Un accord nucléaire aiderait Téhéran «à réprimer son peuple», avertit le dirigeant kurde iranien

Le leader du PDKI, Mostafa Hijri, se cache après de multiples tentatives d'assassinat et une attaque iranienne en septembre qui a détruit une grande partie du siège de son parti à Koya (Photo fournie).
Le leader du PDKI, Mostafa Hijri, se cache après de multiples tentatives d'assassinat et une attaque iranienne en septembre qui a détruit une grande partie du siège de son parti à Koya (Photo fournie).
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Publié le Mercredi 02 novembre 2022

Un accord nucléaire aiderait Téhéran «à réprimer son peuple», avertit le dirigeant kurde iranien

  • Les groupes minoritaires ethno-sectaires doivent s'unir pour renverser le régime, déclare Hijri dans une interview exclusive à Arab News
  • Selon Hijri, les manifestations pacifiques seraient plus légitimes et les victimes moins nombreuses pour les Kurdes iraniens

MISSOURI, États-Unis: Mostafa Hijri, chef du Parti démocratique du Kurdistan d'Iran, se cache après de multiples tentatives d'assassinat et une volée de missiles et de drones suicide qui a détruit fin septembre une grande partie du siège du PDKI à Koya, dans la région du Kurdistan d'Irak.
Ces attaques ont tué au moins 16 personnes, dont plusieurs civils. Ce n'était pas la première, ni probablement la dernière frappe iranienne sur le territoire du Kurdistan irakien visant le PDKI, le plus ancien et le plus grand parti d'opposition kurde iranien.
En septembre 2018, un tir de missile iranien similaire sur le siège du PDKI a tué 17 personnes et en a blessé 49 autres, dont certains dirigeants du parti. En juillet 1996, l'Iran a même envahi le Kurdistan irakien, envoyant quelque 3 000 soldats pour attaquer les bureaux du PDKI à Koya.
Les assassinats et les voitures piégées restent la tactique iranienne la plus courante. En 1989 et 1992, l'Iran a assassiné deux anciens dirigeants du PDKI à Vienne et à Berlin. Hijri a donc raison de s'inquiéter de sa sécurité, choisissant de rencontrer Arab News dans un lieu sûr au Moyen-Orient.
La plupart des observateurs de la région estiment que les dernières frappes constituent une tentative de détourner l'attention du public des problèmes intérieurs de l'Iran.
Les troubles provoqués par la mort d'une jeune femme kurde iranienne, Mahsa Amini, aux mains de la police des mœurs iranienne, continuent de secouer le pays. Fidèles à leur scénario habituel, les autorités de Téhéran ont imputé les troubles à une «ingérence étrangère».

Un membre blessé des Peshmergas kurdes iraniens du Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI) marche dans leur quartier général après une attaque à la roquette à Koya (Photo, AFP).

