Xi Jinping en route pour un troisième sacre à la tête de la Chine

Le président chinois Xi Jinping (Photo, AFP).
Le président chinois Xi Jinping (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 23 octobre 2022

Xi Jinping en route pour un troisième sacre à la tête de la Chine

  • Le 20e congrès du Parti communiste s'est refermé sur un large remaniement de son Comité central, sorte de parlement interne au parti
  • Loin de son apparence homogène, le PCC est divisé en interne et plusieurs courants rivaux cohabitent

PEKIN: Le président chinois Xi Jinping doit être reconduit dimanche à la tête du Parti communiste, après avoir balayé toute contestation dans le pays et dans ses rangs, s'assurant ainsi de diriger la Chine pendant au moins cinq ans de plus.

Ce troisième mandat fera de lui le dirigeant le plus puissant depuis le fondateur du régime, Mao Tsé-toung (1949-1976).

Après une semaine de délibérations à huis clos, le 20e congrès du Parti communiste chinois (PCC) s'est refermé samedi sur un large remaniement de son Comité central, sorte de parlement interne au parti.

Ce dernier a été renouvelé à 65% par rapport à 2017, selon des calculs de l'AFP.

Dimanche matin, les 205 membres - dont 11 femmes seulement - tiendront leur première réunion. Ils désigneront les 25 représentants du Bureau politique, l'instance de décision du PCC, ainsi que son Comité permanent.

Cet organe tout-puissant de sept membres actuellement détient la réalité du pouvoir en Chine et la nouvelle équipe sera présentée à la presse vers midi (04H00 GMT).

Il sera renouvelé à plus de 50% car on sait déjà que quatre des sept membres tirent leur révérence, selon la liste des membres du Comité central publiée par l'agence officielle Chine nouvelle.

Il s'agit de l'actuel Premier ministre Li Keqiang, du numéro trois chinois Li Zhanshu, du vice-Premier ministre Han Zheng et de Wang Yang, président de la Conférence consultative politique du peuple chinois, une assemblée sans pouvoir de décision.

Considéré comme l'une des voix les plus libérales du Parti, Wang Yang était l'un des favoris au poste de prochain Premier ministre.

«Victoire» pour Xi

La composition du nouveau Comité permanent, qui fait généralement l'objet en coulisses d'âpres négociations pendant le congrès, est déjà actée et confirmera la mainmise de Xi Jinping sur la formation politique, selon des analystes.

"Ce sera une victoire presque totale pour Xi Jinping" qui pourra placer une majorité de ses soutiens, pronostique Willy Lam, spécialiste du PCC à l'Université chinoise de Hong Kong.

"Il y aura une domination anormalement asymétrique d'une seule faction: celle de Xi Jinping", indique M. Lam à l'AFP.

Loin de son apparence homogène, le PCC est divisé en interne et plusieurs courants rivaux cohabitent, estiment des sinologues.

Jusqu'à présent, des compromis existaient pour la répartition des postes dont Xi Jinping est un illustre exemple.

A défaut de s'entendre sur leur candidat respectif, les différentes factions du PCC avaient finalement placé au pouvoir un candidat de consensus en 2012.

Mais Xi Jinping avait ensuite surpris tout le monde en éliminant ses rivaux pour concentrer peu à peu tous les pouvoirs à la tête du parti et de la Chine, tout en menant une répression sévère contre toute dissidence.

Conformément à la coutume, les membres du Comité permanent seront annoncés par ordre d'importance, le numéro un étant le secrétaire général.

A priori le numéro deux ou le numéro trois sera le prochain Premier ministre qui succèdera à Li Keqiang.

Parmi les noms évoqués pour le remplacer: l'actuel vice-Premier ministre Hu Chunhua ou Li Qiang, chef du parti à Shanghai, en dépit d'une gestion chaotique du confinement au printemps.

L'incident Hu Jintao

En obtenant un troisième mandat comme secrétaire général du parti, Xi Jinping est quasiment assuré d'un troisième mandat présidentiel en mars prochain.

Pour se maintenir au pouvoir, l'homme fort de Pékin a obtenu en 2018 un amendement de la Constitution qui limitait ce poste à deux mandats et d'une durée totale de 10 ans.

