L'économie saoudienne se redresse après une contraction liée à la pandémie

Les affaires dans la capitale saoudienne, Riyad, se sont pratiquement arrêtées au début de l'année, lors du confinement, mais les données montrent que l'activité économique a repris au troisième trimestre (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 11 novembre 2020

L'économie saoudienne se redresse après une contraction liée à la pandémie

  • Les derniers chiffres au Royaume ont été publiés alors que les marchés mondiaux ont bondi à l’annonce d’un vaccin contre la Covid-19
  • L’économie a augmenté de 1,2% sur une base trimestrielle désaisonnalisée au troisième trimestre

LONDRES: L'activité économique a repris en Arabie saoudite au troisième trimestre selon les données publiées mardi.

L’économie a augmenté de 1,2% sur une base trimestrielle désaisonnalisée au troisième trimestre, contre une contraction de 4,9% au trimestre précédent, a déclaré l’Autorité générale des statistiques (GaStat) du Royaume.

Même si, par rapport à l’an dernier, l'économie saoudienne a reculé de 4,2%, cela représente une amélioration par rapport aux trois mois précédents, quand les activités étaient quasiment paralysées en raison du confinement lié à la pandémie.

Pour la première fois, l'Autorité générale des statistiques a publié ce qu'elle appelle des «estimations flash» de la performance trimestrielle du PIB, afin de fournir des données plus opportunes sur l'évolution de l'économie. L'objectif est de diffuser ces informations plus rapidement à la fin de chaque trimestre.

«Une reprise séquentielle de l'activité économique était attendue au troisième trimestre avec l'assouplissement des mesures de confinement et compte tenu de la demande refoulée », a déclaré à Reuters Monica Malik, chef économiste à Abu Dhabi Commercial Bank. «Cependant, le rythme de la reprise aura été freiné par l'augmentation du taux de TVA.»

Plus tôt dans l’année, le Royaume a triplé sa TVA à 15%, en réponse au double coup de la pandémie et de l'effondrement du prix du pétrole.

La reprise de l'économie saoudienne survient dans un contexte d'amélioration du sentiment économique mondial lié aux annonces de Pfizer et de BioNTech, qui indiquent que leur vaccin contre la Covid-19 s’avère efficace à plus de 90% dans des essais avancés. Ce qui a contribué à propulser les marchés boursiers mondiaux à des niveaux record, le prix du pétrole grimpant également grâce à ce regain d'optimisme.

Les marchés du Golfe ont continué leur hausse mardi et terminé plus haut pour une deuxième session consécutive. Les actions du Royaume et d’Abu Dhabi ont chacune terminé à environ 0,5% de plus, tandis que la principale mesure de Dubaï a gagné 2%. Ailleurs au Moyen-Orient, l’indice EGX30 de l’Égypte a également grimpé de 2,2%.

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


L’économie Tunisienne appelée à rebondir en 2021, selon le FMI

Le secrétaire général de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) Noureddine Taboubi s’adressant aux employés de la compagnie aérienne nationale tunisienne Tunisair, le 19 février 2021, qui protestent contre la saisie de leur entreprise par une compagnie turque pour non-paiement de dettes. (Fethi Belaid/AFP)
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  • Le PIB a diminué en Tunisie de 8,2% en 2020 en raison de la pandémie mondiale de Covid-19
  • La dette du gouvernement tunisien a augmenté à 87% du PIB

DUBAÏ : Le Produit intérieur brut (PIB) de la Tunisie devrait rebondir à 3,8% en 2021, alors que les effets de la pandémie commencent à s'atténuer, a déclaré samedi le Fonds monétaire international (FMI) dans un communiqué à Arab News en français.

La pandémie de Covid-19 a durement frappé la Tunisie, provoquant un ralentissement économique sans précédent avec un PIB réel estimé à 8,2% en 2020. Il s’agit du plus grand ralentissement économique depuis l'indépendance du pays, selon le FMI.

«Le taux de chômage a grimpé à 16,2% à la fin septembre, affectant de manière disproportionnée les travailleurs peu qualifiés, les femmes et les jeunes, et attisant la grogne sociale.»

Malgré les prévisions de croissance en 2021, les risques d’une baisse considérable de cette projection existent, étant donné l'incertitude quant à la durée et l'intensité de la pandémie et la date de lancement de la vaccination.

Les perspectives à moyen terme dépendent essentiellement de la trajectoire future de la politique budgétaire et des réformes structurelles et de gouvernance, a déclaré le FMI.

En raison de l’augmentation du déficit budgétaire et de la contraction du PIB, on estime que la dette du gouvernement tunisien est passée à près de 87% du PIB.

Les responsables du FMI ont noté que la crise du COVID-19 aggrave les fragilités socio-économiques de la Tunisie.

"Nous saluons la réponse politique des autorités à la crise, mais la priorité immédiate est de sauver des vies et des moyens de subsistance et de stabiliser l'économie jusqu'à ce que la pandémie diminue", ont déclaré des responsables du FMI dans un communiqué conjoint.