Selon Hijri, le régime de Téhéran aimerait en effet provoquer le PDKI pour qu'il envoie ses forces en Iran, car cela aiderait les ayatollahs à justifier cette revendication.
«Le régime iranien aime l'idée que nous envoyions les Peshmerga, car cela donne plus de justification au régime pour intensifier sa répression et son oppression du peuple, et pour dire au monde qu'ils sont revenus et nous ont combattus. Mais nous ne l'avons pas fait parce que cela ne profite pas aux gens», a affirmé Hijri.
Les manifestations en Iran ont envahi l'ensemble du pays et ont même franchi les frontières ethniques et sectaires – une première dans le pays depuis le renversement du Chah en 1979.
«C'est la politique de Téhéran, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur de l'Iran, de monter les pays les uns contre les autres. Ils croient que si les pays voisins et les pays régionaux, et leurs habitants sont unis, leur gouvernement sera renversé», a déclaré Hijri à Arab News.
«Regardez l'Irak, dans lequel l'Iran a un rôle influent, il a créé une division au sein de la maison chiite. Aujourd'hui, les partis chiites ont des différends. Ils ont tenu des élections il y a un an mais n'ont formé leur gouvernement que le 27 octobre de cette année. Au Liban, il a créé une division entre chiites et sunnites. Partout, ce régime travaille sur ces divisions.»
Le consensus général est que le fait de provoquer des divisions au sein d'un pays très diversifié comme l'Iran a permis au régime de diviser et de gouverner les différents groupes.
«Vous savez que les nations à l'intérieur de l'Iran, à l'exception des Perses ethniques, notamment les Baloutches, les Azéris et les Turcs, en réalité, sont toutes marginalisées dans ce système centralisé. Les langues de ces nations sont interdites dans les écoles», a-t-il déclaré à Arab News.
«Aucun budget n'est alloué à leurs régions et leurs zones. Il y a beaucoup de discrimination administrative à leur encontre. Le régime iranien pense à eux comme des ennemis. Le régime iranien considère qu’ils veulent diviser le pays. Le régime iranien les a donc appauvris.»
Ces divisions s'étendent évidemment aussi à la religion.
«Une grande partie d'entre eux (les groupes ethniques minoritaires en Iran) sont des musulmans sunnites», a expliqué Hijri à Arab News. «Le régime iranien est antagoniste envers l'islam sunnite. Ces dénis et cette répression ont fait comprendre au peuple que nous devons tous être unis et coopérer afin de renverser le régime et nous libérer.

Un enregistrement vidéo montrant un lancement de missile depuis la région du Kurdistan iranien (Komalah) en direction de Sulaimaniyah, dans la région autonome du Kurdistan irakien (Photo, FARS/AFP).

«À Tabriz et au Baloutchistan, ils chantent pour soutenir le Kurdistan. À Zahedan, ils chantent pour soutenir le Baloutchistan. Il semble que leur coopération se soit renforcée.»
Faire croire que tout soulèvement conduirait à une guerre civile de type syrien, avec des parties belligérantes divisées selon des lignes ethno-sectaires, aiderait sans doute le régime à éviter une résistance unifiée.
Si, en revanche, les nombreux groupes ethno-sectaires d'Iran (Perses, Azéris, Kurdes, Baloutches, Arabes, Turkmènes, chiites, sunnites et autres) restent unis contre le régime et croient pouvoir renverser les mollahs dans une révolution de type tunisien, les manifestations en cours constitueront une menace bien plus grande pour la théocratie iranienne.
C'est l'une des raisons pour lesquelles Hijri et son PDKI sont déterminés à maintenir la nature non-violente du soulèvement.
«Nous pensons, en tant que Comité Hawkary de coordination (qui se compose de trois partis, le PDKI et les deux autres partis Komala du Kurdistan iranien avec lesquels il a une coalition) et surtout en tant que PDKI, que ces manifestations doivent se poursuivre pacifiquement. Ses objectifs politiques seraient plus que cela si les Peshmerga s'impliquaient», a-t-il expliqué à Arab News.
«Les manifestations pacifiques seraient plus légitimes pour le monde et les pertes humaines seraient moins importantes pour les Kurdes si les Peshmerga ne vont pas s'impliquer et déclencher une guerre.»
Toutefois, la jeune femme dont la mort aux mains de la police des mœurs iranienne a déclenché les manifestations était kurde, et les provinces kurdes d'Iran ont été le théâtre de bon nombre des manifestations les plus graves et les plus étendues.
«Zhina, une jeune fille de Saqizi, a été arrêtée à Téhéran, accusée d'avoir montré ses cheveux, puis tuée», a déclaré Hijri à Arab News, en désignant Mahsa Amini par son nom kurde.
«C'est à partir de ce moment-là que le mouvement de protestations a commencé. Après son enterrement à Saqiz, le Comité Hawkary a demandé au peuple kurde de faire grève et de ne pas aller travailler le lendemain, de descendre dans les rues et de scander des slogans contre le régime iranien.
«Le peuple entier a répondu à l’appel et est descendu dans les rues pour scander des slogans contre le régime iranien. Ce phénomène s'est répandu dans tout l'Iran. En réalité, je peux dire que ceci, si on le nomme une révolution ou un soulèvement, continue depuis plus d'un mois, et a pris naissance au Kurdistan d'Iran.»
Alors que les manifestants réclament de plus en plus un changement de régime, nombreux sont ceux qui se demandent quel type de système pourrait remplacer la théocratie et ce qu'il adviendrait des régions d'Iran où les Perses de souche ne sont pas majoritaires.
«Ce que nous croyons depuis le début et ce que la majorité des Kurdes et des autres nations en Iran croient, c'est en la création d’un Iran démocratique, décentralisé et laïque», a affirmé Hijri à Arab News. «Nous pensons que ce gouvernement fera de l'Iran un pays pour toutes les nations qui le composent, et que personne ne sera marginalisé.

