Turquie: le leader de l'opposition visé par la loi sur la désinformation

Le président du principal parti d'opposition en Turquie, Kemal Kılıçdaroğlu, prend la parole lors d'une réunion de groupe à la Grande Assemblée nationale turque à Ankara, le 4 octobre 2022. (Photo, AFP)
Le président du principal parti d'opposition en Turquie, Kemal Kılıçdaroğlu, prend la parole lors d'une réunion de groupe à la Grande Assemblée nationale turque à Ankara, le 4 octobre 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 03 novembre 2022

Turquie: le leader de l'opposition visé par la loi sur la désinformation

Le président du principal parti d'opposition en Turquie, Kemal Kılıçdaroğlu, prend la parole lors d'une réunion de groupe à la Grande Assemblée nationale turque à Ankara, le 4 octobre 2022. (Photo, AFP)
  • Selon une source au sein de son parti le CHP, confirmant des informations de presse, Kemal Kılıçdaroğlu est poursuivi pour «diffusion publique d'informations trompeuses» par la direction de la police nationale
  • En vertu de l'article 29 de cette loi controversée, adoptée le mois dernier par le Parlement turc, M.Kılıçdaroğlu encourt jusqu'à trois ans de prison

ISTANBUL: Le président du principal parti d'opposition en Turquie, et probable candidat à l'élection présidentielle l'an prochain contre le président sortant Recep Tayyip Erdogan, est devenu jeudi le premier inculpé au titre de la nouvelle loi sur la désinformation. 

Selon une source au sein de son parti le CHP, confirmant des informations de presse, Kemal Kılıçdaroğlu est poursuivi pour "diffusion publique d'informations trompeuses" par la direction de la police nationale. 

En vertu de l'article 29 de cette loi controversée, adoptée le mois dernier par le Parlement turc, M.Kılıçdaroğlu encourt jusqu'à trois ans de prison. 

Il avait dénoncé lundi via Twitter la responsabilité du gouvernement AKP (islamo-conservateur), le parti de M. Erdogan, dans la propagation de ce qu'il a appelé "une épidémie de métamphétamines" en Turquie. 

Le patron du CHP, premier parti d'opposition (social-démocrate) au parlement, affirmait que le gouvernement récupérait une partie de l'argent sale de ce trafic pour combler le déficit public. 

Dans une vidéo diffusée via le réseau social, il affirmait: "Ils ont fait venir cette drogue dans le pays, ils ont dit aux (trafiquants) 'venez avec votre argent' et ensuite ils ont fermé les yeux", a accusé M.Kılıçdaroğlu. 

Le ministre de l'Intérieur Süleyman Soylu lui avait répondu le lendemain, par la même voie, estimant qu'il ne revenait pas à un citoyen turc, encore moins à un président de parti, de calomnier l'Etat, la police, la gendarmerie et l'armée". 

Pour l'avocat du CHP, Celal Çelik, cité par l'agence de presse Anka (proche de l'opposition) "ils (les autorités) avaient prévenu que cet article (29, ndlr) serait appliqué aux politiques dans le but de restreindre leur liberté d'expression. C'est exactement ce qui s'est passé". 

Adoptée le 13 octobre malgré de vives critiques des organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse, la loi sur la désinformation a été publiée au Journal Officiel et promulguée cinq jours plus tard. 


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.