Iran: exécution de deux hommes accusés d'avoir tué quatre policiers en 2016

Deux hommes ont été exécutés mardi dans le sud-est de l'Iran après avoir été reconnus coupables du meurtre de quatre policiers en 2016 dans une région du pays récemment touchée par une vague de violence, a annoncé l'organe du pouvoir judiciaire. (AFP)
Deux hommes ont été exécutés mardi dans le sud-est de l'Iran après avoir été reconnus coupables du meurtre de quatre policiers en 2016 dans une région du pays récemment touchée par une vague de violence, a annoncé l'organe du pouvoir judiciaire. (AFP)
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Publié le Mercredi 09 novembre 2022

Iran: exécution de deux hommes accusés d'avoir tué quatre policiers en 2016

  • Les deux hommes exécutés font partie du Jaish al-Adl («l'armée de la justice»), formé en 2012 par d'anciens membres d'une organisation extrémiste sunnite ayant mené une rébellion sanglante dans la province du Sistan-Baloutchistan
  • Selon les organisations de défense des droits humains, l'Iran est parmi les pays qui exécutent le plus de prisonniers au monde, après la Chine

TEHERAN: Deux hommes ont été exécutés mardi dans le sud-est de l'Iran après avoir été reconnus coupables du meurtre de quatre policiers en 2016 dans une région du pays récemment touchée par une vague de violence, a annoncé l'organe du pouvoir judiciaire.

"Deux membres du groupe terroriste Jaish al-Adl ("l'armée de la justice"), Rashid Baloutch et Eshaq Askani, ont été exécutés hier (mardi) dans la prison de Zahedan", a indiqué Mizan Online.

Le groupe a été formé en 2012 par d'anciens membres d'une organisation extrémiste sunnite ayant mené une rébellion sanglante dans la province du Sistan-Baloutchistan.

La justice a accusé les deux hommes d'avoir "causé le martyre de quatre gardes-frontières et blessé plusieurs agents de police en 2016" au Sistan-Baloutchistan, selon le texte.

Téhéran accuse le Royaume-Uni de chercher à déstabiliser l'Iran

Le ministre iranien des Renseignements, Esmaïl Khatib, a accusé mercredi le Royaume-Uni de mener des actions visant à déstabiliser la République islamique, dans le contexte des manifestations déclenchées par la mort de Mahsa Amini.

Téhéran reproche à Londres d'abriter des chaînes en persan qui lui sont hostiles et couvrent largement les manifestations ayant lieu depuis la mort le 16 septembre d'une Kurde iranienne de 22 ans décédée trois jours après son arrestation à Téhéran par la police des mœurs.

Des dizaines de personnes, principalement des manifestants mais aussi des membres des forces de sécurité, ont été tuées et des centaines d'autres arrêtées lors de ces rassemblements de protestation, qualifiés d'"émeutes" par les autorités.

"Contrairement à l'Angleterre, nous ne soutiendrons jamais les actes terroristes et l'insécurité dans d'autres pays", a encore dit le ministre iranien prévenant que "le Royaume-Uni paiera pour ses actions visant à rendre l'Iran peu sûr".

Début octobre, le ministère iranien des Affaires étrangères avait convoqué l'ambassadeur britannique pour protester contre "l'ingérence du ministère britannique des Affaires étrangères dans les affaires intérieures de l'Iran, en recourant à des interprétations fausses et provocatrices".

"La chaîne Iran International [télévision persanophone basée à Londres, NDLR] a été reconnue comme une organisation terroriste par l'appareil de sécurité iranien et ses agents seront poursuivis par le ministère des Renseignements", a affirmé M. Khatib.

Le ministère des Renseignements et les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont accusé fin octobre la CIA, l'agence de renseignement américaine, et ses "alliés" de "comploter" contre l'Iran.

La ville de Zahedan, chef-lieu de la province, a été touchée par des violences le 30 septembre ayant fait des dizaines de morts, dont six membres des forces de sécurité selon les autorités.

Les autorités avaient d'abord parlé d'affrontements entre forces de l'ordre et des "terroristes" à Zahedan, précisant que trois commissariats avaient été attaqués. Et d'après des médias locaux, le groupe Jaish al-Adl avait revendiqué une attaque contre un commissariat.

Mais un influent leader de la minorité musulmane sunnite au Sistan-Baloutchistan, le religieux Molavi Abdol Hamid, avait rejeté "toute implication de Jaish al-Adl ou de tout autre groupe" dans les violences à Zahedan.

Après une enquête menée à la demande du président iranien Ebrahim Raïssi, les autorités ont limogé deux hauts responsables de la sécurité de la région, dont le chef de la police de Zahedan.

Situé à proximité de la frontière avec l'Afghanistan et le Pakistan, le Sistan-Baloutchistan est l'une des régions les plus pauvres d'Iran et abrite la minorité baloutche, qui adhère majoritairement à l'islam sunnite et non au chiisme dominant en Iran.

Selon les organisations de défense des droits humains, l'Iran est parmi les pays qui exécutent le plus de prisonniers au monde, après la Chine.

