Après un an d'impasse, l'Irak a enfin un président et un Premier ministre désigné

Le nouveau président de l'Irak, Abdul Latif Rashid, assiste à une session parlementaire à Bagdad, Irak, 13 octobre 2022. (Reuters)
Le nouveau président de l'Irak, Abdul Latif Rashid, assiste à une session parlementaire à Bagdad, Irak, 13 octobre 2022. (Reuters)
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Publié le Vendredi 14 octobre 2022

Après un an d'impasse, l'Irak a enfin un président et un Premier ministre désigné

  • Le Parlement, qui siège dans la Zone verte à Bagdad, a élu un nouveau président de la République, optant pour un candidat de compromis en la personne d'Abdel Latif Rachid, ancien ministre Kurde de 78 ans versé dans les questions environnementales
  • Dans la foulée, le chef de l'Etat a chargé Mohamed Chia al-Soudani de former un nouveau gouvernement

BAGDAD: Après un an d'impasse politique et maintes épreuves de force, l'Irak a enfin jeudi un président et un Premier ministre, même si les tirs de roquettes à Bagdad viennent illustrer la persistance des fortes tensions.

Le Parlement, qui siège dans la Zone verte à Bagdad, a élu un nouveau président de la République, optant pour un candidat de compromis en la personne d'Abdel Latif Rachid, ancien ministre kurde de 78 ans.

Dans la foulée, le chef de l'Etat a chargé Mohamed Chia al-Soudani de former un nouveau gouvernement. Plusieurs fois ministre et issu comme le veut la tradition de la communauté chiite majoritaire en Irak, le politicien de 52 ans a 30 jours selon la Constitution pour former son cabinet.

"Je n'épargnerai aucun effort pour former un gouvernement fort, déterminé à concrétiser ses objectifs", a dit M. Soudani lors d'une allocution télévisée, promettant à la jeunesse d'affronter "les problèmes accumulés, en premier lieu le manque de services (publics), la pauvreté, l'inflation, le chômage".

"Nous sommes totalement disposés à coopérer avec toutes les forces politiques et les composantes de la société", a-t-il dit.

Il est le candidat des factions pro-Iran du Cadre de coordination, qui dominent l'Assemblée et cherchent à accélérer le calendrier politique, après plus d'un an de paralysie totale dans un pays profondément polarisé.

Depuis les législatives d'octobre 2021, les barons politiques du pays n'avaient pas réussi à s'entendre sur un nouveau président, ni à désigner un Premier ministre.

En filigrane transparaissent les luttes d'influence entre les deux pôles chiites se disputant le pouvoir: les factions pro-Iran du Cadre de coordination et l'imprévisible chef religieux Moqtada Sadr.

Fonction honorifique

Illustrant les tensions, neuf roquettes de type Katioucha se sont abattues sur la Zone verte, qui abrite aussi d'autres institutions gouvernementales et des ambassades. Un projectile est tombé près de l'Assemblée.

Ces tirs, qui n'ont pas été revendiqués, ont fait dix blessées, quatre civils atteints lors de la chute d'une roquette sur un quartier limitrophe de la Zone verte et six membres des forces de l'ordre ou des gardes assurant la sécurité des députés, selon un responsable.

"De telles attaques sapent la démocratie et piègent l'Irak dans un cycle de violence perpétuel", a déploré l'ambassadrice américaine à Bagdad Alina L. Romanowski.

Ces violences n'ont cependant pas empêché le président d'Irak, fonction largement honorifique traditionnellement réservée à l'importante minorité kurde, d'être élu après trois tentatives infructueuses cette année.

À l'issue du second tour, l'ex-ministre des Ressources hydriques Abdel Latif Rachid, qui fait partie de la vieille garde de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), l'a emporté avec plus de 160 voix face au président sortant Barham Saleh (99).

Saluant cette "étape démocratique importante", l'ambassade de France en Irak a appelé à "la formation d'un gouvernement qui mette tout en œuvre pour répondre aux demandes légitimes du peuple irakien (...)".

À Washington, le porte-parole du département d'Etat, Ned Price, s'est félicité de l'élection du président et a appelé "toutes les parties à ne pas recourir à la violence" tout en réitérant le soutien des Etats-Unis.

Reste à savoir quelle sera la réaction de M. Sadr, qui réclamait ces derniers mois une dissolution du Parlement et des législatives anticipées.

Il a démontré ces derniers mois sa capacité à déstabiliser l'échiquier politique en mobilisant des dizaines de milliers de manifestants.

En juillet, une première candidature de Mohamed Chia al-Soudani au poste de Premier ministre avait mis le feu aux poudres entre les deux camps.

L'épreuve de force a atteint son paroxysme le 29 août, quand plus de 30 partisans sadristes ont été tués dans des affrontements contre l'armée et les forces du Hachd al-Chaabi, intégrées aux troupes régulières.

«C'est notre contribution»

Dans un Irak multiconfessionnel et multiethnique, les partis politiques de la communauté chiite dominent le pouvoir depuis l'invasion américaine qui renversa Saddam Hussein en 2003.

Après la démission surprise en juin des 73 députés du Courant sadriste, le Cadre de coalition est devenu le premier bloc au Parlement avec 138 députés, selon un responsable de la coalition Ahmed al-Assadi.

L'alliance regroupe les ex-paramilitaires du Hachd al-Chaabi et l'ex-Premier ministre Nouri al-Maliki, rival historique de Moqtada Sadr.

La présidence a été l'une des pierres d'achoppement paralysant la vie politique en Irak. Le poste revient généralement à l'UPK, tandis que l'autre grand parti kurde, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) garde la haute main sur les affaires du Kurdistan autonome (nord).

Le PDK avait exigé la présidence à Bagdad. Mais il a finalement voté pour Abdel Latif Rachid, a indiqué un responsable du parti, Bangen Rekani.

"Nous avons accepté le candidat de compromis, c'est notre contribution pour sortir de l'impasse", a-t-il dit.


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.