L'Iran et la Turquie, «grands perdants» du nouvel ordre régional

La Turquie et l'Iran sont les grands «perdants» de la normalisation des relations entre les Émirats arabes unis et le Bahreïn avec Israël, ont conclu les experts du débat stratégique d'Abou Dhabi. (AFP / Fichier Photos)
La Turquie et l'Iran sont les grands «perdants» de la normalisation des relations entre les Émirats arabes unis et le Bahreïn avec Israël, ont conclu les experts du débat stratégique d'Abou Dhabi. (AFP / Fichier Photos)
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Publié le Vendredi 13 novembre 2020

L'Iran et la Turquie, «grands perdants» du nouvel ordre régional

  • «Je vois l'Iran comme un perdant dans le sens où il est perdant géopolitiquement, idéologiquement et politiquement chez lui»
  • «Aujourd'hui, la Turquie est de plus en plus perçue comme un pays islamiste»

DUBAÏ: La Turquie et l'Iran sont les grands «perdants» de la normalisation des relations entre les Émirats arabes unis et le Bahreïn avec Israël, mais les accords signés par les trois pays ne sont nullement dirigés contre qui que ce soit, selon les participants au débat stratégique d'Abu Dhabi qui vient de terminer.

L'un des principaux points à retenir de ces trois jours de discussions est que les accords d'Abraham visent à résoudre le conflit israélo-arabe, et à l'aborder de manière stratégique et réaliste, tout en créant une dynamique de paix dans tout le Moyen-Orient.

Organisée par le Centre des politiques des Émirats, la septième édition du débat annuel comprenait des tables rondes virtuelles auxquelles ont participé des experts stratégiques, des chercheurs et des décideurs du monde entier.

Participant à un débat mercredi intitulé «Le Moyen-Orient entre rationalité politique et illusions», Khalifa Shaheen Al-Marar, ministre adjoint des affaires politiques des EAU au ministère des Affaires étrangères, l'a exprimé ainsi: «Les accords d'Abraham représentent un projet en cours; plus nous obtenons des résultats tangibles de l'accord, plus nous nous encourageons à trouver des solutions pacifiques aux conflits interminables».

Des jeunes Palestiniens lèvent les portraits du défunt président palestinien Yasser Arafat lors d'un rassemblement des partisans du Fatah pour marquer le 16e anniversaire de sa mort, dans la ville cisjordanienne de Ramallah le 11 novembre 2020 (AFP)

Al-Marar a également ajouté: «Pour profiter du succès de l’accord et de son élan, nous devons redoubler d'efforts afin de trouver une solution au sujet du processus de paix palestinien basée sur une solution à deux États».

Deux experts qui ont participé mercredi à une table ronde distincte intitulée «Décoder la région au lendemain du Traité» ont appelé à un dialogue plus approfondi entre les signataires des accords d'Abraham et d'autres pays du Moyen-Orient en vue d'entamer le désamorçage des tensions.

«Je vois l'Iran comme un perdant dans le sens où il est perdant géopolitiquement, idéologiquement et politiquement chez lui», a déclaré Alex Vatanka, chercheur principal et directeur du programme de l’Iran à l'Institut du Moyen-Orient. «Sur le plan géopolitique, le régime iranien est désormais préoccupé par les implications d’une potentielle présence israélienne dans le Golfe sur la sécurité de Téhéran. Idéologiquement, l'axe de la résistance est maintenant sur la défensive. Il est clair que l'option de la lutte armée contre Israël n'a pas vraiment fonctionné et il est peut-être temps d'essayer une approche différente. Sur le plan intérieur, c'est une source d'embarras pour le régime iranien aux yeux des Iraniens eux-mêmes».

Vatanka a aussi affirmé que l'Iran devra trouver à présent des solutions politiques et, plus important encore, faire un travail d’introspection. «Le point d'interrogation est toujours là quant à savoir dans quelle mesure Israël et les pays du Golfe vont coopérer militairement et dans le secteur des renseignements, ce qui façonnera probablement les actions de l'Iran à l'avenir», a-t-il déclaré.

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iraniens participent à une manifestation contre les «crimes» américains à Téhéran le 3 janvier 2020 à la suite du meurtre du général de division des gardiens de la révolution iraniens Qasem Soleimani lors d'une frappe américaine contre son convoi à l'aéroport international de Bagdad. (AFP / Fichier Photo)

«L’Iran a commis une erreur colossale au cours des 42 dernières années en croyant qu’il peut s'entendre avec les États du Golfe en passant par Washington. Cette théorie ne fonctionnerait jamais. L'axe de la résistance est maintenant sur la défensive, ce qui met la pression de plus en plus sur l'Iran».

