France-Tunisie: les enfants d’EnLien

Lancé en octobre 2018, huit mois après avoir été annoncé par le président français, Emmanuel Macron, lors de sa visite en Tunisie, en janvier de la même année, ce programme s’insère dans le cadre de l’initiative JET (Jeunesse, entrepreneuriat et numérique en Tunisie). (AFP).
Lancé en octobre 2018, huit mois après avoir été annoncé par le président français, Emmanuel Macron, lors de sa visite en Tunisie, en janvier de la même année, ce programme s’insère dans le cadre de l’initiative JET (Jeunesse, entrepreneuriat et numérique en Tunisie). (AFP).
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Publié le Mercredi 23 novembre 2022

France-Tunisie: les enfants d’EnLien

  • Le programme Entrepreneuriat et Lien social, en Tunisie, a permis à un bon nombre de sociétés innovantes de faire un bond en avant
  • Le dispositif a permis, d’après l’ambassade de France, de financer plus de trois cents projets, d’en accompagner plus de trois mille et de créer plus de deux mille emplois

TUNIS: Le programme Entrepreneuriat et Lien social, en Tunisie, a permis à un bon nombre de sociétés innovantes de faire un bond en avant.

Au pays du Jasmin, rares sont les projets publics qui sont entrepris et achevés à temps, et dans le respect des règles. Le programme Entrepreneuriat et Lien social en Tunisie (EnLien) en fait partie.

Lancé en octobre 2018, huit mois après avoir été annoncé par le président français, Emmanuel Macron, lors de sa visite en Tunisie, en janvier de la même année, ce programme s’insère dans le cadre de l’initiative JET (Jeunesse, entrepreneuriat et numérique en Tunisie).

Il avait trois objectifs: améliorer l’insertion des jeunes en leur donnant accès à des formations courtes à forte employabilité, notamment dans le numérique, dynamiser l’écosystème de l’entrepreneuriat en soutenant les initiatives privées et améliorer le financement des start-up.

Financé à hauteur de 5 millions d’euros par l’Agence française de développement (AFD) et mis en œuvre par la Caisse des dépôts et consignations tunisienne (CDC) avec l’appui technique d’Expertise France, ce dispositif a respecté ses engagements. En effet, il a permis, d’après l’ambassade de France, de financer plus de trois cents projets, d’en accompagner plus de trois mille et de créer plus de deux mille emplois.

Des trois cents projets accompagnés, quelques-uns sont de véritables success-stories. C’est le cas de Souk el-Kahina, la plus importante des trois initiatives agricoles financées par le programme EnLien. Mis sur pied par l’ONG Enda Inter Arabe, Souk el-Kahnia vise à «structurer un réseau de circuit court de production et de vente de produits maraîchers en créant le premier label de commerce social et équitable tunisien». Grâce à des plates-formes de collecte et de conditionnement ainsi qu’à des espaces de distribution qu’il a spécialement créés, il met en relation des producteurs agricoles et agroalimentaires.

Modèle de développement alternatif basé sur les principes du commerce équitable, bâti grâce au savoir-faire et à l’expertise d’Enda, qui existe depuis plus d’un quart de siècle et qui est spécialisée dans la concertation des acteurs de l’écosystème agricole, Souk el-Kahina a aidé à l'intégration des petits exploitants agricoles – en particulier les femmes – dans le circuit économique. Ce projet contribue à l’amélioration des conditions de vie de leurs familles.

EnLien a également donné un coup de pouce à des projets industriels plus innovants les uns que les autres. Trois jeunes pousses s’y distinguent. Spécialisée en biotech, KytoProd développe une gamme de produits divers à base de chitosane. Cette substance est extraite de la chitine, une fibre naturelle que l'on retrouve notamment dans la carapace des crustacés (crevettes, crabes, homards) et de certains insectes. Ces produits sont utilisés par divers secteurs: cosmétique, bien-être, agriculture, textile…

Moline est une marque de produits d'hygiène corporelle pour bébés à base de matières d'origine naturelle.

L’essentiel des bénéficiaires du programme EnLien est constitué de start-up qui développent des solutions technologiques de pointe intelligentes. SeaBot est la première start-up des robots sous-marins d’Afrique. Spécialisée dans l’agritech, elle développe à l’aide de drones des solutions technologiques intelligentes pour l’agriculture. Depuis 2018, Zcare combine fabrication additive et ingénierie pour aider à résoudre des problèmes que rencontrent les chirurgiens.

