Trudeau : «nous ne céderons pas aux pressions chinoises» dans l'affaire Huawei

Meng Wanzhou, directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei, avait été arrêtée le 1er décembre 2018 lors d'une escale à Vancouver (Photo, AFP)
Meng Wanzhou, directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei, avait été arrêtée le 1er décembre 2018 lors d'une escale à Vancouver (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 12 novembre 2020

Trudeau : «nous ne céderons pas aux pressions chinoises» dans l'affaire Huawei

  • « La Chine continue de croire que si elle applique suffisamment de pression sur nous, nous cèderons, quand c'est exactement le contraire de notre position »
  • Justin Trudeau avait évoqué lundi la détention des deux Canadiens lors d'un appel téléphonique avec le président-élu américain Joe Biden

OTTAWA : Le Canada ne cèdera pas aux pressions de la Chine pour libérer une cadre du géant chinois Huawei, dont les Etats-Unis réclament l'extradition, a averti mercredi le Premier ministre canadien Justin Trudeau.

Meng Wanzhou, directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei, avait été arrêtée le 1er décembre 2018 lors d'une escale à Vancouver, sur demande de Washington, qui l'accuse de fraude bancaire.

Neuf jours plus tard, la Chine avait arrêté l'ex-diplomate canadien Michael Kovrig et un consultant, Michael Spavor. Comme plusieurs dirigeants occidentaux, Justin Trudeau voit dans la détention de ses compatriotes une mesure de représailles.

« La Chine continue de croire que si elle applique suffisamment de pression sur nous, nous cèderons, quand c'est exactement le contraire de notre position », a déclaré le Premier ministre canadien dans un entretien au Financial Times.

« Nous ne croyons pas en la diplomatie coercitive », a insisté M. Trudeau. « Nous croyons fermement que si vous commencez à céder à ce genre de pression, vous allez vous retrouver en plus mauvaise posture à long terme », a-t-il ajouté.

Qualifiant « d'extrêmement malheureuse » la « détention arbitraire » des deux Canadiens, il a assuré que son gouvernement faisait tout pour obtenir leur libération.

« Mais nous ne cèderons pas sur nos principes »,  a-t-il prévenu.

Il a également évoqué « une incompréhension fondamentale » entre la Chine et les pays occidentaux sur cette question.

Justin Trudeau avait évoqué lundi la détention des deux Canadiens lors d'un appel téléphonique avec le président-élu américain Joe Biden. 

M. Trudeau s'était ensuite dit « extrêmement confiant » de voir Washington maintenir la pression sur la Chine pour libérer les Canadiens et « faire comprendre » à Pékin que « son approche ne marche tout simplement pas ».

Ses propos avaient été condamnés mardi par le ministère chinois des Affaires étrangères.

« Ces citoyens canadiens ont été arrêtés et poursuivis par les autorités judiciaires chinoises parce qu'ils sont soupçonnés d'avoir porté atteinte à la sécurité nationale », a déclaré devant la presse le porte-parole Wang Wenbin, avant de faire le lien avec le cas de la dirigeante de Huawei.

« Mme Meng Wanzhou, elle, est détenue sans raison depuis plus de 700 jours, sans avoir violé aucune loi canadienne », a-t-il martelé.

L'audience finale pour déterminer si Meng Wanzhou doit être extradée est prévue en avril prochain.


La Chine propose un accord régional de libre-échange et de sécurité dans le Pacifique sud

Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi est assis à côté du président sri-lankais Gotabaya Rajapaksa (non vu) alors qu'ils assistent à un événement de voile à l'occasion du 65e anniversaire des relations diplomatiques entre le Sri Lanka et la Chine lors de sa visite du projet de ville portuaire de Colombo, à Colombo, le 9 janvier 2022. (AFP).
Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi est assis à côté du président sri-lankais Gotabaya Rajapaksa (non vu) alors qu'ils assistent à un événement de voile à l'occasion du 65e anniversaire des relations diplomatiques entre le Sri Lanka et la Chine lors de sa visite du projet de ville portuaire de Colombo, à Colombo, le 9 janvier 2022. (AFP).
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  • Dans le cadre de cette initiative, la Chine proposerait des millions de dollars d'assistance à dix Etats insulaires de la région, la perspective d'un accord de libre-échange ainsi que la possibilité d'accéder au vaste marché chinois avec ses 1,4 milliard
  • En retour, la Chine se chargerait de former les forces de police et s'impliquerait dans la cybersécurité locales

HONIARA : La Chine a lancé une vaste initiative visant à renforcer considérablement ses relations de libre-échange et de coopération en matière de sécurité avec les pays du Pacifique sud, selon des documents obtenu mercredi par l'AFP.

Ces documents — un projet d'accord ainsi qu'un plan de mise en œuvre sur cinq ans – feront l'objet de discussions à l'occasion d'une visite du ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi dans plusieurs pays de la zone à partir de jeudi.

Dans le cadre de cette initiative, la Chine proposerait des millions de dollars d'assistance à dix Etats insulaires de la région, la perspective d'un accord de libre-échange ainsi que la possibilité d'accéder au vaste marché chinois avec ses 1,4 milliard de consommateurs.

En retour, la Chine se chargerait de former les forces de police et s'impliquerait dans la cybersécurité locales. Elle pourrait par ailleurs réaliser des opérations sensibles de cartographie marine et obtiendrait un meilleur accès aux ressources naturelles locales.

L'adoption de cette "vision commune de développement", nom donné au projet d'accord, pourrait avoir lieu le 30 mai à l'occasion d'une rencontre entre M. Wang et les ministres des Affaires étrangères de la région, devant se tenir aux Îles Fidji.