Le FMI a déclaré au gouvernement tunisien que la promotion de l'activité du secteur privé est essentielle pour stimuler la croissance potentielle et la rendre plus inclusive et riche en emplois. Les efforts de réforme devraient se concentrer sur la levée des monopoles, l'élimination des obstacles réglementaires et l'amélioration de l'environnement des affaires, a déclaré le FMI.

Le FMI a salué les efforts tunisiens pour accroitre l'inclusion financière et tirer parti des technologies numériques.


Les aides publiques font bondir les revenus et les économies des Américains

Le président américain Joe Biden aux côtés de la vice-présidente Kamala Harris et de la secrétaire au Trésor Janet Yellen lors d'une réunion avec des chefs d'entreprise. (Photo, AFP)
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  • Des chèques de $600 par personne ont été envoyés et les allocations chômage ont été étendues et rehaussées de $300 par semaine
  • Les Américains ont mis de côté $6149 milliards le mois dernier à cause du confinement

WASHINGTON : Les revenus des ménages américains ont fait un bond quasi-inédit en janvier, grâce aux chèques de 600 dollars du gouvernement, mais cet argent n'a été que peu dépensé à cause des restrictions liées à la Covid-19, des économies qui préparent le terrain pour une consommation effrénée dès le printemps avec la vaccination.

Leurs revenus ont grimpé de 10% en janvier par rapport à décembre. Depuis 1959, seul le mois d'avril 2020 avait connu un bond plus élevé, +12,4%, grâce aux aides du premier plan de relance lié à la Covid-19.

Cette fois aussi, la hausse exceptionnelle a été poussée par les aides publiques, via le plan adopté fin 2020. Des chèques de 600 dollars par personne ont été envoyés et les allocations chômage ont été étendues et rehaussées de 300 dollars par semaine.

« La quasi-totalité de cette hausse (des revenus) (...) peut être attribuée aux chèques de relance et à une augmentation des allocations chômage. Les chèques de relance se taillent la part du lion de ces gains », a commenté Diane Swonk, économiste pour Grant Thornton, dans une note..

« Les revenus personnels ont été stimulés par les versements du plan de relance de décembre. Les salaires, en revanche, n'ont augmenté que de 0,8% », détaille Ian Shepherdson, économiste pour Pantheon Macroeconomics.

Mais que faire de cet argent, quand les restaurants, bars, salles de gym ne fonctionnent toujours que très partiellement, voire pas du tout, et que les possibilités de voyages sont limitées ?

« De l'argent a fini dans la tirelire, une partie a été utilisée pour rembourser des dettes, et un bon morceau a servi à réapprovisionner, faire le plein, repenser et faire revivre les anciennes habitudes de consommation », énumère Lydia Boussour, analyste pour Oxford Economics.

6 149 milliards

Les dépenses n'ont ainsi augmenté que de 2,4% en janvier, et une large partie des fonds a été économisée en attendant des jours meilleurs qui ne devraient pas tarder à arriver. Les Américains ont mis de côté 6 149 milliards de dollars le mois dernier, faisant grimper le taux d'épargne à 20,5%.

Les ménages sont ainsi de nouveau assis sur d'importantes réserves dans lesquelles ils vont pouvoir piocher avec la réouverture de l'économie, ce qui est susceptible de donner un coup de fouet à l'activité.

Soutenu par les campagnes de vaccination en cours qui devraient permettre un retour progressif à un niveau d'activité plus normal, le rebond pourrait durer.

D'autant plus qu'un troisième plan de relance, de 1.900 milliards de dollars et défendu par Joe Biden, est en passe d'être adopté au Congrès, ce qui va encore faire gonfler les économies, mais aussi la consommation.

Les risques d'une reprise inéquitable sont en revanche élevés, et les ménages les moins aisés montrent une confiance limitée dans l'avenir proche, comme en témoigne l'enquête mensuelle de l'Université du Michigan publiée vendredi.

Inflation

Autre risque : la forte hausse de la demande attendue dès le printemps risque de faire grimper les prix, puisque les usines ne pourront pas tourner assez vite pour fournir suffisamment.

Cela alimente depuis plusieurs semaines les craintes d'une inflation galopante, qui n'est toutefois pas encore visible. En janvier en effet, les prix à la consommation ont progressé de 0,3% seulement sur un mois, un peu moins vite même qu'en décembre.

Sur un an toutefois, l'inflation s'accélère un peu, à 1,5%, selon l'indice PCE, mais reste loin de l'objectif de 2% annuels que vise la Banque centrale américaine (Fed).

La hausse devrait être particulièrement élevée en mars et en avril, estiment des économistes, pas en valeur absolue mais en comparaison avec mars et avril 2020, lorsque les prix avaient reculé, à cause des mesures de confinement massives déployées face à la Covid-19.

