La Chine recrute des influenceurs étrangers pour vanter des produits en ligne

Lalo Lopez d'Espagne s'entraînant avec un drone dans un studio à Shanghai où il diffuse habituellement en direct pour offrir des produits sur une chaîne Aliexpress en Espagne.  (Hector RETAMAL / AFP)
Lalo Lopez d'Espagne s'entraînant avec un drone dans un studio à Shanghai où il diffuse habituellement en direct pour offrir des produits sur une chaîne Aliexpress en Espagne. (Hector RETAMAL / AFP)
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Publié le Dimanche 08 novembre 2020

La Chine recrute des influenceurs étrangers pour vanter des produits en ligne

  • Lalo Lopez se rend dans un petit studio à Shanghai pour une émission en direct: sa mission consiste à présenter aux hispanophones du monde entier des produits chinois
  • "C'est plus facile pour moi" de m'adresser à un public hispanophone "en raison de l'origine culturelle que nous partageons"

Tard dans la nuit, Lalo Lopez se rend dans un petit studio à Shanghai pour une émission en direct: sa mission consiste à présenter aux hispanophones du monde entier des produits chinois, du short de cyclisme à l'aspirateur. 

L'Espagnol âgé de 33 ans, qui se décrit comme un artiste, DJ et YouTuber, fait partie du nombre croissant d'étrangers engagés par les agences pour propager l'engouement local pour la vente de produits en ligne en direct au-delà des frontières de la Chine.

Selon des estimations, le livestream shopping pèse près de 70 milliards de dollars en Chine, attirant des influenceurs qui testent des produits en se filmant en flux continu sur les réseaux sociaux.

Encouragées par le succès de ce canal de vente, les entreprises chinoises recrutent des étrangers pour vanter les avantages de leurs produits partout dans le monde.

Arrivé en Chine il y a neuf ans, Lalo Lopez avait été contacté par la société de marketing Linkone Interactive, basée à Pékin, qui avait vu des vidéos diffusées par lui sur YouTube et Instagram.

"Quand je parle, je regarde le produit à travers ma culture, à travers mon expérience", a expliqué M. Lopez, dont les émissions en direct attirent jusqu'à 15.000 personnes.

Il répond ainsi en temps réel aux questions des spectateurs, tout en agrémentant ses présentations de touches d'humour.

L'influenceur apparaît ainsi en peignoir rose enfilé par-dessus ses vêtements lors de la démonstration d'un aspirateur à main, qu'il teste à un moment donné sur ses propres cheveux.

"C'est plus facile pour moi" de m'adresser à un public hispanophone "en raison de l'origine culturelle que nous partageons", fait valoir M. Lopez, qui gagne jusqu'à 1.500 yuans (226 dollars) par séance.

La société Linkone Interactive forme des animateurs étrangers depuis près de deux ans, selon son PDG, Zhang Zhiguo.

Le groupe compte d'ores et déjà une cinquantaine d'influenceurs - dont plus de la moitié sont basés en Chine - qui ciblent des marchés tels que les Etats-Unis, la France et l'Espagne.

Essor fulgurant

La diffusion en direct s'inscrit dans le droit fil du commerce en ligne.

Les médias d'Etat chinois ont présenté ce canal de vente comme un moyen de réduire la pauvreté dans les zones rurales où les agriculteurs peuvent proposer des produits comme le thé en ligne.

Signe du succès, les entreprises présentes sur la plateforme de commerce en ligne Taobao ont réalisé des ventes de plus de 100 millions de yuans (14,9 millions de dollars) lors d'un festival de shopping en juin.

Et les attentes sont énormes pour les soldes en ligne qui auront lieu le 11 novembre, "Jour des célibataires".

Le secteur a connu un essor fulgurant depuis le lancement en 2016 par Taobao et JD.com de plateformes de diffusion en direct.

L'activité pourrait rapporter plus de 1.000 milliards de yuans (150 milliards de dollars) en 2020, selon un rapport de KPMG et AliResearch, branche du géant chinois du commerce électronique Alibaba.

