La Corée du Nord tire une nouvelle salve de missiles

Les garde-côtes ont indiqué n'avoir reçu jusqu'à présent aucun rapport faisant état de dommages causés aux navires japonais (Photo, AFP).
Les garde-côtes ont indiqué n'avoir reçu jusqu'à présent aucun rapport faisant état de dommages causés aux navires japonais (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 09 octobre 2022

La Corée du Nord tire une nouvelle salve de missiles

  • La Corée du Nord a tiré deux nouveaux missiles balistiques dans la nuit de samedi à dimanche
  • Plus tôt samedi, Pyongyang avait défendu la récente accélération de ses essais d'armement comme une «réaction légitime» face à des «menaces militaires directes des Etats-Unis»

SÉOUL: La Corée du Nord a tiré deux nouveaux missiles balistiques dans la nuit de samedi à dimanche, quelques heures après la fin de manoeuvres militaires conjointes ayant impliqué un porte-avions américain à propulsion nucléaire au large de la péninsule coréenne.

Plus tôt samedi, Pyongyang avait défendu la récente accélération de ses essais d'armement comme une "réaction légitime" face à des "menaces militaires directes des Etats-Unis". Il s'agit du septième tir de missiles en deux semaines.

Face à des négociations restées dans l'impasse, Pyongyang a intensifié ses activités liées à ses programmes d'armement interdits, tirant un missile balistique de portée intermédiaire passé au-dessus du Japon la semaine dernière. Et des responsables et des experts ont averti que le régime nord-coréen avait achevé les préparatifs d'un nouvel essai nucléaire.

L'armée sud-coréenne a communiqué dimanche avoir "détecté entre 01H48 et 01H58 (16H48 et 16H58 GMT) deux missiles balistiques de courte portée tirés depuis la zone de Munchon dans la province de Kangwon vers la mer de l'Est", aussi appelée mer du Japon.

Les missiles "ont volé (sur une distance) d'approximativement 350 kilomètres à une altitude de 90 kilomètres", a rapporté l'état-major interarmes de Séoul dans un communiqué, évoquant une "grave provocation".

Tokyo a également confirmé le tir des deux missiles, les gardes-côtes japonais affirmant qu'ils semblaient être retombés en dehors de la zone économique exclusive japonaise.

Le vice-ministre de la défense japonais, Toshiro Ino, a fait savoir que Tokyo analysait les missiles, ajoutant que "l'un ou l'autre pourrait être un missile balistique lancé par un sous-marin (SLBM)".

Séoul a déclaré le mois dernier avoir détecté des éléments indiquant que le Nord se préparait à tirer un SLBM, un engin que Pyongyang a testé pour la dernière fois en mai.

Le commandement Indo-Pacifique des Etats-Unis (IndoPacom) a de son côté affirmé dans un communiqué "consulter étroitement ses alliés et partenaires", ajoutant que le tir met en évidence le caractère "déstabilisant" des programmes de missiles nord-coréens.

Essais et exercices 

Les tirs de missiles de la Corée du Nord visent habituellement à développer de nouvelles capacités. Mais ses essais récents "depuis différents endroits et à des moments différents de la journée peuvent avoir pour objectif de démontrer (leur) état de préparation militaire", estime Leif-Eric Easley, professeur à l'université Ewha de Seoul.

"Ce n'est pas simplement à des fins d'autodéfense et de dissuasion comme le prétend Pyongyang", a-t-il estimé auprès de l'AFP. Selon lui, "le régime de Kim tente de contraindre Séoul, Tokyo et Washington à abandonner leur coopération sécuritaire".

Lors d'une réunion d'urgence du Conseil national de sécurité de Séoul qui a suivi l'essai du missile, les responsables sud-coréens ont toutefois promis de renforcer cette coopération, selon un communiqué.

La Corée du Nord mène depuis le début de l'année un nombre record d'essais. Le pays a adopté en septembre une nouvelle doctrine affirmant que son statut de puissance nucléaire est "irréversible".

En réponse à la menace croissante du Nord, Séoul, Tokyo et Washington ont conduit des manoeuvres militaires conjointes. Le porte-avions américain USS Ronald Reagan et son groupe de frappe ont ainsi été redéployés dans la zone la semaine dernière.

Pas de nouvelles sanctions 

Selon des analystes, Pyongyang a profité des dissensions au sein du Conseil de sécurité des Nations unies pour procéder à des tests d'armes toujours plus poussés.

La semaine dernière, le Conseil de sécurité s'est réuni d'urgence après le survol du Japon par un missile nord-coréen. Mais lors de cette réunion, la Chine, alliée historique de Pyongyang dont elle est aussi un soutien économique, a reproché à Washington d'avoir provoqué la série de lancements avec ses manoeuvres dans la région.

