Risques de torture et de mort: Des ONG alertent sur le sort de détenus en Iran

Une photo obtenue par l'agence de presse iranienne Mizan le 16 octobre 2022 montre des débris après un incendie dans la célèbre prison d'Evin, au nord-ouest de la capitale iranienne Téhéran.(Photo de KOOSHA MAHSHID FALAHI / MIZAN / AFP)
Une photo obtenue par l'agence de presse iranienne Mizan le 16 octobre 2022 montre des débris après un incendie dans la célèbre prison d'Evin, au nord-ouest de la capitale iranienne Téhéran.(Photo de KOOSHA MAHSHID FALAHI / MIZAN / AFP)
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Publié le Vendredi 21 octobre 2022

Risques de torture et de mort: Des ONG alertent sur le sort de détenus en Iran

  • Ces derniers jours, des images choquantes de l'arrestation du défenseur de la liberté d'expression Hossein Ronaghi ont émergé
  • Selon l'ONG Iran Human Rights basée à Oslo, des milliers de personnes ont été arrêtées dans le pays pendant la répression, dont au moins 36 journalistes

PARIS: Des militants iraniens arrêtés dans le cadre de la répression des manifestations déclenchées par la mort de Mahsa Amini ont actuellement des contacts limités avec l'extérieur et risquent d'être torturés, voire de mourir en détention, alertent des ONG.

Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans, est décédée le 16 septembre, trois jours après son arrestation pour avoir violé, selon la police des moeurs, le drastique code vestimentaire en vigueur.

Ces derniers jours, des images choquantes de l'arrestation du défenseur de la liberté d'expression Hossein Ronaghi ont émergé, le montrant immobilisé par une prise d'étranglement et emmené de force alors qu'il se présentait au bureau des procureurs en septembre.

Depuis son arrestation le 24 septembre, ce critique acharné de la République islamique, contributeur du Wall Street Journal, est détenu à la prison d'Evine à Téhéran. Selon sa famille, il souffre de fractures aux deux jambes et risque de mourir en détention à cause de problèmes rénaux.

Après l'incendie qui s'est déclaré dans la prison le 15 octobre, Hossein Ronaghi a "brièvement appelé sa mère mais arrivait à peine à parler à cause de son état de santé dégradé", a écrit son frère Hassan Ronaghi sur Twitter. "La vie de Hossein est en danger", a-t-il tweeté mercredi.

«Risque de torture»

Comme lui, des militants des droits humains de premier plan, des journalistes et des avocats ont été arrêtés et leurs soutiens craignent qu’ils ne ressortent pas en vie de la prison d'Evine, où la plupart des prisonniers politiques sont détenus, selon des ONG.

L'incendie de la prison, qui a fait huit morts selon les autorités, n'a fait qu'amplifier les inquiétudes pour leur état de santé. Des militants ont accusé les autorités d'avoir lancé des gaz lacrymogènes et tiré des billes d'acier dans la prison.

"Les détenus, souvent victimes de disparitions forcées, courent un grave risque d'être torturés et de mourir. Une action urgente de la communauté internationale est cruciale à ce stade", plaide Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur d'Iran Human Rights (IHR).

Selon cette ONG basée à Oslo, des milliers de personnes ont été arrêtées dans le pays pendant la répression, dont au moins 36 journalistes, 170 étudiants, 14 avocats et plus de 580 militants de la société civile, notamment des ouvriers et des responsables de syndicats d'enseignants.

Roya Boroumand, directrice de l'Abdorrahman Boroumand Center, une ONG basée à Washington, a affirmé à l'AFP que la situation s'était aggravée avec l'afflux de nouveaux prisonniers incarcérés à Evine et à la prison de Fashafouyeh.

"Nous sommes très inquiets" pour les prisonniers qui "n'ont pas d'autre choix que de rester assis ou dormir à tour de rôle, à cause du manque de place", selon elle.

«Penser: un crime?»

Selon des analystes, les arrestations de masse sont l'une des principales stratégies des autorités sous la houlette de l'ayatollah Ali Khamenei, pour combattre les manifestations qui représentent l'un des plus grands défis pour le pouvoir en place depuis la Révolution islamique de 1979.

Amnesty International a appelé cette semaine à des contrôles indépendants "pour protéger les prisonniers de davantage d'exécutions illégales, de tortures et de mauvais traitements".

Le militant Majid Tavakoli, emprisonné à plusieurs reprises, notamment après des élections contestées en 2009, reste détenu depuis son arrestation le 23 septembre.

Sa famille indique n'avoir plus de nouvelles de lui depuis l'incendie à Evine.

"Pourquoi une personne dont le seul outil est son cerveau ne peut pas être libre? Penser, est-ce un crime?", s'est interrogée son épouse sur Twitter.