Mais déjà certaines capitales ont commencé à tirer la sonnette d'alarme.

Dans une lettre adressée à ses collègues du Pacifique sud, le président des Etats fédérés de Micronésie, David Panuelo, a mis en garde contre un accord "attrayant" à première vue, mais susceptible de permettre à la Chine "d'acquérir accès et contrôle sur notre région".

Qualifiant les propositions d'"insincères", M. Panuelo y estime qu'elles "garantiraient une influence chinoise au sein du gouvernement", un "contrôle économique" chinois sur certaines industries clé ainsi qu'une "surveillance de masse" des appels téléphoniques et messages électroniques locaux.

Le Pacifique sud est de plus en plus un théâtre de forte concurrence entre la Chine et les États-Unis, première puissance de la région depuis des décennies.

Pékin a cherché ces derniers mois à accroître sa présence militaire, politique et économique dans le Pacifique sud, mais n'a fait jusqu'à présent que des progrès limités et inégaux.

Le plan de coopération, s'il était accepté, pourrait représenter en revanche un tournant majeur, facilitant notamment un certain nombre d'opérations de police ou militaires.

En outre, les vols entre la Chine et les îles du Pacifique seraient multipliés, Pékin nommerait un émissaire régional, assurerait la formation des jeunes diplomates du Pacifique et fournirait 2 500 "bourses" gouvernementales.


Inde: un ministre relativise l'impact de l'arrêt des exportations de blé

Le ministre indien du Commerce Piyush Goyal. (Photo, AFP)
Le ministre indien du Commerce Piyush Goyal. (Photo, AFP)
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  • «L'Inde n'a jamais été un fournisseur de grains pour le monde», a indiqué Piyush Goyal lors de la réunion du Forum économique mondial à Davos. 
  • Le pays est le deuxième producteur mondial de la céréales (110 millions de tonnes l'an dernier) mais l'essentiel de sa production est destinée à sa consommation domestique

DAVOS: Le ministre indien du Commerce Piyush Goyal, également en charge de l'Alimentation, a relativisé mercredi l'impact de l'arrêt des exportations de blé de son pays, dont l'annonce surprise mi-mai avait fait flamber les cours mondiaux de cette céréale. 

« L'Inde n'a jamais été un fournisseur de grains pour le monde », a-t-il indiqué lors de la réunion du Forum économique mondial à Davos. 

Le pays est le deuxième producteur mondial de la céréales (110 millions de tonnes l'an dernier) mais l'essentiel de sa production est destinée à sa consommation domestique. 

Le pays n'exportait pas du tout de blé jusqu'à il y a deux ans, où il y a eu « un modeste surplus, et nous avons exporté deux millions de tonnes », a rappelé le ministre. 

« L'année dernière, nous avons vu un pic soudain des exportations » indiennes, avec 7 millions de tonnes au total sur les douze mois allant d'avril 2021 à mars 2022, a poursuivi le ministre. 

Il a précisé que l'envol s'est concentré essentiellement sur la période janvier-mars 2022 du fait de l'éclatement de la guerre en Ukraine, et « rien qu'en avril (2022), les exportations de blé étaient 6 fois plus élevées qu'en avril 2021 » (elles sont passées de 240 000 tonnes à 1,4 millions de tonnes). 

L'Inde estimait initialement produire suffisamment cette année pour exporter 10 millions de tonnes, et s'était donc dit disposée à aider à compenser sur les marchés mondiaux les grains qui ne pouvaient plus sortir d'Ukraine. 

« Mais malheureusement il y a eu la vague de chaleur en Inde », a dit le ministre, « le blé s'est racorni » et les estimations de production ont dû être révisées à la baisse. 

Dans ce contexte, « nous devons faire attention à notre sécurité alimentaire nationale », s'est justifié le ministre, disant aussi « ne pas vouloir que des gens profitent de la misère des pauvres » en achetant et stockant de grandes quantités, en vue de les remettre sur le marché plus tard à des prix beaucoup plus élevés.  

Une réflexion similaire a poussé le pays à annoncer cette semaine un plafonnement de ses exportations de sucre, afin de protéger ses réserves et réduire l'inflation. 

Les cours du blé ont flambé d'environ 40% depuis le début de la guerre en Ukraine sur le marché européen (Euronext). 

Les plus gros exportateurs mondiaux de la céréale sont la Russie, l'Australie, les Etats-Unis, le Canada et jusqu'à récemment l'Ukraine. Au total, la planète produit annuellement 780 millions de tonnes de blé, dont 200 millions pour l'exportation. 


La technologie financière gagne en importance, le gouvernement approuve la stratégie nationale du secteur

(Agence de presse saoudienne)
(Agence de presse saoudienne)
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  • La programmation de l’open banking en Arabie saoudite en 2022 devrait accélérer le rythme de développement des technologies financières
  • Les experts s’attendent à ce que cette mesure offre davantage de possibilités aux investisseurs fintech existants, en plus d’attirer des fonds pour financer le secteur

RIYAD: Le gouvernement saoudien a approuvé mardi la stratégie du Royaume en matière de technologie financière; il s’agit de développer un secteur financier diversifié et efficace capable de soutenir l’économie nationale. 

La programmation de l’open banking en Arabie saoudite en 2022, qui permet aux entreprises de partager les données des comptes courants des consommateurs une fois l’autorisation accordée, devrait également accélérer le rythme de développement des technologies financières. 

Les experts s’attendent à ce que cette mesure offre davantage de possibilités aux investisseurs fintech existants, en plus d’attirer des fonds pour financer le secteur. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com