Cryptomonnaies: FTX doit 3,1 milliards de dollars à ses 50 plus gros créanciers

Fondée en 2019 par Sam Bankman-Fried, FTX était rapidement devenue l'une des plus grosses plateformes du secteur (Photo, AFP).
Fondée en 2019 par Sam Bankman-Fried, FTX était rapidement devenue l'une des plus grosses plateformes du secteur (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 21 novembre 2022

Cryptomonnaies: FTX doit 3,1 milliards de dollars à ses 50 plus gros créanciers

  • Le groupe a annoncé son dépôt de bilan le 11 novembre ainsi que la démission de son patron
  • Celui qui l'a remplacé, John Ray III, a indiqué samedi avoir lancé une revue stratégique des actifs du groupe

NEW YORK: La plateforme d'échanges de cryptomonnaies en faillite FTX doit environ 3,1 milliards de dollars à ses cinquante plus gros créanciers, selon un document judiciaire consulté dimanche par l'AFP.

Les sommes dues à ces créanciers, dont les noms ne sont pas dévoilés, vont de 21 à 226 millions de dollars.

Fondée en 2019 par Sam Bankman-Fried, FTX était rapidement devenue l'une des plus grosses plateformes du secteur et était considérée comme l'une des plus fiables.

Mais elle s'est effondrée début novembre en quelques jours après des rumeurs sur la fragilité de sa santé financière. FTX n'est rapidement plus parvenue à répondre aux demandes de retraits de ses clients.

Le groupe a annoncé son dépôt de bilan le 11 novembre ainsi que la démission de son patron.

Celui qui l'a remplacé, John Ray III, a indiqué samedi avoir lancé une revue stratégique des actifs du groupe et de ses nombreuses filiales afin de décider quoi vendre ou réorganiser.

Dans le document versé au dossier géré par le tribunal des faillites de l'Etat du Delaware, il précise que la liste des 50 plus gros créanciers et des sommes dues pourrait évoluer en fonction des informations qu'il parvient à récupérer.


Conférence Leap: Les ambitions technologiques saoudiennes à l'honneur

Conférence Leap: Les ambitions technologiques saoudiennes à l'honneur
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  • Plus de 100 000 innovateurs, investisseurs et experts du monde entier se retrouveront à Riyad pour participer à l'événement de quatre jours
  • La conférence Leap coïncide avec DeepFest, un événement saoudien sur l'intelligence artificielle

RIYAD: L'intelligence artificielle, l'économie numérique et les métavers numériques sont sans doute des termes que les amateurs de technologie pourraient entendre lors d'une conférence à Séoul ou dans la Silicon Valley. Mais cette semaine, c'est à Riyad, la capitale saoudienne, que les avancées de demain seront à l'honneur.
Du 6 au 9 février, plus de 100 000 innovateurs et experts en matière de technologie se réuniront pour la deuxième conférence Leap, une plate-forme mondiale pour les professionnels de la technologie provenant des quatre coins du monde.
Parallèlement à la conférence Leap se tiendra DeepFest, le premier événement sur l'intelligence artificielle organisé par l'Autorité saoudienne des données et de l'intelligence artificielle. Ces deux événements témoignent de la volonté du Royaume de se positionner parmi les pays les plus avancés en matière de nouvelles technologies.
Selon l'agence de presse saoudienne, RIyad prévoit de consacrer plus de 24 milliards de dollars (1 dollar = 0,93 euro) à diverses technologies d'ici 2025.

Investir pour former les employés du secteur public à l'utilisation des données permet d'améliorer leur efficacité (Photo fournie).

Lors de l'édition précédente de la conférence Leap, le ministre saoudien des Communications et des Technologies de l'information, Abdullah al-Swaha, a annoncé que le Royaume allait investir 6,4 milliards de dollars dans les technologies et l'entrepreneuriat afin de consolider sa position de première économie numérique de la région du Moyen-Orient et Afrique du Nord.
La croissance de l'industrie technologique saoudienne, conformément aux objectifs de la Vision 2030, permet au Royaume de diversifier son économie en s'éloignant des revenus du pétrole et du gaz.
Selon le rapport de 2022 d'Economist Intelligence, l'Arabie saoudite a été l'économie à la croissance la plus rapide dans le monde en 2022, «dépassant les géants asiatiques que sont la Chine, l'Inde, l'Indonésie et la Corée du Sud, mais aussi le G7 qui connaît des difficultés tout comme d'autres grandes économies émergentes».


