Appels à l’ONU pour imposer des sanctions plus strictes contre l’Iran

Des partisans de Maryam Radjavi, leader de l'opposition iranienne, et du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) rassemblés le 17 juillet 2020 à Berlin, en Allemagne. (Reuters / Photo)
Des partisans de Maryam Radjavi, leader de l'opposition iranienne, et du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) rassemblés le 17 juillet 2020 à Berlin, en Allemagne. (Reuters / Photo)
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Publié le Jeudi 12 novembre 2020

Appels à l’ONU pour imposer des sanctions plus strictes contre l’Iran

  • A l’occasion d’une conférence pour marquer le premier anniversaire du massacre de 1 500 manifestants anti-régime en Iran, une coalition d’expatriés iraniens a appelé l’ONU à imposer des sanctions plus strictes à l’Iran
  • «Les mollahs attendent impatiemment un changement dans la politique américaine en espérant pouvoir en profiter. Il ne faut pas poursuivre cette politique d’apaisement de l’Occident avec l’Iran», a déclaré Maryam Radjavi, présidente de l’Organisation des m

CHICAGO : Une conférence d’expatriés iraniens vivant aux États-Unis et en Europe a exhorté l’ONU mercredi à imposer des sanctions plus strictes au régime à Téhéran, et a appelé les pays occidentaux à exercer davantage de pressions.

Cet appel a été lancé à l’occasion du premier anniversaire du massacre de 1 500 manifestants par le régime iranien. Des millions d’Iraniens, notamment des jeunes, étaient en effet descendus dans les rues en novembre dernier pour demander plus de libertés et un changement du régime.

Sur ordre du Guide suprême Ali Khamenei, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a tué des centaines de manifestants, dont 23 enfants. Environ 12 000 personnes ont été arrêtées, dont beaucoup ont été condamnées à mort.

Au cours de la conférence qui a été organisée virtuellement en raison du coronavirus, les expatriés ont été rejoints par des responsables du département d’État américain, des politiciens européens et des diplomates. Tous les intervenants ont exhorté l’ONU et les pays occidentaux à enquêter sur le meurtre des manifestants.

Maryam Radjavi, présidente de l’Organisation des moudjahiddines du peuple iranien (OMPI) et présidente élue de son Conseil national de résistance iranienne, a une nouvelle fois demandé aux pays occidentaux de mettre fin à leur politique d’«apaisement» avec Téhéran. «Les mollahs attendent impatiemment un changement dans la politique américaine en espérant pouvoir en profiter. Un tel changement ne permettra en aucun cas de régler les problèmes de la théocratie décadente et corrompue du régime. Il ne faut pas poursuivre cette politique d’apaisement avec l’Iran. Il n’est plus question d’apporter un soutien des mollahs. Cette politique ne fera que causer des souffrances et des pertes», explique t-elle.

Malgré la répression brutale des dissidents en novembre dernier, les citoyens de nombreuses villes iraniennes ont à nouveau manifesté contre le régime en janvier.

Trop de complaisance de la part de l’Occident

Mme Radjavi a déclaré que la mise en place par l’Occident d’une politique efficace contre le régime est une question urgente. Une politique qui suppose de discuter impérativement de plusieurs questions clés : la prolifération des missiles balistiques en Iran, le parrainage du terrorisme par l’État, la cyberguerre, la cybersécurité, les actions perturbatrices du régime dans la région, et les violations flagrantes des droits de l’homme dans le pays.

«La destruction des fondements du régime par le peuple iranien a commencé, ils finiront par être déracinés. Cela après des manifestations et des soulèvements futurs, dirigés par la grande armée de libération. À tous les jeunes héroïques et courageux d’Iran, je dis : “Les mollahs ont peur de votre pouvoir”.», a affirmé Maryam Radjavi.

