Avec les élections américaines, la cause du climat limite la casse

Le président américain Joe Biden après son discours lors de la conférence sur le climat COP27 dans la ville balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, le 11 novembre 2022. (Photo, AFP)
Le président américain Joe Biden après son discours lors de la conférence sur le climat COP27 dans la ville balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, le 11 novembre 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 12 novembre 2022

Avec les élections américaines, la cause du climat limite la casse

Le président américain Joe Biden après son discours lors de la conférence sur le climat COP27 dans la ville balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, le 11 novembre 2022. (Photo, AFP)
  • Le président américain se rend ainsi vendredi à la COP27 en Egypte bien moins affaibli que n'aurait pu le laisser la «vague» républicaine annoncée au Congrès avant l'élection, mais finalement bien plus faible que prévu
  • Mardi, plusieurs gouverneurs et assemblées locales démocrates pro-climat ont été élues, ce qui permettrait que les fonds fédéraux déjà votés «soient utilisés à fond» sur le terrain, , selon Barry Rabe

WASHINGTON: La politique en faveur du climat de Joe Biden ne devrait pas être bousculée par des élections américaines de mi-mandat plutôt favorables aux républicains, estiment des experts, qui soulignent leur pouvoir d'obstruction probablement limité et l'importante autonomie des Etats. 

Le président américain se rend ainsi vendredi à la COP27 en Egypte bien moins affaibli que n'aurait pu le laisser la "vague" républicaine annoncée au Congrès avant l'élection, mais finalement bien plus faible que prévu. 

Cet été, le Congrès dirigé par les démocrates a adopté l'immense plan d'investissement de Joe Biden, un texte qui comprend 370 milliards de dollars pour le climat, le plus gros chèque pour l'environnement jamais signé aux Etats-Unis. 

Les conservateurs du "Grand Old Party", traditionnellement moins favorables à la lutte contre le changement climatique, ont voté contre. 

Quel que soit le résultat final des élections de mardi, encore attendu, les républicains ne seront pas en mesure de revenir sur cette législation ou d'autres lois similaires, faute de l'immense majorité nécessaire pour outrepasser un veto présidentiel. 

"Dans le cas (le pire pour le climat) où les républicains prendraient le contrôle des deux chambres et tenteraient de revenir sur ce qui a été fait, ils auraient très peu de succès", estime auprès de l'AFP Nat Keohane, président du centre de réflexion The Center for Climate and Energy Solutions, et ancien conseiller climat de Barack Obama. 

"Même s'ils ne contrôlent qu'une seule chambre," poursuit Barry Rabe, spécialiste des politiques environnementales, "ils pourront conduire des auditions et des enquêtes pour exposer le gouvernement sous un mauvais jour, mais ils sont limités dans ce qu'ils pourraient faire dans les deux prochaines années", analyse ce professeur à l'Université du Michigan. 

« Deux années de perdues » 

D'autant plus qu'avec une campagne centrée autour de l'inflation, de la criminalité et de l'immigration, les républicains n'ont pas mis en avant de programme sur le climat. "Ils n'ont aucun plan sérieux," affirme même Jeffrey Colgan, directeur du Climate Solutions Lab de l'Université Brown. 

Mais, nuance cet universitaire, "le résultat le plus important de ces élections de mi-mandat concerne le Sénat", dont la composition finale ne sera connue qu'après un second tour en Géorgie début décembre. 

Et c'est à la chambre haute d'approuver les nominations cruciales pour les agences fédérales et les postes de juges, qui disposent d'un important pouvoir sur les décisions environnementales. 

Du côté des autorisations de forage pour le gaz et le pétrole, "le Congrès a un pouvoir limité", note Nat Keohane, "je ne pense pas qu'on va voir un changement majeur" de ce côté-là. 

Au niveau fédéral, reprend-t-il, cela pourrait donc être "deux années de perdues" jusqu'aux élections de 2024. "Ce n'est pas idéal, mais je ne crains pas vraiment de retour en arrière". 

