Meloni dément être fasciste et ancre l'Italie dans l'UE et l'Otan

La nouvelle Première ministre Giorgia Meloni (Photo, AFP).
La nouvelle Première ministre Giorgia Meloni (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 25 octobre 2022

Meloni dément être fasciste et ancre l'Italie dans l'UE et l'Otan

  • «Je n'ai jamais eu de sympathie ou de proximité vis-à-vis des régimes antidémocratiques. Pour aucun régime, fascisme compris», a tenu à souligner Meloni
  • La première femme cheffe de gouvernement de l'Histoire d'Italie a aussi promis que l'Italie resterait «un partenaire fiable de l'Otan en soutien à l'Ukraine qui s'oppose à l'agression de la Russie»

ROME: La nouvelle Première ministre Giorgia Meloni a fermement ancré mardi l'Italie au coeur de l'UE et de l'Otan tout en rejetant toute "proximité" avec le fascisme, un mois jour pour jour après la victoire historique de son parti d'extrême droite Fratelli d'Italia aux élections et l'inquiétude qu'elle a suscitée.

L'Italie fait "pleinement partie de l'Europe et du monde occidental", a-t-elle affirmé mardi avec force lors de son discours de politique générale devant les députés, qui ensuite, en début de soirée, ont voté la confiance envers son gouvernement.

"Je n'ai jamais eu de sympathie ou de proximité vis-à-vis des régimes antidémocratiques. Pour aucun régime, fascisme compris", a tenu à souligner celle qui fut dans sa jeunesse une admiratrice de Mussolini, même si en août elle avait déjà assuré que la droite avait "relégué le fascisme à l'Histoire".

La première femme à diriger un gouvernement dans l'Histoire de l'Italie a aussi promis que le pays resterait "un partenaire fiable de l'Otan en soutien à l'Ukraine qui s'oppose à l'agression de la Russie".

Ces déclarations visent clairement à rassurer Bruxelles et les partenaires de Rome, alors que Mme Meloni compte dans sa coalition des partenaires prorusses, notamment le chef de la Ligue Matteo Salvini et le dirigeant de Forza Italia Silvio Berlusconi, ami personnel de Vladimir Poutine.

"Ceux qui pensent qu'il est possible d'échanger notre tranquillité contre la liberté de l'Ukraine se trompent", a-t-elle assuré depuis la tribune de l'hémicycle.

"Céder au chantage de Poutine sur l'énergie ne résoudrait pas le problème, cela l'aggraverait, ouvrant la voie à de nouvelles prétentions et chantages et de futures augmentations (du prix) de l'énergie encore plus importantes que celles que nous avons connues ces derniers mois", a-t-elle jugé.

Concernant l'Union européenne, elle a expliqué que l'approche italienne n'était pas de "freiner et saboter l'intégration européenne" mais de faire mieux fonctionner la machine communautaire.

"L'Italie va respecter les règles" européennes, a-t-elle également assuré, même si Rome veut aussi "contribuer à changer celles qui ne fonctionnent pas".

L'UE est "une maison commune pour affronter les défis que les Etats membres peuvent difficilement affronter seuls", a-t-elle ajouté, jugeant que l'UE n'a pas fait assez dans ce domaine dans le passé.

"Qui s'interroge" sur les défauts de l'UE "n'est pas un ennemi ou un hérétique mais quelqu'un qui veut contribuer à une intégration européenne plus efficace pour affronter les grands défis qui l'attendent", a dit Mme Meloni, qui a pris ses fonctions dimanche.

Pour Lorenzo Codogno, ex-économiste en chef du Trésor italien et professeur invité à la London School of Economics, ces paroles, qui affirment le respect des institutions démocratiques et des alliances internationales, montrent qu'"on se dirige plus vers un gouvernement conservateur classique et non vers un régime à tendance fasciste".

Un vote de confiance doit avoir lieu mercredi au Sénat, où la Première ministre dispose également d'une majorité absolue.

"Réduire la pression fiscale" 

Alors que l'inflation fait rage, elle s'est engagée, mais sans rentrer dans les détails, à "renforcer les mesures de soutien aux ménages et entreprises, aussi bien pour les factures énergétiques que pour le carburant".

L'ex-Premier ministre Giuseppe Conte, chef du Mouvement 5 Etoiles (ex-antisystème, opposition) a fustigé un discours où "les citoyens n'ont pas entendu un seul mot sur des solutions à leurs factures exorbitantes ou à la crise énergétique".

L'inflation a augmenté de 8,9% sur un an en septembre et l'Italie a été particulièrement touchée par la crise énergétique en raison de sa dépendance aux importations de gaz russe.

La péninsule devrait entrer en récession en 2023 alors que sa dette atteint 150% du PIB, soit le ratio le plus élevé de la zone euro après la Grèce.

