Le zéro Covid en Chine fait tousser l'activité manufacturière

L'activité manufacturière avait connu une légère reprise en septembre après deux mois de contraction (Photo, AFP).
L'activité manufacturière avait connu une légère reprise en septembre après deux mois de contraction (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 31 octobre 2022

Le zéro Covid en Chine fait tousser l'activité manufacturière

  • Après une brève reprise le mois dernier, l'activité manufacturière, indice-clé de la santé économique d'un pays, s'est de nouveau contractée ce mois-ci
  • Un nombre inférieur à 50 témoigne d'un repli de l'activité

PEKIN: L'activité manufacturière en Chine a dévissé en octobre en raison des restrictions anti-Covid, malgré un rebond de la croissance au troisième trimestre, selon des chiffres officiels publiés lundi.

Après une brève reprise le mois dernier, l'activité manufacturière, indice-clé de la santé économique d'un pays, s'est de nouveau contractée ce mois-ci.

L'indice des directeurs d'achat (PMI) s'est établi à 49,2 points contre 50,1 en septembre, a indiqué le Bureau national des statistiques (BNS).

Un nombre inférieur à 50 témoigne d'un repli de l'activité.

Des analystes sondés par l'agence Bloomberg avaient anticipé une contraction plus modérée (49,8).

L'activité manufacturière avait connu une légère reprise en septembre après deux mois de contraction.

Son retour dans le rouge contraste avec les bons chiffres de la croissance publiés lundi dernier en Chine.

En dépit de confinements à répétition, le géant asiatique a en effet vu sur un an son produit intérieur brut (PIB) croître de 3,9% entre juillet et septembre, contre 0,4% au trimestre précédent, à en croire les données officielles.

La Chine continue à suivre une stratégie anti-Covid inflexible, près de trois ans après l'apparition des premiers cas à Wuhan (centre).

Cette politique se traduit par des confinements dès l'apparition de cas positifs, des tests PCR quasi obligatoires plusieurs fois par semaine ou encore le placement en quarantaine des personnes issues de zones à risques.

Ces mesures, qui entraînent la fermeture inopinée d'entreprises et d'usines, pèsent lourdement sur l'économie.

La semaine dernière, la plus grande usine d'iPhone au monde, à Zhengzhou (centre), a ainsi reconnu être affectée par un foyer de Covid, tandis que le parc d'attractions Universal Resort à Pékin a dû fermer pour les mêmes raisons.

«En souffrance»

"Les fondamentaux de la reprise et du développement de l'économie chinoise doivent encore être consolidés", a admis dans un communiqué un responsable du BNS, Zhao Qinghe.

Les chiffres de l'activité manufacturière traduisent "un essoufflement" de la reprise, relève l'analyste Zichun Huang, du cabinet Capital Economics.

Malgré ses conséquences sur l'activité, le président Xi Jinping a réaffirmé ce mois-ci le bien-fondé du "zéro Covid", douchant tout espoir de retour à la normale.

Par conséquent, "l'économie chinoise restera en souffrance" ces prochains mois, prévient M. Huang.

La politique sanitaire de Pékin est à rebours de nombreux pays, qui cohabitent avec le virus et ont levé les restrictions.

La Chine a fait état lundi de 2 898 nouveaux cas positifs sur son territoire, un chiffre en hausse, ce qui entraîne un durcissement des mesures.

De son côté, le PMI non-manufacturier, qui englobe le secteur des services et de la construction, s'est lui aussi affiché en repli ce mois-ci, à 48,7 points.

L'indice était en territoire positif en septembre (50,6). Il s'agit de sa première contraction depuis le mois d'avril.

Le pouvoir a fixé cette année un objectif de croissance d'environ 5,5%, après 8,1% en 2021. Mais nombre d'économistes le jugent désormais irréaliste compte tenu des obstacles à l'activité en Chine.

Le Fonds monétaire international (FMI) a lui-même revu à la baisse ses prévisions pour la Chine cette année (3,2%).

Il s'agirait de sa croissance la plus molle depuis quatre décennies, hors période de Covid.


Malgré les menaces de Téhéran, les discussions continuent "à un rythme rapide" selon Trump

Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
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  • Les pourparlers États-Unis–Iran sont fragiles, entre annonces d’accords et suspension du dialogue.
  • Malgré les discussions, les frappes et menaces d’escalade régionale se poursuivent, alimentant l’instabilité

TEHERAN: Donald Trump a assuré lundi que les négociations avec Téhéran pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient se poursuivaient "à un rythme rapide" et qu'une détente se profilait au Liban, comme exigé par la partie iranienne.

Un peu plus tôt, l'agence de presse iranienne Tasnim avait affirmé que les négociateurs du pays avaient "suspendu" le dialogue indirect avec Washington à cause des "crimes" qu'Israël "continue à commettre", sans que cette information ne soit confirmée de source officielle iranienne.

"Les Etats-Unis sont directement responsables d'une violation du cessez-le-feu contre l'Iran, et d'une violation du cessez-le-feu par le régime israélien contre le Liban", a estimé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont estimé que "les lignes rouges franchies" à Gaza et au Liban équivalaient "à une guerre directe", en référence aux frappes quasi quotidiennes d'Israël dans le territoire palestinien et à son offensive dans le pays voisin.

"En réponse", l'Iran "est déterminé à mener des opérations défensives" et à "ouvrir de nouveaux fronts", ont averti les Gardiens.

Mais Donald Trump a annoncé avoir obtenu auprès du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, l'engagement de ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, et auprès du Hezbollah pro-iranien celui de "cesser totalement le feu".

"Israël ne les attaquera pas et ils n'attaqueront pas Israël", a-t-il écrit.

Peu après, l'ambassade du Liban aux Etats-Unis a confirmé que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de "cessation mutuelle des attaques" avec Israël.

- Le pétrole fébrile -

Les négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine, patinent depuis des semaines.

D'autant que Téhéran a redit lundi que le nucléaire iranien ne faisait pas partie "à ce stade" des discussions, contrairement aux attentes de Donald Trump, qui a affirmé dimanche soir qu'un protocole d'accord devrait stipuler "très clairement que l'Iran n'aura(it) pas d'arme nucléaire".

Autre dossier clé des discussions, la navigation maritime. Selon Tasnim, l'Iran compte continuer à verrouiller le détroit d'Ormuz, et envisage de perturber le trafic dans celui de Bab el-Mandeb, de l'autre côté de la péninsule arabique - ce qui bloquerait l'accès au canal de Suez via la mer Rouge et contraindrait les navires à d'énormes détours.

Un navire a été touché par un projectile dans le Golfe qui a déclenché une forte explosion, a indiqué sans plus de détails l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Dans ce contexte, le cours du Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole brut, est brutalement reparti à la hausse (jusqu'à environ +7%) avant de ralentir quelque peu et de terminer la séance en hausse de 4,24% à 94,98 dollars.

- Washington défend des frappes "défensives" -

L'Iran avait plus tôt dans la journée accusé les Etats-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.

L'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Les Gardiens iraniens avaient dit avoir riposté en attaquant une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire, sans nommer le pays visé - mais le Koweït a intercepté des missiles et drones "hostiles" et les a attribués à l'Iran.

La guerre a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranle l'économie mondiale.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".