«Sévèrement battus»

Arash Sadeghi, libéré en mai après plusieurs années de prison et souffrant de chondrosarcome, un rare type de cancer des os, a été de nouveau emprisonné à Evine le 12 octobre.

Son père a partagé sur Twitter une photo d'une dizaine de boîtes de médicaments dont il a besoin.

"Vous pouvez emprisonner son corps mais son âme est toujours avec le peuple", a-t-il dit.

IHR a exprimé son inquiétude sur le cas de militants détenus au secret, parmi lesquels le journaliste et défenseur des droits humains Golrokh Iraee et le célèbre blogueur spécialisé en nouvelles technologies Amir Emand Mirmirani.

Selon IHR, certains détenus ont fait des "aveux télévisés, sous la contrainte et la torture".

Des prisonniers ont "attesté avoir été sévèrement battus, torturés pendant les interrogatoires et privés de nourriture et d'eau potable", a déclaré Roya Boroumand. "Les détenus restent avec des plombs de fusils et des membres brisés, sans soins médicaux."


Le prince héritier saoudien et le président turc discutent de la sécurité régionale et des attaques en mer Rouge

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
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  • Les deux dirigeants abordent la sécurité régionale et la situation en mer Rouge, Ankara condamnant les attaques des Houthis contre les navires

RIYAD: Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a eu lundi un entretien téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan afin d’évoquer les relations entre les deux pays et les récents développements régionaux, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Au cours de l’appel, les deux dirigeants ont passé en revue les liens entre l’Arabie saoudite et la Turquie et examiné les moyens de renforcer la coopération dans plusieurs domaines, a ajouté la SPA.

Ils ont également discuté de l’évolution de la situation régionale, dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient, ainsi que de la sécurité en mer Rouge.

Le président Erdogan a réaffirmé la condamnation de la Turquie des attaques menées par les Houthis, soutenus par l’Iran, contre des navires en mer Rouge, et a exprimé le plein soutien de son pays à l’Arabie saoudite.

Le dirigeant turc a également salué la mise en place de la coalition multinationale de défense maritime dirigée par le Royaume, exprimant l’espoir qu’elle réussira à protéger la navigation internationale et à atteindre ses objectifs. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump annonce une reprise des négociations lundi avec l'Iran

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Donald Trump a annoncé une reprise des négociations lundi avec l'Iran, après avoir suspendu les bombardements américains sur la République islamique et fait état de progrès diplomatiques en vue de rouvrir le détroit d'Ormuz.

La signature mi-juin d'un protocole d'accord n'a débouché pour l'instant sur aucune percée diplomatique majeure en vue d'arriver à la fin d'un conflit qui, depuis plus de cinq mois, a embrasé le Moyen-Orient et ébranlé l'économie mondiale.

Après avoir menacé l'Iran d'une nouvelle attaque majeure, le président américain a annoncé samedi soir y renoncer et a laissé entendre que des progrès avaient été réalisés sur le plan diplomatique.

"Bien sûr qu'ils ne veulent pas être attaqués. Ils connaissaient l'ampleur de cette attaque car ils la voyaient prendre forme", a-t-il déclaré dimanche soir dans son avion présidentiel.

"Ce que l'on fait maintenant, c'est parler avec eux sous la forme d'une négociation", a ajouté M. Trump, précisant simplement que ces discussions devaient commencer lundi après-midi, sans autre détail.

Ni Téhéran ni les pays médiateurs du conflit n'ont confirmé la tenue de ces discussions, mais la République islamique s'était dite dimanche proche d'un accord avec Oman sur le détroit d'Ormuz.

 

- Chute du pétrole -

 

Crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures, le détroit d'Ormuz est de nouveau verrouillé par la République islamique depuis la reprise début juillet des affrontements avec les Etats-Unis, provoquant de fortes perturbations de l'économie mondiale.

L'Iran, qui ne veut pas d'un retour à la situation d'avant-guerre, n'autorise pour l'heure qu'un seul itinéraire le long de ses côtes et entend garder le contrôle du détroit, également situé dans les eaux omanaises.

En juin, la mise en place d'une route omanaise avait suscité la colère des autorités iraniennes mais un compromis semble se dessiner si l'on en croit Téhéran, Mascate n'ayant pas réagi dans l'immédiat.

"Nous sommes sur le point de parvenir à un accord sur une route acceptable pour les deux parties - ni la route nord, ni la route sud -, dans le respect des droits souverains de chaque pays et la garantie de nos intérêts nationaux et de notre sécurité", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, à la télévision d'Etat.

Ces apparentes avancées ont été suivies d'une chute des prix du pétrole à la réouverture du marché lundi matin, le baril de Brent, référence du marché mondial, reculant de près de 5% pour s'échanger autour de 84 dollars. Il avait brièvement dépassé les 100 dollars fin juillet.

