La nouvelle saison de «The Crown» sort sous une pluie de critiques

Krista Smith, Peter Morgan, Claire Foy, Vanessa Kirby et Jane Petrie prennent la parole sur scène lors de l'événement For Your Consideration pour "The Crown" de Netflix au Saban Media Center le 27 avril 2018 à North Hollywood, Californie. (AFP)
Krista Smith, Peter Morgan, Claire Foy, Vanessa Kirby et Jane Petrie prennent la parole sur scène lors de l'événement For Your Consideration pour "The Crown" de Netflix au Saban Media Center le 27 avril 2018 à North Hollywood, Californie. (AFP)
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Publié le Dimanche 06 novembre 2022

La nouvelle saison de «The Crown» sort sous une pluie de critiques

  • Cette saison, l'avant-dernière de la série, évoque en dix épisodes les crises des années 1990: interview télévisée choc de la Princesse Diana à la BBC évoquant l'infidélité de Charles
  • «The Crown», a rappelé que ce qui est raconté dans la série doit être pris comme l'imagination de «ce qui a pu se passer derrière des portes closes pendant une décennie importante pour la famille royale»

LONDRES: Avant même sa sortie mercredi, la cinquième saison de la série à succès de Netflix "The Crown" déchaîne déjà les passions, accusée de mensonges sur une période brûlante pour la monarchie britannique, marquée par l'explosion en public du couple formé par Diana et Charles.

A peine deux mois après le décès de la reine Elizabeth II et l'accession au trône du roi Charles III, la pression est telle que la plateforme a dû intégrer un avertissement précisant que l'histoire est "inspirée de faits réels", alors qu'elle s'y était toujours refusée.

Cette saison, l'avant-dernière de la série, évoque en dix épisodes les crises des années 1990: interview télévisée choc de la Princesse Diana à la BBC évoquant l'infidélité de Charles, relation adultère de ce dernier avec Camilla Parker Bowles, divorce...

En abordant ces événements encore très sensibles, la série s'attire des critiques venant d'éminentes personnalités artistiques comme l'actrice Judi Dench, ou encore de John Major, Premier ministre du Royaume-Uni dans les années 1990.

L'actrice britannique oscarisée pour son interprétation de la reine Elizabeth I dans "Shakespeare un Love", a ainsi fustigé le "sensationnalisme grossier" de la série après que des articles de presse ont rapporté qu'elle montre Charles, alors Prince de Galles, manoeuvrant pour obtenir l'abdication de sa mère Elizabeth II.

John Major, a lui étrillé la série, immense succès pour Netflix, et son "tonneau d'absurdités colporté pour avoir un maximum d'impact dramatique".

Contrainte de défendre sa démarche et le scénariste Peter Morgan, la production de "The Crown", a rappelé que ce qui est raconté dans la série ne doit pas être pris comme des faits, mais comme l'imagination de "ce qui a pu se passer derrière des portes closes pendant une décennie importante pour la famille royale".

Les acteurs de la série l'ont aussi défendue, à l'image d'Elizabeth Debicki, qui interprète Diana. "Il y a une grande place laissée libre à l'interprétation", a estimé l'actrice australienne, qui a appelé les gens à passer à autre chose "maintenant qu'il y a un avertissement".

Jonathan Pryce qui joue le rôle du prince Philip, le mari de la reine, s'est lui dit "très déçu par ses confrères artistes", après les réserves exprimées par les actrices Eileen Atkins et Harriet Walter, qui ont toutes deux joué des petits rôles dans "The Crown".

"La grande majorité des gens savent que c'est du cinéma. Ils regardent la série depuis quatre saisons", a-t-il plaidé.

Anti-monarchisme 

Mais l'avertissement concédé par Netflix pourrait ne pas suffire à calmer la polémique, certains accusant Peter Morgan d'utiliser la série pour défendre des positions anti-monarchiques.

Le critique de télévision du Daily Mail Christopher Stevens, qui a pu voir huit heures et demi de la nouvelle saison, a estimé dans un article cette semaine que la "virulence pure" des dernières intrigues devient "clairement choquante".

Selon lui, la série n'a plus rien à voir avec la première saison diffusée en 2016. "The Crown" est maintenant une série "ouvertement républicaine", qui cherche uniquement à embarrasser la famille royale,  écrit-il.

L'écrivain et biographe royal William Shawcross estime lui que l'évocation d'un complot de Charles contre la reine est une tentative délibérée d'attaquer la monarchie en tant qu'institution, une institution "que des millions de personnes ordinaires chérissent".

