Au G20, Washington demande à la Chine d'alléger la dette des pays pauvres

Le président américain Joe Biden (à droite) et le président chinois Xi Jinping (à gauche) se rencontrent en marge du sommet du G20 à Nusa Dua, sur l'île balnéaire indonésienne de Bali, le 14 novembre 2022. (AFP).
Le président américain Joe Biden (à droite) et le président chinois Xi Jinping (à gauche) se rencontrent en marge du sommet du G20 à Nusa Dua, sur l'île balnéaire indonésienne de Bali, le 14 novembre 2022. (AFP).
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Publié le Mardi 15 novembre 2022

Au G20, Washington demande à la Chine d'alléger la dette des pays pauvres

  • La Chine, créancier majeur de nombreux pays pauvres, poursuit une politique dénoncée par les Occidentaux comme visant à renforcer le contrôle chinois sur l'économie mondiale
  • La question sera évoquée dans le communiqué final du sommet des vingt grandes économies mondiales qui se tient jusqu'à mercredi en Indonésie, selon ce responsable, même s'il n'y a pas d'unanimité sur le sujet

NUSA DUA : Les Etats-Unis veulent convaincre la Chine et les autres membres du G20 à faire davantage pour alléger la dette des pays les plus pauvres, a indiqué mardi un haut responsable américain.

La question sera évoquée dans le communiqué final du sommet des vingt grandes économies mondiales qui se tient jusqu'à mercredi en Indonésie, selon ce responsable, même s'il n'y a pas d'unanimité sur le sujet.

"Ce qu'on va voir dans le communiqué du G20, c'est que 19 membres du G20 se sont mis d'accord pour dire que c'est une question essentielle, de premier ordre, pour laquelle nous devons agir de manière collective", a indiqué ce responsable qui s'exprimait sous couvert d'anonymat.

Il a évoqué un pays qui "bloque le processus", sans le nommer. Ces propos sont apparemment dirigés contre la Chine, créancier majeur de nombreux pays pauvres dans le cadre d'une politique dénoncée par les Occidentaux comme visant à renforcer le contrôle chinois sur l'économie mondiale.

Le responsable américain s'est alarmé de la "détresse profonde" de certaines économies émergentes dans un contexte actuel compliqué par l'envolée des prix de l'énergie et des produits alimentaires à la suite de la guerre menée par la Russie en Ukraine.

Le sujet figure parmi les points de dissensions entre Washington et Pékin, puissances rivales qui cherchent à relancer le dialogue après une rencontre entre leurs dirigeants Joe Biden et Xi Jinping lundi soir à Bali avant le sommet du G20.


L'Ukraine va recevoir des chars Leopard 1, Moscou revendique des «succès»

Cette photo publiée par le ministère ukrainien de la Défense le 12 septembre 2022 et prise dans un lieu indéfini montre une colonne de chars de l'armée ukrainienne lors d'une offensive, au milieu de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo, AFP)
Cette photo publiée par le ministère ukrainien de la Défense le 12 septembre 2022 et prise dans un lieu indéfini montre une colonne de chars de l'armée ukrainienne lors d'une offensive, au milieu de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo, AFP)
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  • «Au moins 100 chars Leopard 1 A5» seront livrés «dans les prochains mois», ont indiqué les ministres de la Défense de l'Allemagne, des Pays-Bas et du Danemark, dans un communiqué commun
  • «Actuellement, les combats évoluent avec succès dans les zones» de Bakhmout et Vougledar, a affirmé le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou

KIEV: Trois pays européens ont annoncé mardi l'envoi "dans les prochains mois" d'une centaine de chars lourds à Kiev, pour aider son armée à repousser les forces russes qui affirment mener avec "succès" une offensive dans l'est de l'Ukraine. 

Cette annonce est intervenue au moment où le nouveau ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, est en visite surprise à Kiev, et alors que les dirigeants ukrainiens exhortent leurs alliés occidentaux à accélérer l'envoi de chars lourds qui leur ont été promis. 

"Au moins 100 chars Leopard 1 A5" seront livrés "dans les prochains mois", ont indiqué les ministres de la Défense de l'Allemagne, des Pays-Bas et du Danemark, dans un communiqué commun. 

Ces Leopard 1, plus vieux que les Leopard 2 - dont Berlin a promis également à Kiev 14 exemplaires - proviennent de stocks et seront remis à neuf. 

Sur Twitter, le ministre ukrainien de la Défense, Oleksiï Reznikov, a lui affirmé ironiquement que "le 'premier' Leopard 2 est arrivé à Kiev", en postant une photo le montrant en compagnie de M. Pistorius en train de tenir un modèle réduit du char allemand. 

Le calendrier des livraisons occidentales reste toutefois flou, à l'heure où Kiev s'inquiéte de ne pas recevoir les blindés à temps pour repousser une éventuelle nouvelle attaque russe de grande envergure. 

Mardi, la Russie a même revendiqué le "succès" de sa récente offensive dans l'est de l'Ukraine. 