L'agitation suscitée par la mort d'une jeune femme kurde iranienne, Mahsa Amini, aux mains de la police des mœurs, continue de secouer le pays (Photo, AFP).

«Maintenant, en plus du Comité de coordination des Hawkary, nous avons une coalition d'environ 13 partis politiques d'autres nations iraniennes, en particuliers des Arabes, des Baloutches et des Azéris. Nous avons également une coalition sous le nom de Congrès des nations fédérales iraniennes. Nous travaillons tous sur cette mission.
«Certaines personnalités perses acceptent ces idées pour l'avenir de l'Iran, mais pas toutes. C'est un problème que nous avons. C'est un problème qui touche plusieurs pays, car ils sont dirigés par une seule nation dominante.
«Par exemple, en Turquie, les Kurdes ont été privés de leurs droits et il leur a été interdit de dire qu'ils sont Kurdes. La Turquie est meilleure grâce à certaines infrastructures démocratiques. Mais pour les Kurdes, c'est la même chose que pour les autres.»
La question qui se pose maintenant dans de nombreuses capitales occidentales est de savoir comment la communauté internationale pourrait soutenir les objectifs des manifestants. Hijri estime que le régime est irréformable, ce qui signifie que l'Occident doit cesser d'essayer de s'entendre avec l'Iran. En effet, des efforts tels que le rétablissement de l'accord nucléaire de 2015, ne font que renforcer ce que beaucoup considèrent comme un régime fondamentalement atroce.
«J'ai annoncé auparavant et je le répète ici que ce que l'Iran gagne d'un accord occidental concernant ses armes nucléaires sera dépensé pour ses groupes terroristes et ses mandataires dans la région», a déclaré Hijri à Arab News.
«L'Iran aurait une longueur d'avance pour mener des activités terroristes en Europe et en Occident. De plus, les gains que le régime iranien tire de cet accord seraient consacrés à l'achat de personnel militaire pour réprimer le peuple iranien.
«Les gains iraient également aux institutions religieuses et aux forces des Pasdaran (Corps des gardiens de la révolution islamique). La majorité de l'argent va dans les poches des responsables du gouvernement iranien et la population n'obtiendra rien.
«Dans l'ancien accord, avant le retrait de (l'ancien président américain Donald) Trump, la même chose s'est produite. Donc, à mon avis, l'accord occidental avec l'Iran concernant sa question nucléaire est une aide indirecte à l'Iran pour poursuivre sa politique dans la région et à l'intérieur de l'Iran contre le peuple.»

Un membre du PDKI peint à la bombe de la peinture rouge sur les trous dans un mur, faits par les éclats d'une attaque à la roquette quelques jours plus tôt au siège du parti à Koya (Photo, AFP).

Pour Hijri, la réaction de la communauté internationale devrait consister à renforcer les sanctions à l'encontre du régime, à aider davantage le peuple iranien à contourner les restrictions imposées par le régime en matière d'Internet, à apporter un soutien moral aux manifestants et à se montrer solidaire envers les groupes d'opposition comme le sien.
Selon Hijri, le gouvernement américain a actuellement mis en place une directive de «non-contact» concernant des groupes tels que le PDKI, qui provient de la crainte du département d'État de contrarier le régime de Téhéran pendant les négociations nucléaires.
Avant tout, Hijri veut que le monde comprenne que le peuple iranien a besoin et veut un changement de régime, et qu'il veut le faire lui-même sans intervention militaire étrangère.
«Les slogans que le peuple iranien scande maintenant visent à supprimer la République islamique iranienne», a déclaré Hijri à Arab News.
«Le peuple iranien, après avoir longtemps subi l'oppression et la répression, a pris conscience dans son ensemble que s'il veut obtenir ses droits, son premier et seul moyen est de supprimer la République islamique iranienne qui s'y oppose.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La Turquie se prépare aux obsèques des neuf victimes de la tuerie scolaire de Kahramanmaras

La Turquie, sous le choc de la tuerie perpétrée dans un établissement scolaire par un adolescent adepte de théories misogynes venues des Etats-Unis selon de premiers éléments d'enquête, se prépare à rendre hommage jeudi aux neuf victimes, dont les obsèques sont célébrées à Kahramanmaras (sud). (AFP)
La Turquie, sous le choc de la tuerie perpétrée dans un établissement scolaire par un adolescent adepte de théories misogynes venues des Etats-Unis selon de premiers éléments d'enquête, se prépare à rendre hommage jeudi aux neuf victimes, dont les obsèques sont célébrées à Kahramanmaras (sud). (AFP)
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  • "Des mandats d'arrêt ont été émis contre 83 personnes qui se sont livrées à des posts et à des activités faisant l'apologie de crimes et de criminels affectant négativement l'ordre public, et des poursuites ont été déclenchées contre elles"
  • La police turque a par ailleurs indiqué que l'auteur de la tuerie scolaire de Kahramanmaras, un adolescent de 14 ans, "utilisait sur son profil WhatsApp une image faisant référence à Elliot Rodger, qui avait perpétré un attentat aux Etats-Unis en 2014"

KAHRAMNMARAS: La Turquie, sous le choc de la tuerie perpétrée dans un établissement scolaire par un adolescent adepte de théories misogynes venues des Etats-Unis selon de premiers éléments d'enquête, se prépare à rendre hommage jeudi aux neuf victimes, dont les obsèques sont célébrées à Kahramanmaras (sud).

L'attaque de mercredi, qui a provoqué la mort de huit élèves et une enseignante, était la seconde en une semaine dans le pays.

Mardi, un premier adolescent né en 2007 et armé d'un fusil à pompe avait déjà fait seize blessés dans un lycée technique de la province turque de Sanliurfa (sud-est), parmi lesquels dix élèves et quatre enseignants.

La police turque a indiqué jeudi avoir émis des mandats d'arrêt contre 83 personnes pour s'être livrées à l'apologie en ligne des fusillades dans des établissements scolaires cette semaine.

"Des mandats d'arrêt ont été émis contre 83 personnes qui se sont livrées à des posts et à des activités faisant l'apologie de crimes et de criminels affectant négativement l'ordre public, et des poursuites ont été déclenchées contre elles", a indiqué la police dans un communiqué.

La direction générale de la police turque a par ailleurs indiqué que l'auteur de la tuerie scolaire de Kahramanmaras, un adolescent de 14 ans, "utilisait sur son profil WhatsApp une image faisant référence à Elliot Rodger, qui avait perpétré un attentat aux Etats-Unis en 2014".

Le père du tireur, identifié comme un ancien inspecteur de police, a été interpellé mercredi et placé en détention provisoire, a-t-elle précisé.

Le parquet de Kahramanmaras a quant à lui indiqué jeudi que l'adolescent avait prémédité l'attaque "d'ampleur", d'après un "document du 11 avril 2026" retrouvé dans son ordinateur.

La référence à Elliot Rodger renvoie à l'auteur de la tuerie d'Isla Vista, en 2014 en Californie. Cet homme avait fait six morts sur le campus d'une université de Santa Barbara, avant de se suicider. Il avait expliqué dans une vidéo diffusée avant son crime que cette attaque était un "châtiment" pour les femmes qui l'avaient rejeté.