En attendant un possible accord, la situation dans le détroit d'Ormuz reste tendue: une explosion près d'un pétrolier y a été rapportée dans la nuit de dimanche à lundi par l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

 

- Volte-face -

 

Depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine, le président américain a menacé à plusieurs reprises de bombarder massivement l'Iran, avant de faire volte-face.

Donald Trump, à la peine pour trouver une issue à un conflit très impopulaire parmi ses électeurs, a conditionné la suspension des frappes américaines à la conclusion rapide d'un accord avec Téhéran, en particulier sur Ormuz.

Selon des médias américains, Washington envisageait de nouveaux bombardements massifs au cours du week-end: CBS News avait notamment mentionné la possibilité de frappes contre des raffineries de pétrole et des centrales électriques, menées par les Etats-Unis mais aussi Israël, ce qui aurait été une première depuis deux mois.

Donald Trump a dit avoir renoncé à une nouvelle attaque à la demande de pays de la région, qui selon lui "pensent qu'on a un accord": "Il y a un accord sur Ormuz, et il y aura ensuite un accord sur le nucléaire, on pourrait même dire sur la dénucléarisation de l'Iran".

Le président américain a affirmé que la demande provenait de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Qatar et de l'Iran lui-même.

D'après l'agence de presse officielle saoudienne, il avait eu une conversation téléphonique avec le prince héritier Mohamed ben Salmane, un allié clef dans la région, qui l'a appelé à "privilégier le dialogue afin de réduire les tensions".

La guerre s'est étendue récemment, avec un nouveau front en mer Rouge, où les rebelles yéménites Houthis, soutenus par l'Iran, ont annoncé imposer un blocus aux ports saoudiens et ont depuis revendiqué des attaques contre des pétroliers et des installations pétrolières du royaume.


L'armée israélienne annonce avoir tué plusieurs membres du Hezbollah dans le sud du Liban

L'armée israélienne a annoncé qu'un de ses soldats avait été modérément blessé lors d'un affrontement rapproché avec des combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, dans la nuit de samedi, malgré le cessez-le-feu. (Photo d'archive/AFP)
L'armée israélienne a annoncé qu'un de ses soldats avait été modérément blessé lors d'un affrontement rapproché avec des combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, dans la nuit de samedi, malgré le cessez-le-feu. (Photo d'archive/AFP)
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  • L'armée israélienne affirme avoir tué plusieurs combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, où un soldat israélien a également été blessé
  • Malgré le cessez-le-feu, les tensions persistent, le Hezbollah rejetant l'accord-cadre tandis que Beyrouth dénonce la poursuite des opérations israéliennes

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé samedi avoir tué plusieurs combattants du mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud du Liban et indiqué qu'un soldat israélien avait été blessé malgré le cessez-le-feu.

L'armée a affirmé avoir identifié dans la nuit plusieurs combattants du Hezbollah dans le sud du Liban.

"Après leur identification, les soldats ont frappé les terroristes et les ont éliminés afin d'écarter la menace", a indiqué l'armée dans un communiqué.

Elle avait précédemment annoncé qu'un soldat avait été blessé dans un "affrontement rapproché" avec le Hezbollah, et a confirmé dans son second communiqué que le soldat avait été "modérement" blessé.

Il a été évacué vers un hôpital, selon les communiqués militaires.

Le Hezbollah pro-iranien n'a revendiqué aucune attaque depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu avec Israël le 20 juin.

Contacté par l'AFP à Beyrouth, le mouvement chiite libanais n'a pas fait de commentaire.

Un accord-cadre parrainé par les Etats-Unis, signé fin juin par le Liban et Israël, vise à mettre un terme aux hostilités. Il prévoit le désarmement du Hezbollah par l'armée libanaise ainsi que le retrait de l'armée israélienne de "zones pilotes", où les forces libanaises seront ensuite déployées.

Le Hezbollah a rejeté à plusieurs reprises cet accord et refuse de déposer les armes, tandis qu'aucun calendrier n'a été fixé pour le retrait complet d'Israël.

L'accord est intervenu plus de trois mois après que le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en tirant des roquettes sur Israël, le 2 mars, en soutien à Téhéran, déclenchant d'importantes frappes aériennes israéliennes et une offensive terrestre.

Si les violences ont diminué depuis la signature, en juin, d'un accord préliminaire entre les Etats-Unis et l'Iran ainsi que de l'accord entre le Liban et Israël, Beyrouth continue de signaler des frappes israéliennes sporadiques et des tirs d'artillerie dans le sud du pays.

L'armée libanaise a récemment condamné la poursuite des activités militaires israéliennes qui, selon elle, empêchent son déploiement complet conformément à l'accord-cadre.