Les Iraniens célèbrent leur défaite contre l’Angleterre, la colère contre le régime s’intensifie

Des supporters iraniens déployant le drapeau national avec le mot «Femme» lors du match contre l’Angleterre de la Coupe du monde 2022 au Qatar, au Khalifa International Stadium, à Doha, le 21 novembre 2022. (AFP)
Des supporters iraniens déployant le drapeau national avec le mot «Femme» lors du match contre l’Angleterre de la Coupe du monde 2022 au Qatar, au Khalifa International Stadium, à Doha, le 21 novembre 2022. (AFP)
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Publié le Mercredi 23 novembre 2022

Les Iraniens célèbrent leur défaite contre l’Angleterre, la colère contre le régime s’intensifie

  • «Le mouvement de protestation a éclipsé le football. Je veux que l'Iran perde ses matchs», confie une universitaire
  • De nombreux supporters iraniens qui ont assisté au match à Doha portaient des vêtements ou des pancartes avec le slogan populaire antirégime «Femmes, vie, liberté»

LONDRES: Des clips vidéo en provenance d'Iran montrent la population en train de fêter la défaite de l'équipe nationale de football 6-2 contre l'Angleterre, lors de la Coupe du monde de football lundi, selon le quotidien britannique Daily Mail.

Cette réaction a lieu après des mois de troubles dans le pays et des affrontements à l'échelle nationale entre les forces gouvernementales et les manifestants.

L’une des vidéos montre un homme à l'arrière d'une mobylette roulant dans les rues de Téhéran avec un drapeau de l’Union Jack sur ses épaules. «Les gens sont heureux que l'Angleterre ait gagné», explique l’homme qui a filmé la vidéo. 

Une autre vidéo prise à Téhéran montre des personnes applaudissant autour d'appartements dans la banlieue, au moment de la défaite 6-2. «Le mouvement de protestation a éclipsé le football. Je veux que l'Iran perde ces matchs», confie Kamran, universitaire dans la province de Mazandaran. 

De nombreux supporters iraniens qui ont assisté au match à Doha portaient des vêtements ou des pancartes comportant le slogan populaire antirégime «Femmes, vie, liberté». 

L'équipe iranienne a refusé de chanter l'hymne national avant le match, une décision qui pourrait avoir de lourdes conséquences lorsque les joueurs rentreront chez eux après le Mondial.

«Nous devons admettre que les conditions dans notre pays ne sont pas bonnes et que notre peuple n'est pas content», a affirmé le capitaine de l’équipe Ehsan Hajsafi lors d'une conférence de presse hier. 

«Ils doivent savoir que nous sommes avec eux. Nous les soutenons. Nous compatissons avec eux, compte tenu des conditions dans le pays.»

Catherine Perez-Shakdam, une Iranienne membre de la Henry Jackson Society basée au Royaume-Uni, a affirmé au Daily Mail que l'équipe et les fans iraniens seraient probablement punis pour avoir défié le régime de Téhéran.

«Le refus de l'équipe de football iranienne de chanter l'hymne national sera une décision que les joueurs paieront cher», a-t-elle ajouté. «Tout supporter iranien identifié par le régime pour avoir hué l'hymne national sera aussi sévèrement puni. C'est la dure réalité de l'Iran d’aujourd’hui.»

«Les joueurs iraniens ont peut-être perdu plus que leur liberté aujourd'hui, et leurs vies ne sont peut-être pas les seules en jeu. Le régime a démontré une propension particulière à cibler les membres de la famille des dissidents, et ce faisant, à dissuader les autres d'exprimer leur opinion.»

«En raison des horribles antécédents de l'Iran, il convient de noter que les joueurs et les supporters qui ont aujourd'hui dénigré le régime connaissaient parfaitement les risques qu’ils encourent. Un tel courage et une telle dignité face à l'absolutisme méritent incontestablement notre profond respect», a-t-elle poursuivi. 

Anusha, 17 ans, a affirmé que la situation en Iran était telle que de nombreuses personnes étaient désormais prêtes à soutenir les adversaires de l'équipe de football iranienne. «Il y a quelques mois, j'aurais certainement dit que je voulais que l'Iran gagne contre l'Angleterre et les USA. Maintenant, c'est étrange, cela m’est complètement égal», a confié l’adolescente. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.