Action en justice d'Ukrainiens réfugiés au Royaume-Uni contre le groupe paramilitaire Wagner

Des ouvriers mettent la touche finale au «PMC Wagner Center», associé à l'homme d'affaires Evguéni Prigojine, fondateur du groupe Wagner, avant son ouverture à Saint-Pétersbourg, le 31 octobre 2022 (Photo, AFP).
Des ouvriers mettent la touche finale au «PMC Wagner Center», associé à l'homme d'affaires Evguéni Prigojine, fondateur du groupe Wagner, avant son ouverture à Saint-Pétersbourg, le 31 octobre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 02 novembre 2022

Action en justice d'Ukrainiens réfugiés au Royaume-Uni contre le groupe paramilitaire Wagner

  • Cette action «au nom de courageuses victimes ukrainiennes» contre le groupe Wagner et son chef Evguéni Prigojine «sera portée devant la Haute Cour de Londres»
  • La présence de Wagner en Ukraine remonte à 2014, quand ses hommes sont signalés aux côtés des séparatistes prorusses de l'Est du pays

LONDRES: Des Ukrainiens ayant fui leur pays en guerre et se disant victimes du groupe paramilitaire russe Wagner vont lancer au Royaume-Uni une action en justice contre l'organisation, réputée proche du régime de Moscou, a annoncé mardi l'un des avocats les représentant.

Cette action "au nom de courageuses victimes ukrainiennes" contre le groupe Wagner et son chef Evguéni Prigojine "sera portée devant la Haute Cour de Londres" et vise à demander des réparations financières, a affirmé Jason McCue, du cabinet d'avocat McCue Jury and Partners, lors d'une audition devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre des Communes britannique.

"C'est la première fois dans le monde que Wagner et leurs semblables sont poursuivis en justice par des victimes pour terrorisme, utilisation d'armes de guerre et pour la guerre illégale (du président russe Vladimir) Poutine", a-t-il ajouté.

"C'est un moment historique, mais d'autres actions débuteront bientôt aux Etats-Unis et au Royaume-Uni", a-t-il précisé.

Le groupe Wagner est suspecté depuis des années par les Occidentaux d'exécuter les basses œuvres du Kremlin sur différents théâtres d'opération, ce que Moscou a toujours démenti.

Mais Evguéni Prigojine, un homme d'affaires proche du Kremlin, a reconnu fin septembre avoir fondé Wagner en 2014, qualifiant l'organisation de "pilier" de la défense des intérêts russes.

Sa présence en Ukraine remonte à 2014, quand ses hommes sont signalés aux côtés des séparatistes prorusses de l'Est du pays. D'abord peu présents au début de l'invasion russe du pays en février 2022, les mercenaires de Wagner sont, selon les experts, devenus désormais des auxiliaires indispensables pour l'armée russe, qui a subi d'importantes défaites ces dernières semaines.

Ses mercenaires, dont la présence a été documentée depuis huit ans en Syrie en soutien du régime Assad, et en Libye, sont aussi actuellement présents notamment en Centrafrique et au Mali où ils sont régulièrement accusés d’exactions contre les populations civiles.

Entendu durant cette audition, l'ex-oligarque russe devenu opposant à Vladimir Poutine, Mikhail Khodorkovsky, a affirmé que l'influence d'Evgueni Prigojine auprès du président russe était "à peu près similaire" à celle d'importants ministres, comme Sergei Lavrov, le ministre des Affaires étrangères, ou Sergueï Choïgu, le ministre de la Défense.

Prigojine est suffisamment proche de Poutine pour qu'il ait même été autorisé à signer des grâces au nom du président afin de faciliter le recrutement pour le groupe Wagner de criminels en détention "quelle que soit la gravité des crimes", a assuré l'opposant en exil.

Il a aussi critiqué les dirigeants occidentaux pour avoir été trop lents à réaliser le danger du groupe Wagner.

"Ce que Wagner faisait en Afrique (...) aurait dû générer une grande inquiétude et une réponse forte à l'époque", a-t-il estimé.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.