Chef du Parti, chef des armées, chef de l'Etat... le dirigeant a plaidé pour la continuité de ses politiques lors du discours d'ouverture du congrès.

Le Parti communiste chinois a de son côté réaffirmé samedi le "rôle central" de Xi Jinping.

Seul incident marquant durant une cérémonie de clôture pourtant très chorégraphiée, l'ancien président Hu Jintao a été escorté vers la sortie, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Visiblement contre son gré, l'homme de 79 ans, qui a présidé la Chine de 2003 à 2013, a été incité par des employés à se lever de son siège, situé à côté de Xi Jinping.

Cette scène très inhabituelle n'a été ni expliquée ni rapportée par les médias d'Etat accessibles en Chine. Les autorités n'ont quant à elles donné aucune suite aux sollicitations de l'AFP.

De son côté, l'agence Chine nouvelle a affirmé en anglais que Hu Jintao "ne se sentait pas bien". Il va "beaucoup mieux" désormais, a-t-elle écrit sur Twitter, réseau social bloqué en Chine.

Dimanche, aucun média dans le pays n'avait republié ce commentaire.

Hu Jintao, qui a paru affaibli physiquement durant le congrès, est le prédécesseur de Xi Jinping et considéré comme un réformateur.


De nouvelles négociations entre Israël et le Liban s'ouvrent à Washington 

Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration. (AFP)
Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration. (AFP)
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  • A trois jours de la fin théorique, dimanche, de la trêve au Liban, représentants israéliens et libanais ont repris au département d'Etat des discussions qui doivent durer deux jours
  • Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël a continué à frapper des cibles du Hezbollah pro-iranien au Liban, tuant plus de 400 personnes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels

WASHINGTON: Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration.

Ce troisième cycle de discussions, qui doit durer deux jours, a débuté peu après 09H00 locales (13H00 GMT) au département d'Etat, d'après un diplomate proche du dossier.

A trois jours de la fin théorique, dimanche, de la trêve au Liban, représentants israéliens et libanais ont repris au département d'Etat des discussions qui doivent durer deux jours.

Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël a continué à frapper des cibles du Hezbollah pro-iranien au Liban, tuant plus de 400 personnes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

L'armée israélienne a encore annoncé jeudi de nouvelles frappes visant le Hezbollah pro-iranien dans le sud du pays, après avoir ordonné l'évacuation de huit villages. Selon l'agence de presse libanaise ANI, des bombardements se sont produits dans le sud du pays, au lendemain de raids meurtriers qui ont fait 22 morts.

Dans le nord d'Israël, une attaque de drone du Hezbollah a blessé plusieurs civils, selon l'armée israélienne.

En dépit de la trêve, Israël continue de viser le Hezbollah, le mouvement chiite qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale à la suite du déclenchement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

Le conflit a tué des milliers de personnes, principalement en Iran et au Liban, où les autorités dénombrent plus de 2.800 morts, dont au moins 200 enfants.

Lors de la dernière réunion le 23 avril à Washington entre Israéliens et Libanais, Donald Trump avait annoncé une prolongation de trois semaines de la trêve, et exprimé l'espoir d'un rapprochement historique entre les deux voisins du Proche-Orient.

Le président des Etats-Unis avait conjecturé qu'il accueillerait dans l'intervalle à la Maison Blanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun.

Mais cette rencontre ne s'est pas concrétisée, le chef d'Etat libanais exigeant au préalable un accord sur les questions de sécurité et la fin des attaques israéliennes.

 


Trump dit que Xi n'enverra pas d'équipement militaire à l'Iran et a proposé son aide pour rouvrir Ormuz

Donald Trump a dit jeudi que Xi Jinping lui avait assuré que Pékin n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz. (AFP)
Donald Trump a dit jeudi que Xi Jinping lui avait assuré que Pékin n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • "Il a dit qu'il ne fournirait pas de matériel militaire... Il l'a affirmé avec force", a dit le président américain, selon un extrait d'une interview à la chaîne Fox News après sa rencontre avec le dirigeant chinois à Pékin
  • Le président américain a aussi déclaré que son homologue chinois souhaitait "voir le détroit d'Ormuz ouvert". "Il a dit: +Si je peux être d'une quelconque aide, je serais ravi d'aider"

PEKIN: Donald Trump a dit jeudi que Xi Jinping lui avait assuré que Pékin n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz.