Les huit élèves victimes de l'attaque de mercredi, cinq garçons et trois filles, avaient entre 10 et 11 ans et l'enseignante était âgée de 55 ans, selon une liste d'avis de décès de la municipalité de Kahramanmaras, consultée par l'AFP.

Les établissements scolaires de la province de Kahramanmaras resteront fermés jeudi et vendredi, a indiqué le ministre de l'Intérieur.

L'auteur de la tuerie est décédé, avait indiqué mercredi le gouverneur de la province de Kahramanmaras, Mükerrem Ünlüer, sans être en mesure de préciser "s'il s'agit d'un suicide ou si cela s'est produit dans le chaos".

"Les supports numériques saisis lors des perquisitions au domicile de l'auteur et dans le véhicule de son père ont été confisqués et sont en cours d'analyse. (...) D'après les premiers éléments recueillis, aucun lien avec le terrorisme n'a été établi, il s'agit vraisemblablement d'un acte isolé", a ajouté la police turque.

"Un élève est arrivé à l'école avec des armes, vraisemblablement celles de son père, dans son sac à dos. Il est entré dans deux salles de classe et a ouvert le feu au hasard", avait détaillé M. Ünlüer.

Ce type d'incident est rare en Turquie où, selon les estimations d'une fondation locale, des dizaines de millions d'armes à feu sont en circulation, la plupart illégalement.

 


Trump affirme que «les dirigeants» israélien et libanais vont se parler jeudi

Une photo prise depuis la région de Tyr, au sud du Liban, montre la fumée s'élevant du site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé le village d'al-Mansouri le 15 avril 2026. (AFP)
Une photo prise depuis la région de Tyr, au sud du Liban, montre la fumée s'élevant du site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé le village d'al-Mansouri le 15 avril 2026. (AFP)
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  • "On essaie de créer un peu de répit entre Israël et le Liban. Cela fait longtemps que les deux dirigeants ne se sont pas parlé, environ 34 ans. Ça va se faire demain", a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social
  • Un peu plus tôt, un haut responsable américain avait fait savoir que le président américain jugerait "bienvenue la fin des hostilités au Liban" avec un accord de paix avec Israël

BEYROUTH: Les "dirigeants" d'Israël et du Liban vont se parler jeudi, a affirmé mercredi soir le président américain Donald Trump, après des discussions directes cette semaine entre les deux pays.

Cette annonce survient alors qu'Israël et le Hezbollah sont en guerre depuis le 2 mars. Le mouvement pro-iranien libanais a revendiqué jeudi matin plusieurs attaques aux drones visant des positions militaires dans le nord d'Israël.

"On essaie de créer un peu de répit entre Israël et le Liban. Cela fait longtemps que les deux dirigeants ne se sont pas parlé, environ 34 ans. Ça va se faire demain", a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social.

Le président n'a toutefois pas précisé de quels dirigeants il parlait.

Un peu plus tôt, un haut responsable américain avait fait savoir que le président américain jugerait "bienvenue la fin des hostilités au Liban" avec un accord de paix avec Israël.

Il a toutefois précisé que cet éventuel accord n'entrait pas dans le cadre des négociations entre les Etats-Unis et l'Iran visant à obtenir une fin durable du conflit au Moyen-Orient, déclenché le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l'Iran. Une trêve est en vigueur depuis le 8 avril.

"Les Etats-Unis souhaitent voir s'instaurer une paix durable, mais n'ont pas exigé un cessez-le-feu immédiat" entre Israël et le Hezbollah, a indiqué à la presse ce responsable, sous couvert d'anonymat.