Renault et Nissan refondent leur alliance

Images d'archives du siège, d'usines et de modèles Nissan et Renault (Photo, AFP).
Images d'archives du siège, d'usines et de modèles Nissan et Renault (Photo, AFP).
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  • Renault avait annoncé fin 2022 une réorganisation majeure de ses activités
  • Le rééquilibrage de la relation Renault-Nissan est vu d'un bon oeil au Japon

LONDRES: Renault et Nissan doivent détailler lundi à Londres une profonde refonte de leur collaboration, avec un rééquilibrage de leur relation capitalistique, mais aussi une relance de leurs projets industriels communs.

En plein flou depuis la chute en 2018 de Carlos Ghosn, l'ancien grand patron de cette Alliance, Renault et Nissan ont négocié pendant de longs mois les détails d'un accord, examiné dimanche par le conseil d'administration de Renault, et lundi matin par celui de Nissan, selon des sources proches de l'Alliance.

Cet accord implique d'abord de remettre les constructeurs sur un pied d'égalité: Renault et Nissan vont chacun détenir 15% du capital de l'autre, contre 43,4% actuellement pour Renault, avaient indiqué les partenaires fin janvier.

Le groupe français ne va toutefois pas vendre immédiatement le reste de ses actions Nissan (28,4%), car leur valeur de marché est très inférieure à leur valeur actuellement inscrite dans ses comptes.

Dans le cadre de l'Alliance, Renault, Nissan et Mitsubishi collaborent déjà sur de nombreux véhicules, avec des économies à la clé. Des Renault et Nissan partagent des mêmes moteurs, la future petite Nissan Micra sera basée sur la Renault 5, et des Renault sont vendues sous badge Mitsubishi. Les trois partenaires comptent d'ailleurs investir ensemble 23 milliards d'euros dans l'électrification au cours des cinq prochaines années.

Avec ce nouvel accord, ils devraient annoncer plusieurs nouvelles initiatives industrielles, notamment sur le marché indien, selon des sources proches de l'Alliance.

Nissan pourrait profiter sur ce marché en plein développement du savoir-faire de Dacia. Il pourrait vendre en Inde des SUV s'inspirant très largement de la gamme de la marque à bas coût en pleine croissance de Renault, avec la Spring 100% électrique et des grands SUV.

Les deux constructeurs prévoiraient également de concevoir une nouvelle plateforme commune de voitures à bas coût pour gagner des parts de marché en Afrique, en Amérique Latine ou en Asie centrale.

En pleine course à l'électrification, ils devraient par ailleurs développer une plate-forme commune pour leurs futurs SUV électriques de taille moyenne, pour succéder en 2028 à la Renault Mégane et au Nissan Ariya.

La hauteur de l'investissement de Nissan dans Ampere, la future filiale électrique de Renault, ne devrait cependant pas être précisée lundi.

Renault avait annoncé fin 2022 une réorganisation majeure de ses activités, avec le lancement en Bourse d'Ampere, prévu au second semestre 2023, et la création de Horse, une coentreprise dans les motorisations thermiques avec le géant chinois Geely, propriétaire de Volvo. Le géant pétrolier saoudien Aramco devrait devenir le troisième actionnaire de Horse, selon une source proche du dossier.

La participation de Nissan dans Ampere dépendra de l'ampleur des brevets que le groupe japonais voudra placer dans cette société, et des perspectives de sa valorisation future, sachant que Nissan ne va pas prendre plus de 15%, selon les mêmes sources proches.

Divorce ou nouveau départ ? 

Le rééquilibrage de la relation Renault-Nissan est vu d'un bon oeil au Japon. "Pour que l'alliance continue à remplir ses fonctions, mettre fin à des relations inégales (entre Renault et Nissan, NDLR) qui pouvaient encore amplifier la méfiance mutuelle était une tâche inévitable", avait souligné le quotidien économique japonais Nikkei dans un édito fin janvier.

