés. Les entrepreneurs européens et africains se parlent et doivent se parler de plus en plus. Notre rôle est non seulement de développer l’entrepreneuriat en France mais aussi d’aider les États africains à monter les structures qui vont leur permettre de développer l’entrepreneuriat dans leurs pays», nous déclare Nicolas Dufourcq, directeur général Bpifrance.

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Plusieurs partenaires institutionnels de Business France participent à l’événement. Photo fournie.

Parmi les thématiques abordées: la situation économique et le climat des affaires en Afrique; le financement des entreprises et des points sur les secteurs économiques porteurs comme l’agriculture, la santé, la mobilité urbaine, les ressources en eau et les déchets, l’accès à l’énergie, les technologies et télécommunications, les infrastructures et la logistique ou encore les chaînes de valeur euro-africaines et la zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).

Plusieurs partenaires institutionnels de Business France participent à l’événement, parmi lesquels l’AFD (Proparco), Bpifrance, le Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN), le Comité national des conseillers du commerce extérieur de la France (CNCCEF), France Invest et Africalink.

 

L’accès à l’énergie, un des défis majeurs en matière de coopération

Interrogé par Arab News en français, Bertrand Walckenaer, directeur général adjoint de l’Agence française de développement (AFD) évoque les enjeux de conciliation des changements climatiques et la transition énergétique. «L’Afrique est le plus grand potentiel au monde en matière d’énergie photovoltaïque alors qu’elle ne présente que 1% de la production mondiale. L’AFD souhaite travailler avec les gouvernements, avec le secteur privé, les entreprises publiques et les collectivités locales et de s’investir avec elles dans leurs trajectoires de développement (…)»

«En Afrique, il y a une faible production qui ne répond pas aux besoins de 600 millions de personnes (qui n’ont pas accès à l’électricité). L’enjeu pour nous consiste dans le dialogue avec les États africains pour trouver des solutions, pour innover et définir des politiques publiques qui vont permettre d’accompagner le développement du mix énergétique et d’y intégrer dès à présent la part du renouvelables de façon significative», ajoute Bertrand Walckenaer. Il précise que la France s’intéresse aux nombreuses innovations naissantes sur le continent africain qui pourraient être déployées en France et en Europe dans leurs objectifs de décarbonisation. «Ce partenariat est intéressant, je crois beaucoup à cette valeur de l’innovation dans laquelle nous investissons en Afrique», conclut-il


Les marchés des capitaux doivent intervenir pour mener à bien les objectifs de l’initiative Vision 2030

L’analyse menée par S&P Global indique que les besoins de l’Arabie saoudite en matière d’investissement sont «importants». (Shutterstock).
L’analyse menée par S&P Global indique que les besoins de l’Arabie saoudite en matière d’investissement sont «importants». (Shutterstock).
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  • Parallèlement à la flambée des prix du pétrole, S&P Global affirme que l’Arabie saoudite devrait devenir l’une des grandes économies à la croissance la plus rapide au monde en 2022
  • Le rapport soutient que l’Arabie saoudite a mieux résisté que d’autres pays à la vague d’inflation qui avait secoué le monde, le riyal étant indexé sur le dollar

RIYAD: Le secteur bancaire saoudien ne sera pas en mesure de financer tous les projets de l’initiative Vision 2030 du Royaume: c’est ce qu’indique un rapport qui insiste sur la nécessité d’investissements privés supplémentaires.

L’analyse menée par S&P Global révèle que les besoins de l’Arabie saoudite en matière d’investissement sont «importants» et que les marchés des capitaux joueront un «rôle clé» dans le financement non seulement des investissements du secteur privé, mais de mégaprojets comme Neom, dont l’introduction en bourse est prévue pour 2024.

Quantifier le montant exact du financement nécessaire aux plans de croissance ambitieux de l’Arabie saoudite n’est «pas facile», explique le rapport, dans la mesure où le Royaume a l’intention d’augmenter la contribution du secteur privé au produit intérieur brut de 40 à 65% et la part des exportations non pétrolières dans le PIB de 16 à 50%.

Parallèlement à la flambée des prix du pétrole, S&P Global affirme que l’Arabie saoudite devrait devenir l’une des grandes économies à la croissance la plus rapide au monde en 2022. L’entreprise prévoit une croissance du PIB réel supérieure à 7% cette année ainsi qu’un retour à des excédents budgétaires à 6,3% du PIB en 2022 et à 3,5% en 2023.

Le rapport signale que «les banques saoudiennes ont contribué de manière considérable à un objectif clé de l’initiative Vision 2030: augmenter l’accès à la propriété à 70% d’ici à 2030 [60% en 2020]».

«Les prêts hypothécaires ont été le principal moteur de croissance des banques saoudiennes au cours des dernières années. Ils ont atteint, en tout, 503,2 milliards de riyals saoudiens (SAR), soit 133,85 milliards de dollars (1 dollar = 0,96 euro), au 30 juin 2022, contre 140,3 milliards de SAR au 31 décembre 2018.

«À mesure que le marché arrive à maturité et que les taux d’intérêt continuent d’augmenter, l’origination perdra probablement de son élan au cours des douze à vingt-quatre prochains mois.»

