Dollar «Coldplay» ou «Qatar»: des taux de change à la carte en Argentine

Le ministre de l'Economie Sergio Massa (Photo, AFP).
Le ministre de l'Economie Sergio Massa (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 14 octobre 2022

Dollar «Coldplay» ou «Qatar»: des taux de change à la carte en Argentine

  • Après des années d'inflation ou d'hyperinflation, la confiance dans le peso s'est envolée et ceux qui en ont les moyens cherchent à épargner en dollars, en tant que monnaie refuge
  • Face au niveau critique de réserves en devises, ainsi qu'à la concurrence du dollar «bleu», l'Argentine crée régulièrement de nouveaux taux de change

BUENOS AIRES : Dollar «Qatar» ou dollar «Coldplay»: de nouveaux taux de change aux noms étonnants viennent s'ajouter en Argentine à la panoplie déjà existante dans le pays qui tente d'éviter la sortie de devises dont il manque cruellement.

Des restrictions sur l'achat de devises étrangères sont en place, par intermittence, en Argentine depuis près d'un siècle.

Le système de contrôle des changes le plus récent a été établi en 2019, avec un taux officiel qui s'élève actuellement à 157 pesos pour un dollar.

Toutefois, ce mécanisme n'a pas suffi à contenir la demande de dollars. Après des années d'inflation ou d'hyperinflation, la confiance dans le peso s'est envolée et ceux qui en ont les moyens cherchent à épargner en dollars, en tant que monnaie refuge.

Face à cette pénurie, une douzaine de taux de change sont apparus sur le marché légal, visant des secteurs de l'économie ou certaines transactions nécessitant des devises.

De tous les noms dont a été affublé le billet vert, le plus connu est cependant le «dollar blue» (bleu) qui s'échange sur le marché noir. Mercredi, il valait 288 pesos.

Face au niveau critique de réserves en devises, ainsi qu'à la concurrence du dollar «bleu», l'Argentine crée régulièrement de nouveaux taux de change.

Début septembre, a ainsi vu le jour le dollar «soja» qui s'échangeait mercredi à 200 pesos. L'idée pour le gouvernement est de stimuler les exportations du secteur agricole, principale source de devises du pays.

En vigueur pendant 25 jours seulement, il a permis à la Banque centrale d'augmenter en septembre de 7,6 milliards de dollars ses réserves.

«Le +dollar soja+ a signifié pour la Banque centrale le meilleur mois d'achats de devises des 20 dernières années», souligne l'économiste Nery Persichini, de GMA Capital.

- «Pansement» -

Face à ce succès, le pays vient de lancer cette semaine le dollar «Qatar», allusion à la Coupe du monde de football à venir. Ce taux est appliqué aux dépenses de plus de 300 dollars par mois réalisées à l'étranger par carte de crédit.

Selon des chiffres officiels, au cours des deux derniers mois, le secteur du tourisme a enregistré un déficit de plus de 1,5 milliard de dollars, et le gouvernement craint que ce chiffre n'augmente notamment en raison des déplacements liés à la Coupe du monde de football.

«L'objectif est de décourager la demande de devises étrangères pour le tourisme et les achats par carte», explique au journal La Nacion Juan Pablo Albornoz, du cabinet Invecq.

Sa création répond à la décision de «prendre soin» des dollars obtenus par l'Etat sur les ventes de soja, souligne M. Persichini.

Le taux est calculé en appliquant trois taxes différentes au taux officiel. Mercredi, le dollar «Qatar» cotait 314 pesos.

Cette semaine a également vu naître le dollar «Coldplay», du nom du groupe britannique qui doit se produire fin octobre à Buenos Aires. Il s'agit là d'un taux applicable aux billets d'entrée de spectacles internationaux.

Il est calculé en ajoutant une taxe de 30% au taux officiel. Mercredi, le dollar «Coldplay» valait environ 204 pesos. Ironiquement cependant, ce taux ne s'appliquera pas aux billets du spectacle du groupe britannique, ces derniers ayant tous été vendus il y a plusieurs mois déjà.

Sur le marché officiel, diverses parités de change existaient déjà, telles que le dollar «au gros» pour les transactions interbancaires, le dollar «avec règlement» et le dollar «exchange», pour les opérations de Bourse, ou encore le «dollar d'épargne», conçu pour la thésaurisation et dont la limite d'achat est fixée à 200 dollars par mois.

Il s'agit pour le gouvernement d'éviter à tout prix une dévaluation du peso, aux conséquences imprévisibles en raison de l'inflation très élevée, qui devrait dépasser 90% cette année.

