En Grèce, des ONG d'aide aux réfugiés confrontées à une hostilité croissante

Dans cette photo d'archive prise le 8 juin 2021, des policiers patrouillent le long d'une clôture en acier le long du fleuve Evros, la frontière fluviale de la Grèce avec la Turquie, près du village de Poros, le 8 juin 2021. (AFP).
Dans cette photo d'archive prise le 8 juin 2021, des policiers patrouillent le long d'une clôture en acier le long du fleuve Evros, la frontière fluviale de la Grèce avec la Turquie, près du village de Poros, le 8 juin 2021. (AFP).
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Publié le Dimanche 20 novembre 2022

En Grèce, des ONG d'aide aux réfugiés confrontées à une hostilité croissante

  • «La majorité des ONG qui étaient en activité entre 2015 et 2019 sont parties d'elles-mêmes» de Grèce, s'est félicité cette semaine le ministre des Migrations, Notis Mitarachi
  • «Les autorités grecques se livrent à une chasse aux sorcières qui vise les réfugiés, mais aussi leurs défenseurs», ont dénoncé notamment Refugee Support Aegean, le Conseil grec pour les réfugiés (GCR)

ATHENES : Les ONG d’aide aux réfugiés en Grèce, qui dénoncent les refoulements illégaux vers la Turquie, font face à une hostilité croissante depuis des mois au point que certaines ont fini par jeter l'éponge.

"La majorité des ONG qui étaient en activité entre 2015 et 2019 sont parties d'elles-mêmes" de Grèce, s'est félicité cette semaine le ministre des Migrations, Notis Mitarachi, insistant sur le fait que "certaines (...) font l'objet de poursuites pénales pour avoir facilité l'entrée illégale de migrants".

Du côté des organisations qui apportent soins, orientations et conseils aux migrants, le cri d'alarme est venu récemment de 16 d'entre elles lassées justement d'être la cible des attaques répétées du gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis et de certains médias pro-gouvernementaux.

"Les autorités grecques se livrent à une chasse aux sorcières qui vise les réfugiés, mais aussi leurs défenseurs", ont dénoncé notamment Refugee Support Aegean, le Conseil grec pour les réfugiés (GCR) ou la Ligue grecque des droits humains, dans un communiqué commun.

Athènes est régulièrement accusée d'enfreindre le droit international en refoulant vers la Turquie des personnes qui souhaitent déposer une demande d'asile dans l'Union européenne.

Malgré les enquêtes minutieuses de médias et d'ONG et les nombreux témoignages de victimes, les autorités grecques ont toujours nié avoir recours à de telles pratiques.

La ministre adjointe aux Migrations Sofia Voultepsi avait lancé en septembre qu'"en tant que Grecque, elle ne compte pas travailler avec des ONG qui portent atteinte à l'intérêt national" en dénonçant ces renvois illégaux.

Mur

Dans l'Evros, région pauvre du nord du pays, le mur de 40 km, qui marque la frontière avec la Turquie, doit être prolongé de 80 km et 250 garde-frontières supplémentaires vont être déployés d'ici la fin de l'année.

Mais au niveau du fleuve Evros proprement dit, des réfugiés continuent de se frayer un chemin vers l'Europe. Pour les secourir, les humanitaires ne peuvent que rarement avoir accès à cette zone militarisée, quadrillée par les patrouilles de police, les soldats grecs et les contingents de l'agence européenne de surveillance aux frontières Frontex.

En juillet, dans l'Evros, ce sont deux avocats qui ont été arrêtés alors qu'ils essayaient de déposer des demandes d'asile pour deux Irakiens et cinq Turcs.

Actuellement, une cinquantaine d'humanitaires sont poursuivis en justice, ce qui fait de la Grèce avec l'Italie un des pays à la pointe de la criminalisation de l'aide aux migrants.

Début octobre, l'ONG Josoor présente dans la région frontalière a fermé. Elle faisait l'objet de trois poursuites judiciaires qui n'ont pas donné lieu à des condamnations mais qui ont fini par rendre leur travail impossible. L'organisation a notamment justifié sa décision par "l'érosion de l'État de droit en Europe".

Human Rights 360 n'a plus non plus d'activité de surveillance des violations des droits humains aux frontières.

"Cinq à 10 personnes en Grèce aidaient les victimes de +pushbacks+ (renvoi illégal de migrants NDLR) dans la région de l'Evros, nous sommes de moins en moins…" se désole l'avocate Evgenia Kouniaki, qui a quitté l'ONG après de nombreuses pressions.

Durant l'été, cette organisation a été prise dans une tempête quand 38 exilés syriens se sont retrouvés bloqués pendant plusieurs jours sur un îlot de l'Evros.

Les réfugiés affirment qu'une fillette de 5 ans est morte des suites d'une piqûre de scorpion. Mais Athènes émet de sérieux doutes sur la mort de cette enfant et tente depuis de discréditer les humanitaires venus leur porter secours.

Diffamer

La rhétorique contre les ONG est devenue "toxique" à partir de février 2020 lorsque le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé qu'il laisserait passer tous les exilés désireux de se rendre dans l'Union européenne, soutient Lefteris Papagiannakis, directeur du GCR.

"Athènes accuse Ankara d'instrumentaliser les réfugiés et de s'en servir pour déstabiliser la Grèce. Du coup, les ONG qui prennent leur défense sont décrites dans le discours public comme des agents de la Turquie", poursuit-t-il.

Les humanitaires "sont la cible de commentaires hostiles, y compris de la part d'acteurs clés du gouvernement", s'était déjà inquiétée Mary Lawlor, rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits humains, en juin.

 


Arrivée en Australie de proches de jihadistes du groupe EI en Syrie

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
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  • Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie
  • Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC

MELBOURNE: Un avion de Qatar Airways transportant des ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé jeudi à Melbourne, a constaté un journaliste de l'AFP à l'aéroport.

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie.

Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC.

 


L'armée américaine dit avoir «neutralisé» un pétrolier ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens

Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
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  • Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti
  • Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir tiré sur un pétrolier battant pavillon iranien ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens imposé par Washington pour en "neutraliser le gouvernail".

"Les forces américaines opérant dans le Golfe ont fait respecter les mesures de blocus en neutralisant un pétrolier battant pavillon iranien sans cargaison qui tentait de naviguer vers un port iranien mercredi, à 9H00 heure de Washington", écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"Après que l'équipage du Hasna n'a pas obtempéré aux avertissements répétés, les forces américaines ont neutralisé le gouvernail du pétrolier en tirant plusieurs salves" depuis un avion lancé depuis le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans la région, a-t-il ajouté, précisant que "le Hasna ne fait plus route vers l'Iran".

Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti.

Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau.

Si le blocus des ports iraniens se poursuit, Donald Trump a annoncé mardi la suspension de l'opération américaine "Projet Liberté", lancée juste 48 heures plus tôt pour permettre à des centaines de navires coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz, "compte tenu des grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens".

Mais le président américain a augmenté la pression sur l'Iran mercredi en menaçant de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si ses dirigeants ne concluaient pas d'accord avec Washington.


Trump juge un accord « très possible» avec l'Iran, les marchés s'emballent

Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme qu’un accord de paix avec l’Iran est “très possible” après des discussions jugées positives
  • Les marchés mondiaux réagissent avec optimisme : les Bourses flambent et le pétrole chute fortement, tandis que les tensions militaires restent élevées dans le détroit d’Ormuz et au Liban

WASHINGTON: Donald Trump a jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec l'Iran, générant une chute du pétrole et une flambée des places boursières, même s'il a de nouveau agité la menace d'une reprise des bombardements.

"Nous avons eu de très bonnes discussions dans les dernières 24 heures et il est très possible que nous passions un accord", a dit le président américain pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau ovale.

Le milliardaire républicain avait déjà évoqué dans la journée une fin de l'opération "Fureur épique" en cas d'accord, menaçant autrement l'Iran de nouveaux bombardements à "une intensité bien plus forte qu'avant", en référence à la campagne américano-israélienne menée du 28 février au cessez-le-feu du 8 avril.

Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a, lui, estimé que Washington cherchait à forcer la "reddition" de Téhéran par une "nouvelle stratégie" visant à "détruire la cohésion du pays".

Mais la République islamique s'est gardée de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant que "l'Iran examinait toujours le plan et la proposition américaine".

Fête sur les marchés

Les marchés financiers ont préféré retenir un scénario optimiste. A Tokyo, l'indice Nikkei bondissait de 5,53% peu après 04H30 GMT jeudi, et Hong Kong ou encore Shanghai évoluaient aussi dans le vert. La veille, l'euphorie avait dominé Wall Street et les Bourses européennes.

Le cours du baril de Brent a plongé mercredi de près de 8% à 101,27 dollars, loin du pic des 126 dollars atteint il y a quelques jours. Jeudi en Asie, il évoluait en très légère hausse, à 101,87 dollars.

Mardi, M. Trump avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord" avec l'Iran, la suspension de l'opération américaine lancée juste la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.

Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban.

Washington maintient son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril, et le Pentagone a annoncé mercredi qu'un pétrolier iranien essayant de le forcer avait été "neutralisé" par un tir sur son gouvernail.

Possible signe annonciateur d'une évolution sur le terrain, le porte-avions Charles-de-Gaulle va se prépositionner dans la région du Golfe, selon les autorités françaises, au moment où la coalition montée par Londres et Paris se tient prête à sécuriser le détroit d'Ormuz après un éventuel règlement.

Le président français Emmanuel Macron a souligné mercredi "l'utilité" que cette mission multinationale aurait, dans un appel à son homologue iranien Massoud Pezeshkian, selon un message sur X.

A l'ONU, Washington et les Etats du Golfe ont préparé une résolution au Conseil de sécurité exigeant que Téhéran cesse ses attaques, révèle l'emplacement de ses mines et s'abstienne d'imposer un péage à la navigation, a annoncé le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio. Un vote devrait intervenir dans les prochains jours.

Le lancement lundi de l'opération américaine dans le détroit d'Ormuz s'est accompagné d'accrochages en mer entre Iraniens et Américains, et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputées à l'Iran mais démenties par lui, après des semaines de calme relatif.

L'Iran a nié jeudi toute implication dans l'explosion survenue sur un cargo sud-coréen, le HMM Namu, dans le détroit lundi, via un communiqué de son ambassade à Séoul.

"Tous les scénarios"

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays a accueilli des négociations directes jusqu'ici sans lendemain entre l'Iran et les Etats-Unis le 11 avril, a dit avoir "bon espoir" que l'actuelle dynamique aboutisse à une paix durable.

Mais en Iran, certains ne cachent pas leur lassitude.

"Que vous soyez en Iran ou non, la pression psychologique est intense. Tout le monde est déprimé et sans espoir à cause de ce jeu psychologique", confie Azadeh, une traductrice de 43 ans jointe par une journaliste de l'AFP à Paris.

Israël est "prêt à tous les scénarios" face à l'Iran, a prévenu le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Et l'armée est prête également à reprendre une opération "forte et puissante", selon son chef.

Sur le front libanais, M. Netanyahu a affirmé mercredi soir que l'armée avait visé un commandant de haut rang du Hezbollah à Beyrouth.

Un commandant du groupe pro-iranien a bien été tué dans cette frappe - la première sur la banlieue sud de la capitale depuis le cessez-le-feu du 17 avril, a indiqué à l'AFP une source proche du Hezbollah.

Le ministère de la Santé libanais a aussi recensé 11 morts dans le sud et l'est du pays dans des bombardements israéliens, malgré la trêve imposée par les Etats-Unis.

L'armée israélienne a annoncé l'interception d'une "cible aérienne suspecte" en provenance du Liban après le déclenchement de sirènes dans le nord du pays dans la nuit de mercredi à jeudi.