Apple admet des perturbations pour sa fabrication d'iPhone en Chine

Le groupe taïwanais Foxconn, principal sous-traitant d'Apple, est confronté depuis octobre à une hausse de cas de Covid-19 sur son immense site de Zhengzhou, la plus grande usine d'iPhone au monde. (AFP).
Le groupe taïwanais Foxconn, principal sous-traitant d'Apple, est confronté depuis octobre à une hausse de cas de Covid-19 sur son immense site de Zhengzhou, la plus grande usine d'iPhone au monde. (AFP).
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Publié le Lundi 07 novembre 2022

Apple admet des perturbations pour sa fabrication d'iPhone en Chine

  • Apple a indiqué que le principal site de production d'iPhone, à Zhengzhou (centre de la Chine), «fonctionne actuellement avec une capacité significativement réduite», depuis la découverte d'un foyer de cas positifs au Covid-19
  • «Les clients vont devoir attendre plus longtemps pour recevoir leurs nouveaux produits», a fait savoir le groupe américain

PÉKIN : Les livraisons de l'iPhone 14 Pro seront "plus faibles qu'anticipées" après le confinement d'une usine en Chine lié aux restrictions anti-Covid, a prévenu Apple, une mauvaise nouvelle à l'approche de la saison des fêtes.

Apple a indiqué que le principal site de production d'iPhone, à Zhengzhou (centre de la Chine), "fonctionne actuellement avec une capacité significativement réduite", depuis la découverte d'un foyer de cas positifs au Covid-19.

"Les clients vont devoir attendre plus longtemps pour recevoir leurs nouveaux produits", a fait savoir le groupe américain dans un communiqué dimanche soir.

"Comme nous l'avons fait depuis le début de la pandémie, nous faisons passer en priorité la santé et la sécurité des ouvriers de notre chaîne d'approvisionnement", ajoute la marque à la pomme.

Le groupe taïwanais Foxconn, principal sous-traitant d'Apple, est confronté depuis octobre à une hausse de cas de Covid-19 sur son immense site de Zhengzhou, la plus grande usine d'iPhone au monde.

Foxconn a annoncé dans un communiqué s'attendre à des résultats moins bons qu'espérés pour la fin de l'année.

"La perspective du groupe pour le quatrième trimestre était au départ +prudemment optimiste+ mais en raison de la pandémie qui affecte certaines de nos activités à Zhengzhou, l'entreprise va réviser à la baisse" cette perspective, a indiqué l'entreprise taïwanaise.

"Foxconn travaille désormais avec les autorités dans un effort conjoint contre la pandémie, afin de reprendre la production à pleine capacité aussi vite que possible", a-t-il ajouté.

Bulle sanitaire

L'entreprise n'a pas précisé l'ampleur de l'impact du confinement sur ses résultats financiers. Elle publiera jeudi ses résultats pour le troisième trimestre et tiendra à cette occasion une réunion téléphonique avec des investisseurs.

Foxconn a par ailleurs annoncé sur le réseau social WeChat de nouvelles mesures pour ses employés, notamment une "bulle sanitaire" entre les dortoirs et l'usine.

Les employés qui continuent à travailler seront regroupés dans trois dortoirs, a précisé le groupe.

D'abord confinés, des centaines d'employés exaspérés par leurs conditions de vie se sont enfuis en catastrophe de l'usine la semaine dernière.

D'autres sites de production de Foxconn, non confinés, sont sollicités temporairement ailleurs en Chine, notamment dans la province du Guangdong (sud), base manufacturière du pays, selon Ivan Lam, analyste pour le cabinet spécialisé Counterpoint.

"Cependant, la montée en puissance de la production prend du temps" et le rendement global ne sera de toute façon pas conforme aux objectifs, souligne-t-il.

Selon les calculs du cabinet spécialisé TrendForce, Apple produira 2 à 3 millions d'iPhone en moins ce trimestre à cause du rebond épidémique à Zhengzhou, sur un objectif estimé à 80 millions.

"Tout cela confirme les craintes de Wall Street vis-à-vis d'Apple pour ce trimestre, et constituera un fardeau cette semaine pour les valeurs technologiques", juge l'analyste Dan Ives, de la société américaine d'investissement Wedbush Securities.