«Ne pas dévaluer est une décision politique. Mais toute mesure adoptée est risquée dans ce contexte inflationniste. De ce fait, toute décision constitue un pansement visant à remédier à un pansement antérieur», souligne M. Persichini.


Choose France: le groupe américain Ecolab investit 100 millions d'euros

Une employée travaille au centre de recherche et développement du groupe américain de technologies de l’eau, de l’hygiène et de l’énergie Ecolab, à Sainghin-en-Mélantois, dans le nord de la France, le 11 septembre 2020. (AFP)
Une employée travaille au centre de recherche et développement du groupe américain de technologies de l’eau, de l’hygiène et de l’énergie Ecolab, à Sainghin-en-Mélantois, dans le nord de la France, le 11 septembre 2020. (AFP)
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  • Le groupe américain Ecolab investira 100 M€ en France dans le cadre de Choose France, pour soutenir la décarbonation industrielle et l’électrification
  • Les fonds seront répartis entre les projets GravitHy (fer décarboné) et HoloSolis (panneaux solaires), avec à la clé environ 2.500 emplois

MARSEILLE: Le spécialiste américain du traitement de l'eau Ecolab va investir 100 millions d'euros sur deux sites en France, près de Marseille et en Moselle, a annoncé samedi le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre.

L'annonce se fait dans le cadre des journées de l'investissement Choose France, avant un sommet prévu lundi à Versailles.

"Je suis très heureux de vous annoncer qu'Ecolab confirme son engagement en faveur de la croissance durable de l'économie française avec un investissement de 100 millions d'euros", a déclaré à La Provence le ministre.

"Ces investissements soutiennent la décarbonation industrielle et l'électrification, le développement économique régional et la création d'environ 2.500 emplois qualifiés", a-t-il ajouté.

La somme se répartit entre deux sites industriels.

Le premier est celui où s'implante, à Fos-sur-Mer, l'usine de fer GravitHy, qui réunit, en plus d'Ecolab, le géant des métaux anglo-australien Rio Tinto, le fonds Japan Hydrogen Fund, l'allemand Siemens et le français Engie.

Le premier, GravitHy, promet un fer "décarboné", c'est-à-dire produit sans énergie fossile, à partir d'hydrogène vert. La construction de l'usine doit commencer en 2027, pour un démarrage de la production en 2030.

Le second est une usine de cellules et modules photovoltaïques, HoloSolis, à Hambach (Moselle) près de Sarreguemines. Appartenant au néerlandais InnoEnergy, elle doit être la plus grande d'Europe lorsqu'elle démarrera en 2027.


Al-Nassr entre dans le top 10 mondial des clubs en termes de ventes de maillots

Cristiano Ronaldo fête sa première victoire dans la Saudi Pro League avec Al-Nassr. (X/@AlNassrFC_FR)
Cristiano Ronaldo fête sa première victoire dans la Saudi Pro League avec Al-Nassr. (X/@AlNassrFC_FR)
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  • Une étude souligne l'influence de Cristiano Ronaldo sur les marchés commerciaux
  • Les nouveaux champions saoudiens ont vendu plus de 1,2 million de maillots au cours de la saison 2025-26

RIYAD: Al-Nassr s'est assuré une place parmi les 10 clubs de football les plus vendus au monde en termes de ventes de maillots, ayant vendu plus de 1,2 million de maillots dans le monde entier au cours de la saison actuelle, au cours de laquelle il a remporté le titre de Roshn Saudi League, selon une étude menée par Euromericas Sport Marketing.

L'étude attribue l'ascension du club à l'influence de Cristiano Ronaldo, dont les millions d'adeptes sur les médias sociaux ont contribué à transformer le maillot d'Al-Nassr en une icône marketing mondiale qui s'est étendue au-delà du Moyen-Orient, attirant des milliers de fans et de collectionneurs à travers les Amériques, l'Asie et l'Australie.

Les données publiées par Euromericas Sport Marketing montrent une nette avance pour le Real Madrid d'Espagne, qui a pris la tête du classement mondial avec des ventes dépassant les 3,13 millions de maillots, grâce au pouvoir des stars française Kylian Mbappé et brésilienne Vinicius Junior.

Euromericas Sport Marketing fait partie des agences et des sociétés de conseil spécialisées dans le marketing et la recherche dans le domaine du sport, se classant parmi les cinq premières sociétés dans ce domaine et étant la première de son genre en Amérique latine.

La deuxième place revient au FC Barcelone, avec des ventes atteignant 2,94 millions de maillots, tandis que le Paris Saint-Germain se classe troisième avec 2,54 millions de maillots vendus à la suite de la victoire en Ligue des champions de l'UEFA.

