Engie voit ses revenus bondir et relève ses objectifs

«Engie a réalisé ses résultats dans des conditions de marché sans précédent et continue de jouer un rôle majeur dans la sécurité d'approvisionnement», a commenté sa directrice générale, Catherine MacGregor. (Photo, AFP)
«Engie a réalisé ses résultats dans des conditions de marché sans précédent et continue de jouer un rôle majeur dans la sécurité d'approvisionnement», a commenté sa directrice générale, Catherine MacGregor. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 10 novembre 2022

Engie voit ses revenus bondir et relève ses objectifs

«Engie a réalisé ses résultats dans des conditions de marché sans précédent et continue de jouer un rôle majeur dans la sécurité d'approvisionnement», a commenté sa directrice générale, Catherine MacGregor. (Photo, AFP)
  • Le principal fournisseur de gaz en France, dont les stocks pour cet hiver sont pleins, s'est dit «confiant» dans sa capacité d'approvisionnement pour l'hiver 2023-24 sans livraison russe
  • Engie, dont l'État français détient près de 24%, a continué de réduire son exposition aux volumes achetés précédemment à Gazprom, à un niveau aujourd'hui «epsilonesque» selon les termes de Pierre-François Riolacci

PARIS: Engie a relevé jeudi ses prévisions de bénéfice pour 2022 au vu d'un chiffre d'affaires gonflé sur les neuf premiers mois par les cours élevés de l'énergie et la croissance de la plupart de ses activités. 

Le résultat net récurrent (hors exceptionnels) du groupe pour cette année devrait désormais se situer dans une fourchette de 4,9 à 5,5 milliards d'euros (contre 3,8 à 4,4 milliards précédemment prévus), indique l'énergéticien, qui a vu son chiffre d'affaires croître de plus de 85% sur neuf mois. 

Le principal fournisseur de gaz en France, dont les stocks pour cet hiver sont pleins, s'est aussi dit "confiant" dans sa capacité d'approvisionnement pour l'hiver 2023-24 sans livraison russe. 

Engie, dont l'État français détient près de 24%, a continué de réduire son exposition aux volumes achetés précédemment à Gazprom, à un niveau aujourd'hui "epsilonesque" selon les termes de Pierre-François Riolacci, directeur général adjoint Finances, RSE et Achats. 

"Pour l’hiver 2023-24, le groupe reste confiant dans le fait que les volumes supplémentaires contractés par le biais de nouvelles sources d'approvisionnement y compris le gaz naturel liquéfié (GNL), ainsi qu'une diminution attendue de la demande, contribueront à remplacer le besoin en gaz provenant de Russie et à atteindre les niveaux de stockage requis", indique l'entreprise. 

« Conditions sans précédent » 

"Engie a réalisé ses résultats dans des conditions de marché sans précédent et continue de jouer un rôle majeur dans la sécurité d'approvisionnement", a commenté sa directrice générale, Catherine MacGregor. 

Le groupe a vu son chiffre d'affaires bondir de plus de 85% sur neuf mois, à 69,3 milliards d'euros. Son résultat d'exploitation (Ebit) est à 7,3 milliards, en hausse de 84,4%. 

Renouvelables, nucléaire, thermique, infrastructures... toutes les activités ont contribué. 

Son unité GEMS, qui fournit à ses clients des solutions d'approvisionnement énergétique et de gestion des risques, a été particulièrement performante, dans ces "conditions de marché sans précédent". 

A la Bourse de Paris, le cours de l'action jeudi vers 15H00 gagnait 4,34% à 13,95 euros, dans un marché en hausse de 1,4%. 

La crise de l'énergie, renforcée par la guerre en Ukraine, "offre l'occasion d'accélérer la transition énergétique", a dit Mme MacGregor, dont le groupe a choisi de se désengager de certaines activités pour pouvoir investir notamment dans les renouvelables, tout en prônant le maintien d'un "rôle critique" pour le gaz. 

Son activité de multi-services aux entreprises, Equans, a ainsi été cédée à Bouygues. Une transaction à 6,5 milliards d'euros finalisée en octobre, qui apparaîtra dans ses résultats du dernier trimestre. 

Selon Engie, l'objectif du plan de cession d'au moins 11 milliards d'ici fin 2023 est sur le point d’être atteint. 

Il revendique à l'inverse 2,5 gigawatts (GW) de capacité additionnelle dans les renouvelables au cours des neuf premiers mois, avec environ 4 GW en vue sur l’année complète (et 50 GW d'ici la fin 2025). 

Jeudi le groupe a d'ailleurs annoncé un accord, au sein d'un consortium, pour contruire en Egypte un énorme parc éolien de 3 GW, dont la localisation et le calendrier restent à préciser. 

Engie souligne aussi sa contribution aux mécanismes gouvernementaux de partage des bénéfices (900 millions d'euros en Belgique et en France, avec le nucléaire et les barrages). 

"Notre situation financière nous permet de contribuer à la gestion de crise à travers la mobilisation de notre trésorerie, les mécanismes gouvernementaux de partage des bénéfices, ainsi que des dispositifs d'accompagnement de nos clients", a dit Mme MacGregor. 

Les personnels de l'entreprise devraient pour leur part recevoir une prime exceptionnelle de 1 500 euros, a annoncé le groupe. 

"Ce n'est absolument pas ce que nous revendiquons et l'annonce de cette prime n'y change strictement rien. Nous réclamons une mesure collective pérenne", a réagi Eric Gautier, coordinateur syndical CGT pour GRDF, filiale autonome d'Engie qui gère la distribution du gaz. 

Une grève entamée depuis plusieurs semaines était toujours en cours jeudi, à l'appel de la CGT, alors qu'un accord salarial est soumis aux salariés, afin d'être éventuellement signé par les syndicats d'ici au 18 novembre. 

La direction de GRDF a proposé 2,3% d'augmentation générale, alors que la CGT réclame 4,6% comme chez son cousin électrique Enedis. 


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
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  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

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Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
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  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
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  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.