D’après Vatanka, si les Accords d'Abraham créent des formes de coopération réelles entre Israël et les pays du Golfe, la vie deviendrait plus difficile pour l'Iran et pour le message idéologique véhiculé depuis 42 ans. «C'est un embarras pour le régime iranien, un échec de leur part», a-t-il dévoilé.

«La politique étrangère iranienne a incité à des sanctions massives contre le pays et a mis tout le régime en danger. Les Iraniens vont finir par sortir dans la rue et tout ce que représente la République islamique sera désormais contesté. Contrairement à toutes les fois où vous l'avez vu auparavant. Cela est, sans aucun doute, un risque réel pour le régime».

La Turquie se trouve elle aussi du mauvais côté du nouvel ordre du Moyen-Orient suite à la normalisation des relations entre Israël, les Émirats arabes unis et le Bahreïn, selon le second invité de la table ronde. Omar Taspinar, chercheur principal à la Brookings Institution, a déclaré que le président turc Recep Tayyip Erdogan veut sans cesse à créer la perception d'une Turquie forte dans la région, aux yeux des Frères musulmans et des centaines de millions de croyants.

Taspinar a également annoncé que l'Accord d'Abraham confirme l’isolement que la Turquie ressent, car Israël était un allié de la Turquie il n'y a pas si longtemps. «Aujourd'hui, la Turquie est de plus en plus perçue comme un pays islamiste», a affirmé Taspinar. Cela joue un rôle dans le sentiment de colère, de rancœur et de victimisation à Ankara. Erdogan utilise cette victimisation et la tourne en sa faveur, se déclarant l'un des quelques alliés qui restent à la cause palestinienne.

Taspinar a aussi déclaré qu'Erdogan positionne la Turquie comme l'un des rares pays à pouvoir défier la dynamique de la région qui va vers la légitimation d'Israël. «Il y a de l'ironie là-dedans, car vous pouvez demander ce que la Turquie a fait vraiment pour les Palestiniens? C'est plus une simple perception que la réalité, (mais) Erdogan est dans l'œuvre de ne créer que des perceptions», a-t-il déclaré.

Taspinar estime que «politiquement, Erdogan est déterminé à envoyer le message qu'il est un partisan de la cause palestinienne comme une étape supplémentaire dans ses messages populistes au monde entier en général, et à sa base nationale, en particulier».

Avec la défaite du président Donald Trump aux élections américaines, la Turquie est «le plus grand perdant», a affirmé Taspinar, en ajoutant qu'un sentiment de panique s’est installé à Ankara ces jours-ci à l'égard d'une administration Biden. Celle-ci ne sera certainement pas intéressée par une réinitialisation des relations sans que la Turquie se conforme à certaines normes, notamment devenir un allié loyal de l'OTAN et trouver une nouvelle voie pour ses relations en Syrie.

«Les États-Unis sous (le président Biden) auront beaucoup d'influence économique contre Erdogan, et c'est dans l'économie qu'Erdogan est le plus vulnérable car la Turquie n'a ni pétrole ni gaz naturel. Elle est totalement dépendante (économiquement)», a révélé Taspinar. «L'économie turque et la lire sont en chute libre, et sans une reprise économique imminente, Erdogan risque de perdre les élections».

Un navire de guerre des forces navales turques, qui a participé à l'exercice Blue Homeland 2019, traverse le Bosphore à Istanbul, en Turquie, le 9 mars 2019 (AFP / Fichier Photo)

Cependant, Taspinar ne prévoit pas qu'Erdogan change sa politique étrangère «pro-islamiste» en raison de la détérioration de la situation économique en Turquie. «Tandis que l'économie se détériore, la Turquie examine les opportunités au Moyen-Orient en agitant le drapeau de l'islam politique pour détourner l'attention de sa mauvaise gestion de l'économie du pays», a-t-il reconnu.

Pour sa part, Vatanka a déclaré que le tableau le plus optimiste en relation avec l'accord EAU-Bahreïn-Israël, et que l'un de ces deux pays devrait amener les Palestiniens dans les négociations dès que possible. «Ils ne peuvent pas être laissés sur la touche», a-t-il déclaré.«Si les Palestiniens acceptent les nouvelles réalités sur le terrain, cela compliquerait encore davantage la vie à la Turquie et l'Iran qui utilisent la question palestinienne à leurs propres fins politiques».