«Cependant, à mesure que les contrats pour les projets de l’initiative Vision 2030 sont attribués, les prêts aux entreprises devraient commencer à contribuer de manière plus significative à la croissance des crédits bancaires.»

S&P Ratings affirme que, même si les entreprises saoudiennes fixent des objectifs ambitieux de dépenses en capital au cours des cinq prochaines années, l’entreprise ne réévaluerait pas nécessairement ces entreprises «compte tenu de leurs bilans sains et de leurs fortes liquidités».

«Au fil du temps, cependant, nous procéderons à la réévaluation au fur et à mesure de l’exécution des projets, puisque toute note à la hausse dépendrait de l’amélioration des tendances commerciales, de la croissance durable de l’ebitda [bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement] ou d’un effet de levier plus important», souligne le rapport.

Ce dernier soutient que l’Arabie saoudite a mieux résisté que d’autres pays à la vague d’inflation qui avait secoué le monde, le riyal étant indexé sur le dollar, ce qui contribue à minimiser l’imprévisibilité.

«Nous prévoyons une inflation de 2,5% en 2022 avant de grimper à 2,7% en 2023 puis de redescendre à 1,9% en moyenne en 2024-2025. Nous nous attendons à ce que les hausses de taux d’intérêt affectent davantage le secteur privé et les ménages que les activités qui sont en lien avec le gouvernement, compte tenu des prix du pétrole prétendument élevés, mais plutôt en baisse», fait savoir le rapport.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les prix flambent et propulsent New York en tête des villes les plus chères au monde

Une vue sur le coucher du soleil de Manhattanhenge depuis Hunters Point South Park, le 11 juillet 2016 dans le quartier Queens de New York. (AFP)
Une vue sur le coucher du soleil de Manhattanhenge depuis Hunters Point South Park, le 11 juillet 2016 dans le quartier Queens de New York. (AFP)
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  • New York et Singapour - la Cité-Etat est en tête du classement pour la huitième fois en dix ans - détrônent Tel Aviv, coeur culturel et économique d'Israël, qui avait coiffé le classement l'an dernier
  • La plupart des autres villes européennes descendent, car la crise énergétique et l'affaiblissement des économies ont pesé sur l'euro et les monnaies locales

NEW YORK: New York est, pour la première fois, en tête du classement des villes les plus chères du monde, ex-aequo avec Singapour, une habituée de la première place, propulsée par la crise mondiale du coût de la vie, d'après l'hebdomadaire The Economist.

"Les prix ont flambé de 8,1% en moyenne sur un an (en monnaie locale) dans 172 villes majeures autour du monde, la plus forte hausse enregistrée depuis au moins 20 ans", selon le rapport 2022 sur le coût de la vie, publié jeudi par la revue britannique.

Ces hausses reflètent notamment l'impact de "la guerre en Ukraine et des restrictions persistantes liées à la pandémie (qui) perturbent les chaînes d'approvisionnement" et touchent en particulier "l'énergie et l'alimentation".

New York et Singapour - la Cité-Etat est en tête du classement pour la huitième fois en dix ans - détrônent Tel Aviv, coeur culturel et économique d'Israël, qui avait coiffé le classement l'an dernier.

La vigueur du dollar ces derniers mois, valeur refuge en temps de crise, fait monter les villes des Etats-Unis au classement car celui-ci est réalisé après conversion des prix dans la devise américaine: sa hausse se traduit donc mécaniquement par des prix plus faibles hors Etats-Unis.

Los Angeles se hisse ainsi à la quatrième place et San Francisco à la huitième.

Moscou et Saint-Pétersbourg ont vu leurs prix s'envoler et bondissent au classement - la capitale russe gagne 88 places à la 37e position - sous l'effet des sanctions occidentales et d'un marché de l'énergie dynamique qui soutient le rouble, relève The Economist.

Mais la plupart des autres villes européennes descendent, car la crise énergétique et l'affaiblissement des économies ont pesé sur l'euro et les monnaies locales. Paris perd ainsi quatre places, à la neuvième position, tandis que Lyon dégringole de 34 places, à la 90e.

Les hausses de prix les plus rapides ont été celles de l'essence (comme en 2021), qui a grimpé de 22% en monnaie locale dans la foulée des prix du brut, mais aussi de l'électricité, de l'alimentation et des articles ménagers de base.

En revanche, les prix des loisirs sont restés modérés, "ce qui peut refléter une demande plus faible, alors que les consommateurs concentrent leurs dépenses sur les biens essentiels", selon The Economist, qui s'appuie sur une enquête réalisée entre le 16 août et le 16 septembre derniers.