"La solution pour réduire la dette n'est pas une austérité aveugle (...) mais une croissance économique durable et structurelle", a avancé la Première ministre, dont le discours a été régulièrement interrompu par des salves d'applaudissement.

Parallèlement, elle veut "réduire la pression fiscale sur les entreprises et les ménages", alors que "le poids excessif de la fiscalité est l'un des principaux obstacles à la création d'emplois et à la compétitivité de nos entreprises sur les marchés internationaux".

Concernant la manne de près de 200 milliards d'euros de subventions et de prêts accordés par l'UE dans le cadre de son fonds de relance post-pandémie, elle s'est engagée à les dépenser "au mieux en négociant avec la Commission européenne les ajustements nécessaires (...) à la lumière surtout de la hausse des prix des matières premières et de la crise énergétique".

Sur l'immigration clandestine, cheval de bataille de l'extrême droite, elle a affirmé la volonté de son gouvernement d'"arrêter les départs illégaux (d'Afrique, NDLR) et de mettre un terme à la traite d'êtres humains" en Méditerranée.


Le Pakistan confirme des frappes à la frontière avec l'Afghanistan, faisant 26 morts

Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan. (Reuters)
Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan. (Reuters)
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  • "À la suite des récents incidents terroristes au Pakistan (...) des frappes précises et calibrées ont été menées le long de la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan contre des repaires et des caches"
  • 26 personnes liées aux talibans pakistanais Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) ont été tués

ISLAMABAD: Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan, après que Kaboul a déclaré que 12 personnes, dont des enfants, sont mortes dans l'attaque.

"À la suite des récents incidents terroristes au Pakistan (...) des frappes précises et calibrées ont été menées le long de la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan contre des repaires et des caches", a déclaré sur X le ministre pakistanais de l'Information, Attaullah Tarar, ajoutant que 26 personnes liées aux talibans pakistanais Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) ont été tués.

 

 


Après Itamar Ben Gvir, le ministre israélien Bezalel Smotrich interdit de territoire en France

Le ministre israélien des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich. (Photo d’archives/AFP)
Le ministre israélien des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich. (Photo d’archives/AFP)
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  • La France interdit l’entrée au ministre israélien Bezalel Smotrich en raison de ses positions en faveur de l’annexion de la Cisjordanie et de la recolonisation de Gaza
  • Cette décision s’ajoute à celle visant Itamar Ben Gvir et à des sanctions contre des colons violents

PARIS: Le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, qui "promeut activement l'annexion de la Cisjordanie" et "revendique ouvertement" la "recolonisation de Gaza", est interdit d'accès au territoire français, a annoncé mardi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.

C'est le deuxième membre du gouvernement israélien visé par une telle mesure après le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, autre figure de l'extrême droite, interdit d'entrer sur le sol français depuis le 23 mai, après la diffusion d'une vidéo de militants de la "flottille pour Gaza" agenouillés et mains liées.

"Bezalel Smotrich promeut activement l'annexion de la Cisjordanie, qu'il revendique ouvertement, la création de nouvelles colonies en Cisjordanie, la recolonisation de Gaza, l'effondrement économique de l'Autorité palestinienne et ses conséquences délétères sur la population palestinienne: c'est une politique que ne peut accepter l'écrasante majorité de la communauté internationale, fermement attachée à la solution à deux Etats", a écrit M. Barrot sur X.

"Quatre responsables d'organisations de colons et 21 colons violents" sont également interdits de territoire français, a-t-il ajouté.

M. Barrot indique par ailleurs avoir pris "de nouvelles sanctions contre les responsables de l'intensification de la colonisation et des violences en Cisjordanie" conjointement avec le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la Norvège, sans détailler ces mesures ni préciser les personnes visées.

Ces cinq pays avaient déjà annoncé le 10 juin 2025 interdire leurs territoires aux ministres Ben Gvir et Smotrich, les accusant d'"incitation à la violence" contre les Palestiniens, en particulier en Cisjordanie. Le gouvernement israélien avait alors dénoncé ces sanctions, les jugeant "scandaleuses".

Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967.

Les violences liées au conflit israélo-palestinien ont explosé dans ce territoire en marge de la guerre de Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur Israël le 7 octobre 2023.

Depuis lors, au moins 1.080 Palestiniens, parmi lesquels de nombreux combattants, mais aussi beaucoup de civils, ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou des colons israéliens, selon un décompte de l'AFP à partir de données de l'Autorité palestinienne.

Dans le même temps, d'après des données officielles israéliennes, au moins 46 Israéliens, des civils et des soldats, y ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.