Pouvoir des Etats 

A cet optimisme relatif des experts interrogés, tiré de la crainte d'une "vague" républicaine finalement jamais arrivée, s'ajoute "un autre résultat au moins tout aussi positif pour les démocrates", selon Barry Rabe: d'importantes victoires au niveau des Etats, "qui ont un pouvoir et une autonomie immenses pour aller plus loin que le gouvernement fédéral." 

En 2017, le retrait par Donald Trump des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat avait poussé la Californie et d'autres Etats à porter leurs propres ambitions. 

Mardi, plusieurs gouverneurs et assemblées locales démocrates pro-climat ont été élues, ce qui permettrait que les fonds fédéraux déjà votés "soient utilisés à fond" sur le terrain, ajoute M. Rabe. 

"L'action des Etats est cruciale pour la décarbonation", renchérit Jeffrey Colgan. Il prend l'exemple de Maura Healey, élue mardi gouverneure du Massachusetts, et qui veut d'une électricité 100% "propre" d'ici 2030, soit "cinq ans avant l'objectif fixé par Biden pour les Etats-Unis dans leur ensemble", souligne-t-il. 

"Si on se retrouve avec un Congrès qui n'agit pas, l'action des Etats va être majeure", relève Nat Keohane, et à ce niveau-là, dit-il, "les démocrates sont bien plus motivés pour agir que les républicains." 

Dans l'Etat de New York, les électeurs ont ainsi dit "oui" à la levée de 4,2 milliards de dollars pour le climat - une proposition soutenue par la gouverneure démocrate Kathy Hochul, qui a gardé son poste à l'issue d'une campagne serrée. 

Environ la moitié des Etats américains seront cependant dirigés par des gouverneurs républicains à l'issue de ces élections. 


Arrivée en Australie de proches de jihadistes du groupe EI en Syrie

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
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  • Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie
  • Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC

MELBOURNE: Un avion de Qatar Airways transportant des ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé jeudi à Melbourne, a constaté un journaliste de l'AFP à l'aéroport.

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie.

Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC.

 


L'armée américaine dit avoir «neutralisé» un pétrolier ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens

Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
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  • Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti
  • Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir tiré sur un pétrolier battant pavillon iranien ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens imposé par Washington pour en "neutraliser le gouvernail".

"Les forces américaines opérant dans le Golfe ont fait respecter les mesures de blocus en neutralisant un pétrolier battant pavillon iranien sans cargaison qui tentait de naviguer vers un port iranien mercredi, à 9H00 heure de Washington", écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"Après que l'équipage du Hasna n'a pas obtempéré aux avertissements répétés, les forces américaines ont neutralisé le gouvernail du pétrolier en tirant plusieurs salves" depuis un avion lancé depuis le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans la région, a-t-il ajouté, précisant que "le Hasna ne fait plus route vers l'Iran".

Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti.

Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau.

Si le blocus des ports iraniens se poursuit, Donald Trump a annoncé mardi la suspension de l'opération américaine "Projet Liberté", lancée juste 48 heures plus tôt pour permettre à des centaines de navires coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz, "compte tenu des grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens".

Mais le président américain a augmenté la pression sur l'Iran mercredi en menaçant de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si ses dirigeants ne concluaient pas d'accord avec Washington.


Trump juge un accord « très possible» avec l'Iran, les marchés s'emballent

Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme qu’un accord de paix avec l’Iran est “très possible” après des discussions jugées positives
  • Les marchés mondiaux réagissent avec optimisme : les Bourses flambent et le pétrole chute fortement, tandis que les tensions militaires restent élevées dans le détroit d’Ormuz et au Liban

WASHINGTON: Donald Trump a jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec l'Iran, générant une chute du pétrole et une flambée des places boursières, même s'il a de nouveau agité la menace d'une reprise des bombardements.

"Nous avons eu de très bonnes discussions dans les dernières 24 heures et il est très possible que nous passions un accord", a dit le président américain pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau ovale.