Visées sur la France

L'an dernier, une émission de vente en direct "n'attirait que quelques centaines de spectateurs", a déclaré Zhang Zhiguo à l'AFP. Mais maintenant, "il est normal d'avoir plusieurs milliers de vues".

Keane Wang, directeur de la planification du groupe chinois  Neusoft Cloud Technology, compte lancer une base de diffusion en direct en France et recruter 300 à 500 présentateurs étrangers au cours des trois prochaines années.

"Après le succès du livestreaming sur la plateforme de vidéos Douyin et sur Taobao, les entreprises chinoises sont prêtes à tenter leur chance et à y consacrer des ressources", a-t-il indiqué. 

Encore marginal dans des pays comme la France, le livestream shopping a gagné du terrain sur d'autres marchés comme la Russie, a expliqué Alice Roche, qui anime des émissions en français et anglais depuis Shanghai, vendant des produits allant des appareils de massage aux cosmétiques. 

"Le livestreaming est une nouvelle façon de consommer... dans quelques années, ce sera pour nous la principale manière de choisir des produits", assure-t-elle.


Le Festival d'Avignon démarre dans la joie, avec un œil sur le virus

Des acteurs se produisent lors de la répétition générale de la pièce Le Moine noir (Photo, AFP).
Des acteurs se produisent lors de la répétition générale de la pièce Le Moine noir (Photo, AFP).
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  • La veille du lancement du plus célèbre festival de théâtre au monde, la parade traditionnelle était également de retour mercredi
  • En costumes et au son de tambours, une foule compacte d'artistes a traversé les rues de la Cité des Papes

AVIGNON: Le retour de Serebrennikov, l'ouverture d'une nouvelle salle, des rues noires de monde: le Festival d'Avignon, qui démarre jeudi, a de quoi se réjouir après deux ans de crise sanitaire, même s'il reste vigilant en raison du rebond épidémique.

La veille du lancement du plus célèbre festival de théâtre au monde, la parade traditionnelle était également de retour mercredi, pour la première fois depuis 2019.

"C'est notre premier Avignon, on est très content. On avait profité du confinement pour mettre en scène notre spectacle!", se réjouit Christophe Gillis, musicien et metteur en scène venu de Belgique présenter "Mozart versus Mozart", un spectacle d'"humour musical" avec des membres de sa famille.

La Covid? "On ne va pas gâcher le festival, on a besoin d'être sur scène et on va faire tous très attention", ajoute l'artiste, habillé en costume d'époque durant la parade.

En costumes et au son de tambours, une foule compacte d'artistes a traversé les rues de la "Cité des Papes", où de nombreux festivaliers étaient déjà au rendez-vous.

"On a l'impression qu'on revient un peu à la normale, on espère que ça sera l'Avignon du retour", affirme Olivier Schmidt, membre de la troupe "Les Joyeux de la Couronne", qui présente "A l'ombre d'Oz", un spectacle musical sur le parcours de Judy Garland.

Il fait partie des 1.500 spectacles du "off", le plus grand "marché" de spectacle vivant en France qui se déroule parallèlement au festival officiel et qui a renoué avec son offre pléthorique d'avant la pandémie. A cela vient s'ajouter l'ouverture d'une nouvelle salle, "La Scala Provence".

Du côté du Festival d'Avignon, plus international et plus pointu que le "off", on se veut rassurant quant aux mesures sanitaires, tout en appelant à la vigilance.

"La contagiosité (actuelle) est telle que, dans nos équipes, on a rendu le port du masque obligatoire car on ne peut pas se permettre d'avoir des contaminations", affirme à l'AFP Paul Rondin, directeur délégué du Festival.

"Il y aura des centaines de milliers de gens à Avignon pendant 20 jours et on ne veut pas de mesures anxiogènes mais on dit aux gens: +Venez au festival en essayant de mettre le masque dans les salles", ajoute-t-il. Des centres de tests et de vaccination seront installés dans la ville.

