Nuits au bureau et licenciements massifs, la première semaine d'Elon Musk chez Twitter

Elon Musk arrive à la Baron Investment Conference au Metropolitan Opera House, le vendredi 4 novembre 2022, à New York (Photo, AP).
Elon Musk arrive à la Baron Investment Conference au Metropolitan Opera House, le vendredi 4 novembre 2022, à New York (Photo, AP).
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Publié le Lundi 07 novembre 2022

Nuits au bureau et licenciements massifs, la première semaine d'Elon Musk chez Twitter

  • La décision n'a pas surpris les salariés - les rumeurs se faisaient insistantes - mais la brutalité de la méthode a choqué
  • Plusieurs personnes licenciées ont été rappelées le lendemain, quand la direction a réalisé qu'elle avait besoin d'elles

SAN FRANCISCO: Chez Twitter, la première semaine sous la houlette d'Elon Musk a ressemblé à une tornade : débutée par des nuits blanches pour certains ingénieurs, elle s'est achevée par le licenciement de la moitié du personnel.

"C'était une semaine très étrange. Des cadres étaient congédiés, d'autres démissionnaient, mais il n'y a eu aucune communication officielle de la direction jusqu'à jeudi soir", relate un ex-employé, sous couvert d'anonymat.

Les salariés ont reçu un premier courriel les informant qu'ils seraient fixés sur leur sort vendredi. Le lendemain, le deuxième a confirmé les rumeurs : 50% des effectifs sont remerciés.

En première ligne, les départements du marketing et du design, et les manageurs. La modération des contenus a été plus épargnée, avec un taux de licenciement de seulement 15%, d'après Yoel Roth, le responsable de la sûreté sur le site.

Après 24 heures de silence sur le sujet, Elon Musk a fini par tweeter qu'il n'y avait "malheureusement pas d'autre choix quand l'entreprise perd plus de quatre millions de dollars par jour" et que "tous ceux qui ont perdu leur emploi se sont vu proposer trois mois d'indemnités".

La décision n'a pas surpris les salariés -- les rumeurs se faisaient insistantes -- mais la brutalité de la méthode a choqué.

"Vous découvrez que vous avez été déconnecté. Votre ordinateur portable est automatiquement réinitialisé", a raconté vendredi Emmanuel Cornet, un ingénieur français qui était chez Twitter depuis un an et demi.

«Inhumain»

Lui a été limogé dès mardi pour "faute professionnelle", sans plus d'explication, après un week-end passé intégralement au bureau à travailler sur les projets lancés manu militari par le nouveau patron.

Il faisait pourtant partie des 5 à 10% des meilleurs ingénieurs de la société, d'après les listes établies cette semaine.

Le patron de Tesla a en effet fait venir des ingénieurs de son fleuron de l'automobile électrique pour évaluer le travail des développeurs de Twitter, examinant notamment le volume de code produit par chacun, une mesure "naïve" de la productivité selon Emmanuel Cornet.

Ce dernier fait partie des cinq ex-employés de Twitter qui ont déposé un recours collectif contre l'entreprise au motif qu'ils n'avaient pas reçu le délai de préavis de 60 jours requis par la loi américaine en cas de plan social (Warn Act).

L'expatrié français envisageait de toute façon de partir. "Mais beaucoup de mes collègues sont dans une position moins enviable en termes d'assurance-santé ou de visa", rappelle-t-il. "Certains étaient en congé parental. Une collègue a accouché hier, avant d'être licenciée aujourd'hui."

Les personnes licenciées doivent continuer à respecter le règlement de l'entreprise pendant la période de préavis.

Beaucoup craignent que la nouvelle direction ne cherche des prétextes pour les accuser de faute professionnelle et ne pas leur payer d'indemnités.

"Ils vont regarder si quelqu'un dénigre Twitter en public ou chercher des messages internes compromettants", estime un ex-salarié sous couvert d'anonymat.

Quant aux personnes encore employées, mais en télétravail, "on va leur demander de revenir au bureau et s'ils refusent, hop, faute professionnelle", prédit-il. "Ils essaient de faire des économies à tout prix, au point de traiter les gens de façon assez inhumaine."

«Désolé pour ceux qui n'ont pas été virés»

L'homme le plus riche du monde est précédé par sa réputation, des cadences infernales dans ses usines, à son rejet du télétravail, très prisé dans la tech, et à sa vision absolutiste de la liberté d'expression, synonyme de désinformation et de discours haineux pour ses détracteurs.

Cet été, plus de 700 personnes sont parties d'elles-mêmes, avant même de savoir si l'acquisition à 44 milliards de dollars allait bien avoir lieu.

Le changement radical de culture d'entreprise a été confirmé dès vendredi dernier, quand des équipes d'ingénieurs ont été mobilisées pour refondre certaines fonctionnalités dans des délais très courts, avec leur poste en jeu.

"Il y avait probablement trop de manageurs... Twitter n'était pas une machine efficace et bien huilée", souligne l'ex-salarié anonyme. "Mais je ne sais pas si (les licenciements massifs) vont réparer l'entreprise."

Ce week-end, les actuels et anciens employés discutaient dans des groupes en ligne de leur avenir, mais aussi du fait que plusieurs personnes licenciées ont rapporté avoir été rappelées le lendemain, quand la direction a réalisé qu'elle avait besoin d'elles.

"Je me sens désolé pour tous ceux qui n'ont pas été virés pour être honnête. Elon va les user jusqu'à la corde avec ses idées loufoques", a réagi James Glynn, un ex-responsable d'équipes de modération des contenus depuis Londres. "Toute version de Twitter que nous ayons connue auparavant est morte."


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
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  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.