«iPhone City»

La marque à la pomme dépend beaucoup de la Chine, où elle fait fabriquer plus de 90% de ses produits. Le pays est également l'un de ses plus importants marchés.

Contrairement à ses voisins de la Silicon Valley, Apple a jusqu'à présent bien résisté à la crise économique, même si le dollar fort pèse sur ses revenus.

De juillet à septembre, le groupe américain a vu les ventes de l'iPhone, son produit phare, progresser de 9,7% sur un an, à 42,6 milliards de dollars.

Pour les fêtes, l'entreprise et les experts tablaient sur une forte demande pour les iPhone 14 et 14 Pro Max.

Foxconn est le plus grand employeur du secteur privé en Chine, avec plus d'un million de personnes travaillant dans ses quelque 30 usines et installations de recherche dans le pays.

Situé à environ 600 km de Pékin, le site de Zhengzhou emploie jusqu'à 300.000 personnes qui vivent sur place à l'année, à "iPhone City", sorte de ville dans la ville.

La Chine poursuit une stricte stratégie contre le Covid.

Malgré de récentes rumeurs sur un éventuel assouplissement, les autorités ont assuré samedi qu'elles s'en tiendraient "indéfectiblement" à la politique zéro Covid.

Le nombre de cas est en hausse ces dernières semaines, avec 5.643 nouveaux cas annoncés lundi, un record en six mois.


Avec la guerre au Moyen-Orient, la peur de l'inflation est de retour sur les marchés

La bourse coréenne le 3 mars 2026. (AFP)
La bourse coréenne le 3 mars 2026. (AFP)
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  • En Europe, la Bourse de Paris a perdu 3,46%, Londres 2,75% et Francfort 3,44%. Milan a reculé de 3,92%.
  • A Wall Street, vers 16H50 GMT, le Dow Jones cédait 1,38%, l'indice Nasdaq a pris 1,32% et l'indice élargi S&P 500 1,28%.

PARIS: Bourses qui vacillent, taux d'intérêt en hausse... avec la flambée du prix des hydrocarbures provoquée par la guerre au Moyen-Orient, la peur de l'inflation est de retour sur les marchés.

En Europe, la Bourse de Paris a perdu 3,46%, Londres 2,75% et Francfort 3,44%. Milan a reculé de 3,92%.

A Wall Street, vers 16H50 GMT, le Dow Jones cédait 1,38%, l'indice Nasdaq a pris 1,32% et l'indice élargi S&P 500 1,28%.

"Les investisseurs craignent un choc d'inflation, en raison de la flambée des prix des hydrocarbures provoquée par le conflit au Moyen-Orient", explique à l'AFP Kevin Thozet, membre du comité d'investissement chez Carmignac.

En Europe, particulièrement dépendante de ses importations de gaz et de pétrole, le spectre de la crise inflationniste provoquée en 2022 par l'invasion de l'Ukraine par la Russie plane.

Le gaz s'enflamme

Au quatrième jour de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran, Téhéran attaque mardi des sites liés aux Etats-Unis dans le Golfe, et Israël continue de bombarder "simultanément" l'Iran et le Liban.

Le conflit provoque depuis le début de la semaine une forte hausse du prix des hydrocarbures, en raison des perturbations de l'approvisionnement via le passage stratégique par lequel transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial.

Un général des Gardiens de la Révolution iraniens a d'ailleurs menacé lundi de "brûler tout navire" tentant de franchir le détroit.

Vers 16H50 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord prenait 7,07% à 83,24 dollars, après avoir dépassé les 85 dollars au cours de la séance, son niveau le plus élevé depuis juillet 2024. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate gagnait 7,34% à 76,46  dollars.

Le prix du gaz européen s'enflamme aussi, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence du gaz naturel sur le Vieux Continent, bondissant de 20,69% à 53,71 euros. Depuis le début de l'année, il a grimpé de plus de 90%.

Cette flambée du prix de l'énergie ravive "la crainte que, même si cette guerre reste localisée, elle puisse avoir un fort impact sur la croissance européenne et raviver l'inflation", a relevé Neil Wilson, analyste de Saxo Markets.

Les taux d'intérêt en hausse en Europe

"La question est: revenons-nous à un scénario similaire à 2022, où la flambée des prix de l'énergie avait déclenché une vague massive d'inflation frappant l'économie mondiale ?", s'interroge Kathleen Brooks, analyste de XTB.