 


Le prince héritier saoudien et le Premier ministre pakistanais discutent de la médiation entre les États-Unis et l'Iran

Le prince héritier Mohammed bin Salman et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif se rencontrent en Arabie saoudite mercredi. (SPA Screengrab)
Le prince héritier Mohammed bin Salman et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif se rencontrent en Arabie saoudite mercredi. (SPA Screengrab)
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  • Les pourparlers de Djeddah mettent l'accent sur la nécessité de reprendre les négociations
  • Les efforts de médiation du Pakistan occupent le devant de la scène

RIYAD/DJEDDAH : Le prince héritier Mohammed bin Salman a rencontré le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif à Jeddah mercredi, avec des entretiens axés sur la diplomatie régionale et les efforts visant à faire progresser les négociations entre les États-Unis et l'Iran.

La réunion a souligné le rôle du Pakistan dans la facilitation du dialogue, les deux dirigeants ayant passé en revue les développements entourant les pourparlers entre les États-Unis et l'Iran organisés par Islamabad et souligné l'importance d'un engagement diplomatique soutenu pour rétablir la stabilité dans la région.

Le prince héritier a salué les efforts déployés par M. Sharif pour soutenir la croissance économique du Pakistan et renforcer le partenariat stratégique entre l'Arabie saoudite et le Pakistan.

Le prince héritier a également salué les efforts diplomatiques du Premier ministre Sharif et du chef d'état-major de l'armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir.
Une vidéo de l'agence de presse saoudienne a montré les discussions entre les deux dirigeants, accompagnés du ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, et de son homologue pakistanais, Ishaq Dar. Le ministre de la Défense, le prince Khalid bin Salman, le ministre d'État et conseiller à la sécurité nationale, Musaed Al-Aiban, et de hauts responsables pakistanais ont également assisté à la réunion.

M. Sharif est arrivé à Djeddah plus tôt dans la journée, première étape d'une tournée diplomatique de quatre jours en Arabie saoudite, au Qatar et en Turquie, qui s'inscrit dans le cadre d'une initiative plus large visant à créer une dynamique avant un éventuel deuxième cycle de négociations entre les États-Unis et l'Iran, qui se déroulerait au Pakistan.

"Le Premier ministre Muhammad Shehbaz Sharif effectuera des visites officielles au Royaume d'Arabie saoudite, à l'État du Qatar et à la République de Turquie du 15 au 18 avril 2026", a indiqué le ministère pakistanais des affaires étrangères dans un communiqué.

M. Sharif participera au forum diplomatique d'Antalya pendant son séjour en Turquie.

Il tiendra également des réunions bilatérales avec le président Recep Tayyip Erdogan et d'autres dirigeants en marge du forum d'Antalya, précise le communiqué.

Washington et Téhéran ont tenu leurs premiers entretiens en face à face depuis des décennies à Islamabad le week-end dernier, avec des efforts de médiation en cours pour mettre fin à la guerre qui a commencé lorsque les États-Unis et Israël ont attaqué l'Iran le 28 février.

Le conflit a exacerbé les tensions au Moyen-Orient, l'Iran ayant pris pour cible les alliés des États-Unis dans le Golfe, notamment l'Arabie saoudite et le Qatar, en guise de représailles, et perturbé les flux d'énergie en provenance de la région.

Les pourparlers d'Islamabad se sont terminés sans percée, mais le président américain Donald Trump a déclaré que les négociations pourraient reprendre cette semaine dans la capitale pakistanaise.

Un cessez-le-feu fragile reste en place jusqu'à la semaine prochaine, bien que les États-Unis aient ordonné un blocus naval de l'Iran.

M. Sharif était accompagné de M. Dar - une figure clé des efforts de médiation - et d'autres hauts fonctionnaires lors de ses visites, a indiqué son bureau mercredi après-midi.

Le Pakistan et l'Arabie saoudite entretiennent des liens étroits et le ministère des finances d'Islamabad a annoncé mercredi que Riyad fournirait au Pakistan 3 milliards de dollars pour l'aider à renforcer ses réserves de change.

Le ministère des finances a déclaré qu'un dépôt saoudien existant de 5 milliards de dollars serait également prolongé pour une période non précisée.

(Avec SPA et AFP)