Ces craintes d'inflation ont semé un vent de panique sur les Bourses mondiales et entraîné une forte progression des taux d'emprunt sur la dette publique.


Le G20 relance le chantier d'une taxation des géants du numérique

Une photo d'illustration montre les logos de Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft. (Photo, AFP)
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  • Les Etats-Unis ont levé vendredi le principal obstacle à l'adoption d'un accord international sur la fiscalité des géants du numérique
  • Google, Facebook et les autres géants technologiques ont été les grands gagnants en 2020 de la pandémie de Covid-19

MILAN : Les Etats-Unis ont levé vendredi le principal obstacle à l'adoption d'un accord international sur la fiscalité des géants du numérique, permettant aux pays du G20 de relancer un chantier miné en gestation depuis 2015.

La nouvelle secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a annoncé à ses homologues du G20 Finance, réunis en visioconférence, que Washington renonçait à une condition posée fin 2019 par l'administration Trump, à savoir une disposition dite « refuge » (safe harbour).

Le « safe harbour » revenait à donner aux géants du numérique le choix entre accepter le nouveau régime fiscal sur une base volontaire et continuer avec le système actuel.

Google, Facebook et les autres géants technologiques ont été les grands gagnants en 2020 de la pandémie de Covid-19 pendant que de nombreux pays ont fait face à une récession économique sans précédent.

Les grands argentiers des 20 nations les plus riches du monde, réunis sous présidence italienne, se sont engagés à œuvrer en faveur d'une solution internationale sur la taxation des multinationales d'ici mi-2021.

Un accord est désormais « à portée de main », s'est félicité le ministre français des Finances Bruno Le Maire. « C'est un énorme pas en avant sur notre chemin vers un accord d'ici la fin de l'été », a également estimé le ministre des Finances allemand, Olaf Scholz.

Les 137 pays membres de l'OCDE ont échoué en octobre dernier à trouver un accord sur la fiscalité de ces grands groupes avant la fin 2020, en raison notamment du blocage des discussions par les Etats-Unis.

La visioconférence a pu bénéficier d'un climat quelque peu apaisé, les Etats-Unis s'étant reconvertis au multilatéralisme après quatre ans de règne de Donald Trump.

Aide aux pays vulnérables 

Janet Yellen s'est ainsi montrée prête à discuter d'une nouvelle allocation de droits de tirage spéciaux (DTS) du Fonds monétaire international (FMI) pour soutenir les pays en difficulté, prenant là aussi ses distances avec l'administration Trump.

Plusieurs pays du G20, dont la France, plaident en faveur d'un nouveau recours à cet instrument de financement qui avait déjà fait ses preuves pendant la crise financière de 2009.

« Il faut soutenir les pays vulnérables », a déclaré le ministre italien de l'Economie Daniele Franco. Mais il est selon lui prématuré d'avancer un montant car une décision ne sera prise que lorsque le FMI aura soumis une proposition.

Un moratoire sur le paiement des intérêts de la dette des pays les plus pauvres avait été décidé par le G20 en avril dernier et prolongé en octobre jusqu'au 30 juin 2021.

« Son impact n'a pas été aussi vaste qu'on l'espérait. Le secteur privé n'y a pas participé et, dans de nombreuses régions du monde, la Banque de développement de la Chine n'y a pas pris part », a regretté le président de la Banque mondiale, David Malpass.

En novembre, une nouvelle étape a été franchie avec l'adoption par les ministres des Finances du G20 d'un « cadre commun » pour alléger le fardeau de la dette. Depuis, le Tchad, la Zambie et l'Ethiopie ont déjà demandé une restructuration de leurs dettes.

« La question de l'allégement de la dette, qui était restée sous le tapis, est désormais à l'ordre du jour et on peut certainement s'attendre à un pas en avant », a déclaré Federico Niglia, professeur de relations internationales à l'université Luiss de Rome.

A ce jour, seuls 46 pays – sur les 73 éligibles –  ont vu leur paiement des intérêts différé, pour un montant de 5,7 milliards de dollars.

Soutien de la BCE

Une goutte d'eau par rapport aux près de 14 000 milliards de dollars dépensés par les pays du G20 pour relancer leurs économies.

« Nous devons persévérer dans la lutte contre la crise économique », a déclaré vendredi la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva.

« La reprise est encore fragile et inégale selon les pays. Un retrait prématuré des mesures de soutien fiscales et monétaires doit être évité », a souligné M. Franco.

Autre sujet à l'ordre du jour, le secteur financier international.

Si les marchés financiers ont bien résisté à la crise sanitaire, les taux d'emprunt ont fortement remonté depuis début février. Les investisseurs craignent une poussée inflationniste en cas de relance débridée de l'économie.

La Banque centrale européenne s'est voulue rassurante vendredi. En cas de trop forte hausse des taux, la BCE pourrait augmenter encore ses soutiens à l'économie, a laissé entendre Isabel Schnabel, membre de son directoire.