Crypto: L'ex-patron de la plateforme FTX, en faillite, s'excuse mais réfute l'escroquerie

«Je suis profondément désolé de ce qui s'est passé», a déclaré Sam Bankman-Fried lors de sa première interview en public depuis la défaillance de FTX (Photo, AFP).
«Je suis profondément désolé de ce qui s'est passé», a déclaré Sam Bankman-Fried lors de sa première interview en public depuis la défaillance de FTX (Photo, AFP).
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  • Les sommes ponctionnées, sans autorisation expresse, par Alameda et provenant de comptes de clients FTX atteignaient environ 10 milliards de dollars
  • Plusieurs médias américains ont rapporté que plus d'un milliard de dollars de ce total serait aujourd'hui introuvable

NEW YORK: L'ancien patron de la plateforme d'échanges de cryptomonnaies FTX s'est dit mercredi "profondément désolé" après la faillite de la société, mais s'est défendu d'avoir commis une escroquerie.

"Je suis profondément désolé de ce qui s'est passé", a déclaré Sam Bankman-Fried lors de sa première interview en public depuis la défaillance de FTX.

Pris dans un vent de panique qui avait poussé les utilisateurs à tenter de retirer massivement leurs fonds de la plateforme, FTX a d'abord suspendu les retraits, avant d'être contraint au dépôt de bilan le 11 novembre.

"J'étais directeur général de FTX, ce qui signifie que quoi qu'il se passe, j'avais obligation de préserver les intérêts des actionnaires et des clients", a reconnu l'ex-dirigeant, interrogé dans le cadre d'une conférence du New York Times.

"J'ai clairement fait beaucoup d'erreurs, des choses que je donnerais tout pour pouvoir corriger aujourd'hui", a poursuivi le trentenaire, vêtu de son habituel tee-shirt sombre.

Sam Bankman-Fried est soupçonné d'avoir utilisé, avec des collaborateurs, des fonds déposés sur la plateforme par des clients de FTX pour réaliser des opérations financières spéculatives avec son autre société, Alameda Research.

S'ils étaient avérés, ces faits pourraient lui valoir des poursuites pénales.

Selon le Wall Street Journal, au moment du dépôt de bilan, les sommes ponctionnées, sans autorisation expresse, par Alameda et provenant de comptes de clients FTX atteignaient environ 10 milliards de dollars.

Plusieurs médias américains ont rapporté que plus d'un milliard de dollars de ce total serait aujourd'hui introuvable.

"Je n'ai pas cherché à commettre de fraude vis-à-vis de qui que ce soit", a assuré l'entrepreneur à l'épaisse chevelure bouclée, qui a contribué à son image de génie iconoclaste.

"Je n'ai pas essayé de mélanger les fonds" et d'utiliser de l'argent appartenant à des clients pour réaliser, à leur insu, des placements à risque, a martelé Sam Bankman-Fried, en duplex vidéo depuis les Bahamas, où se trouve le siège de FTX et où il réside toujours.

Les risques ignorés

Durant l'interview, Sam Bankman-Fried est apparu dépassé par les événements et a semblé n'avoir qu'une vision très parcellaire des dessous de la défaillance de FTX.

"Je ne dirigeais pas Alameda", a-t-il dit, même s'il en était l'actionnaire principal. "Je ne connaissais pas la taille de leur position", c'est-à-dire la somme empruntée à FTX, a assuré ce diplômé en physique du prestigieux Massachusetts Institue of Technology (MIT).

Le successeur de Sam Bankman-Fried, John Ray III, a fustigé, mi-novembre, la gestion de FTX et décrit une société au contrôle centralisé "entre les mains d'un très petit groupe d'individus inexpérimentés, peu avertis et potentiellement corrompus".

Il s'agit d'un cas "sans précédent", a ajouté M. Ray, qui a pourtant présidé, par le passé, à la mise en ordre de plusieurs grands groupes en faillite, notamment le courtier en énergie Enron, souvent considéré comme une référence en la matière.

Interrogé au sujet d'un éventuel passage devant la justice, Sam Bankman-Fried a expliqué qu'il ne se "(concentrait) pas là-dessus", ajoutant que ses avocats lui avaient déconseillé de prendre la parole publiquement.

Il s'est dit davantage intéressé par le fait d'"essayer de faire tout (son) possible pour aider" les investisseurs et les clients de la plateforme.

De loin la personnalité la plus en vue du monde des cryptomonnaies, Sam Bankman-Fried incarnait pour certains l'avenir du secteur, d'autant qu'il se disait favorable à davantage de régulation.

Un temps crédité d'une fortune estimée à 26 milliards de dollars, entièrement basée sur la valorisation de FTX et Alameda, le jeune homme a tout perdu avec la faillite de sa plateforme.

"Beaucoup de ce que nous faisions était une distraction", qui nous a éloignés d'un "sujet incroyablement important, sur lequel nous avons totalement failli: les risques", a admis Sam Bankman-Fried.

"La gestion du risque, les risques liés aux placements des clients ou aux conflits d'intérêt", a détaillé "SBF".

Les déboires de FTX ont brutalement secoué l'univers des cryptomonnaies et poussé plusieurs plateformes à suspendre les retraits de clients.

Lundi, c'est le spécialiste des prêts en cryptomonnaies BlockFi qui a annoncé son dépôt de bilan.

La séquence a mis au jour, comme celle qui avait suivi, au printemps, l'implosion de la devise numérique Terra, l'interconnexion de nombre de plateformes, qui se prêtaient les unes aux autres souvent sans garanties suffisantes.