D'autres journaux japonais comme l'Asahi et le Sankei ont titré sur la dissolution des "traités inégaux" entre Renault et Nissan, une expression faisant référence aux traités imposés au Japon par les puissances occidentales au 19ᵉ siècle et qui désavantageaient Tokyo.

Le ministre français du Commerce extérieur Olivier Becht a défendu cet accord, qui ne constitue pas selon lui un "divorce".

"Je vois ça comme un nouveau départ, comme un départ prometteur sur une base industrielle renouvelée", a déclaré M. Becht lors d'une visite à Tokyo le 1er février.

Le mariage de Renault et Nissan remonte à 1999, à une époque où le constructeur japonais connaissait de grandes difficultés financières. Renault prend alors 36,8% du constructeur nippon, et envoie son numéro deux Carlos Ghosn redresser Nissan. Les résultats du constructeur japonais s'améliorent rapidement après une restructuration drastique.

En 2015, l'augmentation surprise de la participation de l'État français au capital de Renault, pour asseoir ses droits de vote, met en colère Nissan qui redoute une fusion.

En 2016, l'alliance s'élargit au japonais Mitsubishi Motors, dont Nissan prend 34%. Les trois alliés deviennent en 2017 le premier producteur automobile mondial, avec plus de 10 millions de véhicules vendus.

Les tensions culminent avec la chute spectaculaire de Carlos Ghosn, devenu patron de l'Alliance, et arrêté fin 2018 au Japon sur des accusations de malversations financières. Il a fui un an plus tard au Liban alors qu'il était en liberté sous caution au Japon dans l'attente de son procès.

Avec le recul de leurs ventes, lié au marché, mais aussi à des changements de stratégie, les trois constructeurs sont désormais à la quatrième place mondiale, loin derrière Toyota et Volkswagen, et doublés par Hyundai-Kia.


Electricité nucléaire pour ses concurrents: EDF prend acte de la confirmation en justice

Le logo d'EDF (Photo, AFP).
Le logo d'EDF (Photo, AFP).
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  • Devant le Conseil d'État, EDF avait qualifié cette mesure d'aide d'État, estimant qu'elle aurait dû être notifiée à l'Europe
  • La juridiction administrative avait été saisie par EDF et des organisations de salariés et d'actionnaires

PARIS: EDF a "pris acte" dimanche soir de l'arrêt du Conseil d’État, qui a jugé légale la décision du gouvernement d'obliger le groupe à vendre davantage d'électricité bon marché en 2022 à ses concurrents pour contenir la facture des Français.

La juridiction administrative avait été saisie par EDF et des organisations de salariés et d'actionnaires.

Les requérants demandaient l'annulation d'un décret de mars 2022 prévoyant le relèvement du plafond de l'Arenh ("Accès régulé à l'électricité nucléaire historique"), un mécanisme permettant aux concurrents d'EDF d'acheter une partie de sa production d'électricité nucléaire à bas prix.

"EDF prend acte de la décision du Conseil d’État", a réagi le groupe dans un communiqué dimanche.

"La procédure indemnitaire engagée par EDF devant le Tribunal administratif de Paris pour obtenir la réparation intégrale par l’État des préjudices subis par EDF (...) se poursuit", ajoute-t-il.

Le gouvernement avait décidé de relever de 100 à 120 térawattheures (TWh) l'Arenh attribué pour 2022 aux concurrents d'EDF, qui depuis réclame une indemnité de plus de 8 milliards d'euros.

Devant le Conseil d'État, EDF avait qualifié cette mesure d'aide d'État, estimant qu'elle aurait dû être notifiée à l'Europe.

Mais pour la juridiction, "cette mesure est conforme" car elle "ne crée pas un nouveau dispositif, mais a seulement augmenté le volume global maximal d'électricité susceptible d'être cédé".

Ce relèvement "répond aux objectifs de la loi de 2010 — garantir le libre choix du fournisseur et la stabilité des prix —, et n'est pas excessif pour les atteindre compte tenu du contexte exceptionnel" de hausse des prix de l'énergie, ajoutait le Conseil d'État, dans sa décision annoncée vendredi.