Sécurité: L'Assemblée vote le durcissement de l'outrage sexiste

Lors d'une séance achevée peu avant minuit dans un climat tendu après des échanges d'invectives, les députés ont adopté à une large majorité (170 voix pour, 28 contre) un article renforçant la répression de l'infraction d'outrage sexiste «aggravé» (Photo, AFP).
Lors d'une séance achevée peu avant minuit dans un climat tendu après des échanges d'invectives, les députés ont adopté à une large majorité (170 voix pour, 28 contre) un article renforçant la répression de l'infraction d'outrage sexiste «aggravé» (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 17 novembre 2022

Sécurité: L'Assemblée vote le durcissement de l'outrage sexiste

  • L'article voté vise à en faire un délit, avec une amende qui passerait de 1 500 euros actuellement à 3 750 euros
  • Le groupe LFI a voté contre la mesure, déplorant une méthode seulement «répressive» et estimant qu'il fallait «s'attaquer à la cause et non à la conséquence» de ces outrages

PARIS: L'Assemblée a voté mercredi en faveur du durcissement de la répression des outrages sexistes et de la possibilité de déposer des plaintes en visioconférence pour certaines infractions, lors de l'examen de la loi d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur.

Lors d'une séance achevée peu avant minuit dans un climat tendu après des échanges d'invectives, les députés ont adopté à une large majorité (170 voix pour, 28 contre) un article renforçant la répression de l'infraction d'outrage sexiste "aggravé".

L'article voté vise à en faire un délit, avec une amende qui passerait de 1 500 euros actuellement à 3 750 euros.

L'outrage sexiste, instauré récemment pour faire face notamment au "harcèlement de rue", désigne le fait d'imposer à une personne "un propos ou comportement à connotation sexuelle ou sexiste", portant atteinte à sa dignité ou créant une situation "intimidante, hostile ou offensante".

Il est considéré comme "aggravé" dans certains cas, par exemple quand il est commis par une personne abusant de son autorité, sur une personne vulnérable ou encore dans des transports collectifs.

Des amendements identiques des oppositions ont été adoptés, avec l'aval du gouvernement, pour étendre l'outrage sexiste aggravé à tous les mineurs, et non plus seulement aux moins de 15 ans.

D'autres, qui demandaient que les outrages sexistes ne puissent pas faire l'objet d'"amendes forfaitaires délictuelles" aux montants moins élevés, ont été rejetés.

Le groupe LFI a voté contre la mesure, déplorant une méthode seulement "répressive" et estimant qu'il fallait "s'attaquer à la cause et non à la conséquence" de ces outrages.

Plus tôt dans la journée, l'Assemblée a largement voté en faveur d'un possible dépôt de plainte en visioconférence pour certaines infractions, par 155 voix contre 2.

Dans l'hémicycle, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait loué mardi l'une des "révolutions numériques" du ministère, quand certaines victimes doivent "prendre une demi-journée de congés" pour porter plainte aujourd'hui.

Les infractions pénales concernées devront être précisées par un décret du Conseil d'État.

Avec l'aval du camp présidentiel, les députés ont adopté un amendement de la socialiste Cécile Untermaier mentionnant que la victime peut refuser la visio, si elle préfère une procédure en "présentiel".

La visioconférence ne vise pas à "réduire le service public", a souligné la députée Renaissance Caroline Abadie, rappelant les "8 500 recrutements" de gendarmes et policiers promis par la loi durant le quinquennat.

Les députés ont adopté une proposition socialiste pour qu'une victime d'infraction pénale puisse "demander à déposer plainte et être entendue" au sein de "son domicile, d'une association spécialisée d’aide aux victimes ou de tout autre lieu".

Un amendement de Marie Pochon (EELV), prévoyant une possible expérimentation pendant cinq ans "de brigades de gendarmes et policiers mobiles" pour "recueillir les plaintes des victimes de violences conjugales en territoire rural, dans des zones déterminées par décret", a également été adopté contre l'avis du rapporteur.

La séance de mercredi a été levée une dizaine de minutes avant son terme prévu par la vice-présidente de l'Assemblée Valérie Rabault (PS), "pour calmer les esprits" après des échanges d'invectives.

Gérald Darmanin s'est plaint d'avoir été traité de "menteur" depuis les rangs de LFI. La députée écologiste Sandra Regol a ensuite déploré des insultes à son égard lancées par des députés, après qu'elle a demandé au ministre de "cesser" de son côté "d'invectiver la Nupes".

L'examen du texte doit se poursuivre jeudi.


Liban: Macron condamne une "attaque inacceptable" contre une position de l'ONU

Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron condamne une attaque contre une position de la Finul au sud du Liban et réaffirme le rôle stabilisateur de la force onusienne
  • Il exprime le soutien de la France à la souveraineté et à la sécurité de la Syrie, du Liban et de l’Irak, tout en appelant à éviter que le conflit régional ne s’étende

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a condamné vendredi une "attaque inacceptable" contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, après s'être entretenu avec ses homologues libanais Joseph Aoun et syrien Ahmad Al-Chareh.

