Turquie: Un bus refuse de s'arrêter pour la prière et relance le débat sur la laïcité

Des personnes passent devant un arrêt de bus près de la Nouvelle mosquée dans le quartier Eminonu d'Istanbul (Photo, AFP).
Des personnes passent devant un arrêt de bus près de la Nouvelle mosquée dans le quartier Eminonu d'Istanbul (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 09 novembre 2022

Turquie: Un bus refuse de s'arrêter pour la prière et relance le débat sur la laïcité

  • «La compagnie se retrouve au centre d'une polémique sur la laïcité. Nous sommes désignés comme une cible. Or nous sommes respectueux de toutes les croyances», affirme l'avocat, Tuncay Keserci
  • Tout a commencé, selon lui, par le message sur Twitter d'un passager se plaignant de n'avoir pas pu faire sa prière pendant son voyage parce que la compagnie avait refusé de s'arrêter

ANKARA: Pour avoir refusé de céder à un passager qui réclamait un arrêt le temps de faire sa prière, un chauffeur de bus longue distance a relancé bien malgré lui le débat sur la laïcité en Turquie. 

L'autocar effectuait samedi l'un des plus longs trajets à travers la Turquie, entre Van, près de la frontière iranienne (est) et Izmir, sur la côte égéenne (ouest), soit plus 24 heures de voyage, selon l'avocat de la compagnie Oz Ercis. 

"La compagnie se retrouve au centre d'une polémique sur la laïcité. Nous sommes désignés comme une cible. Or nous sommes respectueux de toutes les croyances", affirme l'avocat, Tuncay Keserci. 

Tout a commencé, selon lui, par le message sur Twitter d'un passager se plaignant de n'avoir pas pu faire sa prière pendant son voyage parce que la compagnie avait refusé de s'arrêter. 

En réponse, la compagnie a rappelé, dans un communiqué partagé par son avocat, que la Turquie est un pays laïc selon la Constitution. 

"Aucun des droits définis par la Constitution ne peut être utilisé pour violer la conception démocratique et laïque" de la République, expliquait-elle. 

"Il n'est pas possible (...) d'ignorer les droits des autres passagers qui ne prient pas et qui veulent arriver à temps à leur destination pour qu'un passager puisse prier", justifie-t-elle encore. 

La réponse de la compagnie est devenue virale en Turquie, un pays à majorité musulmane mais de tradition laïque, malgré l'érosion de ce principe par le gouvernement islamo-conservateur du président Recep Tayyip Erdogan. 

De nombreux internautes turcs ont félicité Oz Ercis pour sa défense de la laïcité et son "courage", tandis que d'autres la condamnent et assurent qu'ils ne voyageront plus avec elle. 

L'Islam prévoit cependant que les voyageurs peuvent aménager leur temps et les horaires des prières lors de leurs déplacements. 

"On est victime d'une campagne de lynchage, comme si on empêchait les gens de prier", regrette l'avocat, Me Keserci, qui précise que le passager en question a pu prier plus tard, lorsque le bus s'est arrêté sur une aire de repos. 

Les dirigeants de la compagnie sont très pieux et la région de Van est connue pour être majoritairement conservatrice, insiste l'avocat. 

"Notre rappel de la laïcité ne veut pas dire que nous ne sommes pas croyants. La laïcité protège aussi les musulmans", fait-il valoir. 

Le président Erdogan, qui a rétabli l'autorisation de porter le foulard islamique dans les universités et l'administration, a promis d'en faire inscrire le principe dans la Constitution avant les élections de juin 2023. 


Liban: le bilan de la guerre s'élève à 570 morts depuis début mars 

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  • 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi
  • A l'aube, une frappe a touché un immeuble du quartier de Aïcha Bakkar à Beyrouth, selon l'agence de presse officielle Ani

BEYROUTH: Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 570 personnes, dont 86 enfants et 45 femmes, depuis que le pays a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, a annoncé mercredi le ministère de la Santé.

Selon la même source, 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi.

 

 


L'armée iranienne dit vouloir désormais frapper des cibles économiques dans la région

L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran. (AFP)
L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran. (AFP)
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  • "L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques" appartenant aux Etats-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya
  • Selon les médias locaux, la frappe israélo-américaine de la nuit a "tué des employés" d'une banque de la capitale qui travaillaient "exceptionnellement" pour préparer le paiement des salaires du mois

TEHERAN: L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran.

"L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques" appartenant aux Etats-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya, affilié aux Gardiens de la Révolution, selon un communiqué diffusé par la télévision d'Etat.

Selon les médias locaux, la frappe israélo-américaine de la nuit a "tué des employés" d'une banque de la capitale qui travaillaient "exceptionnellement" pour préparer le paiement des salaires du mois.

 

 


Erdogan: "Il faut mettre fin à cette guerre avant qu'elle n'embrase complètement la région"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime après une réunion du cabinet à Ankara, en Turquie, le 9 mars 2026. (Reuters)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime après une réunion du cabinet à Ankara, en Turquie, le 9 mars 2026. (Reuters)
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  • Le président Recep Tayyip Erdogan appelle à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient avant qu’elle n’embrase toute la région et affirme que la diplomatie peut encore ramener les parties à la table des négociations
  • Le président turc met aussi en garde Iran contre des actions « provocatrices », après l’interception d’un second missile tiré depuis son territoire et entré dans l’espace aérien turc

ANKARA: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé mercredi à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient "avant qu'elle n'embrase complètement la région", lors d'un discours devant son groupe parlementaire.

"Il faut mettre fin à cette guerre avant qu'elle ne s'aggrave et n'embrase complètement la région. Si la diplomatie a une chance, c'est tout à fait possible. Nous poursuivons patiemment nos efforts pour ramener les parties à la table des négociations", a affirmé le chef de l'Etat turc.

"Nous sommes tous conscients que si cette guerre insensée, anarchique et illégale se poursuit, les pertes humaines et matérielles s'aggraveront, et le coût pour l'économie mondiale ne fera que croître", a-t-il ajouté.

"En tant que peuples de la région, nous ne devons pas laisser un conflit dont nous sommes déjà victimes nous infliger de nouvelles souffrances", a-t-il souligné.

En revanche, lundi, le président turc avait mis en garde l'Iran contre toute "action provocatrice" après l'interception d'un second missile tiré depuis l'Iran dans l'espace aérien turc.

"Malgré nos avertissements clairs, des actions extrêmement inappropriées et provocatrices continuent d'être entreprises, mettant en péril l'amitié de la Turquie" envers l'Iran, avait-il  affirmé.