Le milliardaire républicain avait déjà évoqué dans la journée une fin de l'opération "Fureur épique" en cas d'accord, menaçant autrement l'Iran de nouveaux bombardements à "une intensité bien plus forte qu'avant", en référence à la campagne américano-israélienne menée du 28 février au cessez-le-feu du 8 avril.

Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a, lui, estimé que Washington cherchait à forcer la "reddition" de Téhéran par une "nouvelle stratégie" visant à "détruire la cohésion du pays".

Mais la République islamique s'est gardée de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant que "l'Iran examinait toujours le plan et la proposition américaine".

Fête sur les marchés

Les marchés financiers ont préféré retenir un scénario optimiste. A Tokyo, l'indice Nikkei bondissait de 5,53% peu après 04H30 GMT jeudi, et Hong Kong ou encore Shanghai évoluaient aussi dans le vert. La veille, l'euphorie avait dominé Wall Street et les Bourses européennes.

Le cours du baril de Brent a plongé mercredi de près de 8% à 101,27 dollars, loin du pic des 126 dollars atteint il y a quelques jours. Jeudi en Asie, il évoluait en très légère hausse, à 101,87 dollars.

Mardi, M. Trump avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord" avec l'Iran, la suspension de l'opération américaine lancée juste la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.

Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban.

Washington maintient son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril, et le Pentagone a annoncé mercredi qu'un pétrolier iranien essayant de le forcer avait été "neutralisé" par un tir sur son gouvernail.

Possible signe annonciateur d'une évolution sur le terrain, le porte-avions Charles-de-Gaulle va se prépositionner dans la région du Golfe, selon les autorités françaises, au moment où la coalition montée par Londres et Paris se tient prête à sécuriser le détroit d'Ormuz après un éventuel règlement.

Le président français Emmanuel Macron a souligné mercredi "l'utilité" que cette mission multinationale aurait, dans un appel à son homologue iranien Massoud Pezeshkian, selon un message sur X.

A l'ONU, Washington et les Etats du Golfe ont préparé une résolution au Conseil de sécurité exigeant que Téhéran cesse ses attaques, révèle l'emplacement de ses mines et s'abstienne d'imposer un péage à la navigation, a annoncé le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio. Un vote devrait intervenir dans les prochains jours.

Le lancement lundi de l'opération américaine dans le détroit d'Ormuz s'est accompagné d'accrochages en mer entre Iraniens et Américains, et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputées à l'Iran mais démenties par lui, après des semaines de calme relatif.

L'Iran a nié jeudi toute implication dans l'explosion survenue sur un cargo sud-coréen, le HMM Namu, dans le détroit lundi, via un communiqué de son ambassade à Séoul.

"Tous les scénarios"

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays a accueilli des négociations directes jusqu'ici sans lendemain entre l'Iran et les Etats-Unis le 11 avril, a dit avoir "bon espoir" que l'actuelle dynamique aboutisse à une paix durable.

Mais en Iran, certains ne cachent pas leur lassitude.

"Que vous soyez en Iran ou non, la pression psychologique est intense. Tout le monde est déprimé et sans espoir à cause de ce jeu psychologique", confie Azadeh, une traductrice de 43 ans jointe par une journaliste de l'AFP à Paris.

Israël est "prêt à tous les scénarios" face à l'Iran, a prévenu le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Et l'armée est prête également à reprendre une opération "forte et puissante", selon son chef.

Sur le front libanais, M. Netanyahu a affirmé mercredi soir que l'armée avait visé un commandant de haut rang du Hezbollah à Beyrouth.

Un commandant du groupe pro-iranien a bien été tué dans cette frappe - la première sur la banlieue sud de la capitale depuis le cessez-le-feu du 17 avril, a indiqué à l'AFP une source proche du Hezbollah.

Le ministère de la Santé libanais a aussi recensé 11 morts dans le sud et l'est du pays dans des bombardements israéliens, malgré la trêve imposée par les Etats-Unis.

L'armée israélienne a annoncé l'interception d'une "cible aérienne suspecte" en provenance du Liban après le déclenchement de sirènes dans le nord du pays dans la nuit de mercredi à jeudi.