Il a affirmé qu'il était vital pour le bien des Émirats arabes unis, pour la stabilité du pays du Golfe et d'Israël de ne pas annuler l'accord, du moins, pas dans un avenir proche, ni de devenir un terrain de jeu pour les opérations contre l'Iran, car cela pourrait conséquemment forcer les Iraniens à riposter. «Si l'Iran choisit d'aller dans le sens d'essayer d'élargir le débat dans sa politique étrangère, cela pourrait être le début de la solution», a déclaré Vatanka.

«Si l'Iran décide qu'il choisira à la fois, de sauver l'accord nucléaire et d'élargir la conversation, ce qui pourrait avoir lieu dans six mois, les États-Unis seront ainsi acceptés par l'Iran en tant qu'acteur régional. Il faut que les États du Golfe se réunissent autour de la table; c'est quelque chose que Washington et Téhéran doivent accepter pour une paix viable et véritable dans la région.

Vatanka a, de plus, affirmé que l'élection de Biden aurait pu être l'occasion idéale pour le guide suprême iranien Ali Khamenei de changer de direction et d’attribuer la détérioration des relations avec les États-Unis à Trump. «Au lieu de cela, il a qualifié le gouvernement américain de corrompu et a critiqué les élections. C'est une preuve qu'il pense toujours bas et qu'il n'est pas disposé à changer la position générale d'un État islamiste militant et révolutionnaire », a-t-il déclaré.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Olivier Cadic : « Les relations entre la France et l’Arabie saoudite n’ont jamais été aussi denses »

De gauche à droite : Nathalie Delattre, sénatrice de la Gironde (France) ; Olivier Cadic, sénateur des Français établis hors de France ; S.E. Waleed Al-Khereiji, vice-ministre des Affaires étrangères du Royaume d’Arabie saoudite ; Rémy Pointereau, sénateur du Cher (France). (Photo: fournie)
De gauche à droite : Nathalie Delattre, sénatrice de la Gironde (France) ; Olivier Cadic, sénateur des Français établis hors de France ; S.E. Waleed Al-Khereiji, vice-ministre des Affaires étrangères du Royaume d’Arabie saoudite ; Rémy Pointereau, sénateur du Cher (France). (Photo: fournie)
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  • En visite à Riyad, le sénateur des Français établis hors de France souligne l’accélération des échanges entre Paris et le Royaume, les opportunités offertes par Vision 2030 et le rôle stabilisateur de l’Arabie saoudite dans la région
  • La transformation de l’Arabie saoudite ouvre de nouvelles opportunités pour les entreprises françaises, notamment dans l’intelligence artificielle, les infrastructures, les énergies renouvelables, la culture, le tourisme et l’économie numérique

RIYAD : Sénateur des Français établis hors de France depuis 2014, vice-président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées et président du groupe d’amitié interparlementaire France–Pays du Golfe, Olivier Cadic a effectué une nouvelle visite en Arabie saoudite à la tête d’une délégation parlementaire française composée notamment des sénateurs Nathalie Delattre et Rémy Pointereau. À l’issue de ses rencontres avec les autorités saoudiennes, il revient sur la transformation du Royaume, l’état des relations franco-saoudiennes et les perspectives de coopération entre les deux pays.

Pour Olivier Cadic, l’Arabie saoudite figure aujourd’hui parmi les pays qui se transforment le plus rapidement au monde. « Il s’agit de ma neuvième visite en Arabie saoudite en onze ans. Ce qui me frappe à chaque déplacement, c’est la rapidité de la transformation du pays », confie-t-il à Arab News en français.

Le sénateur souligne particulièrement les changements observés à Riyad, où les projets de développement se multiplient dans le cadre de la Vision 2030 portée par le prince héritier Mohammed ben Salmane. Selon lui, cette stratégie de modernisation « insuffle un souffle de modernité accéléré » et traduit une volonté claire de diversification économique, d’innovation et d’ouverture sur le monde.

Au cours de sa visite, Olivier Cadic a insisté sur la solidité du partenariat franco-saoudien, qu’il qualifie d’exceptionnel.

« Les relations entre la France et l’Arabie saoudite sont excellentes et n’ont jamais été aussi denses », affirme-t-il. Selon le sénateur, cette proximité repose sur une confiance mutuelle et sur des convergences de vues concernant plusieurs dossiers régionaux majeurs.

Il rappelle également l’importance de la solidarité entre partenaires dans les moments difficiles. « J’ai souhaité rappeler que la France n’oublie pas les attaques dont l’Arabie saoudite a été victime. Dans les moments difficiles, les partenaires doivent pouvoir compter les uns sur les autres. »

Selon Olivier Cadic, Paris et Riyad partagent notamment leur soutien à une solution à deux États pour résoudre le conflit israélo-palestinien, leur préoccupation face à la perspective d’une acquisition ou d’un usage d’une capacité nucléaire militaire par l’Iran, ainsi que leur volonté de voir le Liban retrouver sa pleine souveraineté et la Syrie renouer avec la stabilité.

« Plus largement, la France et l’Arabie saoudite défendent le multilatéralisme, le respect du droit international et de l’intégrité territoriale des États », souligne-t-il.

Sur le plan économique, le sénateur estime que les perspectives de cooperation entre la France et l’Arabie saoudite sont particulièrement prometteuses.

Les secteurs des nouvelles technologies, de l’intelligence artificielle, des énergies renouvelables, du tourisme, de la culture et de la formation figurent parmi les domaines les plus porteurs.

« La diversification de l’économie saoudienne crée de nombreuses opportunités pour les entreprises françaises, qui disposent d’un savoir-faire reconnu dans ces secteurs », explique-t-il.

Les mégaprojets lancés dans le cadre de Vision 2030 offrent également de nouvelles perspectives dans les infrastructures de transport, la gestion durable de l’eau, les énergies décarbonées, la santé et les technologies numériques.

Olivier Cadic met aussi en avant l’émergence de nouveaux axes de coopération à forte valeur ajoutée. « Les coopérations entre la France et l’Arabie saoudite s’étendent désormais à de nouveaux secteurs, notamment les industries culturelles et créatives, l’intelligence artificielle, mais aussi l’e-sport », observe-t-il.

Pour le sénateur, les projets liés à l’économie numérique et à la jeunesse illustrent parfaitement la capacité des deux pays à construire ensemble des partenariats innovants et tournés vers l’avenir.

Parmi les éléments les plus marquants de cette mission, Olivier Cadic évoque avant tout l’état d’esprit qu’il a observé auprès des responsables saoudiens et des jeunes générations.

« J’ai été particulièrement impressionné par la confiance qui anime les responsables saoudiens et la jeunesse du pays. On ressent une véritable volonté de construire l’avenir et de réussir la transformation engagée », confie-t-il.

Le sénateur souligne également la qualité de l’accueil qui lui a été réservé et salue « l’hospitalité saoudienne », ainsi que les efforts entrepris pour valoriser le patrimoine culturel du Royaume et développer son attractivité touristique.

Cette dynamique de coopération devrait continuer à se renforcer dans les années à venir. Selon Olivier Cadic, les échanges bilatéraux se sont considérablement intensifiés ces dernières années, comme en témoigne la multiplication des visites officielles entre les deux pays. Le sénateur rappelle notamment qu’une délégation saoudienne a été accueillie en France en 2025.

« Le rôle des groupes d’amitié parlementaires est précisément de nourrir ce dialogue dans la durée et de favoriser l’émergence de nouvelles coopérations, qu’elles soient économiques, culturelles ou institutionnelles », souligne-t-il.

Interrogé sur la situation actuelle dans le Golfe, Olivier Cadic estime que l’Arabie saoudite joue un rôle central dans une région confrontée à de nombreux défis sécuritaires et géopolitiques.

« Le Golfe évolue dans un environnement régional particulièrement complexe », note-t-il, faisant référence aux tensions liées au conflit israélo-iranien.

Dans ce contexte, il considère que le Royaume s’affirme comme un acteur stabilisateur, privilégiant les solutions diplomatiques et les initiatives favorisant la paix régionale. Son poids économique, politique et diplomatique en fait, selon lui, « un acteur incontournable de l’équilibre régional ».

Enfin, Olivier Cadic a tenu à adresser un message à la communauté française vivant et travaillant en Arabie saoudite.

« J’adresse un message de confiance à nos compatriotes établis en Arabie saoudite », déclare-t-il. « Ils participent pleinement au rapprochement entre nos deux pays et contribuent au rayonnement de la France. »

Le sénateur estime que les perspectives offertes par le Royaume sont considérables et que les relations franco-saoudiennes disposent encore d’un potentiel de développement exceptionnel.

« Plus que jamais, les Français présents dans le Royaume sont des passerelles entre nos deux nations et des acteurs précieux de cette coopération d’avenir », conclut-il.

