Maher Attar: photographie, éducation et résistance culturelle

Un grand nom de la photographie, Maher Attar, a ouvert il y a moins d'un an la galerie Art District House of Photography dans le quartier emblématique de Mar Mikhael, à Beyrouth.  Photo fournie.
Un grand nom de la photographie, Maher Attar, a ouvert il y a moins d'un an la galerie Art District House of Photography dans le quartier emblématique de Mar Mikhael, à Beyrouth. Photo fournie.
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Publié le Mercredi 12 octobre 2022

Maher Attar: photographie, éducation et résistance culturelle

  • En moins d'un an, le projet de Maher Attar de faire d’Art District «l'adresse beyrouthine de la photographie haute couture» commence à prendre forme
  • En s'installant dans l’un des quartiers meurtris par l'explosion du 4 août 2020, Maher Attar a sacrifié ses économies pour lancer son projet, faisant preuve d’un grand altruisme

PARIS: Un grand nom de la photographie, Maher Attar, a ouvert il y a moins d'un an la galerie Art District House of Photography dans le quartier emblématique de Mar Mikhael, à Beyrouth. Dans un pays marqué par une crise multidimensionnelle, cette démarche a de quoi surprendre, mais c'est sans compter sur la détermination du photographe franco-libanais. Maher Attar est en effet un vaillant stratège de ce qu'il appelle la «résistance culturelle» au Liban.

Art District, l'adresse beyrouthine de la photographie haute couture
La carrière de Maher Attar est un trait d'union entre le Liban et la France. Le travail de ce photographe émérite de la guerre du Liban est devenu le symbole de la désintégration du Liban, selon le journal britannique The Guardian. Resté au Liban durant toute la durée des hostilités, il décide de s'installer en France au début des années 1990. Il travaille alors avec des agences de photographie de grande renommée, comme Sygma, et devient familier avec de grandes figures de la photographie tel Eddie Adams, lauréat du prix Pulitzer en 1969.

Ses liens avec le Liban ne se sont jamais rompus. Au contraire, il a l'idée de fonder un lieu de rencontre autour de la photographie dès 2016. La situation politique du Liban puis la crise économique qui a gelé ses comptes bancaires retardent son projet, qui ne verra le jour que le 2 novembre 2021.

En moins d'un an, le projet de Maher Attar de faire d’Art District «l'adresse beyrouthine de la photographie haute couture» commence à prendre forme. L'expression de «haute couture» fait clairement référence à la France, et plus précisément à la french touch, un environnement culturel auquel le photographe franco-libanais demeure très attaché.

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En moins d'un an, le projet de Maher Attar de faire d’Art District «l'adresse beyrouthine de la photographie haute couture» commence à prendre forme. Photo fournie.

Comme un symbole, il organise pendant trois semaines à partir du 15 novembre, pour la célébration du 1er anniversaire de la galerie, une exposition en hommage au Lido de Paris, qui a récemment fermé. Il a été l'œil aiguisé de la revue Bonheur, qui a documenté les coulisses du célèbre cabaret, entre 2004 et 2006. En aparté, celui qui a reçu les visites de l'ambassadeur du Japon et de l'ambassadrice des États-Unis à Art District regrette l'absence totale de coopération avec les instances diplomatiques et culturelles françaises au Liban.

Maher Attar, un résistant culturel

En s'installant dans l’un des quartiers meurtris par l'explosion du 4 août 2020, Maher Attar a sacrifié ses économies pour lancer son projet, faisant preuve d’un grand altruisme. En effet, son but n’est absolument pas le profit, mais le désir profond de faire émerger un environnement propice au développement de la photographie au Liban. Art District a permis à dix photographes de présenter leur œuvre. «Ce qui me fait plaisir, c’est de pouvoir donner l’opportunité à des photographes émergents, quel que soit leur âge, d'exposer leurs travaux.»

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Maher Attar s’est fixé pour mission de sensibiliser le grand public à l’univers de la photographie. Photo fournie.

Maher Attar s’est fixé pour mission de sensibiliser le grand public à l’univers de la photographie. «Au Liban, la culture photographique n'existe pas. Ma démarche est d'éduquer les gens. Il ne s'agit pas pour moi d'exposer de grands noms de la photographie, mais de mettre en lumière toutes les facettes de la photographie haute couture.» Les visiteurs pourront ainsi échanger avec les guides d’Art District, qui leur apporteront des explications passionnantes sur les différentes démarches des photographes ou sur la raison d'être de la galerie.

Maher Attar n’a jamais cessé de croire en son pays, tout en conservant son identité de photographe. Pour le centenaire du Liban, il a photographié une Marianne libanaise, quelques jours avant le début de la révolution du 17 octobre 2019. La photographie symbolise une «ville fatiguée, rejetée et épuisée», mais qui continue à se tenir debout avec dignité sans céder aux exigences mortifères des partis politiques corrompus. «Je crois en l'idéologie de la résistance culturelle. Je fais partie des résistants», confie l’artiste. Un résistant haute couture!


La réalisatrice marocaine Asmae El-Moudir rejoint le jury Un Certain Regard à Cannes

Asmae El-Moudir est la réalisatrice du film « La Mère de tous les mensonges » (AFP)
Asmae El-Moudir est la réalisatrice du film « La Mère de tous les mensonges » (AFP)
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  • Le Festival de Cannes a annoncé jeudi que Asmae El-Moudir fera partie du jury Un Certain Regard lors de la 77e édition de l'événement
  • Un Certain Regard met en valeur les films d'art et de découverte d'auteurs émergents

DUBAÏ: Le Festival de Cannes a annoncé jeudi que la réalisatrice, scénariste et productrice marocaine Asmae El-Moudir fera partie du jury Un Certain Regard lors de la 77e édition de l'événement, qui se tiendra du 14 au 25 mai.

Elle sera accompagnée de la scénariste et réalisatrice sénégalaise Maïmouna Doucouré, de l'actrice luxembourgeoise Vicky Krieps et du critique de cinéma, réalisateur et écrivain américain Todd McCarthy.

Xavier Dolan sera le président du jury Un Certain Regard.

L'équipe supervisera l'attribution des prix de la section Un Certain Regard, qui met en valeur les films d'art et de découverte d'auteurs émergents, à partir d'une sélection de 18 œuvres, dont huit premiers films.

Asmae El-Moudir est la réalisatrice du film « La Mère de tous les mensonges », acclamé par la critique.

Le film a remporté les honneurs de la section Un Certain Regard, ainsi que le prestigieux prix L'œil d'Or du meilleur documentaire au festival de 2023. Le film explore le parcours personnel de la réalisatrice, élucidant les mystères de l'histoire de sa famille avec pour toile de fond les émeutes du pain de 1981 à Casablanca.

Asmae El-Moudir n'est pas la seule Arabe à rejoindre l'équipe de Cannes. 

L'actrice maroco-belge Lubna Azabal a été nommée cette semaine présidente du jury des courts-métrages et de La Cinef lors du festival. Les prix La Cinef sont la sélection du festival dédiée aux écoles de cinéma.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Le plus grand projet de restauration corallienne au monde dévoilé en mer Rouge

La pépinière, construite sur la côte de Neom, dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite, devrait transformer les efforts de restauration corallienne grâce à une capacité de production de 40 000 coraux par an. (SPA)
La pépinière, construite sur la côte de Neom, dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite, devrait transformer les efforts de restauration corallienne grâce à une capacité de production de 40 000 coraux par an. (SPA)
La pépinière, construite sur la côte de Neom, dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite, devrait transformer les efforts de restauration corallienne grâce à une capacité de production de 40 000 coraux par an. (SPA)
La pépinière, construite sur la côte de Neom, dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite, devrait transformer les efforts de restauration corallienne grâce à une capacité de production de 40 000 coraux par an. (SPA)
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  • «KCRI est le plus grand projet de restauration corallienne du monde et constitue une étape importante vers la restauration des récifs à l’échelle mondiale»
  • «Les événements récents nous rappellent brutalement la crise mondiale à laquelle sont confrontés les récifs coralliens»

RIYAD: Des scientifiques de l’université des sciences et technologies du roi Abdallah (Kaust), en collaboration avec Neom, ont inauguré la première pépinière de l’Initiative de restauration corallienne de la Kaust (KCRI).

«KCRI est le plus grand projet de restauration corallienne du monde et constitue une étape importante vers la restauration des récifs à l’échelle mondiale. Une première pépinière est officiellement opérationnelle et une seconde est en cours de construction. Elles sont toutes deux situées en mer Rouge», indique un communiqué publié jeudi.

La pépinière, construite sur la côte de Neom, dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite, devrait transformer les efforts de restauration corallienne grâce à une capacité de production de 40 000 coraux par an.

Les chercheurs se serviront de cette installation pilote pour lancer des initiatives de restauration corallienne à grande échelle, avec notamment la pépinière de coraux terrestre la plus grande et la plus avancée au monde.

Située sur le même site, cette dernière aura une capacité décuplée et pourra produire 400 000 coraux par an. Le projet devrait être achevé en décembre 2025.

Abritant 25% des espèces marines connues, bien qu’ils couvrent moins d’1% des fonds marins, les récifs coralliens sont le fondement de nombreux écosystèmes marins. Les experts estiment que jusqu’à 90% des récifs coralliens de la planète subiront un stress thermique grave d’ici à 2050.