"Il a dit qu'il ne fournirait pas de matériel militaire... Il l'a affirmé avec force", a dit le président américain, selon un extrait d'une interview à la chaîne Fox News après sa rencontre avec le dirigeant chinois à Pékin.

Le président américain a aussi déclaré que son homologue chinois souhaitait "voir le détroit d'Ormuz ouvert". "Il a dit: +Si je peux être d'une quelconque aide, je serais ravi d'aider".

 


Christine Lagarde appelle les dirigeants européens à "agir" pour la compétitivité de l'UE

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, s’exprime lors d’une conférence de presse sur la politique monétaire de la zone euro, au siège de la banque centrale à Francfort-sur-le-Main, dans l’ouest de l’Allemagne, le 30 avril 2026. (AFP)
La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, s’exprime lors d’une conférence de presse sur la politique monétaire de la zone euro, au siège de la banque centrale à Francfort-sur-le-Main, dans l’ouest de l’Allemagne, le 30 avril 2026. (AFP)
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  • Christine Lagarde a exhorté les dirigeants européens à agir rapidement pour renforcer la compétitivité de l’UE, en s’appuyant sur les recommandations du rapport de Mario Draghi
  • Le rapport Draghi souligne les faiblesses structurelles de l’Europe : marché unique inachevé, fragmentation énergétique et financière, bureaucratie excessive et manque d’intégration face à la concurrence des États-Unis et de la Chine

BERLIN: La présidente de la Banque centrale européenne (BCE) à appelé mercredi les dirigeants européens à "agir" pour la compétitivité de l'Union européenne (UE), citant le "diagnostic" de son prédécesseur Mario Draghi, qui doit recevoir jeudi le prix Charlemagne 2026.

"Son rapport sur la compétitivité européenne – pour lequel il reçoit ce prix – a mis en évidence les faiblesses de l’Europe avec une précision déconcertante : un marché unique encore inachevé ; des marchés de l’énergie trop fragmentés ; des marchés des capitaux trop segmentés ; des industries de défense toujours divisées selon des clivages nationaux", a t-elle déclaré dans un discours prononcé au diner précédent la remise du prix et reçu en avance par l'AFP.

"Cette responsabilité incombe aux dirigeants européens. Ce sont eux qui doivent agir suivant le diagnostic de Mario", a-t-elle ajouté, citant son prédécesseur, qui a dirigé la BCE de 2011 à 2019.

Largement crédité d'avoir sauvé l'euro de l'effondrement après avoir promis en 2012 de faire "tout ce qu'il faudra" pour soutenir la monnaie unique au plus fort de la crise de la dette dans la zone euro, Mario Draghi a depuis exhorté l'UE à approfondir son intégration économique pour mieux rivaliser avec les États-Unis et la Chine.

Dans son rapport phare de 2024 sur la compétitivité prônant des "réformes radicales" au sein de l'UE, M. Draghi avait formulé 383 recommandations, appelant à une réglementation commune des marchés de capitaux du continent et à une réduction globale de la bureaucratie pour les entreprises.

"Les États-Unis et la Chine sont entrés dans une nouvelle ère de stratégie industrielle et de concurrence géopolitique – exacerbée par les guerres tarifaires et les batailles autour des terres rares – et tout cela au milieu de la pire crise énergétique jamais enregistrée", a alerté Mme Lagarde.

Et "l’Europe se retrouve désormais dans un monde bien moins indulgent", a-t-elle ajouté.

Le prix Charlemagne avait été créé en 1949 pour promouvoir la construction européenne, après les destructions de la Seconde guerre mondiale.

Parmi les lauréats précédents figurent le pape François, Volodymyr Zelensky et le peuple ukrainien, ainsi que le chef de l'État français Emmanuel Macron et l'ancien président tchèque et dissident anticommuniste Václav Havel.