En mai, la Chine et la Russie avaient opposé leur véto à un renforcement des sanctions contre Pyongyang réclamé par Washington.

Selon Soo Kim, analyste chez RAND Corporation, Kim Jong Un bénéficie des mauvaises relations des Etats-Unis avec la Russie et la Chine. "Il est donc peu probable que nous voyions Moscou ou Pékin soutenir les Etats-Unis sur la question nord-coréenne de sitôt", a-t-elle estimé.

Séoul et Washington préviennent depuis des mois que Pyongyang procédera à un nouvel essai nucléaire, probablement après le congrès du Parti communiste chinois (PCC) devant s'ouvrir le 16 octobre.

"Une série de tests de missiles comme celui que nous avons vu pourrait être le signe d'une préparation à un essai nucléaire, mais il est assez difficile de prédire le (calendrier) avec précision", a expliqué à l'AFP Ankit Panda, analyste en sécurité pour la Fondation Carnegie pour la paix internationale.

Selon lui, "un essai peut avoir lieu presque immédiatement après que Kim en ait donné l'ordre"


L'Iran et les Etats-Unis jugent un accord proche

Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
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  • L’Iran et les États-Unis se disent proches d’un accord pour mettre fin à plusieurs mois de tensions au Moyen-Orient
  • Des désaccords persistent sur le nucléaire iranien, les sanctions économiques et le dossier libanais

TEHERAN: L'Iran et le médiateur pakistanais ont affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis était proche pour mettre fin à trois mois et demi de conflit au Moyen-Orient, un haut responsable américain affichant également un ton optimiste.

Après des semaines de négociations laborieuses et d'espoirs déçus à plusieurs reprises, est-on dans la dernière ligne droite? Les principaux protagonistes se disent confiants même si la version du texte donnée par les médias iraniens diffère significativement de celle avancée par Washington.

"Dès que les dernières étapes de nos négociations seront achevées, cet accord sera signé et annoncé", a indiqué le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d'Etat.

"Cela pourrait arriver dans les prochains jours. J'ai bon espoir", a-t-il déclaré.

Le ministre a affirmé que le projet d'accord prévoyait la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d'Ormuz.

Il a cependant accusé Israël de chercher des "prétextes" pour faire "dérailler" un éventuel accord avec Washington.

Même tonalité positive du côté du Premier ministre du Pakistan, principal négociateur dans le conflit. "La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", selon Shehbaz Sharif.

- Signature "à distance" -

Et à Washington, un haut responsable a estimé à "80 à 85%" la probabilité d'un accord-cadre ouvrant une période de 60 jours de discussions techniques, mais "pas 100%". "La ligne d'arrivée n'est pas encore franchie", a-t-il averti, sous le couvert de l'anonymat.

La Suisse a déjà proposé d'accueillir une éventuelle signature, alors qu'un sommet du G7 en présence de Donald Trump doit commencer lundi dans la ville française d'Evian, près de Genève. Mais Téhéran a affirmé qu'une fois finalisé, le protocole d'accord serait signé "à distance".

Les marchés parient de leur côté sur une telle issue, avec un pétrole passé sous la barre des 90 dollars le baril.

Le président américain, qui a déjà annoncé 39 fois un accord imminent selon un décompte de CNN, peine à trouver une issue à cette guerre impopulaire, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre et en plein Mondial de football co-organisé par les Etats-Unis.

Il s'est fendu vendredi d'un message furieux sur son réseau Truth Social: "Les termes (d'accord) que l'Iran a fait fuiter aux médias menteurs n'ont RIEN à voir avec les termes dont nous sommes convenus par écrit".

"Ce sont des gens qui n'ont pas d'honneur. Avec eux, il est impossible de négocier de bonne foi", a-t-il écrit aussi.

- Dilution de l'uranium -

L'agence de presse iranienne Mehr avait publié plus tôt ce qu'elle a présenté comme une ébauche de protocole en 14 points, avec des conditions telles que le maintien du contrôle sur le détroit d'Ormuz, le droit à l'enrichissement d'uranium, le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l'étranger.

Washington a livré de son côté une toute autre version du texte.

Le compromis doit, selon le responsable américain, mener à la réouverture d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Il doit aussi aboutir au "démantèlement" du programme nucléaire iranien et permettre aux Etats-Unis de récupérer l'uranium hautement enrichi, qui serait "détruit sur place" puis "sorti" du pays.

Mais Abbas Araghchi a préconisé vendredi une dilution sur le sol iranien de ses stocks d'uranium enrichi à 60%.

Diluer l'uranium à un taux inférieur à 5%, loin des 90% requis pour fabriquer la bombe nucléaire, permettrait d'éloigner considérablement la menace d'un enrichissement à des fins militaires.

Téhéran dément vouloir se doter de l'arme atomique, comme l'en accusent les Etats-Unis et Israël.

- Liban -

Enfin, sur la question des avoirs, "les Iraniens ne recevront pas d'argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d'accord ou la participation à une réunion", a insisté sur X le vice-président américain JD Vance.

Ce point est central pour l'Iran, après des décennies de sanctions qui asphyxient son économie.

Le conflit, déclenché par des frappes américano-israéliennes le 28 février avant l'entrée en vigueur d'une trêve le 8 avril, a embrasé le Moyen-Orient, fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Autre point d'achoppement majeur, le front libanais.

Selon Washington, l'accord en discussion avec l'Iran inclut bien le Liban, comme réclamé par Téhéran, alors que les Etats-Unis avaient toujours dit vouloir traiter ce dossier séparément.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite. Des frappes qui ont fait plus de 3.700 morts.


Erdogan et Netanyahu s'écharpent sur le Proche-Orient

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
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  • Recep Tayyip Erdogan a vivement accusé Benjamin Netanyahu de “marcher sur les pas d’Hitler”, dénonçant la politique israélienne à Gaza comme une “usine à souffrance” et un “réseau génocidaire”
  • Les échanges verbaux se sont durcis : Israël a répliqué en qualifiant Erdogan de “dictateur antisémite”, tandis que les tensions s’intensifient autour de Gaza, du Liban et de la sécurité régionale

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de "marcher sur les pas d'Hitler", les deux dirigeants se renvoyant le qualificatif de "génocidaire" par discours et communiqués interposés.

Affirmant qu'Israël s'est mué en une "usine à créer de la souffrance" se nourrissant "de sang et de larmes", le chef de l'Etat turc a à nouveau comparé M. Netanyahu à Adolf Hitler, lui prédisant "le même sort que celui des autres tyrans de l'histoire".

Mercredi, le président Erdogan, à couteaux tirés avec Benjamin Netanyahu depuis le déclenchement de la guerre à Gaza fin 2023, avait déjà déclaré que "la sécurité de la Turquie commence (...) à Alep, Damas et Beyrouth", estimant que le Premier ministre israélien et "sa clique criminelle" menacent également la Turquie.

"Nous ne tolérerons aucun fait accompli dans les pays frères et ne resterons pas les bras croisés face aux attaques", a-t-il ajouté face aux députés de son parti. En soulignant que l'armée israélienne "refuse de se retirer du Liban", où ses frappes ont fait quelque 3.700 morts depuis le déclenchement le 2 mars de sa nouvelle guerre contre le Hezbollah, selon les autorités locales.

Le bureau de Benjamin Netanyahu a rétorqué mercredi soir dans un communiqué en accusant "le dictateur antisémite Erdogan, auteur d'un génocide contre les Kurdes", de soutenir le Hamas et d'emprisonner ses opposants, jugeant qu'"il est bien le dernier à pouvoir donner des leçons de morale à Israël".

Revenant à la charge, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé jeudi les méfaits à Gaza du "réseau génocidaire sioniste dirigé par Netanyahu".

"Ceux qui s'attaquent à notre région comme des requins assoiffés de sang devront un jour répondre de leurs actes", a-t-il conclu.


Médiation Etats-Unis/Iran : le Premier ministre du Pakistan affirme qu'un accord sur un texte de paix a été "atteint"

Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
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  • Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif affirme qu’un accord sur le texte final d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran aurait été atteint, le Pakistan jouant un rôle de médiation entre les deux parties
  • Malgré des tensions et des accusations de désinformation, l’Iran estime que la conclusion d’un accord avec les États-Unis n’a jamais été aussi proche, tandis que Donald Trump conteste des fuites et nie qu’un texte corresponde à ce qui a été convenu

ISLAMABAD: Le Premier ministre du Pakistan Shehbaz Sharif a déclaré vendredi qu'un accord avait été "atteint" sur le texte d'un accord de paix entre les Etats-Unis et l'Iran.

"Nous pouvons confirmer qu'un accord sur le texte final de l'accord de paix a été atteint et que le Pakistan maintenant travaille avec les deux parties pour finaliser les étapes suivantes", a écrit M. Sharif sur X.

"La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", a-t-il dit.

L'Iran a lui-même affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis n'avait "jamais été aussi proche", semblant vouloir calmer le jeu après un message furieux de Donald Trump accusant Téhéran de faire circuler un faux texte.

"Alors que le Pakistan déploie d'intenses efforts de médiation, nous avons pleinement conscience du fait qu'une campagne de désinformation incessante est menée par ceux qui veulent saboter l'accord de paix", a encore déclaré le ministre pakistanais.