La réduction de production de l'Opep+ aura un faible impact sur le marché, selon Fitch

Fitch a ajouté que la demande de pétrole sera de plus en plus affectée par la décarbonisation de l'économie mondiale à long terme (Photo fournie).
Fitch a ajouté que la demande de pétrole sera de plus en plus affectée par la décarbonisation de l'économie mondiale à long terme (Photo fournie).
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Publié le Mercredi 12 octobre 2022

La réduction de production de l'Opep+ aura un faible impact sur le marché, selon Fitch

  • «Les récentes augmentations des stocks mondiaux de pétrole indiquent que le marché est en excédent de production», a révélé le rapport de Fitch
  • Le rapport a toutefois souligné que les prix du pétrole devraient se modérer à moyen et long terme, car les tensions géopolitiques finiront par s'atténuer, les prix se rapprochant des coûts du cycle complet

RIYAD: La décision de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et de ses alliés de réduire la production de brut de 2 millions de barils par jour à partir de novembre aura un impact modéré sur le marché mondial du pétrole, parce que les réductions réelles de la production seront moins importantes, selon un rapport de l'agence de notation Fitch.

Fitch a spécifié que l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis devront effectuer les réductions de production les plus importantes, tandis que les autres pays du groupe connu sous le nom d'Opep+, notamment le Nigeria, disposeront d'une certaine marge de manœuvre dans le cadre de leurs quotas respectifs dans le but d’augmenter leur production.

«Les augmentations récentes des stocks mondiaux de pétrole indiquent que le marché est en excédent de production», a révélé le rapport.

Le rapport a ajouté: «Nous nous attendons à ce que l'Opep+ vise un large équilibre sur le marché pétrolier en modifiant les quotas de production et l'offre de brut disponible, bien qu'il puisse devenir de plus en plus difficile de parvenir à un consensus entre les membres à cause des incertitudes de la demande et de la récession sur les grands marchés développés.»

Même si les perspectives économiques de récession entraîneront une baisse de la demande de pétrole, celle-ci a récemment été stimulée par le passage du gaz au pétrole dans la production d'énergie et par les prix élevés du gaz naturel, a expliqué le rapport.

Il a également mentionné que la volatilité des prix sur le marché pétrolier devrait se poursuivre à court terme, sous l'effet des tensions géopolitiques et de nouvelles sanctions qui pourraient entraîner une réduction des exportations russes.

Alors que les États-Unis ont critiqué la décision de l'Opep+ de réduire la production de pétrole, le président, Joe Biden, a annoncé la semaine dernière la mise de 10 millions de barils supplémentaires des réserves stratégiques de pétrole du pays, sur les marchés pétroliers mondiaux à partir de novembre.

Selon Fitch, une éventuelle conclusion de l'accord sur le nucléaire iranien pourrait augmenter la production de pétrole dans le pays, ce qui pourrait modifier considérablement les schémas d'approvisionnement et entraîner d'importantes fluctuations de prix.

Le rapport a toutefois souligné que les prix du pétrole devraient se modérer à moyen et long terme, car les tensions géopolitiques finiront par s'atténuer, les prix se rapprochant des coûts du cycle complet.

Fitch a soutenu que la demande de pétrole sera de plus en plus affectée par la décarbonisation de l'économie mondiale à long terme.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les exportateurs de gaz, dont la Russie, se réunissent en Algérie

Le président russe Vladimir Poutine et le président algérien Abdelmadjid Tebboune assistent à une cérémonie de signature à l'issue de leurs entretiens au Kremlin à Moscou le 15 juin 2023 (Photo, AFP).
Le président russe Vladimir Poutine et le président algérien Abdelmadjid Tebboune assistent à une cérémonie de signature à l'issue de leurs entretiens au Kremlin à Moscou le 15 juin 2023 (Photo, AFP).
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  • Les marchés du gaz sont sous tension depuis la reprise post-Covid fin 2021 et encore plus depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie
  • L'Algérie est le premier exportateur africain de gaz naturel

ALGER: Les principaux exportateurs de gaz se sont réunis vendredi en Algérie dans un contexte de tensions persistantes sur les marchés depuis l'invasion russe de l'Ukraine, alors qu'une forte croissance de la demande est attendue cette année.

Une réunion ministérielle des représentants des membres du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF) s'est tenue dans la matinée à Alger, à la veille d'un sommet de leurs dirigeants auquel sont notamment attendus autour du président algérien Abdelmadjid Tebboune son homologue iranien Ebrahim Raïssi et l'émir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani.

Le GECF, fondé en 2001, réunit 12 pays: Algérie, Qatar, Russie, Iran,  Bolivie, Egypte, Guinée équatoriale, Libye, Nigeria, Trinité-et-Tobago, Venezuela et Emirats arabes unis.

Selon ce club, ses membres, et sept autres pays associés, représentent 70% des réserves prouvées de gaz et 51% des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié (GNL).

Le ministre algérien de l'Energie Mohamed Arkab a souligné à l'ouverture de la réunion ministérielle la nécessité "d'un dialogue continu et sérieux entre producteurs et consommateurs pour construire une vision prospective commune qui reconnaît le rôle croissant du gaz naturel dans le mix énergétique mondial, en tant que source durable et compétitive à même de garantir la sécurité énergétique".

Dans un résumé de son rapport annuel "Global Gas Outlook 2050" publié jeudi, la GECF a estimé que le gaz naturel "est destiné à rester indispensable pendant des décennies".

"D'ici 2050, la demande de gaz naturel devrait augmenter de manière impressionnante de 34%, faisant considérablement croître sa part dans le mix énergétique mondial, passant de 23% actuellement à 26%".

Dans son dernier rapport trimestriel publié en janvier, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a estimé que la demande mondiale de gaz devrait connaître une "forte croissance" en 2024 comparé à 2023, soutenue par des prévisions de températures plus froides et la baisse des prix.

«Interlocuteur neutre»

Les marchés du gaz sont sous tension depuis la reprise post-Covid fin 2021 et encore plus depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022, qui a alimenté les importations par la mer de GNL, notamment en provenance des Etats-Unis pour compenser les réductions drastiques de livraisons de gaz russe dans les pipelines vers l'Europe.

Le ministre russe de l'Energie Nikolaï Choulguinov, qui représente son pays au sommet, a affirmé à l'agence officielle algérienne APS que Moscou s'était employé à "enrichir la Déclaration d'Alger", qui doit être adoptée samedi à l'issue des travaux par les participants.

"Nous nous sommes employés à enrichir la Déclaration d'Alger qui sera très importante pour la coordination concernant l'infrastructure gazière et les moyens de la protéger des incidents", a-t-il dit.

L'Algérie est le premier exportateur africain de gaz naturel. Soucieux de diversifier leurs approvisionnements pour réduire leur dépendance aux hydrocarbures russes, plusieurs pays européens --notamment l'Italie-- se sont tournés vers le gaz algérien.

"L'Algérie se voit comme un important acteur diplomatique international, elle veut montrer qu’elle est capable de réunir l'Iran, le Qatar, la Russie en Algérie, qu'elle est un interlocuteur neutre qui peut réunir des pays d'orientations différentes, organiser le sommet fait partie de cela", a estimé auprès de l'AFP l'expert américain, spécialiste du dossier énergie en Afrique du nord, Geoff Porter.


L'inflation recule en zone euro mais la BCE devrait rester prudente

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde (Photo, AFP).
La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde (Photo, AFP).
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  • Le taux de chômage, à un plus bas historique de 6,4% en janvier, fait craindre des tensions sur les salaires
  • Dans les 20 pays partageant la monnaie unique, l'inflation a été plus que divisée par quatre depuis le record de 10,6% atteint en octobre 2022

BRUXELLES: L'inflation a poursuivi son reflux en février dans la zone euro, envoyant un signal positif mais probablement encore insuffisant pour rassurer la Banque centrale européenne (BCE) qui temporise avant de baisser ses taux d'intérêt.

La hausse des prix à la consommation est revenue à 2,6% sur un an, soit 0,2 point de moins qu'en janvier, grâce à une hausse moins forte des prix alimentaires, a annoncé vendredi Eurostat.

Dans les 20 pays partageant la monnaie unique, l'inflation a été plus que divisée par quatre depuis le record de 10,6% atteint en octobre 2022 quand les tarifs de l'énergie flambaient sur fond de guerre en Ukraine.

Elle se rapproche de l'objectif de 2% fixé par la BCE. Mais le recul de février est un petit peu moins marqué que ce qui était anticipé par les analystes interrogés par Bloomberg et Factset. Ils tablaient en moyenne sur un taux de 2,5%.

Pour calmer l'inflation, la BCE a augmenté les coûts d'emprunt à un rythme sans précédent depuis juillet 2022. Ses taux sont maintenus inchangés à un niveau record depuis octobre 2023, au prix d'une croissance économique en berne. La demande de crédits a été freinée, affectant la consommation et l'investissement des entreprises comme des ménages.

Depuis, les marchés financiers guettent les signes d'une future baisse des taux qu'ils anticipent vers le milieu d'année, après avoir espéré qu'elle intervienne dès avril.

Le chiffre le plus scruté, celui de l'inflation sous-jacente, c'est-à-dire corrigée des prix très volatils de l'énergie et de l'alimentation, a déçu les experts vendredi. Cet indicateur, jugé plus représentatif, a reculé en février à 3,1%, contre 3,3% en janvier, mais les analystes tablaient en moyenne sur un recul plus prononcé à 2,9%.

"Les données de février sur l'inflation semblent être le dernier clou dans le cercueil d'une réduction des taux d'intérêt en avril", a commenté Jack Allen-Reynolds pour Capital Economics. "La plupart des décideurs de la BCE estiment qu'ils ont besoin de plus de temps pour être convaincus que l'inflation retombera durablement à 2%. Les données de février auront renforcé cette conviction", explique-t-il.

Vers une baisse des taux en juin ? 

"La persistance de l'inflation sous-jacente, (...) l'incertitude quant à l'évolution des salaires et la confiance dans un rebond économique de la zone euro empêcheront la BCE de réduire ses taux la semaine prochaine", estime Carsten Brzeski de la banque ING. "Une baisse ne devrait être à l'ordre du jour qu'en juin", prévoit-il.

Le taux de chômage, à un plus bas historique de 6,4% en janvier, fait craindre des tensions sur les salaires qui pourraient à leur tour alimenter la hausse des prix.

Le processus actuel de désinflation "devrait se poursuivre" dans la zone euro, a déclaré lundi la présidente de la BCE, Christine Lagarde, devant le Parlement européen, mais elle a prévenu que la Banque centrale voulait s'assurer que la hausse des prix se maintienne "durablement" à 2%.

Il y a deux semaines, la Commission européenne a nettement revu à la baisse ses prévisions d'inflation pour la zone euro, estimant qu'elle atteindrait 2,7% sur l'ensemble de l'année 2024, contre 3,2% attendu précédemment. Elle prévoit 2,2% l'an prochain.

Contrepartie de l'accalmie sur les prix, la croissance est cependant bien moins bonne qu'attendu. La Commission table désormais sur un PIB en hausse de 0,8% cette année, alors qu'elle s'attendait à 1,2% à l'automne.

En février, le ralentissement de l'inflation est venu principalement d'un moindre renchérissement des prix de l'alimentation. Ils ont progressé de 4% contre 5,6% en janvier.

Les tarifs des biens industriels ont augmenté de 1,6%, contre 2% le mois précédent, et ceux des services de 3,9%, après 4% en janvier.

Les prix de l'énergie ont poursuivi leur mouvement de baisse mais à un rythme inférieur (-3,7%, après -6,1%).


CMA CGM finalise l'acquisition de Bolloré Logistics pour 4,85 milliards d'euros

Pour CMA CGM, Bolloré Logisitics viendra compléter Ceva Logisitics, acquis en 2019 et très fort sur le marché transpacifique et le transport de produits industriels. (AFP).
Pour CMA CGM, Bolloré Logisitics viendra compléter Ceva Logisitics, acquis en 2019 et très fort sur le marché transpacifique et le transport de produits industriels. (AFP).
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  • Le troisième transporteur maritime mondial acquiert donc un groupe de 13.500 salariés et parachève un peu plus sa diversification entamée en 2018.
  • Grâce à cette acquisition, le chiffre d'affaires de la division logistique devrait représenter à l'avenir 40% de celui de CMA CGM, avec 21,5 milliards de dollars

PARIS: Le transporteur maritime CMA CGM a annoncé jeudi avoir finalisé l'acquisition de Bolloré Logistics pour 4,85 milliards d'euros, permettant au groupe de devenir le cinquième logisticien mondial.

"Nous pourrons désormais proposer à nos clients une offre complète de services et étendre notre expertise à de nouveaux business", a salué le PDG de CMA CGM, Rodolphe Saadé, cité dans le communiqué.

Le troisième transporteur maritime mondial acquiert donc un groupe de 13.500 salariés et parachève un peu plus sa diversification entamée en 2018.

"Acquisition la plus importante depuis la création du Groupe CMA CGM en 1978, cette opération constitue une étape majeure dans la stratégie de développement des activités logistiques du Groupe CMA CGM", a détaillé le groupe marseillais dans son communiqué.

Grâce à cette acquisition, le chiffre d'affaires de la division logistique devrait représenter à l'avenir 40% de celui de CMA CGM, avec 21,5 milliards de dollars.

Bolloré Logistics a réalisé en 2022 un chiffre d'affaires de 7,1 milliards d'euros et dispose d'une capacité d'entreposage de 900.000 m2. En 2022 toujours, il a transporté 710.000 EVP (équivalent vingt pieds, l'unité de référence du secteur) de fret maritime et 390.000 tonnes de fret aérien.

Avec cette vente, qui intervient après celle de ses terminaux africains au transporteur maritime italo-suisse MSC en 2022, Bolloré accentue son recentrage sur les médias, via notamment le géant Vivendi (propriétaire de Canal+, Havas et Editis) désormais majoritaire chez Lagardère.

Pour CMA CGM, Bolloré Logisitics viendra compléter Ceva Logisitics, acquis en 2019 et très fort sur le marché transpacifique et le transport de produits industriels, notamment les véhicules finis (automobiles, camions...) et le matériel informatique.

Bolloré Logistics est lui plus centré sur la France, le commerce transatlantique et Asie-Europe. Il est spécialisé dans le transport de produits à haute valeur ajoutée comme les produits de luxe, les parfums, les cosmétiques ou l'aérospatial.

CMA CGM s'est engagé à conserver tous les emplois et à ne procéder à aucune synergie RH pendant au moins un an.

Pour respecter certaines clauses de concurrence, le groupe devra cependant se séparer des activités opérées par Bolloré Logistics en Martinique, Guadeloupe et Guyane française.

En Polynésie française, il devra céder les activités de commissionnaire de transport pour le transport maritime mais pas pour l'aérien.

Enfin, en Nouvelle-Calédonie, la relation commerciale entre Bolloré Logistics et CMA CGM ne devra pas excéder 35% pour favoriser une concurrence sur le territoire.