Royaume-Uni: Truss se résout à changer de cap économique mais n'est pas sauvée pour autant

Le nouveau ministre des Finances britannique Jeremy Hunt a annoncé samedi, au lendemain de sa nomination par Liz Truss, que des «décisions difficiles» allaient devoir être prises pour rectifier le projet économique de la Première ministre. (Photo, AFP)
Le nouveau ministre des Finances britannique Jeremy Hunt a annoncé samedi, au lendemain de sa nomination par Liz Truss, que des «décisions difficiles» allaient devoir être prises pour rectifier le projet économique de la Première ministre. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 16 octobre 2022

Royaume-Uni: Truss se résout à changer de cap économique mais n'est pas sauvée pour autant

  • S'exprimant publiquement pour la première fois depuis sa nomination vendredi, le nouveau ministre des Finances Jeremy Hunt a affirmé samedi sans détour que «des erreurs ont été faites» par la Première ministre Liz Truss
  • Il a notamment annoncé que «les dépenses n'augmenteront pas autant que les gens le voudraient», que «certains impôts ne seront pas réduits aussi vite que les gens le voudraient», et que d'autres «augmenteront»

LONDRES: Les attaques et critiques s'intensifient dans le camp conservateur contre la Première ministre britannique Liz Truss, qui tentait encore dimanche de défendre son nouveau cap économique pour sauver sa tête à Downing Street.

Dans la tempête depuis plusieurs semaines, Mme Truss a de nouveau justifié dimanche sa politique et ses revirements des derniers jours qui ont largement entamé la confiance des électeurs et de son parti.

"J'ai écouté, j'ai compris", écrit la dirigeante conservatrice dans une tribune publiée dans le quotidien populaire The Sun.

"Nous ne pouvons nous engager sur le chemin d'une économie en forte croissance et avec peu d'impôts sans maintenir la confiance des marchés dans notre engagement d'une monnaie saine", ajoute-t-elle, reconnaissant l'échec de son mini-budget annoncé le 23 septembre.

Prévoyant des dépenses et des baisses d'impôts massives financées par la dette, il avait fait trembler les marchés, faisant chuter la livre et bondir les taux d'intérêt.

La Première ministre a tenu dimanche dans sa résidence de campagne une réunion de crise avec son nouveau ministre des Finances, Jeremy Hunt, nommé vendredi après le limogeage de Kwasi Kwarteng, pour préparer un nouveau plan budgétaire.

Proche de Rishi Sunak, l'ex-ministre des Finances de Boris Johnson et adversaire de Liz Truss ces derniers mois dans la campagne pour Downing Street, Hunt a défendu sur la BBC la nouvelle direction prise par le gouvernement.

Il a réaffirmé qu'il devrait prendre des mesures "difficiles", avec des hausses d'impôts et des baisses de dépenses dans tous les ministères.

menace de grèves concertées 

Une perspective qui a poussé divers syndicats à menacer dimanche de lancer des grèves concertées dans tout le pays, au moment où le gouvernement veut limiter le droit de grève face à la recrudescence des mouvements sociaux.

Le nouveau plan budgétaire que Jeremy Hunt doit présenter le 31 octobre s'annonce comme un changement de cap total par rapport à la politique initialement portée par Liz Truss.

Selon une source de son entourage citée par le Sunday Telegraph, le nouveau ministre des Finances se voit désormais comme le Mario Draghi britannique, allusion au chef du gouvernement sortant italien appelé à la rescousse début 2021 pour gérer son pays en pleine pandémie.

Le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Andrew Bailey, s'est félicité samedi de la "convergence de vues immédiate et claire" entre la banque centrale et le nouveau chancelier. Un satisfecit qui confirme l'ascendant que semble prendre Jeremy Hunt sur une Liz Truss fragilisée après seulement 40 jours au pouvoir.

«terminé»

"Hunt prend le contrôle pendant que les comploteurs encerclent une Première ministre affaiblie", titrait d'ailleurs The Times dimanche, rappelant que les conservateurs cherchent toujours un moyen de l'évincer du pouvoir.

La confiance "ne sera pas restaurée tant qu'elle reste" à son poste, assène le quotidien, qui prend fait et cause pour Rishi Sunak.

Ce dernier agirait en coulisses auprès des parlementaires conservateurs pour prendre la barre, selon la presse, qui cite aussi le ministre de la Défense Ben Wallace comme potentiel recours.

"Je pense que le jeu est terminé, et qu'il faut maintenant s'interroger sur la manière de gérer sa succession", a jugé l'expérimenté parlementaire conservateur Crispin Blunt sur Channel 4.

Alicia Kearns, nouvelle présidente du très influent comité pour les Affaires étrangères à la Chambre des communes, a elle estimé que la question du maintien ou non de Truss à Downing Street était "très difficile".

"Nous étions mis en cause sur notre crédibilité morale (sous Johnson). Et maintenant on s'interroge sur notre crédibilité budgétaire", a-t-elle regretté sur Times radio.

Les sondages s'en ressentent, avec une avance considérable désormais donnée à l'opposition travailliste, à deux ans des prochaines élections générales.

"La Première ministre est au pouvoir", a assuré Jeremy Hunt, dans une tentative pour défendre Mme Truss. "Elle a changé la manière dont nous allons (atteindre nos objectifs), mais elle n'a pas changé la direction, qui est de faire croître le pays", a-t-il insisté.

La semaine qui vient sera cruciale pour Liz Truss, avec dès lundi la réaction des marchés aux derniers développements politiques du week-end.


Israël: l'épouse de Netanyahu s'en prend à un opposant, relayant une théorie du complot

Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
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  • Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari
  • M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré

JERUSALEM: Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées.

Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari.

M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré.

Ces propos ont suscité une levée de boucliers dans l'opposition. Le parti de M. Golan a vivement condamné sur son compte X des propos "vils et mensongers".

"La diffusion de théories du complot contre le général Yaïr Golan et la diffamation de son héroïsme le 7 octobre franchissent une ligne rouge qui frise la folie", a ajouté le mouvement.

Gadi Eizenkot, dirigeant du parti Yashar et principal opposant au Premier ministre, a également fustigé sur X "la théorie folle et mensongère du complot de trahison" propagée selon lui par l'entourage de M. Netanyahu pour "attiser la haine et perpétuer" son pouvoir.

Ces accusations font écho à des thèses complotistes récurrentes au sein d'une partie de la classe politique.

Selon un sondage réalisé pour la chaîne 13 en août, 40% des Israéliens et 63% des électeurs de la coalition actuelle estiment qu'une trahison interne a conduit au massacre du 7 octobre 2023.

L'attaque sans précédent du groupe armé palestinien Hamas contre Israël a fait 1.221 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP. Le Hamas avait également enlevé 251 personnes, emmenées à Gaza.

L'offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait plus de 73.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis octobre 2025.


Le secrétaire américain à l'Armée de terre démissionne après des mois de tension

Le secrétaire à l'Armée, Dan Driscoll, arrive pour la cérémonie de remise des diplômes de l'Académie militaire des États-Unis, qui se tient au Michie Stadium de l'Académie militaire des États-Unis, le 23 mai 2026 à West Point, dans l'État de New York. (Photo Adam Gray / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)
Le secrétaire à l'Armée, Dan Driscoll, arrive pour la cérémonie de remise des diplômes de l'Académie militaire des États-Unis, qui se tient au Michie Stadium de l'Académie militaire des États-Unis, le 23 mai 2026 à West Point, dans l'État de New York. (Photo Adam Gray / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)
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  • Le sénateur démocrate Jack Reed, plus haut responsable d'opposition au sein de la commission des Forces armées, a fait directement porter au chef du Pentagone la responsabilité de la démission de M. Driscoll
  • "Il est grand temps que le président Trump prenne conscience des dommages durables que Pete Hegseth inflige au département de la Défense", a-t-il déclaré

WASHINGTON: Le secrétaire américain à l'Armée de terre Dan Driscoll a remis sa démission, après des mois de tensions avec le ministre de la Défense Pete Hegseth, a confirmé lundi la Maison Blanche à l'AFP.

S'il est accepté, ce départ constituera le dernier bouleversement en date à la tête de l'institution, déjà secouée ces derniers mois par plusieurs mises à l'écart dont celle au printemps de son chef d'état-major, le général Randy George.

Dan Driscoll était le plus haut responsable civil de l'armée de terre depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche début 2025.

Sa démission a été révélée dans un premier temps par le Wall Street Journal en fin de journée lundi, puis reprise par plusieurs médias américains.

"Le secrétaire Driscoll s'est montré extrêmement efficace pour promouvoir le programme du président Trump (...) apportant un leadership remarquable lors d'opérations militaires historiques", a salué la Maison Blanche dans un communiqué.

Elle a jugé l'armée américaine "plus forte que jamais grâce à son travail aux côtés" de Donald Trump et du ministre de la Défense, Pete Hegseth.

Dan Driscoll a notamment été impliqué dans des négociations concernant la guerre en Ukraine, aux côtés des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner.

Il est un ami proche du vice-président JD Vance, dont il a été camarade de promotion à la faculté de droit de la prestigieuse université de Yale.

Ses relations avec Pete Hegseth étaient en revanche notoirement mauvaises, selon les médias américains qui bruissaient de rumeurs sur son départ depuis plusieurs mois.

Le sénateur démocrate Jack Reed, plus haut responsable d'opposition au sein de la commission des Forces armées, a fait directement porter au chef du Pentagone la responsabilité de la démission de M. Driscoll.

"Il est grand temps que le président Trump prenne conscience des dommages durables que Pete Hegseth inflige au département de la Défense", a-t-il déclaré.

Ancien militaire ayant servi en Irak, Dan Driscoll s’est présenté sans succès au Congrès en 2020. Il a ensuite été conseiller dans l'équipe de campagne pour la réélection de Donald Trump en 2024.

Sa démission intervient cinq mois après l'éviction du chef d’état-major de l’Armée de terre, le général Randy George, limogé début avril.

Elle menace de facto de laisser l'armée de terre américaine sans direction civile ni militaire permanente.

Depuis l'éviction du général George, le poste de chef d'état-major de l'armée de terre est occupé par son ancien bras droit, le général Christopher LaNeve, vétéran des guerres d'Irak et d'Afghanistan désigné par Pete Hegseth pour assurer l'intérim.


Trump menace de bombarder «fort» l'Iran après de premiers échanges de frappes en un mois

Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse. (AFP)
Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse. (AFP)
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  • "Il y aura une réponse" et "nous allons les frapper fort", a averti le président américain, selon des propos retranscrits par la chaîne Fox News
  • Un peu plus tôt, son homologue iranien avait estimé que la poursuite de la guerre n'était "ni dans l'intérêt (de Téhéran) ni dans celui de la région", disant continuer à "oeuvrer pour parvenir à un accord"

WASHINGTON: Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse.

Pour la première fois depuis fin juillet, les forces américaines ont annoncé des bombardements contre "deux lanceurs iraniens (de roquettes) sur l'île de Larak", située dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Alors que le conflit est entré dans son septième mois et que les négociations sont au point mort, ce regain des hostilités a semé l'inquiétude sur les marchés: les cours du pétrole sont repartis en hausse, le baril de Brent, référence internationale, dépassant le seuil symbolique des 90 dollars.

"Il y aura une réponse" et "nous allons les frapper fort", a averti le président américain, selon des propos retranscrits par la chaîne Fox News.

Un peu plus tôt, son homologue iranien avait estimé que la poursuite de la guerre n'était "ni dans l'intérêt (de Téhéran) ni dans celui de la région", disant continuer à "oeuvrer pour parvenir à un accord".

En déplacement au Kirghizstan pour participer à un sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), il a rencontré le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif dont le pays joue le rôle de médiateur. Sont également attendus à ce rendez-vous les présidents chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine.

"Escalade dangereuse" 

Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), l'attaque contre Larak a été lancée après que les Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de l'Iran, ont été "observés en train de se préparer à lancer des roquettes chargées de mines marines" à Ormuz.

Les médias iraniens ont fait état de trois morts et sept blessés dans ces frappes.

Visée par les représailles iraniennes, la Jordanie a dit avoir abattu huit missiles ayant pénétré son espace aérien. Les Emirats ont eux détecté un drone au-dessus de ses eaux territoriales, dénonçant "une escalade dangereuse".

Mais les forces armées iraniennes ont mis en garde leurs voisins régionaux contre une "riposte bien plus forte" si toute nouvelle "agression" de Washington était lancée depuis leur territoire.

Les Gardiens ont par ailleurs affirmé avoir abattu deux drones américains au-dessus du détroit d'Ormuz.

Un tanker a également été touché par trois "projectiles inconnus" alors qu'il franchissait le détroit dans le sens de la sortie, a affirmé lundi dans la soirée l'agence maritime britannique, UKMTO.

Ces dernières semaines avaient été marquées par une accalmie dans la région, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans le secteur du détroit d'Ormuz.

Ce passage maritime par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux est au coeur du conflit, Téhéran verrouillant son passage quasi en continu depuis le début de la guerre, déclenchée par une attaque israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

"Protéger la circulation" 

En réponse, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens et se disent prêts "à protéger la libre circulation des échanges commerciaux", le Centcom affirmant avoir "achevé le déminage des voies de navigation internationales".

Mais lundi, la marine des Gardiens de la Révolution a affirmé qu'un "superpétrolier voyou" avait heurté deux mines navales lors d'une tentative "illégale" de franchir le détroit, ce que le Centcom a nié, dénonçant de la "désinformation".

Les négociations pour mettre fin au conflit sont dans l'impasse, alors qu'un protocole d'accord conclu mi-juin a volé en éclats le mois d'après.

Pour le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, "la solution est claire et simple: les Etats-Unis doivent respecter leurs engagements et s'en tenir" à ce qui a été signé. "Tout rentrera alors dans l'ordre".

Face à ce conflit impopulaire et à l'approche des élections de mi-mandat, l'administration Trump mise sur la "guerre économique" contre l'Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales.

"On va continuer à faire pression" sur Téhéran, a insisté lundi le ministre des Finances, Scott Bessent, à l'occasion d'une série de réunions aux Etats-Unis avec ses homologues des pays du G20.