Le Bayern Munich (Allemagne) s'est classé quatrième avec 2,3 millions de maillots vendus, suivi de l'Inter Miami (États-Unis) avec 2,1 millions, du Boca Juniors (Argentine) avec 1,9 million, du Manchester United (Angleterre) avec 1,85 million, du CR Flamengo (Brésil) avec 1,6 million, et du Chelsea (Angleterre) à la neuvième place avec 1,4 million de maillots vendus.

Al-Nassr s'est classé 10e au niveau mondial et 4e parmi les clubs non européens, devenant ainsi le seul club arabe et asiatique à figurer dans le prestigieux classement international, dépassant des géants du football européen établis de longue date.

La liste met également en lumière un phénomène marketing similaire à celui d'Al-Nasser, à savoir la remarquable ascension de l'Inter Miami, qui s'est hissé à la cinquième place mondiale avec 2,16 millions de maillots vendus, grâce à la présence de la star argentine Lionel Messi.

En revanche, les clubs de football historiques italiens sont absents du top 10, ce que le rapport décrit comme une indication du fossé commercial et marketing qui se creuse entre la ligue italienne et les ligues émergentes menées par la ligue saoudienne, qui sont de plus en plus en concurrence pour obtenir des parts importantes dans l'industrie mondiale du sport.


Bercy missionne quatre économistes pour plancher sur les finances publiques

Le ministre français du Budget et des Comptes publics, Laurent Saint-Martin, tient une conférence de presse à l'occasion d'un séminaire interministériel sur la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, au ministère de l'Économie et des Finances (Bercy), à Paris, le 7 octobre 2024.
Le ministre français du Budget et des Comptes publics, Laurent Saint-Martin, tient une conférence de presse à l'occasion d'un séminaire interministériel sur la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, au ministère de l'Économie et des Finances (Bercy), à Paris, le 7 octobre 2024.
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  • "On voit bien la tentation qu'il va y avoir, celle de faire l'autruche devant l'ampleur des efforts budgétaires qui sont devant nous", a déclaré le ministre des Comptes publics David Amiel sur France 5
  • Dans la lettre de mission adressée aux économistes, les ministres soulignent qu'"il apparaît essentiel de disposer d'une analyse prospective des enjeux de finances publiques"

PARIS: Les ministres de l'Economie et des Comptes publics ont confié une mission à quatre économistes pour analyser les enjeux des finances publiques à l'horizon 2030 et plancher sur des scénarios de redressement dès 2027, a annoncé Bercy mardi.

Les économistes Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier, Xavier Jaravel et Natacha Valla mèneront ces travaux avec l'appui de l'Inspection générale des finances (IGF). Les conclusions de leur mission indépendante sont attendues en juillet, a précisé le ministère.

"On voit bien la tentation qu'il va y avoir, celle de faire l'autruche devant l'ampleur des efforts budgétaires qui sont devant nous", a déclaré le ministre des Comptes publics David Amiel sur France 5.

"C'est la raison pour laquelle, parce qu'on ne peut pas se permettre d'aller en somnambules d'abord vers le débat budgétaire pour 2027, ensuite vers l'élection présidentielle, que j'ai décidé, avec mon collègue Roland Lescure, de faire une opération de transparence inédite en confiant à quatre économistes indépendants le soin de faire un état des lieux", a-t-il ajouté.

Dans la lettre de mission adressée aux économistes, les ministres soulignent qu'"il apparaît essentiel de disposer d'une analyse prospective des enjeux de finances publiques".

"Vous vous attacherez à construire l'évolution probable des finances publiques entre 2027 et 2030" et à élaborer "différents scénarios de redressement des finances publiques en 2027, dont des cibles souhaitables de déficit pour 2027", poursuivent-ils.

Ils précisent que ces travaux participeront "au cadrage des réflexions relatives à la construction du projet de loi de finances pour 2027".

Selon Bercy, "cet exercice inédit permet de poser les bases du débat parlementaire avec des données objectives en amont du début de la discussion".

Xavier Ragot est président de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), Natacha Valla doyenne de l'École du management de Sciences Po, Xavier Jaravel président délégué du Conseil d'Analyse Économique (CAE), et Jean-Luc Tavernier inspecteur général des finances et ex-directeur général de l'Insee (de 2012 à 2025).

Le gouvernement, qui travaille à la préparation du projet de loi de finances pour 2027, souhaite éviter les difficiles négociations de l'an dernier. Il a aussi a chargé l'IGF de plancher sur les conséquences économiques d'une reconduction l'an prochain du budget actuel par une loi spéciale.

Le gouvernement vise un déficit public à 5% du PIB cette année, après 5,1% en 2025. Il s'est engagé à faire passer le déficit sous la barre des 3% en 2029, comme demandé par Bruxelles.