En Europe, le risque de "stagflation", une hausse des prix avec une croissance faible, inquiète les investisseurs.

"Une hausse des prix de l'énergie exerce une pression à la hausse sur l'inflation, en particulier à court terme", a déjà déclaré Philip Lane, chef économiste de la BCE, dans une interview accordée au Financial Times.

Et "une potentielle hausse de l'inflation pourrait mettre en péril les baisses de taux des banques centrales", complète David Kruk, responsable du trading de La Financière de l'Échiquier, interrogé par l'AFP.

Résultat, les taux d'intérêt des dettes d'Etat, pourtant considérées traditionnellement comme des valeurs refuge en cas d'incertitude, grimpent, particulièrement sur le Vieux Continent.

Une inflation plus élevée réduit en effet la valeur réelle des sommes versées par un emprunteur à ses créanciers. Ces derniers exigent par conséquent des taux d'intérêt plus élevés pour compenser cette perte.

Le taux d'intérêt à échéance dix ans de la dette allemande, référence en Europe, a bondi de près de 0,10 points de pourcentage durant la séance, avant de modérer ses gains à 0,03 point, à 2,74%.

Son équivalent français a lui grimpé de 0,08 point par rapport à la veille, atteignant un taux de 3,37%. Vendredi, avant le début de la guerre en Iran, il évoluait autour de 3,20%. L'obligation italienne, aussi à échéance dix ans, a bondi de 0,10 point de pourcentage, à 3,45%.

Hors zone euro, le taux d'intérêt britannique a atteint  4,46%, contre 4,37% lundi soir.

Les craintes des investisseurs sur l'économie européenne profitent en revanche au dollar, qui bondissait de 0,74% face à la monnaie unique européenne, à 1,1604 dollar pour un euro. D'ailleurs, aux États-Unis, plus autonome d'un point de vue énergétique, l'obligation à dix ans restait stable.

L'or est en revanche délaissé : l'once perdait 4,13% à 5.102,16 dollars.

 

 


Trump menace de «cesser tout commerce» avec l'Espagne, «très peu coopérative»

Donald Trump a menacé mardi de "cesser tout commerce avec l'Espagne", lui reprochant son refus de laisser les Etats-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l'Iran et ses dépenses militaires qu'il juge insuffisantes. (AFP)
Donald Trump a menacé mardi de "cesser tout commerce avec l'Espagne", lui reprochant son refus de laisser les Etats-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l'Iran et ses dépenses militaires qu'il juge insuffisantes. (AFP)
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  • "Nous allons cesser tout commerce avec l'Espagne. Nous ne voulons pas entendre parler de l'Espagne"
  • "C'est le seul pays de l'Otan qui n'a pas accepté de consacrer 5%" de son PIB à des dépenses en matière de Défense, comme le veut le nouvel objectif de l'Otan poussé par Washington

WASHINGTON: Donald Trump a menacé mardi de "cesser tout commerce avec l'Espagne", lui reprochant son refus de laisser les Etats-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l'Iran et ses dépenses militaires qu'il juge insuffisantes.

"Nous allons cesser tout commerce avec l'Espagne. Nous ne voulons pas entendre parler de l'Espagne", a déclaré le président américain depuis la Maison Blanche, où il reçoit le dirigeant d'un autre pays européen, le chancelier allemand Friedrich Merz.

"L'Espagne a été terrible", a attaqué Donald Trump, en reprochant au gouvernement socialiste de Pedro Sanchez de refuser à l'aviation américaine l'accès à des bases militaires situées dans le sud du pays pour sa campagne militaire contre l'Iran.

"C'est le seul pays de l'Otan qui n'a pas accepté de consacrer 5%" de son PIB à des dépenses en matière de Défense, comme le veut le nouvel objectif de l'Otan poussé par Washington, a-t-il aussi rappelé.

"L'Espagne a été très, très peu coopérative", a encore regretté Donald Trump.

Dans une conférence de presse donnée plus tôt dans la journée, le ministre des Affaires étrangères espagnol José Manuel Albares a déclaré n'avoir "eu aucune conversation avec aucun représentant nord-américain, ni aucune demande" au sujet des bases militaires de Rota et Moron.