"Je pense que beaucoup de gens croient (ce qu'ils voient dans la série), et pourquoi ne le ferait-il pas? (...) Nombreux sont ceux dans le monde qui n'ont pas d'autres sources d'information, c'est terriblement malhonnête", affirme-t-il à l'AFP, rappelant que la famille royale n'est pas en position d'engager des poursuites en justice.

Philip Murphy, historien à l'Université de Londres estime lui que la famille royale est aussi "en partie" responsable.

Le Palais a toujours fait "beaucoup d'efforts pour empêcher les historiens d'accéder aux archives sur les 70 ans de règne de la reine", a-t-il écrit dans une lettre publiée par le quotidien The Times. "Si les chercheurs ne peuvent pas écrire une histoire précise de la monarchie, cela laisse le champ libre aux dramaturges et à ceux qui ont intérêt à divulguer des informations".


Avec la plateforme RMC+, CMA Media accélère sur le streaming

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
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  • "Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain"
  • Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming

PARIS: Chaînes en direct, contenus du média Brut ou séries verticales: le groupe CMA Media, propriétaire de BFMTV et RMC, lance mardi une nouvelle plateforme de streaming avec l'ambition de changer d'échelle sur le numérique.

RMC+, qui succède à RMC BFM Play, va réunir sur une seule plateforme gratuite ses chaînes de la TNT (BFMTV, RMC Story, RMC Découverte, RMC Life), dix chaînes thématiques, dont une chaîne Brut - le média en ligne devenu propriété de CMA Media en 2025 -, et une offre de près de 10.000 heures de contenus à la demande.

En misant sur les classiques des chaînes RMC (mécanique, histoire et découverte, sport, enquêtes criminelles), des mini-séries verticales (ou micro-drama), des telenovelas et des créateurs de contenus comme Nota Bene ou Loury Lag notamment, "ce sera une véritable plateforme de streaming", résume Julie Gauchotte, directrice de la stratégie numérique de RMC BFM.

"Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain", ajoute auprès de l'AFP Stéphane Sallé de Chou, directeur général du pôle Entertainment CMA Media.

"Mais on veut être les meilleurs dans nos univers", poursuit-il.

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. CMA Media est aussi entrée en phase finale d'acquisition de la chaîne RMC Sport, qui diffuse notamment le MMA (arts martiaux mixtes).

Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming. Mais leurs recettes publicitaires se concentrent encore très majoritairement sur la télé dite linéaire, à 93% dans le cas des chaînes BFMTV et RMC, contre 6% pour la plateforme RMC BFM Play et 1% sur les réseaux sociaux, explique-t-on chez CMA Média.

CMA Media a également noué début 2026 un partenariat avec Youtube pour y diffuser ses contenus et a lancé une agence de production audiovisuelle, CMA Studio. Le groupe compte aussi lancer un studio de créateurs de contenus, CMA Creator, d'ici fin 2026.

En parallèle, CMA Media veut faire des économies en vendant les neuf chaînes de télévision locales de BFM.


Mort à 79 ans de l'artiste palestinien Sliman Mansour

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
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  • Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970
  • Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne"

RAMALLAH: Le peintre et sculpteur Sliman Mansour, l'un des artistes palestiniens les plus renommés, est mort lundi à l'âge de 79 ans, a annoncé sa famille.

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches.

"Le dernier chapitre a été écrit. Le cœur serré par un chagrin indicible, nous annonçons que notre cher père a quitté ce monde", a déclaré sa famille dans un communiqué.

"Pour le monde, il laisse derrière lui une vie emplie de beauté et de mémoire, ainsi qu'un héritage qui se perpétuera à travers toutes les personnes dont il a marqué l'existence. Quant à nous, nous avons perdu un père qui était notre source d'amour, de force et notre refuge", ajoute la famille.

Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970.

Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne".

Le ministère a salué sa toile la plus connue, "Camel of Hardships" ("Le Chameau des fardeaux", 1973) - qui représente un vieil homme palestinien portant la ville de Jérusalem sur son dos - la qualifiant d'"icône nationale et artistique". L'oeuvre de Sliman Mansour faisait office "de témoin de l'histoire palestinienne et de gardien de l'identité", a-t-il ajouté.

Pleurant une "immense perte", la galerie Zawyeh de Ramallah a salué une "figure artistique majeure", qui, "à travers son œuvre, a exploré les thèmes du déplacement, de la résilience, de la résistance et du lien indéfectible unissant les Palestiniens à leur terre natale".