Téhéran réplique après des frappes américaines sur l'Iran répondant à un hélicoptère abattu

Le drone ayant effectué le sauvetage était un Corsair de l’US Navy, un navire maritime autonome de 7,3 mètres fabriqué par Saronic. (Saronic)
Le drone ayant effectué le sauvetage était un Corsair de l’US Navy, un navire maritime autonome de 7,3 mètres fabriqué par Saronic. (Saronic)
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  • L’Iran a frappé des bases américaines au Bahreïn et en Jordanie après des raids américains près du détroit d’Ormuz
  • L’escalade régionale se poursuit malgré les discussions de paix, faisant monter les prix du pétrole

TEHERAN: L'Iran a annoncé mercredi avoir visé des bases américaines du Golfe en représailles à des frappes de Washington contre des cibles iraniennes le long du détroit d'Ormuz, dans un nouvel embrasement régional après la destruction d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

Le président américain Donald Trump avait assuré mardi matin être proche d'un "très, très bon accord" pour mettre fin aux hostilités ouvertes le 28 février, évoquant un délai de "deux à trois jours". Mais cet optimisme a été douché plus tard dans la journée quand il a annoncé qu'un hélicoptère américain Apache avait été abattu par l'Iran et promis une réponse appropriée.

Tôt mercredi, l'Iran a annoncé des attaques contre des bases américaines abritées par le Bahreïn et la Jordanie. Et au Koweït, l'armée a dit faire face à "des cibles aériennes hostiles" sans préciser leur provenance.

En Jordanie, les Gardiens de la révolution iraniens ont dit avoir "visé et détruit quatre cibles majeures, notamment des groupes de chasseurs F35 sur une base aérienne et le centre de commandement militaire américain" d'Azraq, l'armée jordanienne annonçant avoir abattu cinq missiles iraniens.

A Bahreïn, des combattants de cette armée idéologique iranienne ont, eux, annoncé avoir procédé à "une attaque de drones contre la Ve flotte" américaine. Peu après, les sirènes d'alerte ont retenti dans ce pays du Golfe.

Les Gardiens ont justifié leur opération par des attaques américaines conduites dans la nuit sur Jask, Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran dans le détroit d'Ormuz toujours bloqué. Celles-ci ont "endommagé un pylône de télécommunications à Sirik et détruit deux réservoirs d'eau dans la ville", ont-ils précisé.

Des médias iraniens avaient signalé plus tôt plusieurs séries d'explosions au niveau du détroit, stratégique pour le transport mondial d'hydrocarbures.

L'armée américaine y a frappé "des installations de défense aérienne, des postes de contrôle au sol et des sites de radars de surveillance iraniens" près du détroit, selon un communiqué du Commandement central pour le Moyen-Orient (Centcom) des forces américaines.

Le Commandement américain a présenté ces frappes comme des mesures "en légitime défense" et de façon "proportionnée" en réponse à la destruction d'un hélicoptère Apache de l'armée américaine.

Celui-ci survolait lundi le détroit d'Ormuz lorsqu'il a été abattu par l'Iran, selon le président Trump.

Ces nouveaux échanges de feu ont fait repartir à la hausse les prix du pétrole. Le baril de WTI, référence américaine du brut, prenait 0,74% à 88,85 dollars, mercredi vers 02H30 GMT.

- Accord en attente -

Le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi a semblé vouloir minimiser l'incident impliquant l'hélicoptère.

"Les forces étrangères à proximité de notre territoire sont constamment exposées à des risques (...) la meilleure solution est qu'elles partent", a-t-il souligné sur X. "Nous préférons le langage diplomatique, mais nous parlons aussi d'autres langues."

Après l'entrée en vigueur le 8 avril d'un fragile cessez-le-feu, les attaques réciproques entre l'Iran et Israël avaient repris dimanche et lundi, tuant trois personnes dont deux militaires et blessant 15 personnes en Iran, selon la télévision d'Etat.

M. Trump avait exhorté les deux pays à cesser "immédiatement" les hostilités. Le chef de l'Etat américain cherche à sortir de ce conflit impopulaire aux Etats-Unis, qu'il a déclenché au côté d'Israël le 28 février.

Téhéran avait d'abord annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, qui l'avait ensuite imité.

- Appel israélien à évacuer Tyr -

L'Iran exige que tout accord avec Washington pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient englobe la fin des hostilités sur le front libanais, où s'affrontent depuis le 2 mars son allié libanais du Hezbollah et Israël.

Dans le sud du Liban, Tyr et ses environs sont pilonnés sans relâche par l'armée israélienne.

Les bombardements ont fait au moins 11 morts mardi, selon les autorités libanaises.

Pour la première fois depuis le début des affrontements entre Israël et le mouvement chiite, l'armée israélienne a appelé tous les habitants à évacuer Tyr, y compris ceux du quartier chrétien.

"Le quartier chrétien est désormais vide à 99%", a rapporté à l'AFP Walid al-Tawil, du conseil municipal.

Le Hezbollah a, lui, revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban - qui n'ont pas fait de blessés selon l'armée israélienne.

L'armée a par ailleurs rapporté avoir abattu dans le nord d'Israël un homme accusé d'avoir tiré sur des soldats après avoir traversé la frontière depuis le Liban.