Biden et Xi rassurent mais les tensions restent vives

Le président américain Joe Biden et le président chinois Xi Jinping se rencontrent en marge du sommet du G20 à Nusa Dua sur l'île balnéaire indonésienne de Bali, le 14 novembre 2022 (Photo, AFP).
Le président américain Joe Biden et le président chinois Xi Jinping se rencontrent en marge du sommet du G20 à Nusa Dua sur l'île balnéaire indonésienne de Bali, le 14 novembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 15 novembre 2022

Biden et Xi rassurent mais les tensions restent vives

  • Joe Biden a affirmé qu'une nouvelle Guerre froide n'était pas nécessaire, tandis que le dirigeant chinois assurait que Pékin n'avait pas l'intention de «changer l'ordre international existant»
  • Et la Maison Blanche a indiqué que le secrétaire d'État américain Antony Blinken se rendrait en Chine en début d'année prochaine

NUSA DUA; Les présidents américain Joe Biden et chinois Xi Jinping ont cherché à calmer le jeu lors d'une rare rencontre lundi en Indonésie, mais les deux superpuissances restent sur une trajectoire de collision tant les tensions sont fortes entre elles, selon des experts.

À l'issue de trois heures de discussions dans le cadre pittoresque de l'île de Bali, Joe Biden a affirmé qu'une nouvelle Guerre froide n'était pas nécessaire, tandis que le dirigeant chinois assurait que Pékin n'avait pas l'intention de "changer l'ordre international existant".

Et la Maison Blanche a indiqué que le secrétaire d'État américain Antony Blinken se rendrait en Chine en début d'année prochaine, ce qui serait sa première visite en plus de quatre ans.

Le président américain "a envoyé un message rassurant et le compte rendu chinois (de la rencontre) était très positif, presque rayonnant. Cela montre, en soi, l'intérêt des deux parties à l'amélioration de leurs relations", estime Yun Sun, directrice du programme Chine au Stimson Center, à Washington.

Mais au-delà de cet espoir partagé d'éviter une confrontation directe, l'experte souligne que les deux pays ont des visions divergentes sur ce que signifie une relation stable, surtout dès lors qu'il s'agit de Taïwan, et qu'il faudra attendre des "mesures concrètes" pour juger d'une éventuelle amélioration de leurs relations.

Un autre expert, Rui Zhong, du Wilson Center, se montre lui plus sceptique, décrivant le rendez-vous de Bali comme un sommet "de maintenance" et disant ne pas compter sur de "réelles avancées" lors de la visite de M. Blinken en Chine.

Pour leur première rencontre en personne depuis 2019, les deux présidents ont tout fait pour afficher un ton plus conciliant.

Ils se trouvent à Bali pour un sommet des pays du G20 mardi et mercredi.

Le dirigeant chinois "n'avait aucun intérêt à se montrer excessivement froid, inflexible ou trop belliciste face à Biden, du moins devant lui", relève Rui Zhong.

Pour Joe Biden, la priorité diplomatique immédiate était de continuer à isoler la Russie pour sa guerre en Ukraine, alors que Pékin a toujours refusé de condamner le conflit.

La Maison Blanche a indiqué que MM. Biden et Xi s'étaient mis d'accord "sur le fait qu'une guerre nucléaire ne devrait jamais être menée et ne peut jamais être gagnée", même si la mention du nucléaire ne figure pas dans le communiqué chinois.

Profonde méfiance

Au-delà du message envoyé lundi, les deux pays se méfient profondément l'un de l'autre.

Dans un document sur la stratégie nationale des Etats-Unis publié le mois dernier, l'administration Biden indiquait que la Chine "est le seul rival qui ait à la fois la volonté de changer l'ordre international et, de plus en plus, les moyens économiques, diplomatiques, militaires et technologiques de poursuivre cet objectif".

À Washington, on considère ainsi que la Chine sous Xi Jinping, fort d'un troisième mandat, se positionne de plus en plus ouvertement pour affirmer la puissance chinoise dans le monde et cherche à déloger les Etats-Unis.

Rush Doshi, le conseiller Chine de Joe Biden ayant pris part aux discussions à Bali, écrivait déjà dans un livre en 2019 que la stratégie chinoise consiste "à contrer et tenter de mobiliser à travers le monde pour déloger les Etats-Unis de sa place de leader".

