Le changement climatique, «principale menace» pour le patrimoine de l'humanité

La directrice générale de l'UNESCO Audrey Azoulay à Delphes en Grèce (Photo, AFP).
La directrice générale de l'UNESCO Audrey Azoulay à Delphes en Grèce (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 18 novembre 2022

Le changement climatique, «principale menace» pour le patrimoine de l'humanité

  • Audrey Azoulay a également appelé chacun des 194 Etats membres à développer des solutions à la hauteur des enjeux actuels
  • L'Unesco s'inquiète également des dangers du surtourisme et veut inciter les pays membres à prendre des mesures pour mieux gérer le flux des visiteurs

DELPHES: Les conséquences du changement climatique et du recul de la biodiversité constituent "la principale menace" du patrimoine mondial de l'Unesco, a alerté jeudi Audrey Azoulay, directrice générale de l'agence de l'ONU, sur le site antique grec de Delphes.

A l'occasion du 50e anniversaire de la Convention de 1972 sur la protection du patrimoine mondial de l'humanité, Audrey Azoulay a également appelé chacun des 194 Etats membres à "développer des solutions à la hauteur des enjeux" actuels.

"Protéger ce patrimoine de nous-mêmes, c'est (...) faire face aux conséquences du dérèglement climatique et de la perte de la biodiversité. C'est la principale menace (...) que nous mesurons de façon tangible", a-t-elle insisté sur ce site archéologique, sanctuaire panhellénique où parlait l'oracle d'Apollon.

Une immense oliveraie située à 15 km seulement de Delphes s'était retrouvée menacée par les flammes durant l'été alors que les immenses feux de forêt vont crescendo sur le pourtour méditerranéen en été, provoqués par des vagues de canicule.

Autre exemple: au Pakistan, Mohenjo Daro, l'une de premières villes de l'Histoire, frappée par de terribles inondations cet été, incarne les menaces du changement climatique sur le patrimoine mondial.

Apparue environ 3.000 ans avant-JC, la métropole a vraisemblablement dû son salut au génie de ses concepteurs.

Victime du climat
Ce très vaste site de briques aux rues géométriques était doté d'antiques canalisations et d'un tout-à-l'égout surprénamment fonctionnels, qui ont permis d'évacuer en partie le déluge s'étant abattu sur le Pakistan.

Alors que des moussons exceptionnelles entre juin et septembre, ponctuées de précipitations sept à huit fois supérieures à la normale en août, transformaient le sud du pays en un gigantesque lac, des "ruissellements extrêmement importants" étaient recensés à Mohenjo Daro, explique Thierry Joffroy, spécialiste de l'architecture en terre.

Le site pakistanais est "une victime" du climat ayant eu "beaucoup de chance", souligne Lazare Eloundou Assamo, directeur du Patrimoine mondial de l'Unesco.

Sur les 1.154 sites du patrimoine mondial de l'humanité, dont 897 sont des biens culturels, 218 sont des zones naturelles et 39 un mélange des deux, nombreux sont menacés par le changement climatique, affirment tous les experts interrogés par l'AFP.

Rohit Jigyasu, du Centre international d'études pour la conservation et la restauration des biens culturels (ICCROM), pointe des "inondations, ouragans, cyclones et typhons" mais aussi les incendies "beaucoup plus fréquents" qui ont un "énorme impact" sur ces trésors.

Méga-feux, montée des eaux, guerres
A Delphes, Audrey Azoulay a souligné qu'"un site sur 5, et plus d'un tiers des sites naturels voit cette menace déjà comme une réalité aujourd'hui", évoquant les études de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l'un des partenaires de l'Unesco.

"La situation est encore plus dramatique en Méditerranée", a-t-elle affirmé en se référant à une étude publiée dans la revue scientifique Nature affirmant que "la quasi-totalité des sites côtiers de la Méditerranée seraient menacés d'ici la fin du siècle par la montée des eaux et l'érosion, de Rhodes (en Grèce) à Kerkouane (en Tunisie), à Ravenne (en Italie), ou encore à Tyr (au Liban)".

L'île cycladique inhabitée de Delos en mer Egée, l'un de plus importants sites antiques grecs, "est affectée par la crise climatique et la montée des eaux", a quant à lui déploré le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis à Delphes.

Au Pérou, des glissements de terrain se sont produits cette année au pied du Machu Picchu.

Ailleurs, des guerres pour l'eau sont déjà envisagées, dont le patrimoine ne devrait vraisemblablement pas ressortir vainqueur.

L'Unesco s'inquiète également des dangers du "surtourisme" et veut inciter les pays membres à prendre des mesures "pour mieux gérer le flux des visiteurs ou limiter leur impact environnemental" quand "la pression touristique est trop forte", selon Mme Azoulay.

La Grèce est un exemple typique avec une fréquentation touristique en forte hausse cette année. Le site mondialement connu de l'Acropole d'Athènes a ainsi vu le nombre de ses visiteurs s'envoler de 297% de janvier à fin juillet sur un an. L'ensemble des sites archéologiques grecs a vu sa fréquentation grimper de 231% sur cette période.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.