Sliman Mansour a reçu de nombreuses récompenses, parmi lesquelles le prix Unesco-Sharjah pour la culture arabe en 2019.


Canicule: un réfrigérateur pour humains soulage les travailleurs japonais

Canicule: un réfrigérateur pour humains soulage les travailleurs japonais
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  • Des terrains de golf ou des stades de baseball pourraient aussi être intéressés à l'avenir, selon China Yamamoto, une responsable commerciale
  • Le distributeur d'équipements industriels Trusco Nakayama affirme avoir vendu plus de 300 exemplaires du "Do Hiemon Box" depuis avril, au prix de 1,5 million de yens (environ 8.000 euros)

HIGASHIOSAKA: Pris de vertiges après être arrivé au travail à vélo sous la chaleur écrasante de l'été japonais, Isao Tabuchi, 51 ans, se dirige vers la dernière acquisition de son entreprise: un réfrigérateur pour humains.

"J'ai vraiment pu récupérer grâce à ça. Une fois qu'on l'utilise, c'est vraiment très frais", explique-t-il à l'AFP à la sortie de la machine, dans la ville industrielle de Higashiosaka (ouest du Japon), écrasée par le soleil d'août.

L'engin de la taille d'une cabine téléphonique, où des jets d'air à 5°C maintiennent une température froide, n'a été commercialisé que cette année mais rencontre déjà un vif succès dans un pays confronté à une hausse constante des températures.

Le distributeur d'équipements industriels Trusco Nakayama affirme avoir vendu plus de 300 exemplaires du "Do Hiemon Box" depuis avril, au prix de 1,5 million de yens (environ 8.000 euros). Ses clients les installent notamment sur des chantiers, des usines et des entrepôts.

Des terrains de golf ou des stades de baseball pourraient aussi être intéressés à l'avenir, selon China Yamamoto, une responsable commerciale.

"Il est grand, cher, et ce n'est pas le genre de produit que l'on peut expliquer simplement avec des mots" pour convaincre les clients. "Il y avait donc beaucoup d'incertitudes", explique-t-elle.

Selon les scientifiques, le changement climatique causé par l'activité humaine accroît la fréquence et l'intensité des épisodes de chaleur extrême. En 2025, le Japon a connu l'été le plus chaud de son histoire.

Cette année, l'Agence météorologique japonaise a même introduit un nouveau terme, "kokushobi" ("jour de chaleur cruelle"), lorsque la température atteint 40°C, appelant la population à considérer la chaleur extrême comme une catastrophe naturelle.

Deux minutes pour sécher 

A Tokyo, près de 120 décès liés à la chaleur ont été enregistrés entre mi-juillet et mi-août. À l'échelle nationale, près de 63.000 personnes ont nécessité des soins d'urgence cet été.

Depuis l'an dernier, les entreprises japonaises sont soumises à des obligations renforcées pour protéger les salariés travaillant dans la chaleur. Les chantiers doivent notamment fournir des vêtements adaptés, comme des vestes ventilées, ainsi que des espaces de repos climatisés et des zones ombragées.

L'impact économique est déjà tangible. Selon une enquête de Teikoku Databank publiée en juillet, 50% des entreprises estiment que la chaleur intense perturbe leurs activités, tandis que près de 88% ont renforcé leurs mesures de protection des salariés.

Le réfrigérateur humain, branché sur une prise électrique classique, consomme environ 16 yens d'électricité par heure selon son fabricant. Afin d'éviter tout usage excessif, il s'arrête automatiquement au bout de 20 minutes.

Pour Yutaka Kono, de l'entreprise Konoe, où travaille Isao Tabuchi, investir dans la lutte contre la chaleur est devenu indispensable pour conserver les effectifs et attirer de nouveaux employés.

"J'ai été vraiment surpris par ce concept consistant à faire entrer les gens dans une sorte de réfrigérateur. J'ai trouvé très séduisante l'idée qu'une personne puisse y faire baisser instantanément sa température corporelle à un niveau sûr", explique-t-il.

Taichi Konishi, 24 ans, l'utilise environ trois fois par jour. Après avoir déplacé à la main de lourdes caisses d'outils et de pièces métalliques, il entre dans la cabine et s'assoit.

"C'est vraiment agréable", confie-t-il à l'AFP. "Je n'y suis resté qu'environ deux minutes, mais cela a suffi pour faire sécher toute ma transpiration."