Mais le gros point de friction reste Taïwan, l'île gouvernée séparément du continent depuis 1949 mais revendiquée par le régime communiste.

L'opposition républicaine à Joe Biden n'a pas tardé à dénoncer la rencontre, le sénateur Tom Cotton par exemple dénonçant ce "retour à une politique d'apaisement naïve qui nuira aux États-Unis, mettra Taïwan en danger et encouragera Xi Jinping".

Joe Biden a certes affirmé avoir obtenu des assurances de la part de Xi Jinping sur le fait qu'une invasion n'est pas "imminente". Mais Pékin a répété lundi que Taïwan est "la première ligne rouge à ne pas franchir dans les relations sino-américaines".

Les tensions entre Taïwan et la Chine ont atteint leur paroxysme en août, lorsque Pékin a organisé des manoeuvres militaires inédites pour protester contre un déplacement sur l'île de la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi.

Le chef républicain Kevin McCarthy, qui pourrait accéder au perchoir de la chambre basse à l'issue du décompte final des voix des élections de mi-mandat du 8 novembre, a clairement affiché son intention de s'y rendre aussi.

Xi Jinping "pourrait avoir un peu de marge pour ne pas réagir de manière excessive" à une telle visite, selon Yun Sun. "Encore que, je doute que les Chinois puissent se permettre de ne pas réagir durement".


Witkoff et Kushner au Pakistan dans l’incertitude autour de pourparlers avec l’Iran

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  • Des négociations indirectes entre les États-Unis et l’Iran pourraient reprendre à Islamabad via des médiateurs pakistanais, malgré des désaccords sur la tenue de discussions directes
  • Sur le terrain, la situation reste fragile : trêve précaire au Liban, violences persistantes et blocage stratégique du détroit d’Ormuz qui continue d’impacter l’économie mondiale

ISLAMABAD: Une possible reprise des pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre se profile samedi, avec l'envoi de négociateurs des deux camps à Islamabad, sans garantie de discussions directes, deux semaines après l'échec d'une précédente tentative.

Parallèlement, la trêve au Liban, autre théâtre du conflit, semble toujours aussi précaire.

Déclenchée par une attaque des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février, la guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Islamabad, la capitale du Pakistan, attend depuis des jours une reprise des pourparlers américano-iraniens, entamés il y a deux semaines et interrompus au bout d'une quinzaine d'heures, même si le cessez-le feu a été unilatéralement prolongé sine die depuis par les Etats-Unis.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est arrivé vendredi soir à Islamabad, pour des entretiens avec de hauts responsables pakistanais.

Mais "aucune rencontre n'est prévue entre l'Iran et les Etats-Unis", a affirmé sur X le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, précisant que les positions de son pays seraient transmises à la partie américaine vie les médiateurs pakistanais.

Les émissaires du président américain Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, se rendront samedi au Pakistan en vue de pourparlers "avec des représentants de la délégation iranienne", a pourtant déclaré auparavant la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, assurant que cette rencontre était une demande de Téhéran.

Le vice-président JD Vance, qui conduisait la délégation américaine il y a deux semaines, ne devrait pas cette fois être du voyage mais pourrait les rejoindre ultérieurement en cas de progrès, a précisé Mme Leavitt.

Après le Pakistan, M. Araghchi doit poursuivre une tournée régionale qui le mènera à Oman et en Russie.

- "Vitale pour le monde" -

Pendant ce temps, le trafic maritime reste à l'arrêt dans le détroit d'Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et qui est désormais soumis à un double blocus iranien et américain.

Les marchés mondiaux ont accueilli avec un enthousiasme très mesuré la perspective de nouvelles négociations entre Washington et Téhéran. Le baril de WTI américain a reculé de 1,51% à 94,40 dollars et le Brent, référence internationale, a modéré sa hausse, clôturant à 105,33 dollars (+0,25%).

Sur le front libanais, le cessez-le-feu, dont une prolongation de trois semaines a été annoncée jeudi soir par Donald Trump après des discussions entre représentants israéliens et libanais à Washington, est déjà mis à rude épreuve.

Le ministère libanais de la Santé a fait état de six tués et deux blessés vendredi par des frappes israéliennes dans le sud du pays.