Les violences à Zahedan sont survenues au moment où l'Iran est le théâtre de manifestations depuis le décès le 16 septembre d'une jeune Kurde iranienne de 22 ans après son arrestation à Téhéran par la police des moeurs qui lui reprochait d'avoir enfreint le code vestimentaire strict de la République islamique pour les femmes, contraintes de se couvrir les cheveux en public.


Le Hezbollah dénonce «l'agression israélienne persistante» au Liban malgré la trêve

Des personnes en deuil portent les cercueils lors des funérailles de quatre combattants du Hezbollah et de deux civils dans le village de Maaroub, au sud du Liban, le 26 avril 2026. (AFP)
Des personnes en deuil portent les cercueils lors des funérailles de quatre combattants du Hezbollah et de deux civils dans le village de Maaroub, au sud du Liban, le 26 avril 2026. (AFP)
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  • "Il n'y a pas de cessez-le-feu au Liban, mais une agression israélo-américaine continuelle", a déclaré Naïm Qassem dans un discours écrit, diffusé par la chaîne al-Manar affiliée au groupe islamiste
  • "Le Liban est l'agressé, et c'est lui qui a besoin de garanties pour sa sécurité et sa souveraineté" de la part d'Israël, a-t-il ajouté

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah pro-iranien Naïm Qassem a condamné lundi les opérations israéliennes persistantes au Liban malgré la trêve, et réitéré son refus de négociations directes entre Israël et son pays.

Malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril et prolongée à l'issue de deux sessions de pourparlers entre le Liban et Israël à Washington, l'armée israélienne continue de mener des frappes meurtrières, surtout dans le sud du Liban, où elle démolit des bâtiments et interdit aux habitants de dizaines de localités de revenir.

"Il n'y a pas de cessez-le-feu au Liban, mais une agression israélo-américaine continuelle", a déclaré Naïm Qassem dans un discours écrit, diffusé par la chaîne al-Manar affiliée au groupe islamiste.

"Le Liban est l'agressé, et c'est lui qui a besoin de garanties pour sa sécurité et sa souveraineté" de la part d'Israël, a-t-il ajouté.

Critiquant une diplomatie qui place le Liban "sous tutelle", il a plaidé pour "une diplomatie qui mène" à la cessation des hostilités et pour "des négociations indirectes" avec Israël.

"Les négociations directes sont une concession gratuite, sans résultat", a-t-il dit, vantant le comportement "légendaire" du Hezbollah au combat. "Ne trahissez donc pas la résistance", a-t-il ajouté, à l'adresse du pouvoir libanais, en défendant "l'unité nationale".

Entre le président libanais Joseph Aoun, décidé à mener des négociations directes avec Israël, et le Hezbollah pro-iranien qui s'y oppose, le fossé se creuse, et les divisions dans le pays s'accentuent.

L'ambassade américaine à Beyrouth a appelé jeudi à une rencontre entre le président libanais et le Premier ministre israélien, qui serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante".

Lundi, l'armée israélienne a mené une série de frappes après un nouvel avis d'évacuation adressé aux habitants de quatre localités dans le sud du Liban.

Selon les termes de l'accord de trêve publié par Washington, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense" contre le Hezbollah, qui s'oppose à cette clause et continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes malgré la trêve.

Les frappes israéliennes ont fait plus de 2.600 morts et déplacé plus d'un million de personnes depuis que le Hezbollah a relancé les hostilités le 2 mars, en soutien à son allié iranien, ciblé par une offensive israélo-américaine.


Un tanker touché par «des projectiles inconnus» au large des Emirats 

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  • "Un tanker a signalé avoir été touché par des projectiles non identifiés", indique l'agence ajoutant que tous les membres d'équipage sont sains et saufs et qu'aucun impact environnemental n'a été signalé
  • L'agence n'a pas précisé la provenance du navire

DUBAI: Un tanker a été touché par des "projectiles inconnus" dans le détroit d'Ormuz au large des Emirats arabes unis, sans faire de victime, a indiqué l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO lundi.

"L'UKMTO a reçu des informations faisant état d'un incident survenu à 78 milles nautiques (145 km, ndlr) au nord de Fujaïrah, aux Émirats arabes unis", a annoncé l'agence sur X précisant que l'incident avait été signalé dimanche vers 19H40 GMT.

"Un tanker a signalé avoir été touché par des projectiles non identifiés", indique l'agence ajoutant que tous les membres d'équipage sont sains et saufs et qu'aucun impact environnemental n'a été signalé.

L'agence n'a pas précisé la provenance du navire.

Le détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps de paix un cinquième du pétrole et du gaz naturel mondiaux, est en grande partie bloqué depuis le début des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février.

Le président américain Donald Trump a annoncé dimanche que la marine américaine allait commencer lundi à escorter des navires bloqués de pays tiers à travers le détroit d'Ormuz dans le cadre du Project Freedom ("Projet Liberté"), qui a été dénoncé par les autorités iraniennes.

 


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.