"Nous n'avons reçu aucune plainte", a-t-il insisté.

"Les bases que nous utilisons conjointement avec les États-Unis sont des bases sous souveraineté espagnole", a rappelé le ministre. "Et c'est dans le cadre de notre souveraineté et du traité signé avec les Etats-Unis qu'elles peuvent être utilisées."

 


L'ONU approuve le premier projet de crédit carbone lié à l'accord de Paris

"Les opportunités offertes par ce marché carbone des Nations Unies dans toutes les régions sont immenses, en particulier maintenant que des mesures de protection environnementale solides, des normes rigoureuses et un système de recours clair sont en place pour garantir l'intégrité, l'inclusivité et l'efficacité", s'est félicité le chef de l'ONU Climat, Simon Stiell. (AFP)
"Les opportunités offertes par ce marché carbone des Nations Unies dans toutes les régions sont immenses, en particulier maintenant que des mesures de protection environnementale solides, des normes rigoureuses et un système de recours clair sont en place pour garantir l'intégrité, l'inclusivité et l'efficacité", s'est félicité le chef de l'ONU Climat, Simon Stiell. (AFP)
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  • L'accord de Paris, moteur de la coopération climatique mondiale adopté en 2015, prévoit qu'un pays qui dépasserait ses objectifs de baisse des émissions de CO2 puisse vendre son excès de réductions à un pays en retard sur ses propres objectifs
  • Ce pays a désormais le droit, dans le cadre de l'accord de Paris, de réduire, sur le papier, le total de ses propres émissions de gaz à effet de serre, grâce à ces crédits carbone

PARIS: Le premier projet de crédit carbone dans le cadre de l'accord de Paris a reçu le feu vert de l'ONU jeudi, un mécanisme pour aider les pays riches à tenir leurs engagements climatiques mais critiqué pour les risques d'écoblanchiment.

L'accord de Paris, moteur de la coopération climatique mondiale adopté en 2015, prévoit qu'un pays qui dépasserait ses objectifs de baisse des émissions de CO2 puisse vendre son excès de réductions à un pays en retard sur ses propres objectifs, en général un pays riche.

Ce pays a désormais le droit, dans le cadre de l'accord de Paris, de réduire, sur le papier, le total de ses propres émissions de gaz à effet de serre, grâce à ces crédits carbone.

Concrètement, une entreprise sud-coréenne va financer un programme de remplacement de foyers de cuisson ouverts (bois, charbon de bois, etc.) par des foyers plus économes en combustibles en Birmanie, a annoncé l'ONU Climat jeudi.

De tels projets sont censés réduire les émissions de CO2 puisque moins d'énergie sera perdue et donc utilisée par les familles pour cuisiner, avec un bénéfice additionnel pour la qualité de l'air et pour protéger les forêts locales.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, environ un quart de la population mondiale cuisine avec des foyers ouverts qui polluent l'air intérieur et extérieur en brûlant des combustibles tels que kérosène, charbon de bois, bouses séchées et déchets agricoles.

Mais ces programmes ont historiquement échoué à tenir leurs promesses, les méthodologies ayant surestimé les réductions d'émissions, notamment dans le cas où les populations délaissent les nouveaux systèmes parce qu'ils les trouvent moins pratiques, ou s'ils se cassent.

La Corée du Sud va, en payant pour ce programme de remplacement, bénéficier de crédits carbone, qui aideront à réduire le total de son empreinte carbone. Le mécanisme onusien évite un double comptage de ces réductions dans les pays vendeurs et acheteurs des crédits.

"Les opportunités offertes par ce marché carbone des Nations Unies dans toutes les régions sont immenses, en particulier maintenant que des mesures de protection environnementale solides, des normes rigoureuses et un système de recours clair sont en place pour garantir l'intégrité, l'inclusivité et l'efficacité", s'est félicité le chef de l'ONU Climat, Simon Stiell.

Au-delà des problèmes de comptage, les détracteurs du mécanisme de crédit carbone dénoncent un passe-droit donné à certains pour ne pas réduire leurs propres émissions, puisqu'il leur suffirait de payer pour se dire en ligne avec l'accord de Paris.

Ce nouveau mécanisme a été validé par les pays du monde entier à la COP29 en 2024, et des centaines d'autres projets attendent d'être approuvés.