Tribunal international

Matthew Offord, député britannique conservateur et représentant la circonscription de Hendon à Londres, s’est fait l’écho de la demande de Mme Radjavi, réclamant une enquête sur les meurtres des manifestants commis l’année dernière. «J’appelle le gouvernement du Royaume-Uni à travailler avec ses alliés internationaux pour soumettre le dossier du soulèvement de novembre 2019 au Conseil de sécurité de l’ONU afin de juger les responsables dans un tribunal international, a lancé le député. J’appelle également le Royaume-Uni à collaborer avec les États-Unis et l’UE pour permettre l’envoi d’une mission d’enquête internationale en Iran dans les prisons du régime et prendre des mesures immédiates pour obtenir la libération de tous les prisonniers politiques et des personnes détenues pendant le soulèvement de 2019.»

Mitchell Reiss, ancien directeur de planification stratégique au département d’État américain et ex-envoyé spécial en Irlande du Nord pendant le processus de paix, a exhorté les participants de la conférence à dénoncer les crimes du régime. «En cet anniversaire du soulèvement de novembre 2019 et à une époque de transition aux États-Unis, il est utile de se pencher sur  les événements de ces dernières années, y compris les plus récents, pour comprendre ce qu'ils signifient dans la lutte entre le peuple iranien et la théocratie au pouvoir à Téhéran. À mon avis, les forces de libération gagnent du terrain, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Iran, alors que les forces de répression s’affaiblissent.»

Theresa Payton, ancienne responsable de l’information à la Maison Blanche sous l’administration George W. Bush, a déclaré que la communauté internationale devait agir maintenant. «Le monde doit s’unir et doit opter pour une nouvelle approche plus audacieuse. Nous ne pouvons plus trouver d’excuses, il s’agit de la  crise de notre époque», a t-elle déclaré. Si une alliance internationale entre décideurs politiques, citoyens et technologie agit maintenant, l’avenir global du peuple iranien et du monde pourra prendre une autre voix, plus positive, différente.»


Plus d’un million de Libanais risquent de souffrir de la faim d’ici août, avertit l’ONU

Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
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  • Les récents progrès en matière de sécurité alimentaire ont été anéantis par une forte escalade de la violence, replongeant le Liban dans un état de crise, selon des analystes
  • Cette situation intervient alors que les autorités israéliennes émettent un nouvel ordre de déplacement visant 16 zones du sud du Liban, enjoignant les habitants à se rendre dans la ville voisine de Saïda

​​​​​​NEW YORK : Plus d’un million de personnes au Liban risquent de faire face à une insécurité alimentaire aiguë dans les mois à venir, alors que la violence, les déplacements massifs et les difficultés économiques aggravent une situation humanitaire déjà fragile, a averti l’ONU mercredi.

Cette annonce intervient le même jour où les autorités israéliennes ont émis un nouvel ordre de déplacement pour 16 zones situées au sud du fleuve Litani, demandant aux habitants de se relocaliser dans la ville voisine de Saïda.

Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré que ce nouvel ordre accentue les pressions liées aux déplacements à travers le pays, alors que les civils continuent de payer le prix des hostilités en cours.

Les femmes et les enfants restent particulièrement touchés, a-t-il ajouté, avec des rapports faisant état d’une hausse des détresses psychologiques. Beaucoup font face à des difficultés accrues liées au déplacement, à la séparation familiale et à la dégradation des conditions économiques. Les abris surpeuplés augmentent également le risque de violences basées sur le genre, aggravant encore la vulnérabilité des populations déplacées.

« Nous et nos partenaires répondons aux besoins croissants là où l’accès le permet », a déclaré Dujarric aux journalistes à New York, tout en soulignant que les opérations humanitaires restent limitées par un accès restreint aux zones touchées.

La crise est encore aggravée par la détérioration des conditions de sécurité alimentaire. Une nouvelle analyse de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et du Programme alimentaire mondial conclut que les progrès récents ont été inversés par la récente escalade de la violence, replongeant le Liban dans une situation de crise.

Les dernières données de la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire indiquent qu’environ 1,24 million de personnes — soit près d’une sur quatre parmi celles évaluées — devraient faire face à une insécurité alimentaire de « phase 3 » (niveau de crise) ou pire d’ici août. Cela signifie que les ménages sont contraints d’adopter des stratégies d’adaptation sévères, comme sauter des repas ou vendre des biens essentiels pour pouvoir se nourrir.

Malgré l’ampleur de la crise, le financement des efforts humanitaires reste gravement insuffisant. L’appel éclair pour le Liban n’a jusqu’à présent recueilli qu’un peu plus de 117 millions de dollars, soit seulement 38 % des 308 millions nécessaires pour répondre aux besoins les plus urgents.

Dujarric a averti que sans un soutien financier immédiat supplémentaire et un meilleur accès humanitaire, la situation risque de se détériorer davantage, exposant des millions de personnes à un risque accru de faim et de précarité dans les mois à venir. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: huit personnes, dont trois secouristes, tués dans des frappes israéliennes

Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire. (AFP)
Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire. (AFP)
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  • Cinq des personnes tuées l'ont été lors de frappes israéliennes sur un immeuble dans la localité de Majdal Zoun, puis pendant l'opération de secours menée conjointement sur le site par des soldats et des secouristes, selon les autorités
  • La Défense civile a indiqué que ses trois membres étaient morts à Majdal Zoun "sous les décombres" après la frappe israélienne sur un immeuble. L'armée a, elle, fait état de deux soldats blessés

BEYROUTH: Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire.

Cinq des personnes tuées l'ont été lors de frappes israéliennes sur un immeuble dans la localité de Majdal Zoun, puis pendant l'opération de secours menée conjointement sur le site par des soldats et des secouristes, selon les autorités.

La Défense civile a indiqué que ses trois membres étaient morts à Majdal Zoun "sous les décombres" après la frappe israélienne sur un immeuble. L'armée a, elle, fait état de deux soldats blessés.

"Israël continue de violer les lois et conventions internationales qui protègent les civils" a dénoncé le président libanais, Joseph Aoun.

Les secouristes tués "participaient à une mission de secours et d'intervention d'urgence auprès des blessés d'une frappe aérienne israélienne visant un bâtiment (...) qui a également causé la mort de résidents civils", a-t-il détaillé.

Ailleurs, le ministère de la Santé a fait état d'une personne tuée et de 15 blessées, dont cinq enfants, dans une frappe israélienne sur Jwaya (sud).

Deux autres personnes ont été tuées et 13 blessées dans un bombardement israélien à Jibchit, toujours dans le sud, selon un premier bilan du ministère.

"Pas encore terminé" 

L'armée israélienne a de son côté annoncé avoir découvert et détruit deux tunnels du Hezbollah, d'une longueur totale de deux kilomètres, à la frontière des deux pays, utilisés selon elles par des unités d'élite du mouvement pro-iranien.

Celui-ci a rouvert un front contre Israël le 2 mars pour venger la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué dans l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Israël a riposté par des frappes meurtrières et déployé des troupes dans le sud du pays voisin.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril mais les deux belligérants ont poursuivi les combats en s'accusant mutuellement de violer la trêve.

Selon une source militaire israélienne, l'installation souterraine détruite près de la frontière avait été "conçue, soutenue et financée par l'Iran" pour "lancer des raids contre les communautés israéliennes".

"Nous détruisons leur infrastructure terroriste, nous tuons plusieurs dizaines de leurs terroristes — et n'avons pas encore terminé", a commenté le Premier ministre, Benjamin Netanyahu.

L'explosion liée à la destruction du tunnel a creusé un "grand cratère" dans la ville de Qantara, selon les médias d'Etat libanais.

Au-delà de la "ligne jaune" 

L'armée israélienne avait ordonné plus tôt dans la journée l'évacuation "immédiate" de nouveaux villages dans le sud du Liban.

Peu après, l'agence de presse libanaise Ani a fait état de frappes aériennes sur ces zones.

Les villages concernés se trouvent au-delà de la zone de dix kilomètres de profondeur, délimitée par une "ligne jaune", que l'armée israélienne a établie il y a dix jours.