Depuis janvier, son armée, épaulée par les paramilitaires du groupe Wagner et renforcée par des centaines de milliers de civils mobilisés, est repassée à l'offensive, en particulier dans le Donbass, région de l'est dont Moscou revendique l'annexion. 

« Plus ou moins stable » 

"Actuellement, les combats évoluent avec succès dans les zones" de Bakhmout et Vougledar, a affirmé le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, selon un communiqué publié à l'issue d'une réunion avec les cadres de l'armée et de son ministère. 

Il a cité les récentes conquêtes de sept localités dont Soledar, petite ville voisine de Bakhmout que les forces ukrainiennes ont cédée en janvier après des combats meurtriers pour les deux camps. 

M. Choïgou a en outre mis en garde l'Occident contre un accroissement de son aide militaire à l'Ukraine. "De telles mesures entraînent les pays de l'Otan dans le conflit et peuvent conduire à un niveau imprévisible d'escalade", a-t-il dit. 

Les observateurs s'accordent à prédire que la Russie prépare une offensive majeure à la fin de l'hiver où au début du printemps, avec au minimum comme objectif de conquérir tout le Donbass, qu'elle ne contrôle que partiellement. 

Près de Bakhmout, l'artillerie a continué mardi de pilonner les positions russes, selon des reporters de l'AFP qui pouvaient entendre de fréquentes détonations. 

Plus loin du front, Iaroslav, capitaine d'une unité opérant un lance-roquettes multiple Grad, se prépare à ordonner le tir d'une salve d'une quarantaine de projectiles quand l'attaque est finalement annulée. 

"Si on n'a pas besoin de nous, c'est que la situation est plus ou moins stable" sur le front, veut croire le militaire de 35 ans, visage fouetté par un vent glacial. 

La chute de Bakhmout, théâtre depuis plusieurs mois de combats très meurtriers, ouvrirait la voie à une offensive russe vers Kramatorsk, principale ville du Donbass sous contrôle ukrainien. 

« Pas beaucoup de munitions » 

Quelque 150 kilomètres plus au sud, Moscou est également à l'offensive sur Vougledar, à proximité d’un noeud ferroviaire desservant l'est et le sud occupé du pays. 

Dans le nord du Donbass, les Russes sont également en train de presser leur adversaire, dans une zone reconquise par Kiev en septembre. 

Serguiï Solomon, un ouvrier du bâtiment ukrainien de 31 ans devenu soldat, confirme que les forces de Kiev risquent de manquer de moyens face à celles de Moscou. 

"Les Russes ont des chars, des (véhicules de) transport de troupes blindés, des (roquettes) Grad, tout ce que l'on peut imaginer", dit-il. "Nous avons de l'équipement, mais pas beaucoup de munitions". 

Face aux demandes répétées de Kiev et après avoir longtemps tergiversé de peur de provoquer une escalade, Américains et Européens ont récemment décidé d'envoyer des dizaines de chars lourds pour que l'Ukraine puisse mieux s'opposer à une offensive russe et organiser la sienne. 

Leur nombre reste cependant en deçà des attentes de Kiev. Et les Occidentaux continuent de refuser de livrer des avions de combats. 

Les Etats-Unis ont en revanche promis des armements dotés d'une portée allant jusqu'à 150 km, que Kiev réclamait pour pouvoir frapper loin derrière le front les dépôts de munitions et les lignes d'approvisionnements russes. 


Espagne: levée de l'obligation du masque dans les transports

L'Espagne avait levé en avril 2022 le port obligatoire du masque en intérieur, mais il était resté obligatoire dans les transports (métro, bus, trains...). (Photo, AFP)
L'Espagne avait levé en avril 2022 le port obligatoire du masque en intérieur, mais il était resté obligatoire dans les transports (métro, bus, trains...). (Photo, AFP)
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  • «Nous avons approuvé une modification du décret» sur le port du masque en vertu de laquelle «le port obligatoire dans les transports en commun» est levé, a déclaré la ministre de la Santé, Carolina Darias
  • Le port du masque restera en revanche obligatoire dans les hôpitaux, les centres de santé et les maisons de retraite

MADRID: Le masque cessera mercredi d'être obligatoire dans les transports en commun en Espagne, a annoncé mardi le gouvernement, levant ainsi l'une des dernières restrictions sanitaires encore en vigueur dans le pays.

"Nous avons approuvé une modification du décret" sur le port du masque en vertu de laquelle "le port obligatoire dans les transports en commun" est levé, a déclaré la ministre de la Santé, Carolina Darias, à l'issue du Conseil des ministres.

"L'entrée en vigueur aura lieu demain", mercredi, a ajouté la ministre qui s'est félicitée "de l'énorme stabilité de la situation épidémiologique dans le pays".

Le port du masque restera en revanche obligatoire dans les hôpitaux, les centres de santé et les maisons de retraite.

L'Espagne avait levé en avril 2022 le port obligatoire du masque en intérieur, mais il était resté obligatoire dans les transports (métro, bus, trains...).

Cette mesure a toujours été respectée dans le pays, qui a été traumatisé par la première vague de la pandémie de Covid-19, au printemps 2020, et avait alors imposé l'un des confinements les plus stricts au monde.

L'Espagne avait même été l'un des rares pays à rétablir durant quelques semaines, fin 2021, l'obligation de porter un masque en extérieur pour faire face à la déferlante du variant Omicron.


Biden devant le Congrès, pour insuffler un peu de son optimisme à une Amérique désabusée

Le président des États-Unis, Joe Biden, parle aux journalistes après son arrivée à l'aéroport régional de Hagerstown à Hagerstown, Maryland, le 4 février 2023. (Photo, AFP)
Le président des États-Unis, Joe Biden, parle aux journalistes après son arrivée à l'aéroport régional de Hagerstown à Hagerstown, Maryland, le 4 février 2023. (Photo, AFP)
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  • A 80 ans, Joe Biden aura fort à faire pour convaincre ses compatriotes qu'il est leur meilleure option, maintenant et potentiellement à la présidentielle de 2024, face à un Donald Trump déjà parti en campagne
  • Joe Biden, ce modéré peu doué pour les envolées oratoires, ne se laisse jusqu'ici pas atteindre par le marasme et continue de répéter, sur tous les tons, qu'il n'a «jamais été aussi optimiste» pour la première puissance mondiale

WASHINGTON: Convaincre une Amérique désabusée qu'il est l'artisan de sa prospérité retrouvée et le garant de ses succès futurs: Joe Biden, qui envisage de se représenter en 2024, prononce mardi un discours de politique générale aux enjeux conséquents.

Le "discours sur l'état de l'Union" ou "State of the Union Address" est la longue allocution annuelle par laquelle, depuis des décennies, chaque président américain décrit son bilan et expose ses projets face au Congrès, en janvier ou février.

La Constitution oblige le locataire de la Maison Blanche à informer "de temps en temps" les parlementaires. Cette obligation s'est muée en grand rituel de la vie politique américaine, avec son lot de déclarations solennelles, d'ovations dans les travées du parti présidentiel et de mines consternées dans le camp adverse.

Tout ceci prend évidemment un relief particulier quand monte à la tribune un président, le plus âgé de l'histoire américaine, qui envisage de briguer un second mandat.

2024 

A 80 ans, Joe Biden aura fort à faire pour convaincre ses compatriotes qu'il est leur meilleure option, maintenant et potentiellement à la présidentielle de 2024, face à un Donald Trump déjà parti en campagne.

Devant un Congrès dont l'une des chambres, celle des représentants, est désormais aux mains de l'opposition républicaine, le "principal message (sera) que nous devons encore faire des progrès, mais que les gens doivent se sentir optimistes", a dit lundi le principal conseiller économique de Joe Biden, Brian Deese.

Le président démocrate a les chiffres pour lui: croissance robuste, chômage faible, créations d'entreprises en pagaille et inflation qui se calme après avoir éprouvé durement les ménages.

Mais les statistiques ne font pas le ressenti. Malgré les énormes investissements et réformes votés à l'initiative de Joe Biden, 62% des Américains estiment que leur président n'a "pas fait grand-chose" voire "rien fait ou presque" depuis janvier 2021, selon un sondage Washington Post/ABC.

Le camp démocrate lui-même ne manifeste aucun enthousiasme pour une nouvelle campagne de son patron octogénaire. Le même sondage révèle que 38% des électeurs démocrates souhaitent une autre candidature.

Ukraine et Chine 

Joe Biden, ce modéré peu doué pour les envolées oratoires, ne se laisse jusqu'ici pas atteindre par le marasme et continue de répéter, sur tous les tons, qu'il n'a "jamais été aussi optimiste" pour la première puissance mondiale, et cela malgré les périls internationaux qui s'accumulent.

Il y a un an, s'exprimant devant le Congrès juste après l'invasion de l'Ukraine, il avait promis à ses compatriotes que "tout irait bien". Cette fois, alors qu'approche le premier anniversaire de la guerre, Joe Biden ne devrait pas se priver de vanter son rôle moteur dans la riposte occidentale face à la Russie, et plus largement sa vision de "leader du monde libre" face aux autocraties.

Et en particulier face à la Chine, que les Etats-Unis accusent d'avoir envoyé un ballon "espion" au-dessus de leur territoire, aéronef finalement abattu samedi.

Au-delà de l'économie et de la géopolitique, Joe Biden voudra aussi, comme c'est l'usage, balayer un vaste éventail de sujets.

La liste des invités de la Maison Blanche, diffusée mardi, en donne un aperçu.

Seront par exemple présents les parents de Tyre Nichols, jeune homme afro-américain victime de violences policières à Memphis, l'ambassadrice d'Ukraine, le chanteur et activiste Bono, des personnes ayant survécu à un cancer, un couple de lesbiennes, le père d'une victime d'overdose au fentanyl -- ce puissant opiacé de synthèse qui fait des racages aux Etats-Unis...

Mais aussi l'un de ces "héros" que l'Amérique aime célébrer, Brandon Tsay, qui avait désarmé l'auteur d'une fusillade meurtrière ayant frappé la communauté d'origine asiatique en Californie.