 


Le président syrien n'entend pas intervenir au Liban (sources proches)

Le président syrien Ahmed al-Chareh. (REUTERS)
Le président syrien Ahmed al-Chareh. (REUTERS)
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  • Le président syrien Ahmad al-Chareh a démenti toute intention d’intervention au Liban, qualifiant ces rumeurs d’infondées
  • Damas affirme privilégier la coordination avec Beyrouth et la stabilité du Liban, dans un contexte régional tendu lié au Hezbollah et au conflit israélo-libanais

DAMAS: Le président syrien Ahmad al-Chareh a déclaré à des visiteurs que Damas n’avait aucune intention d’intervenir au Liban, démentant des rumeurs à ce sujet, ont indiqué vendredi à l'AFP deux personnes ayant assisté à l'entretien.

L’un des participants, qui a requis l’anonymat, a affirmé que le dirigeant syrien avait dit à une délégation de près de 70 notables et dignitaires de la province de Damas, en visite jeudi au palais présidentiel, que "ce qui se dit au sujet d'une intervention de la Syrie au Liban n’est qu'une rumeur".

L'autre personne a confirmé ces propos.

Le communiqué officiel publié à l'issue de cette visite, centrée autour de questions locales de développement, n'a fait aucune mention des propos d'Ahmad al-Chareh sur le Liban.

Le président américain Donald Trump avait affirmé lors d'une interview le 7 juin à NBC que le président syrien était prêt à aider à affaiblir le Hezbollah, contre lequel Israël mène une campagne de frappes aériennes et une offensive terrestre.

Dans une interview télévisée jeudi, le porte-parole du ministère syrien de l’Intérieur, Noureddine al-Baba, a déclaré que Damas se tient aux côtés du président libanais Joseph Aoun pour " préserver la sécurité du Liban et la souveraineté de l’Etat libanais".

"La coordination avec (...) le Liban est le fondement de tout rôle que la Syrie peut jouer dans la résolution des dossiers libanais", a-t-il ajouté.

Réagissant aux propos de Donald Trump, Noureddine al-Baba a déclaré que "les parties syrienne et libanaise sont les mieux placées pour (les) interpréter et se mettre d’accord sur une formule qui serve les deux pays dans le cadre d'une vision arabe commune".

Selon un diplomate qui a requis l'anonymat, la Syrie est sous pression des Etats-Unis depuis le début de la guerre entre Israël et le Liban le 2 mars pour intervenir contre la formation pro-iranienne dans le pays voisin, avec lequel elle partage une longue frontière terrestre.

La Syrie est dirigée depuis fin 2024 par des autorités islamistes hostiles au Hezbollah, qui était l'allié du président renversé Bachar al-Assad.

M. Chareh a dit vouloir ouvrir une nouvelle page avec le Liban.

Le président syrien Hafez al-Assad, père de Bachar al-Assad, était intervenu au Liban en pleine guerre civile en 1976 et ses troupes ne s'en étaient définitivement retirées que près de 30 ans plus tard.


Le CCG déclare que les hostilités iraniennes compromettent le dialogue et les relations régionales

Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
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  • Le communiqué indique que la poursuite de l'agression iranienne ne fera qu'accentuer l'isolement de l'Iran
  • Affirmation du droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international

LONDRES : Un communiqué du Conseil de coopération du Golfe a déclaré mercredi que les hostilités iraniennes sapaient la confiance et fermaient la porte au dialogue.

Le communiqué souligne que "l'agression ne permet pas d'établir des relations ni de favoriser la compréhension ou le rapprochement".

La déclaration ajoute que la poursuite de l'approche agressive de l'Iran ne fera qu'accentuer son isolement, avertissant que de telles politiques affaiblissent la stabilité régionale.

Elle précise également que la porte de la compréhension reste ouverte à ceux "qui choisissent le langage de la sagesse et du bon voisinage".

Le Conseil a réaffirmé son entière solidarité avec le Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, soulignant que la sécurité des États du Golfe est indivisible et que toute attaque contre un membre constitue une attaque contre tous.

Le Conseil a condamné les actions de l'Iran, a tenu Téhéran pour responsable de leurs conséquences sur la sécurité régionale, la navigation internationale et l'approvisionnement en énergie, et a appelé la communauté internationale à demander des comptes aux responsables.

Il a également affirmé le droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international et à la charte des Nations unies.

Cette déclaration a été faite alors que les ministres des affaires étrangères du CCG participaient à la 167e session du conseil ministériel du CCG à Bahreïn.

La réunion du CCG pour les États arabes du Golfe s'est tenue à Manama sous la présidence du ministre des affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani.