Sunak assure Kiev du soutien britannique «jusqu'à ce que l'Ukraine gagne»

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak assistant à une conférence de presse à la suite d'une réunion avec le président ukrainien à Kyiv, au milieu de l'invasion russe de Ukraine (Photo, AFP).
Le Premier ministre britannique Rishi Sunak assistant à une conférence de presse à la suite d'une réunion avec le président ukrainien à Kyiv, au milieu de l'invasion russe de Ukraine (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 19 novembre 2022

Sunak assure Kiev du soutien britannique «jusqu'à ce que l'Ukraine gagne»

  • A Kherson, dans le sud de l'Ukraine, après huit mois d'occupation russe, la liaison ferroviaire avec Kiev a été rouverte une semaine exactement après le retrait russe
  • M. Sunak a annoncé une nouvelle aide militaire d'un montant de 50 millions de livres et une aide humanitaire de 16 millions de livres

Le nouveau Premier ministre britannique Rishi Sunak a annoncé samedi à Kiev une nouvelle aide militaire, notamment anti-aérienne, assurant le président ukrainien Volodymyr Zelensky de son soutien "jusqu'à ce que l'Ukraine gagne" pendant qu'un premier train reliait la capitale à Kherson.

"Nous resterons à vos côtés jusqu'à ce que l'Ukraine ait gagné la paix et la sécurité dont elle a besoin et qu'elle mérite", a déclaré à Kiev aux côtés du président ukrainien M. Sunak, venu en visite surprise pour la première fois depuis sa prise de fonction fin octobre.

M. Zelensky s'est félicité de cette "visite significative et utile pour les deux pays". "Avec des amis comme vous à nos côtés, nous avons confiance dans notre victoire", a-t-il ensuite tweeté. La guerre en Ukraine dure depuis presque neuf mois, depuis l'invasion russe le 24 février.

M. Sunak a annoncé une nouvelle aide militaire d'un montant de 50 millions de livres (57,4 millions d'euros) et une aide humanitaire de 16 millions de livres (18,3 millions d'euros).

L'aide militaire comporte "125 canons anti-aériens et de la technologie pour contrer les drones meurtriers fournis par l'Iran (à Moscou, ndlr), y compris des dizaines de radars et de l'équipement électronique anti-drones", selon un communiqué de Downing Street.

A Kherson, dans le sud de l'Ukraine, après huit mois d'occupation russe, la liaison ferroviaire avec Kiev a été rouverte une semaine exactement après le retrait russe, permettant à des familles de se retrouver.

Svytlana Dosenko refoule ses larmes en attendant son fils unique qu'elle n'a plus vu depuis le début de la guerre. "Je n'ai plus que lui", s'écrie-t-elle. Son mari est mort du Covid deux jours après le début du conflit. L'électricité avait été coupée à l'hôpital où il était sous respirateur.

La réouverture de la ligne doit également permettre d'approvisionner Kherson qui a désespérément besoin d'aide humanitaire. En se retirant, les Russes ont détruit les infrastructures essentielles, laissant la ville sans eau ni électricité alors que s'installe un rude hiver.

Aider les civils

La présidence ukrainienne a annoncé qu'Andriï Yermak, chef de cabinet de M. Zelensky, avait rencontré Isabelle Dumont, conseillère à la présidence française, pour discuter notamment des préparatifs de la conférence prévue à Paris le 13 décembre sur la reconstruction et l'aide aux civils ukrainiens.

Vendredi, Kiev a réclamé à l'Union européenne un "soutien supplémentaire" pour passer l'hiver alors que près de la moitié de ses infrastructures énergétiques ont été mises "hors d'état de fonctionner" par des frappes russes massives depuis début octobre.

L'Espagne a annoncé samedi l'envoi de 14 nouveaux générateurs électriques, s'ajoutant aux cinq annoncés le 19 octobre, ainsi que de 30 ambulances supplémentaires et des renforts policiers pour aider les autorités à enquêter sur de possibles crimes de guerre.

De nombreux Ukrainiens ne disposent que de peu ou pas d'électricité et sont sans eau chaude, alors que la première neige de l'hiver est tombée jeudi sur le pays.

Moscou impute les coupures de courant et leur impact sur les civils au refus de Kiev de négocier plutôt qu'aux attaques de missiles russes. Kiev rétorque que Moscou n'est pas réellement intéressé par des pourparlers de paix et a estimé vendredi soir que le Kremlin "recherch(ait) désormais une courte trêve, un répit pour reprendre des forces".

Frontières de 1991

"La paix ne viendra qu'après que nous ayons détruit l'armée russe en Ukraine et atteint les frontières de 1991", a assuré samedi M. Yermak. "Seulement alors, la paix sera possible".

Ces frontières sont celles de l'Ukraine indépendante à la chute de l'URSS, qui comprennent la Crimée.

De leur côté, les dirigeants d'Asie-Pacifique ont affirmé qu'ils condamnaient "pour la plupart" la guerre en Ukraine, dans la déclaration finale du sommet de l'APEC, forum de coopération économique pour la région, reprenant la formulation du sommet du G20 en Indonésie plus tôt dans la semaine.

Depuis le début de la guerre, 437 enfants ont été tués en Ukraine et plus de 837 blessés, ont précisé samedi les autorités ukrainiennes.

L'ONU a publié cette semaine un rapport selon lequel des prisonniers de guerre des deux côtés avaient été soumis à la torture et à de mauvais traitements.

Samedi, l'armée ukrainienne a indiqué vérifier l'authenticité de vidéos qui, selon Moscou, prouvent que Kiev a exécuté plus de dix soldats russes qui s'étaient rendus.

La Russie a accusé vendredi l'Ukraine d'avoir ainsi commis un "crime de guerre", au lendemain d'accusations ukrainiennes sur des tortures commises à grande échelle par les forces russes à Kherson. L'ONU a indiqué examiner ces vidéos.

Après la reprise la semaine dernière d'une partie de la région de Kherson par l'armée ukrainienne, les lignes finissent de se déplacer dans le Sud.

Bien en arrière du front, dans la péninsule de Crimée annexée par Moscou en 2014, l'armée russe effectue des travaux de fortification: il s'agit "de garantir la sécurité des Criméens", a assuré Sergueï Aksionov, gouverneur installé par Moscou.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.


L'Iran exige pour rouvrir Ormuz que les Etats-Unis acceptent "toutes" ses conditions

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi. (Photo d’archives/AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi. (Photo d’archives/AFP)
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  • L’Iran maintient le détroit d’Ormuz fermé et exige la fin de la guerre, la levée du blocus et des sanctions, ainsi que des compensations avant toute réouverture
  • Malgré des échanges indirects avec Washington, les négociations restent bloquées, tandis que les tensions régionales s’intensifient avec la reprise des attaques des Houthis au Yémen

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, enjeu majeur de la guerre au Moyen-Orient, restera verrouillé tant que Washington n'acceptera pas "toutes" les conditions posées par Téhéran, ont insisté dimanche les Gardiens de la Révolution, éloignant l'espoir d'un règlement rapide du conflit.

Minimisant ces exigences, le président Donald Trump a déclaré dans une interview au média Axios que les Etats-Unis restaient "discrets" et se contentaient "d'observer l'Iran avec son inflation galopante", une économie en "très mauvais état" et le risque selon lui de ne plus pouvoir payer ses troupes.

Les Etats-Unis imposent depuis juillet un blocus des ports iraniens qui, selon lui, aggrave la crise économique en Iran.

"Ça va s'arranger. Ça finit toujours par s'arranger", a estimé le président, qui a multiplié les déclarations contradictoires sur le conflit. "C'est comme une partie d'échecs", a-t-il estimé.

Au coeur des hostilités: le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran, que le puissant corps des Gardiens de la Révolution ont affirmé considéré comme "un théâtre de guerre et plus seulement (comme) une voie maritime".

"Notre stratégie actuelle est de maintenir ce détroit fermé jusqu'à ce que l'ennemi accepte toutes nos conditions", ont-ils dit.

Loin devant le nucléaire et les missiles iraniens avancés fin février pour justifier l'offensive américano-israélienne, la réouverture de ce passage vital pour le commerce mondial d'hydrocarbures est désormais la priorité n°1 de Donald Trump. Ces derniers jours encore, il n'a cessé de promettre que les discussions allaient bon train et que son déblocage était imminent.

Mais les conditions listées samedi par Téhéran pourraient mener au bras de fer: les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Nombre de ces dispositions figuraient déjà dans le protocole d'accord irano-américain signé en juin, qui devait ouvrir la voie à des négociations plus larges et avait permis une brève réouverture d'Ormuz couplée d'un reflux des prix du pétrole - avant que le processus ne déraille.

Alors que des divergences avec les Etats-Unis ont émergé au fil du conflit, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui insisté dimanche sur le volet nucléaire, redisant qu'"avec ou sans accord", l'ennemi iranien "n'aurait pas d'armes nucléaires".

- "Semi-négociations" -

Tout en réfutant la tenue de négociations avec Washington - dont le président américain s'est plusieurs fois prévalu - le chef de la diplomatie iranienne a fait état dimanche d'"un échange de messages à travers des intermédiaires".

"Ca ne s'appelle pas une négociation. Ca s'appelle échanger des messages", a argué Abbas Araghchi. Il a exclu de renouer le dialogue "tant que les violations américaines" du protocole d'accord ne cessaient pas.

L'Iran affirme ne dialoguer qu'avec Oman, l'autre pays riverain du détroit d'Omuz, pour tracer un futur itinéraire de passage. Ces discussions en sont toujours à leur "phase finale", a redit M. Araghchi.

"Nous ne faisons que des semi-négociations avec eux", a lancé Donald Trump, auprès d'Axios.

Téhéran refuse de revenir à la situation d'avant-guerre et entend imposer des frais de service à Ormuz, contre l'avis de Washington.

- Pause dans les bombardements -

Les bombardements américains ont cessé depuis plus d'une semaine, mais Donald Trump avait conditionné cette suspension à la conclusion d'un accord rapide.

Sur le front de guerre le plus récent, les Houthis du Yémen ont revendiqué dimanche une frappe de drone sur la raffinerie du géant pétrolier saoudien Aramco, sur la mer Rouge.

Ryad, qui soutient le gouvernement yéménite face aux rebelles, a annoncé qu'un incendie, dont il n'a pas précisé la cause, avait été maîtrisé sur le site.

Les Houthis ont aussi tiré des missiles balistiques et des drones sur des "troupes de l'ennemi saoudien et des dépôts d'armes dans la zone de Mokha", ville portuaire yéménite plus au sud, faisant selon une source médicale au moins 11 morts, civils et militaires.

Après quatre ans d'accalmie, les hostilités ont repris en juillet, marquant une nouvelle étape de l'embrasement régional consécutif à la guerre irano-américaine.

Les Houthis avaient alors annoncé un blocus des navires saoudiens en mer Rouge, devenue un passage essentiel pour le transport d'hydrocarbures depuis qu'Ormuz est paralysé. Ils ont aussi frappé à plusieurs reprises le royaume, pour la première fois depuis une trêve négociée en 2022.

L'Arabie saoudite, alliée des Etats-Unis et déjà ciblée par l'Iran pendant la guerre, a signé vendredi avec le Pakistan et la Turquie un pacte de défense mutuelle.