"Israël n'a aucune visée territoriale sur le Liban. Notre présence dans les zones situées le long de notre frontière nord n'a qu'un seul objectif: protéger nos citoyens", a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar.

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques".

A trois reprises mardi, l'armée a déclaré avoir tenté d'intercepter "une cible aérienne suspecte" dans la zone où opéraient ses troupes, sans donner de précisions.

Elle a aussi affirmé que le Hezbollah avait lancé des drones "qui ont explosé à proximité de soldats", sans faire de blessés.

Un soldat israélien a été tué dimanche et un autre a été grièvement blessé lundi par des drones, selon l'armée.

Depuis le début de la guerre le 2 mars, plus de 2.500 personnes ont été tuées et quelque 7.800 blessées au Liban dans la campagne militaire israélienne, selon le ministère libanais de la Santé.

Côté israélien, 16 soldats ont été tués sur la période, d'après les autorités.


Reprise de la vie nocturne au Caire avec la fin des économies d'électricité

L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Les gens étaient déprimés", témoigne Ahmed Megahed, un retraité de 82 ans
  • "Avec la hausse des prix et les pressions au quotidien, rester à la maison chaque soir empirait les choses. Maintenant on peut sortir, respirer et se sentir à nouveau normal".

LE CAIRE: La célèbre vie nocturne du Caire a repris des couleurs mardi soir, avec la fin des mesures d'économie d'énergie qui avaient mis en pause l'habituelle frénésie de la mégalopole et forcé magasins, cafés et restaurants à fermer bien plus tôt, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

La guerre, accompagnée d'une flambée des prix de l'énergie, avait contraint la capitale égyptienne à réduire durant un mois sa consommation d'électricité.

Les fermetures fixées à 21h00 locales, puis repoussées à 23h00, avaient vidé les rues et créé un immense sentiment de frustration chez les commerçants et leurs clients.

Mais le gouvernement a levé les restrictions et les établissements peuvent de nouveau fermer leurs portes à 01h00 du matin. Quant aux magasins et centres commerciaux, ils sont désormais autorisés à rester ouverts jusqu'à 23h00 et minuit le week-end.

A Heliopolis, quartier chic de l'est, les familles ont envahi les rues avec leurs enfants, tandis que des groupes d'amis fumaient le narguilé.

"Les gens étaient déprimés", témoigne Ahmed Megahed, un retraité de 82 ans. "Avec la hausse des prix et les pressions au quotidien, rester à la maison chaque soir empirait les choses. Maintenant on peut sortir, respirer et se sentir à nouveau normal".

Pour s'assurer du respect des mesures d'économie d'énergie, des patrouilles de police menaçaient les noctambules récalcitrants d'amendes de 50.000 livres égyptiennes (environ 800 euros), voire de peines d'emprisonnement en cas de récidive.

Pour Wafaa Ahmed, 58 ans, propriétaire d'une boutique qui a vu son chiffre d'affaires chuter de 80%, l'assouplissement arrive à point nommé, "surtout à l'approche de la saison estivale".

"Personne ne fait ses courses le matin en été. Maintenant, les clients ont le temps", explique-t-elle, contente de la fin d'un "véritable désastre" pour les commerçants.

La ville de plus de 20 millions d'habitants est réputée pour son niveau sonore nocturne, alimenté par la circulation automobile, des marchés bondés ou encore des bateaux de fêtards illuminant le Nil.

L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient.

Selon le Premier ministre Moustafa Madbouly, la facture mensuelle d'importation d'énergie a plus que doublé entre janvier et mars, pour atteindre 2,5 milliards de dollars (2,1 millions d'euros). La livre égyptienne a perdu autour de 15% de sa valeur et l'inflation a atteint 13,6% en mars.

M. Madbouly a appelé à la mise en place de mesures incitatives pour accélérer la transition vers l'énergie solaire, tandis que le gouvernement a diffusé des campagnes télévisées appelant les consommateurs à réduire leur consommation d'électricité.