Face à la crise, Hidalgo augmente finalement la taxe foncière à Paris

La maire de Paris Anne Hidalgo a décidé d'augmenter de 52% la taxe foncière (Photo, AFP).
La maire de Paris Anne Hidalgo a décidé d'augmenter de 52% la taxe foncière (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 07 novembre 2022

Face à la crise, Hidalgo augmente finalement la taxe foncière à Paris

  • Le taux d'imposition de la taxe foncière passera de 13,5% à 20,5% en 2023, sauf pour les propriétaires qui s'engageront dans la rénovation thermique de leur appartement et ceux «rencontrant des difficultés économiques»
  • Ces deux catégories bénéficieront d'une exonération totale

PARIS: Confrontée à une situation budgétaire délicate, la maire de Paris Anne Hidalgo a décidé d'augmenter de 52% la taxe foncière, renonçant à sa promesse de campagne de ne pas augmenter d'impôts, annonce-t-elle dans une lettre lundi.

Le taux d'imposition de la taxe foncière passera de 13,5% à 20,5% en 2023, sauf pour les propriétaires qui s'engageront dans la rénovation thermique de leur appartement et ceux "rencontrant des difficultés économiques", titulaires d'allocations de solidarité (Aspa, ASI, AAH) ou redevables de plus de 75 ans, précise l'élue socialiste dans un courrier à ses administrés.

Ces deux catégories bénéficieront d'une exonération totale. Pour les autres, un propriétaire d'un 50 m2 verra sa taxe foncière passer de 438 à 665 euros en moyenne, et celui d'un 75 m2 de 576 à 874 euros, selon les chiffres communiqués par la Ville.

La taxe foncière "est aujourd'hui à Paris la plus basse de France à 13,5% contre 41,61% en moyenne dans les grandes villes françaises, et elle n'a pas augmenté depuis 2011", fait valoir Anne Hidalgo.

La capitale compte 2,1 millions d'habitants mais seulement 32% de propriétaires, un pourcentage là aussi inférieur à celui des autres villes, a souligné le Premier adjoint Emmanuel Grégoire lors d'un point presse, reconnaissant "un effort très important" pour les contribuables concernés.

"On avait dit, pendant la campagne (des municipales en 2020), que nous n'augmenterions pas les impôts", a reconnu l'élu socialiste, "mais il s'est passé depuis beaucoup de choses: la crise de la Covid, la crise ukrainienne, la crise énergétique (...), des crises systémiques qui s'inscrivent dans la durée".

Cette décision "permettra de maintenir une haute qualité de nos services publics, de continuer à investir dans le logement, dans la transition écologique, dans l'entretien et la modernisation de notre patrimoine et de nos équipements, dans l'embellissement de nos rues et de nos jardins", affirme Anne Hidalgo qui prévoit 1,7 milliard d'investissement pour 2023.

Cette augmentation doit apporter à la Ville un surcroît de recettes de 586 millions en 2023, anticipe l'adjoint aux finances Paul Simondon.

Selon cet autre élu socialiste, la Ville n'empruntera plus en 2023 que 514 millions contre 860 cette année, et l'encours de sa dette devrait s'établir autour de 8 milliards d'euros.

Depuis la crise sanitaire de 2020, Anne Hidalgo dénonce l'absence de soutien financier de l'Etat aux villes, en particulier à la sienne.

Lors de l'examen budgétaire, le gouvernement "a refusé d'examiner les amendements" visant notamment à augmenter la taxe de séjour pour les hôtels de luxe et les palaces, écrit-elle, ce qui fait qu'elle n'a pas "d'autre choix" que de relever cet impôt local.

"Comme souvent avec Mme Hidalgo, l'Etat a bon dos", a répliqué devant la presse le ministre des Comptes publics Gabriel Attal, pour qui "l''Etat a accompagné fortement la ville de Paris".

Mais il ne peut pas "combler les problèmes de gestion de la Ville de Paris" et son "absence de réformes de structure", a-t-il ajouté, fustigeant le fait qu'il y ait "plus de fonctionnaires à la Ville de Paris qu'à la Commission européenne, fonctionnaires qui ne sont toujours pas aux 35 heures".

L'opposition LR parisienne, menée par Rachida Dati, a elle dénoncé dans communiqué une ville "en faillite" avec une "explosion de la dette parisienne", qui atteint selon elle 10 milliards d'euros.


Frappes iraniennes: la France prête à «participer» à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie

 La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • "Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté
  • "Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé

PARIS: La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères.

"Aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des Gardiens de la révolution et entraînés dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisie -Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie- la France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité. Elle se tient prête (...) à participer à leur défense", a affirmé Jean-Noël Barrot lors d'une conférence de presse.

"Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté.

"Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé.

Le ministre a appelé à la "désescalade". "L'escalade militaire doit cesser au plus vite", a-t-il répété. "La prolongation indéfinie des opérations militaires sans but précis emporte le risque d'un engrenage qui entraînerait l'Iran et la région dans une longue période d'instabilité".

"Au Liban, le Hezbollah a commis une lourde faute, dont la population a payé ce matin le prix avec des dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, en rejoignant un conflit dans lequel les autorités, comme le peuple libanais, refusent d'être entraînées", a-t-il poursuivi, appelant le Hezbollah à "mettre immédiatement un terme à ces opérations".

 


France - Liban: Report de la conférence de soutien aux forces libanaises

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  • À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises
  • Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté

PARIS: Le président du Liban, Joseph Aoun, et son homologue de la France, Emmanuel Macron, se sont entretenus le 1er mars afin d’examiner les derniers développements affectant la sécurité régionale, y compris celle de pays alliés, selon un communiqué conjoint.

À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris. Les conditions actuelles, marquées par une conjoncture régionale tendue, n’étaient pas réunies pour maintenir l’événement à la date prévue.

Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté.

Ils ont également affirmé que Beyrouth, Paris et leurs partenaires internationaux continueront à coordonner leurs efforts afin de soutenir ces objectifs dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.


Iran: la France va rehausser sa «posture» militaire dans le Golfe

La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
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  • Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi
  • La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts"

PARIS: La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron.

"Tout cela nous conduit à rehausser notre posture et notre accompagnement défensif pour être au côté de ceux avec lesquels nous avons des traités de défense", a dit le chef de l'Etat au début du deuxième conseil de défense consacré au conflit en Iran en deux jours.

Il faut "adapter la posture à l'évolution des dernières heures que rien ne justifie et que nous ne laisserons pas passer", a-t-il martelé, suggérant une possible augmentation des moyens militaires français déployés dans la région.

Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi, sans faire de victime, a rappelé Emmanuel Macron.

La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts", a-t-il ajouté.

"Nous sommes prêts à procéder aux évacuations pour nos compatriotes qui le demanderaient quand la situation le permettra", avait déjà indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

Au deuxième jour des frappes menées par Israël et les États-Unis sur l'Iran et de la riposte de Téhéran notamment sur les pays du Golfe, Maud Bregeon a aussi assuré que la France ne pouvait "que se satisfaire" de la mort du guide suprême, Ali Khamenei.