L'armée israélienne a affirmé que ses soldats avaient tué six membres du Hezbollah lors d'une escarmouche, après avoir déclaré que le mouvement chiite pro-iranien avait abattu l'un de ses drones.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé le Hezbollah de tenter de "saboter" le "processus pour parvenir à une paix historique entre Israël et le Liban".

Le mouvement chiite, qui a entraîné le Liban dans la guerre en rouvrant les hostilités avec Israël le 2 mars, a pour sa part appelé l'Etat libanais à "se retirer des négociations directes avec Israël" et estimé que la prolongation de la trêve n'avait "pas de sens" au vu des "actes d'hostilité" persistants d'Israël.

- "Nous rentrons chez nous" -

L'armée israélienne a par ailleurs émis vendredi un appel à évacuer un village du sud du Liban, le premier de ce type depuis l'annonce de la prolongation du cessez-le-feu. L'agence de presse officielle libanaise ANI a ensuite fait état d'une frappe israélienne sur Deir Aames.

Une négociation directe avec Israël "signifierait une reconnaissance de l'ennemi", explique à l'AFP Ahmad Choumari, 74 ans, qui après avoir hésité, a décidé de quitter la ville de Saïda où il s'était mis à l'abri et de regagner son village, à la faveur de la prolongation de la trêve.

"Nous rentrons chez nous", dit-il, entouré de sacs et de matelas, exprimant l'espoir "que le cessez-le-feu deviendra permanent".

Par ailleurs, la Finul, la force de l'ONU, a annoncé vendredi la mort d'un de ses Casques bleus indonésien blessé le 29 mars dans le sud.


L'OMS salue les résultats de sa campagne de «grand rattrapage» de vaccination des enfants

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
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  • La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite
  • Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants

GENEVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19.

La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite.

Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants.

Cette initiative a pris fin le 31 mars.

Les données finales sont encore en cours de compilation, mais "l'initiative mondiale semble être en bonne voie pour atteindre son objectif qui est de toucher au moins 21 millions d'enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés", ont indiqué les trois organisations dans un communiqué.

De 2023 à 2025, ce programme a permis de vacciner environ 18,3 millions d’enfants âgés de 1 à 5 ans dans 36 pays, grâce à plus de 100 millions de doses de vaccins essentiels.

Parmi ces enfants, environ 12,3 millions n'avaient jamais été vaccinés et 15 millions n'étaient pas vaccinés contre la rougeole.

Le programme a permis d'administrer 23 millions de doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) à des enfants insuffisamment ou non vaccinés.

"En protégeant les enfants qui n'ont pas pu se faire vacciner en raison des perturbations des services de santé causées par le Covid-19, le programme Grand Rattrapage a contribué à inverser l'une des principales conséquences négatives de la pandémie", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué.

Ce "plus vaste effort international jamais entrepris pour vacciner les enfants non vaccinés avec des vaccins essentiels, montre ce qu'il est possible d'accomplir lorsque les gouvernements, les partenaires et les communautés unissent leurs efforts pour protéger les plus vulnérables", a indiqué pour sa part la directrice générale de Gavi, Sania Nishtar, également citée dans le communiqué.

Lors d'un point de presse, le directeur du département Vaccination à l'Unicef, Ephrem Lemango, a appelé à poursuivre les efforts de vaccination de routine, au-delà de l'initiative.

"Le principal enjeu est de mettre en place des systèmes de vaccination capables d'atteindre et de protéger chaque enfant à temps, avant qu'il n'atteigne l'âge limite pour la vaccination. Actuellement, chaque année, 14,3 millions d'enfants ne reçoivent aucun vaccin dans le cadre des programmes de vaccination de routine", a-t-il relevé.

Kate O'Brien, directrice du département vaccins de l'OMS, a elle appelé à lutter contre le scepticisme vis-à-vis de la vaccination, indiquant être très préoccupée par "la politisation croissante des vaccins et de la santé".


Trump dit ne pas vouloir utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran

Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
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  • "Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire"
  • "Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide?"

WASHINGTON: Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.

"Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire", a dit le président américain, à qui une journaliste a demandé s'il envisageait de recourir à la bombe atomique.

"Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide? Pourquoi utiliserais-je l'arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?" a-t-il déclaré.