Peine de mort ou prison à vie, le tueur d'un lycée de Floride bientôt fixé sur son sort

Le 14 février 2018, Nikolas Cruz, qui avait alors 19 ans, avait ouvert le feu avec un fusil semi-automatique dans le lycée, dont il avait été exclu un an plus tôt (Photo, AFP).
Le 14 février 2018, Nikolas Cruz, qui avait alors 19 ans, avait ouvert le feu avec un fusil semi-automatique dans le lycée, dont il avait été exclu un an plus tôt (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 10 octobre 2022

Peine de mort ou prison à vie, le tueur d'un lycée de Floride bientôt fixé sur son sort

  • Son procès entre dans la dernière ligne droite après environ trois mois d'audiences difficiles pour les familles des victimes
  • La défense et les procureurs présenteront leurs derniers arguments mardi, puis le jury se retirera pour délibérer mercredi

MIAMI: Le jeune Américain Nikolas Cruz, qui a tué 17 personnes en 2018 dans un lycée de Parkland, en Floride, sera fixé sur son sort dans les prochains jours lorsqu'un jury décidera s'il doit être condamné à la peine de mort ou la prison à vie.

Son procès entre dans la dernière ligne droite après environ trois mois d'audiences difficiles pour les familles des victimes abattues dans le lycée Marjory Stoneman Douglas. Nikolas Cruz, 24 ans, a plaidé coupable.

La défense et les procureurs présenteront leurs derniers arguments mardi, puis le jury se retirera pour délibérer mercredi. Si ses membres - sept hommes et cinq femmes - ne votent pas à l'unanimité pour la peine capitale, Nikolas Cruz sera condamné à passer le reste de ses jours derrière les barreaux, sans possibilité de libération conditionnelle.

Le 14 février 2018, l'accusé, qui avait alors 19 ans, avait ouvert le feu avec un fusil semi-automatique dans le lycée, dont il avait été exclu un an plus tôt.

En moins de dix minutes, il avait tué 14 lycéens et trois employés et blessé 17 autres personnes. Il avait ensuite fui en se cachant parmi les personnes évacuées de l'établissement.

La police l'avait arrêté peu après alors qu'il marchait dans la rue, après s'être rendu dans un fast-food.

Tueur de sang-froid?

Les jours à venir devant le tribunal à Fort Lauderdale, au nord de Miami, diront qui a su convaincre le jury: l'accusation emmenée par le procureur Michael Satz ou la défense portée par Melisa McNeill.

L'avocate principale de Nikolas Cruz a axé sa stratégie sur l'enfance de son client, dont elle a affirmé qu'il était né avec un syndrome d'alcoolisation foetale, d'une mère sans-abri alcoolique et toxicomane.

"Il a été empoisonné dans l'utérus. A cause de cela, son cerveau a été irrémédiablement endommagé, sans que cela soit de sa faute", avait-elle déclaré au tribunal en août.

Il a ensuite grandi dans un foyer violent avec une mère adoptive dépressive et alcoolique. Lui-même a dit avoir été agressé sexuellement par un ami de la famille quand il avait environ neuf ans.

Pour Melisa McNeill, cela devrait conduire à alléger sa peine et la faire pencher vers la prison à vie plutôt que la peine de mort.

Face à elle, le parquet a affirmé que Nikolas Cruz savait ce qu'il faisait quand il est entré dans le lycée avec son arme et de nombreuses munitions.

Le procureur Michael Satz a qualifié les meurtres de froidement prémédités et rappelé que l'accusé avait annoncé son acte dans une vidéo enregistrée quelques jours avant le massacre.

M. Satz a également fait projeter des vidéos déchirantes de la tuerie et appelé à témoigner plusieurs anciens élèves présents pendant la fusillade. Il a même organisé une visite des lieux du crime avec le jury.

Il a enfin tenté de discréditer l'idée selon laquelle Nikolas Cruz avait souffert d'un syndrome d'alcoolisation foetale.

Un neuropsychologue appelé à la barre par le parquet, Robert Denney, a accusé le jeune homme de simuler des problèmes cérébraux et d'avoir à dessein raté des tests psychomoteurs.

D'après cet expert, Nikolas Cruz est capable de contrôler ses actes, comme prouve le fait qu'il ait agi avec préméditation, ce qui ne cadre pas avec le diagnostic présenté par la défense.

Débat sur les armes

La tuerie de Parkland avait choqué le pays et ravivé le débat sur les armes à feu, car Nikolas Cruz avait pu acheter son fusil légalement malgré son passif.

Le 24 mars 2018, une marche organisée à l'appel de jeunes survivants de l'attaque et de parents de victimes avait rassemblé 1,5 million de personnes à travers le pays, la plus grande manifestation jamais tenue aux Etats-Unis pour réclamer une meilleure régulation des armes à feu.

Mais le pays continue d'être le théâtre de fusillades sanglantes. Dix-neuf enfants et deux enseignantes ont été tués en mai dans une école d'Uvalde, au Texas.

En juin, une loi visant à mettre en place une régulation des armes à feu, la plus importante en près de 30 ans mais qui reste bien en deçà de ce qu'ambitionnait le président Joe Biden, a été adoptée par le Congrès.


Téhéran veut garder le contrôle d'Ormuz, fin du round de négociations

Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
  • Le responsable américain, ainsi que le négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, ont quitté lundi le complexe hôtelier du Bürgenstock, dans les Alpes suisses, au terme d'un marathon de 18 heures
  • En attendant, M. Ghalibaf a réaffirmé que les conditions dans le détroit d'Ormuz ne retourneraient pas à celles d'avant-guerre et que la voie resterait "administrée" par son pays, selon des propos rapportés mardi par Irna

BURGENSTOCK: Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Ces discussions ont permis de poser des "bases très solides pour aboutir à un accord final réussi", s'est félicité lundi le vice-président américain JD Vance, les Etats-Unis annonçant dans la foulée une suspension de deux mois des sanctions sur le pétrole iranien.

Le responsable américain, ainsi que le négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, ont quitté lundi le complexe hôtelier du Bürgenstock, dans les Alpes suisses, au terme d'un marathon de 18 heures, laissant à des diplomates le soin de poursuivre des discussions "techniques" sur place.

Celles-ci se sont également achevées et les pourparlers se poursuivront ultérieurement au sein de groupes de travail, a indiqué mardi la diplomatie iranienne à l'agence officielle Irna.

En attendant, M. Ghalibaf a réaffirmé que les conditions dans le détroit d'Ormuz ne retourneraient pas à celles d'avant-guerre et que la voie resterait "administrée" par son pays, selon des propos rapportés mardi par Irna.

Le passage par Ormuz, où transite en temps normal 20% du pétrole et du GNL mondial, était libre de tout contrôle avant le déclenchement par les Etats-Unis et Israël le 28 février de la guerre contre l'Iran.

Mais "l'administration du détroit d'Ormuz ne redeviendra jamais ce qu'elle était avant la guerre", a assuré M. Ghalibaf, martelant que "l'Iran administrera" celui-ci.

L'Iran a par ailleurs indiqué mardi avoir conclu en Suisse avec les Américains un accord pour le déblocage "immédiat" de 12 milliards d'avoirs iraniens gelés.

Ceux-ci seront libérés "en deux tranches de 6 milliards", a détaillé auprès d'Irna le chef de la délégation iranienne chargé des discussions techniques, le vice-ministre de Affaires étrangères Kazem Gharibabadi.

M. Vance avait souligné que son pays s'assurerait qu'un éventuel déblocage d'avoirs iraniens "ne servirait pas à financer le terrorisme".

Ghalibaf à Oman 

Le cycle de négociations entamé ce week-end en Suisse nourrit les espoirs d'un règlement durable du conflit et a fait retomber le cours du baril de Brent de la mer du Nord sous la barre des 78 dollars, loin des plus de 126 dollars atteints au paroxysme de la guerre.

Les négociations, où le Pakistan et le Qatar jouent un rôle de médiation, doivent aboutir à un document final sous un délai de 60 jours renouvelables.

Dans ce cadre, le président iranien, Massoud Pezeshkian, doit effectuer une visite d'Etat à Islamabad mardi, selon la diplomatie pakistanaise.

Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio est pour sa part attendu de mardi à jeudi aux Emirats arabes unis, à Bahreïn et au Koweït, selon son ministère.

Et l'équipe de négociateurs iraniens, emmenée par M. Ghalibaf, s'est rendue de son côté à Oman pour parler précisément de la gestion du détroit d'Ormuz, selon Irna.

Pressé de mettre un terme à un conflit qui pèse sur le pouvoir d'achat de ses citoyens, Washington a multiplié les gestes envers Téhéran.

Concernant le pétrole, principale ressource de la République islamique, "toutes les transactions" concernant la production, la vente et le transport d'hydrocarbures d'origine iranienne "sont autorisées jusqu'au 21 août", a détaillé le ministère américain des Finances.

Selon M. Vance, Téhéran a accepté d'inviter à nouveau des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ce que l'Iran n'a pas confirmé.

"Premier test réel" 

Mises en place par l'accord de 2015 déchiré par M. Trump en 2018, ces inspections avaient été suspendues par l'Iran après les bombardements israélo-américains de ses installations en juin 2025.

Les inspecteurs de l'AIEA n'ont depuis pas pu visiter les sites touchés, laissant planer le doute sur l'état des stocks d'uranium hautement enrichi de la République islamique, un point de contentieux majeur avec Washington.

Téhéran a toujours nié chercher à se doter de l'arme nucléaire, tout en restant inflexible sur son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète.

Sur le front libanais, que Téhéran a insisté pour associer aux discussions, une "cellule de gestion des conflits" va être mise en place pour faire cesser les combats entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre début mars.

Lundi, le président libanais Joseph Aoun a ainsi fait savoir avoir reçu un appel de M. Vance au sujet de "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard".

L'offensive au Liban, destinée selon Israël à empêcher les attaques du Hezbollah, a fait plus de 4.100 morts selon les autorités et plus d'un million de déplacés.

Pour le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, le respect de ce cessez-le-feu sera "le premier test réel" de la solidité du protocole d'accord américano-iranien.


Pourparlers Iran-Etats-Unis : «des bases très solides» en vue d'un accord final, selon JD Vance

Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
  • "Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis
  • Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna

BURGENSTOCK: Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance.

"Nous avons posé des bases très solides pour aboutir à un accord final réussi. L'accord final, c'est la maison. Nous en avons posé les fondations. Nous n'avons pas encore construit la maison, mais nous avons posé des bases solides pour atteindre une issue favorable pour le peuple américain", a-t-il déclaré aux journalistes.

Après la signature d'un protocole d'accord la semaine dernière et un démarrage dans le chaos, ces négociations, lancées dimanche dans le complexe hôtelier du Burgenstock, dans les Alpes suisses, doivent aboutir, sous un délai de 60 jours renouvelables, à un document final.

"Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis.

Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna.

Des négociations vont toutefois se poursuivre au niveau technique.

"Nos équipes, en collaboration avec les Iraniens, les Qataris et les Pakistanais, ont réalisé d'importants progrès hier. Elles continueront à travailler au niveau technique avec les équipes présentes ici au Burgenstock", a indiqué JD Vance.

"Ces négociations techniques se poursuivront ensuite au cours des semaines et des jours à venir. Nous voulions mettre en place une structure pour garantir une supervision politique adéquate", a-t-il ajouté.


Iran et Etats-Unis s'accordent sur une feuille de route pour un accord définitif sous 60 jours

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
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  • Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient
  • "La médiation pakistanaise et qatarie a permis des progrès majeurs afin de mettre un terme à la guerre au Liban"

BURGENSTOCK: Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, lors de leur première séance de négociations en Suisse, ont annoncé lundi les médiateurs pakistanais et qatari.

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint.