La France lance le processus de renationalisation complète d'EDF

L'État, qui possède aujourd'hui 84% d'EDF, a déposé son projet d'offre publique d'achat (OPA) «simplifiée» auprès de l'AMF, une première étape dans le processus pour retirer EDF du marché boursier (Photo, AFP).
L'État, qui possède aujourd'hui 84% d'EDF, a déposé son projet d'offre publique d'achat (OPA) «simplifiée» auprès de l'AMF, une première étape dans le processus pour retirer EDF du marché boursier (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 05 octobre 2022

La France lance le processus de renationalisation complète d'EDF

  • L'opération, chiffrée à 9,7 milliards d'euros, vise à racheter aux autres actionnaires les 16% du capital qu'il ne détient pas
  • L'Etat s'est engagé à racheter chaque action au prix de 12 euros

PARIS: L'État français a officiellement lancé mardi le processus de renationalisation de l'entreprise EDF, une opération à 9,7 milliards d'euros voulue par le gouvernement pour relancer un vaste programme nucléaire après une année noire pour le groupe électricien.

L'État, qui possède aujourd'hui 84% d'EDF, a déposé mardi son projet d'offre publique d'achat (OPA) simplifiée auprès de l'Autorité des marchés financiers (AMF), la première marche du processus pour retirer EDF du marché boursier, 17 ans après son ouverture du capital.

"Cette évolution permettra à EDF de renforcer sa capacité à mener dans les meilleurs délais des projets ambitieux et indispensables pour l’avenir énergétique de la France", a déclaré le ministère de l'Economie dans un communiqué.

Le gouvernement avait officialisé mi-juillet sa volonté de contrôler à 100% l'énergéticien français, un processus qui devait commencer début septembre mais qui a pris du retard.

L'opération vise à racheter aux autres actionnaires les 16% du capital que l'Etat ne détient pas, au prix de 12 euros par action.

Un prix jugé "clairement insuffisant" par l'association des actionnaires salariés et anciens salariés "Energie en actions".

Cette renationalisation constitue une étape symbolique et un "préalable" pour l'Etat qui veut construire six réacteurs nucléaires de nouvelle génération EPR, avec une option pour huit autres, et alors qu'un nouveau PDG a été choisi par Emmanuel Macron pour diriger et redresser le groupe, Luc Rémont, dont la nomination doit encore être approuvée par le Parlement.

Ce retour dans le giron de l'Etat doit permettre de "pouvoir planifier et investir sur le très long terme", souligne Bercy dans son communiqué.

"Les grands projets dans le nucléaire vont engager l'entreprise dans des trajectoires d'investissements de très longs terme avec des rendements qui seront attendus dans des horizons qui ne paraissent pas compatibles avec le maintien de l'entreprise sur le marché coté et des attentes à plus court terme des actionnaires minoritaires", a-t-on indiqué à Bercy.

Trois réacteurs réparés

Pour un groupe dont la dette atteindra le montant record de 60 milliards d'euros à la fin de l'année, la renationalisation vise aussi à envoyer un signal de confiance et à "renforcer la crédibilité du soutien de l'Etat" vis-à-vis des investisseurs de dette, estime Bercy.

La situation financière d'EDF est plombée à la fois par l'écroulement de sa production électrique, conséquence de l'indisponibilité d'une partie de son parc nucléaire en raison de problèmes de corrosion et de maintenances programmées, mais aussi par l'application du bouclier tarifaire, qui protège les Français de hausses trop importantes du prix de l'énergie.

Malgré ces difficultés, "la question de réinjecter des fonds dans l'entreprise n'est pas d'actualité", a précisé Bercy.

Entre opérations de maintenance prévues et arrêts liés à ce sujet de corrosion, la production d'électricité d'EDF devrait chuter pour 2022 à un plus bas historique de 280 térawattheures.

L'un des chantiers prioritaires du nouveau patron d'EDF sera d'ailleurs de remettre en service un maximum de réacteurs nucléaires avant fin février, alors que la crise énergétique européenne fait redouter des coupures.

Engagé dans un marathon pour l'hiver, EDF a annoncé mardi que les réparations de trois réacteurs nucléaires touchés par le phénomène de corrosion sous contrainte étaient terminés; des tronçons de tuyauterie ont été découpés et ont été reposés. Ils pourront redémarrer comme prévu d'ici à fin novembre.