«Les événements récents nous rappellent brutalement la crise mondiale à laquelle sont confrontés les récifs coralliens. Nous avons donc pour ambition de trouver un moyen de faire passer les efforts de restauration actuels, à forte intensité de main-d’œuvre, à des processus industriels afin d’inverser le rythme actuel de dégradation des récifs coralliens», a expliqué le professeur Tony Chan, président de la Kaust.

Cette initiative s’aligne sur la Vision 2030 de l’Arabie saoudite et sur ses efforts pour renforcer la conservation marine en tirant parti des recherches réalisées par la Kaust sur les écosystèmes marins et en servant de plate-forme pour tester des méthodes de restauration innovantes.

«Grâce à notre partenariat de longue date avec la Kaust, nous mettrons également en lumière le rôle des récifs coralliens, qui comptent parmi les systèmes environnementaux marins les plus importants, ainsi que l’importance de leur préservation pour les générations futures», a confié le PDG de Neom, Nadhmi al-Nasr.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’Istituto Marangoni de Milan va ouvrir un campus à Riyad

Au centre, Stefania Valenti, directrice générale mondiale de l’Istituto Marangoni, et Burak Cakmak, directeur général de la Commission saoudienne de la mode. (Photo fournie)
Au centre, Stefania Valenti, directrice générale mondiale de l’Istituto Marangoni, et Burak Cakmak, directeur général de la Commission saoudienne de la mode. (Photo fournie)
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  • La mission de l’institut en Arabie saoudite sera d’explorer de nouvelles voies pour l’accompagnement des talents locaux et de générer des possibilités d’emploi
  • L’institut possède des campus à Milan, à Florence, à Dubaï, à Paris, à Londres et à Miami

RIYAD: L’Istituto Marangoni, basé à Milan, en collaboration avec la Commission saoudienne de la mode, ouvrira à Riyad un institut de formation supérieure proposant des cours spécialisés dans la mode et le luxe, avec l’intention de l’inaugurer en 2025. 

Selon un communiqué, la mission de l’institut en Arabie saoudite sera d’explorer de nouvelles voies pour l’accompagnement des talents locaux et de générer des possibilités d’emploi dans les secteurs concernés. 

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Le nouvel institut de Riyad proposera des diplômes de niveau avancé d’une durée de trois ans, dans des domaines spécifiques, comme la création de mode, la gestion de la mode, les produits de mode, le stylisme de mode et la direction créative, ainsi que la gestion des parfums et cosmétiques et le design d’intérieur. (Photo fournie) 

«Nous sommes très heureux d’établir un partenariat avec l’Istituto Marangoni. Il s’agit de l’un des principaux établissements d’enseignement mondiaux axés sur la mode et le design. Il possède de nombreux campus à travers le monde, mais c’est la première fois qu’il en ouvre un en Arabie saoudite. Il s’agit également du premier établissement d’enseignement au Royaume en tant que destination d’investissement direct étranger, ce qui montre son engagement vis-à-vis du potentiel du marché saoudien, en particulier pour les créateurs et les entreprises. Grâce à ce partenariat, nous serons en mesure de former tous les créateurs locaux en Arabie saoudite et de leur proposer des emplois», déclare à Arab News Burak Cakmak, directeur général de la Commission de la mode du ministère de la Culture d’Arabie saoudite. 

Le nouvel institut de Riyad proposera des diplômes de niveau avancé d’une durée de trois ans, dans des domaines spécifiques, comme la création de mode, la gestion de la mode, les produits de mode, le stylisme de mode et la direction créative, ainsi que la gestion des parfums et cosmétiques et le design d’intérieur. Les étudiants pourront choisir de suivre leurs études à Riyad, avec la possibilité d’intégrer le marché de la mode grâce à un stage de six mois au cours de la dernière année d’études, ou de poursuivre leurs études de licence dans n’importe quel campus international de l’Istituto Marangoni. 

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La mission de l’institut en Arabie saoudite sera d’explorer de nouvelles voies pour l’accompagnement des talents locaux et de générer des possibilités d’emploi dans les secteurs concernés. (Photo fournie) 

L’institut possède des campus à Milan, à Florence, à Dubaï, à Paris, à Londres et à Miami. 

Dans un communiqué, Stefania Valenti, directrice générale mondiale de l’Istituto Marangoni, déclare: «Nous avons établi cet important partenariat avec la Commission saoudienne de la mode parce que nous sommes convaincus qu’elle élaborera un programme solide en vue de créer un système de luxe et de mode en Arabie saoudite.» 

«Nous voulons mettre nos connaissances et nos compétences à la disposition de la nouvelle génération. Les jeunes générations – notamment les femmes – veulent pouvoir suivre des études en Arabie saoudite et non pas seulement à l’étranger», ajoute-t-elle. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com