Une épopée de 13 heures

L'édition 2022 sera également la dernière d'Olivier Py, à la tête du Festival depuis neuf ans, et auquel succèdera le Portugais Tiago Rodrigues.

Depuis 2013, il a invité des artistes de différents horizons, avec une importance accordée au côté politique du théâtre, au sens large du terme.

Des artistes comme Kirill Serebrennikov qu'il invite pour la quatrième fois, dans des circonstances particulières: bien que l'idée soit née avant la guerre en Ukraine, le cinéaste et metteur en scène russe, en exil en Europe depuis le printemps, va faire jeudi l'ouverture avec "Le Moine Noir" de Tchekhov dans la Cour d'honneur du Palais des papes, lieu emblématique du festival. Serebrennikov avait fait récemment une apparition remarquée --et contestée par des Ukrainiens-- au Festival de Cannes, où il a présenté son film "La Femme de Tchaïkovski".

En signe de solidarité avec l'Ukraine, Olivier Py se produira, en guise d'adieux, avec les Dakh Daughters, groupe punk venu de Kiev, dans son spectacle "Miss Knife".

Le festival fait également la part belle cette année au Moyen-Orient, avec l'Iranien Amir Reza Koohestani, un autre habitué, des poétesses arabes et des artistes libanais.

"Chacun peut trouver une expérience à vivre, que ce soit avec Serebrennikov, Kae Tempest, le Chaperon rouge (par le collectif Das Plateau), ou des poétesses arabes", indique M. Rondin.

Et pour les amateurs des spectacles fleuve --une tradition du festival--, le dramaturge Simon Falguières propose "le Nid de Cendres", une épopée de 13 heures. Avec quatre entractes et deux pauses.


Quand l'intelligence artificielle abolit les barrières linguistiques

Le robot humanoïde Engineered Arts Ameca à Las Vegas (Photo, AFP).
Le robot humanoïde Engineered Arts Ameca à Las Vegas (Photo, AFP).
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  • Meta a annoncé mercredi que son intelligence artificielle dans ce domaine était désormais capable de traduire 200 langues entre elles
  • Les intelligences artificielles sont désormais capables de traduire des langues pour lesquelles il existe très peu de données parallèles

PARIS: Les intelligences artificielles sont désormais capables de traduire une très grande quantité de langues différentes, rendant presque accessible le vieux rêve d'un monde où la barrière linguistique serait abolie.

Meta, la maison mère de Facebook, a annoncé mercredi que son intelligence artificielle dans ce domaine était désormais capable de traduire 200 langues entre elles, quelle que soit la combinaison, contre 100 jusqu'à maintenant.

"Beaucoup" des langues concernées par cette extension "n'étaient pas accessibles pour l'instant à la traduction automatique", s'est félicité Mark Zuckerberg, le fondateur de Meta dans un post de blog.

Cette annonce est un exemple de la course à la traduction automatique chez les grands groupes d'internet, soucieux de rendre leurs services et produits disponibles pour n'importe quel habitant de la planète.

Des chercheurs de Google avaient ainsi publié en mai un article scientifique intitulé "Construire des systèmes de traduction automatique pour les 1.000 prochaines langues", dont le titre résume bien l'ambition des spécialistes.

Les intelligences artificielles mises au point par Google, Microsoft ou Meta sont désormais capables de traduire des langues pour lesquelles il existe très peu de données parallèles, c'est-à-dire des langues qui ont été très peu traduites dans un quelconque langage.

Elles permettent une traduction entre deux langues très localisées sur la planète, comme le quechua (parlé notamment au Pérou) et le peul (langue d'Afrique de l'ouest), même si aucun humain ne s'est jamais attelé à cette tâche.

L'enjeu de la traduction automatique "est particulièrement important pour Facebook, qui doit parvenir à filtrer les messages de haine" qui apparaissent dans le monde entier, dans toutes les langues, souligne notamment François Yvon, chercheur au CNRS et spécialiste du traitement du langage.

La traduction automatique peut permettre notamment aux modérateurs en langue anglaise d'intervenir sur des contenus publiés dans d'autres langues, explique-t-il.

Reste à évaluer la fiabilité de ces outils. Meta indique que son nouveau système est capable de performances "44% supérieures" à celles de son précédent modèle à 100 langues.

"Pour certaines langues africaines et indiennes, cette différence dépasse 70% par rapport aux systèmes de traduction récents", fait également valoir l'entreprise.

Mais pour François Yvon, les traductions automatiques fournies par les moteurs de Google ou de Facebook resteront forcément inégales en qualité en fonction des langues.

Un jour, parler en 200 langues

"Les langues très traduites, comme les langues européennes, conserveront probablement toujours un avantage, estime-t-il.

Diagnostic voisin pour Vincent Godard, le PDG de Systran, entreprise française pionnière dans la traduction automatique qui travaille de son côté sur 56 langues.

La technologie que ce groupe utilise est au départ la même que celle de Meta et Google, mais elle a été enrichie par le travail de vrais linguistes pour éviter les erreurs, raconte-t-il.

"Quand on travaille sur la traduction d'un manuel de montage d'un avion de chasse, on ne peut pas se permettre une seule erreur", alors que celles-ci peuvent être admissibles quand il s'agit de traduire un avis sur un restaurant, détaille-t-il.

Alors, est-on proche de disposer de traduction automatique de la parole, pour pouvoir parler en direct avec n'importe qui sur la planète, par exemple dans le futur metavers?

"On n'y est pas encore, mais on y travaille", répond Antoine Bordes, le directeur général de Fair, laboratoire de recherche en intelligence artificielle de Meta.

"Nous avons un autre projet sur la traduction automatique de la parole, qui pour l'instant fonctionne avec beaucoup moins de langages", indique-t-il.

"Mais l'intérêt sera de connecter les deux projets, pour qu'un jour on puisse être capable de parler dans 200 langues en gardant les intonations, l'émotion, les accents...", anticipe-t-il.


Trois chansons contestées de Michael Jackson retirées de plateformes de streaming

Michael Jackson au Palais de justice du comté de Santa Barbara le 3 juin 2005 (Photo, AFP).
Michael Jackson au Palais de justice du comté de Santa Barbara le 3 juin 2005 (Photo, AFP).
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  • Certains fans soutiennent que la voix sur certains morceaux appartient en fait au chanteur américain Jason Malachi, ce que Sony dément
  • L'album «Michael» était présenté comme un album contenant des chansons inédites, sur lesquelles l'icône de la pop aurait travaillé en 2007

NEW YORK: Trois chansons de Michael Jackson, au centre d'une polémique de longue date sur la véritable identité de leur interprète, ont été retirées de plateformes de streaming, ont déclaré mercredi Sony et les ayants droit du défunt chanteur.

"Breaking News", "Monster" et "Keep Your Head Up" apparaissent dans la compilation "Michael", sortie en 2010, un an et demi après la mort par arrêt cardiaque de la superstar américaine.

Certains fans soutiennent que la voix sur ces morceaux appartient en fait au chanteur américain Jason Malachi, ce que Sony dément.

La maison de disques et les ayants droit ont expliqué avoir décidé de retirer ces chansons car il s'agissait de "la plus simple et de la meilleure façon de laisser les débats autour de cette chanson derrière nous, pour de bon".

Cette décision n'a rien à voir avec l'authenticité de ces titres, ont-ils assuré dans un communiqué commun.

Les sept autres titres de la compilation restent disponibles.

"Michael" était présenté comme un album contenant des chansons inédites, sur lesquelles l'icône de la pop aurait travaillé en 2007.

Mais certains de ses fans inconditionnels, et même des membres de sa famille, avaient exprimé leurs doutes, forçant Sony à défendre l'authenticité de la voix.

Selon TMZ, Jason Malachi avait reconnu les faits en 2011 dans une publication Facebook - son manager avait ensuite affirmé que le message était falsifié.