"La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région", a affirmé sur le réseau social X le chef de l'Etat, soulignant le "rôle clé de stabilisation au sud du Liban" joué par la Finul.

Emmanuel Macron a assuré que son pays resterait "engagé" dans cette force qui compte quelque 700 Français et assuré que "la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie et du Liban, comme de chaque pays dans la région, devait être respectée".

Une position de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a été ciblée vendredi dans le sud du pays, faisant des blessés parmi les Casques bleus ghanéens, selon l'Agence nationale d'information (Ani) libanaise, alors que la guerre déclenchée le week-end dernier par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran s'est étendue au Liban.

Israël a répliqué à des tirs du Hezbollah pro-iranien par des bombardements au Liban, notamment dans son fief de la partie sud de Beyrouth.

Le chef de l'Etat français a discuté auparavant avec le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani, à qui il a exprimé la "pleine solidarité" de la France, après l'attaque par des drones de l'aéroport de Bassora et de deux installations pétrolières dans le sud de l'Irak.

"J'ai renouvelé mon appui à son action résolue pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans le conflit", a-t-il ajouté, estimant que la stabilité de ce pays "est essentielle pour toute la région".

"La France soutient le plein respect de la souveraineté, de la sécurité, et de l’intégrité territoriale de l’Irak", a-t-il également assuré.

Le gouvernement irakien et le gouvernement de la région autonome du Kurdistan ont affirmé que l'Irak ne devait pas servir de base pour lancer des attaques contre des pays voisins, alors que des informations font état de la possibilité que des combattants kurdes traversent la frontière avec l'Iran.

L'Iran a menacé, pour sa part, de prendre pour cible "toutes les installations" de la région du Kurdistan en Irak si des combattants kurdes parvenaient à entrer sur le territoire de la République islamique.


Guerre au Moyen-Orient : le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en Méditerranée

Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
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  • Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive"
  • Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases"

TARIFA: Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bâtiment, qui a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d'être sur zone, était déployé dans le nord de l'Europe dans le cadre d'une mission de l'Otan quand le président français Emmanuel Macron a annoncé son envoi au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive".

Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région".

La France est notamment liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats.

 


La France "ne fait pas la guerre" au Moyen-Orient, assure le président Macron

Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron affirme que la France ne participe pas à la guerre au Moyen-Orient et n’a pas l’intention de s’y engager militairement
  • Paris renforce toutefois sa présence militaire pour protéger ses ressortissants, ses alliés et sécuriser les voies maritimes, tout en cherchant à jouer un rôle de médiateur entre Israël, les États-Unis et le Liban

PARIS: "On n'est pas au combat": le président français Emmanuel Macron a assuré jeudi soir sur Instagram que la France ne faisait "pas la guerre" au Moyen-Orient et qu'elle n'allait pas s'y "engager".

"Je comprends très bien et j'entends votre inquiétude mais je voulais être très clair", a-t-il dit en réponse à une internaute qui s'inquiétait des répercussions de l'offensive israélo-américaine en Iran.

"La France ne fait pas partie de cette guerre. Nous on n'est pas au combat et on ne va pas s’engager dans cette guerre", a déclaré le chef de l'Etat.

"La France ne fait pas la guerre dans cette région. Elle protège les Françaises et les Français, les alliés et elle est aux côtés du Liban", a-t-il ajouté.

La France, ex-puissance mandataire au Liban, garde un attachement fort avec ce pays, où elle dispose encore de leviers d'action et ambitionne de continuer à jouer un rôle. Le Liban constitue de fait un de ses derniers relais d'influence historiques dans la région.

Le pays a envoyé des renforts militaires au Proche et Moyen-Orient - dont le porte-avions Charles de Gaulle - pour protéger ses ressortissants, ses alliés touchés en représailles par l'Iran, les aider "à intercepter les drones, les missiles", a expliqué Emmanuel Macron.

"De manière tout à fait pacifique on est en train de se mobiliser pour essayer de sécuriser le trafic maritime", a-t-il poursuivi.

Le président a annoncé mardi qu'il cherchait à bâtir une coalition afin de sécuriser les "voies maritimes essentielles à l'économie mondiale" dans la région.

"On essaiera d'être les plus raisonnables et les plus pacifiques possible parce que c’est le rôle de la France", a-t-il ajouté.

Comme lors de la dernière campagne de frappes israéliennes visant à détruire les capacités du Hezbollah en 2024, Emmanuel Macron tente de nouveau de faire office de médiateur entre Israël, les Etats-Unis et le Liban.

Après des échanges mercredi avec Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, puis de nouveau jeudi avec les principaux acteurs libanais, il a annoncé vouloir "établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires" du Hezbollah et Israël.