La renationalisation doit désormais être approuvée par le régulateur boursier, l'AMF, après notamment l'avis d'un expert indépendant, qui a 20 jours minimum pour se prononcer.

Sauf recours, la décision de l'AMF est attendue le 8 novembre, pour une ouverture de l'offre le 10 novembre avant une clôture attendue le 8 décembre.

L'Etat-actionnaire espère obtenir, à la clôture de l'OPA, 90% du capital, seuil à partir duquel une procédure de retrait obligatoire de la Bourse peut être lancé pour récupérer des titres.


Négociations acharnées pour éviter un défaut de paiement des Etats-Unis

Vendredi soir, le président américain Joe Biden s'est montré "optimiste" quant aux perspectives d'un accord avec l'opposition. (Photo, Reuters)
Vendredi soir, le président américain Joe Biden s'est montré "optimiste" quant aux perspectives d'un accord avec l'opposition. (Photo, Reuters)
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  • La date à laquelle le Trésor américain se trouvera incapable d'honorer ses engagements financiers est désormais fixée au 5 juin, contre le 1er juin auparavant, offrant quelques jours de répit au pays
  • Cela concerne aussi bien les salaires de fonctionnaires, les retraites ou remboursements des créancier

WASHINGTON: Démocrates et républicains semblent proches d'un accord samedi afin d'éviter un défaut de paiement des Etats-Unis avant la nouvelle date-butoir du 5 juin, mais les négociations buttent encore sur d'ultimes points.

Vendredi soir, le président américain Joe Biden s'est montré "optimiste" quant aux perspectives d'un accord avec l'opposition républicaine soulignant que les négociateurs dans les deux camps sont "très proches" de conclure.

Les discussions se sont poursuivies tard dans la nuit et ont repris samedi matin, les négociateurs pointant des "progrès" mais aussi d'ultimes points d'achoppement liés notamment à des exigences des républicains conditionnant l'octroi de certaines prestations sociales.

"Notre économie doit être celle qui aide à remplir les placards de nos cuisines, pas les poches des ultra-riches", a tweeté Joe Biden.

Interrogé samedi matin pour savoir s'il y aurait un accord avant la date-butoir, le chef républicain à la Chambre des Représentants Kevin McCarthy a répondu: "oui".

"Je pense vraiment qu'on peut y arriver", a-t-il dit à des journalistes tout en prévenant qu'il restait des points "à régler".

"On y est pas encore", a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis, qui sont entrés dans le week-end prolongé du "Memorial Day", la fête des anciens combattants lundi, restent suspendus à un accord pour relever le plafond de la dette, indispensable pour éviter le défaut de paiement qui aurait des conséquences catastrophiques pour l'économie mondiale.

La date à laquelle le Trésor américain se trouvera incapable d'honorer ses engagements financiers est désormais fixée au 5 juin, contre le 1er juin auparavant, offrant quelques jours de répit au pays.

Cela concerne aussi bien les salaires de fonctionnaires, les retraites ou remboursements des créanciers.

Lignes rouges

Parmi les points de désaccords entre les deux camps, figure l'exigence des républicains à limiter l'obtention de certaines prestations sociales, comme l'aide alimentaire, à un nombre d'heures travaillées.

"Je ne pense pas que ce soit bien d'emprunter de l'argent à la Chine pour payer des gens bien portants et n'ayant pas de personne à charge à traîner sur leur canapé", a fustigé M. McCarthy, qui se pose en défenseur intransigeant de la rigueur budgétaire, dans une vidéo partagée samedi.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Andrew Bates, a lui reproché aux républicains de vouloir prendre l'économie en otage et de mettre en péril "plus de huit millions d'emplois" tout en voulant "enlever le pain de la bouche d'Américains qui ont faim".

Joe Biden, en campagne pour sa réélection, se positionne en champion de la justice sociale et fiscale et s'est dit à plusieurs reprises opposé à des coupes budgétaires massives qui impacteraient les travailleurs et les ménages les plus précaires.

L'un des négociateurs républicains Patrick McHenry a évoqué une "courte liste de désaccords" restants entre les deux camps. "C'est une question d'heures ou de jours", a-t-il dit samedi.

La pression qui entoure les négociations est d'autant plus forte que le compromis, une fois obtenu, devra être validé par le Sénat à majorité démocrate et la Chambre des représentants dominée par les républicains.

Or, le calendrier parlementaire est serré nombre d'élus étant rentrés dans leurs fiefs pour quelques jours à l'occasion du week-end férié du "Memorial Day". Ils ont reçu pour consigne d'être prêts à retourner à Washington dans les 24 heures en cas d'accord.

Et le chef républicain Kevin McCarthy a promis qu'il laisserait à chacun 72 heures pour examiner le compromis avant d'envisager tout vote.

Un vote qui reste au demeurant incertain, des élus progressistes au sein du parti démocrate, tout comme des élus républicains, ayant menacé de ne pas ratifier ou de retarder au maximum un texte qui ferait trop de concessions au camp adverse.

Vendredi, la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva a déclaré qu'un accord était "primordial" pour l'économie mondiale, tout en soulignant que les Etats-Unis devaient faire "plus pour réduire la dette publique".


Au Brésil, des experts simulent l'avenir de l'Amazonie face au réchauffement climatique

La ministre brésilienne des sciences et de la technologie, Luciana Santos, est accompagnée de scientifiques lors de sa visite du projet AmazonFACE à Manaus, au Brésil, le 23 mai 2023 (Reuters).
La ministre brésilienne des sciences et de la technologie, Luciana Santos, est accompagnée de scientifiques lors de sa visite du projet AmazonFACE à Manaus, au Brésil, le 23 mai 2023 (Reuters).
Le ministre britannique des Affaires étrangères James Cleverly et la ministre brésilienne des Sciences et de la Technologie Luciana Santos visitent le projet AmazonFACE à Manaus, au Brésil, le 23 mai 2023 (Reuters).
Le ministre britannique des Affaires étrangères James Cleverly et la ministre brésilienne des Sciences et de la Technologie Luciana Santos visitent le projet AmazonFACE à Manaus, au Brésil, le 23 mai 2023 (Reuters).
Une tour, faisant partie du projet AmazonFACE, est vue à Manaus, au Brésil, le 23 mai 2023 (Reuters).
Une tour, faisant partie du projet AmazonFACE, est vue à Manaus, au Brésil, le 23 mai 2023 (Reuters).
Une tour, faisant partie du projet AmazonFACE, est vue à Manaus, au Brésil, le 23 mai 2023 (Reuters).
Une tour, faisant partie du projet AmazonFACE, est vue à Manaus, au Brésil, le 23 mai 2023 (Reuters).
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  • Le sommet d'une tour métallique de plus de 35 mètres de haut surplombe la cime des arbres touffus, à 80 km de Manaus, dans le nord du Brésil
  • Ces panneaux vont relâcher de l'air enrichi en CO2 sur une cinquantaine d'arbres, transformant ce petit morceau d'Amazonie en échantillon d'une expérience qui pourrait préfigurer de l'avenir de la planète

MANAUS, Brésil: Que se passerait-il en Amazonie si la concentration de CO2 atteignait des niveaux critiques? Des scientifiques anticipent ce scénario dans un laboratoire au coeur de la plus grande forêt tropicale de la planète.

Le sommet d'une tour métallique de plus de 35 mètres de haut surplombe la cime des arbres touffus, à 80 km de Manaus, dans le nord du Brésil.

Tout autour enserrant la forêt, seize panneaux verticaux en aluminium de même hauteur sont érigés en cercle pour former un "anneau de carbone" de 30 mètres de diamètre.

Ces panneaux vont relâcher de l'air enrichi en CO2 sur une cinquantaine d'arbres, transformant ce petit morceau d'Amazonie en échantillon d'une expérience qui pourrait préfigurer de l'avenir de la planète.

Le projet AmazonFACE, cofinancé par les gouvernements du Brésil et du Royaume-Uni, "va permettre de comprendre comment la jungle va se comporter face aux changements climatiques", explique Carlos Quesada, un des responsables de l'expérience.

"Comment va-t-elle réagir face à l'augmentation de température et aux pénuries en eau, dans un monde où il y a davantage de carbone?", s'interroge ce chercheur de l'Institut national de recherches sur l'Amazonie.

«Fenêtre sur l'avenir»

Des expériences similaires ont déjà été menées dans des forêts en Australie, aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, mais AmazonFACE est la première du genre en milieu tropical.

D'ici 2024, six anneaux répartis dans la forêt amazonienne vont relâcher de l'air enrichi en carbone, de 40% à 50% plus concentré que le taux actuel.

Sur une période de dix ans, les chercheurs vont scruter de près les impacts sur les feuilles, les racines, les sols et le cycle de l'eau.

L'objectif : tenter de comprendre "comment la forêt amazonienne peut aider à combattre les changements climatiques en absorbant le CO2", explique David Lapola, chercheur de l'Université de Campinas, qui coordonne l'expérience avec Carlos Quesada.

Mais il s'agit également d'évaluer "l'impact de ces changements sur la forêt".

L'augmentation du taux de carbone dans l'atmosphère pourrait provoquer une "savanisation" de l'Amazonie, dont la végétation s'adapterait aux températures plus élevées et aux périodes de sécheresse prolongées.

Mais le CO2 pourrait aussi rendre dans un premier temps la forêt plus résistante aux changements climatiques, grâce à l'augmentation de la biomasse.

"Ce serait un impact positif, du moins pendant un certain laps de temps, au cours duquel il serait très important de mettre en place des politiques de réduction drastique des émissions", estime Carlos Quesada, pour qui cette expérience est une "fenêtre sur l'avenir".

"En l'ouvrant, nous pourrons voir ce qui va se passer sur les trente prochaines années, et grâce à ça, nous allons gagner du temps", poursuit-il.

Le groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) des Nations Unies, a averti dans un rapport publié en mars que le réchauffement climatique atteindra 1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle dès les années 2030-2035.

Une étude de référence publiée en 2018 par les chercheurs Thomas E. Lovejoy et Carlos Nobre, estime que l'Amazonie atteindra son point de non retour pour se transformer en savane si 20 à 25% de son territoire est touché par la déforestation, contre environ 15% actuellement.


Twitter quitte le code de l'UE contre la désinformation

Cette photo d'illustration prise à Los Angeles le 20 avril 2023 montre la coche bleue d'Elon Musk à côté de son nom sur un smartphone. (AFP).
Cette photo d'illustration prise à Los Angeles le 20 avril 2023 montre la coche bleue d'Elon Musk à côté de son nom sur un smartphone. (AFP).
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  • Lancé en 2018, le code européen de bonnes pratiques regroupe une trentaine de signataires, des géants comme Meta, Google, Twitter, Microsoft, TikTok, mais aussi de plus petites plateformes
  • Le départ de Twitter n'est pas une surprise pour les services de Thierry Breton

BRUXELLES : Twitter a décidé de quitter le code de bonnes pratiques de l'UE contre la désinformation en ligne, mais "ses obligations demeurent", a annoncé samedi le commissaire européen à l'Industrie Thierry Breton dans un message sur le réseau social dirigé par Elon Musk.

"Vous pouvez courir mais vous ne pouvez pas vous cacher. Au-delà des engagements volontaires, la lutte contre la désinformation sera une obligation légale en vertu de la DSA (la loi sur les services numériques) à partir du 25 août", lui a-t-il rappelé.

"Nos équipes seront prêtes à faire appliquer la loi", a-t-il averti.

Lancé en 2018, le code européen de bonnes pratiques regroupe une trentaine de signataires, des géants comme Meta, Google, Twitter, Microsoft, TikTok, mais aussi de plus petites plateformes, ainsi que des professionnels de la publicité, des fact-checkeurs et des ONG.

Les signataires ont eux-mêmes participé à la rédaction du texte, qui contient une quarantaine d'engagements visant notamment à mieux coopérer avec les fact-checkeurs et à priver de publicité les sites diffusant des infox.

Le départ de Twitter n'est pas une surprise pour les services de Thierry Breton. Depuis le rachat du réseau social il y a six mois, le milliardaire Elon Musk a assoupli la modération des contenus problématiques et semble avoir amplifié la voix de propagateurs notoires de désinformation sur la plateforme.

"Si (Elon Musk) n'est pas sérieux sur le code, c'est peut être mieux qu'il le quitte", avait commenté vendredi un responsable à la Commission européenne contacté par l'AFP.