Enfin, Shadoc et Nutricos sont des start-up orientées vers les services. La première, grâce à sa plate-forme, facilite l’obtention d’un certificat électronique délivré par Tuntrust, l’Agence nationale de certification électronique, qui permet de signer à distance un document en toute sécurité. Nutricos est un laboratoire de recherche chargé de l’analyse de la qualité des objets fabriqués par les technologies d’exploitation et la validation des nouveaux produits.

On le voit, la promesse qui avait été faite a été tenue.


La Chine donne 100 millions de dollars à Cuba

Le vice-premier ministre cubain, Alejandro Gil (Photo, AFP).
Le vice-premier ministre cubain, Alejandro Gil (Photo, AFP).
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  • Le président cubain a conclu vendredi une visite officielle en Chine
  • La Chine est le second partenaire commercial de l'île, après le Venezuela, et un important allié politique

LA HAVANE: La Chine a fait un don de quelque 100 millions de dollars à Cuba, au cours d'une visite officielle du président cubain Miguel Díaz-Canel qui vient de s'achever dans ce pays, a annoncé samedi son vice-premier ministre cubain, Alejandro Gil.

Durant les discussions officielles que Díaz-Canel a menées vendredi avec son homologue chinois Xi Jinping, "la partie chinoise a fait un don à notre pays de l'ordre de 100 millions de dollars", a affirmé M. Gil, dans des déclarations rendues publiques par la télévision cubaine.

Celui qui est également ministre de l'Economie a souligné que cette donation était destinée en "priorité" à l'économie de l'île, qui est confrontée à sa pire crise économique depuis trois décennies, et causée par le renforcement de l'embargo des Etats-Unis, en vigueur depuis 1962, et les conséquences de la pandémie mondiale du Covid-19.

Le président cubain a conclu vendredi une visite officielle en Chine, une étape de la tournée internationale qui l'a mené en Algérie, Russie et Turquie avec l'ambition de renforcer le secteur critique de l'énergie électrique, qui souffre depuis mai d'une forte crise de production se traduisant par des pannes de courant et des pénuries de carburant.

Alejandro Gil a annoncé qu'au cours de la visite, les deux pays ont signé "douze instruments juridiques", dont certains sont "liés à la réouverture de nouveaux financements" pour les investissements chinois à Cuba.

Les parties ont également abordé le "thème de la dette" que l'île a accumulée durant "ces (dernières) années" avec la Chine, et dont le montant n'a pas été révélé.

"Notre président a expliqué la situation à laquelle nous faisons face, la partie chinoise s'est montrée compréhensive et nous allons voir ensemble les positions de chacun pour trouver des formules acceptables par chacun des pays, pour assurer l'ordre et la restructuration des dettes", a ajouté M. Gil.

La Chine est le second partenaire commercial de l'île, après le Venezuela, et un important allié politique.

Durant la visite de Miguel Díaz-Canel en Algérie mi-novembre, le président Abdelmadjid Tebboune a annoncé la reprise de l'approvisionnement en carburant de Cuba, le don d'une centrale solaire et l'annulation des intérêts de la dette cubaine, dont le montant n'a pas davantage été révélé.


Brexit: Meta plaide pour le maintien de règles européennes au Royaume-Uni

Logo de Meta (fourni)
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  • Le gouvernement britannique a déposé en septembre un projet de loi pour abandonner au 31 décembre 2023 toute la législation héritée de l'UE après le Brexit qui n'aurait pas été explicitement maintenue dans le droit national
  • Meta fait référence à la transposition dans le droit britannique en 2002 d'une directive européenne qui limite la responsabilité des plateformes sur le contenu qu'elles véhiculent

LONDRES : Meta, la maison mère de Facebook, plaide pour le maintien dans la législation britannique d'une partie des règles européennes qui limitent la responsabilité des plateformes internet, à l'heure où Londres envisage l'abandon de toute législation héritée de l'UE.

Le géant américain dit vouloir «attirer l'attention sur un domaine clé de la législation européenne qui, selon (l'entreprise), pourrait être affecté» par une proposition de loi actuellement étudiée par les députés britanniques, d'après une lettre à la commission parlementaire en charge du dossier et publiée vendredi sur le site du Parlement.

L'entreprise fait référence à la transposition dans le droit britannique en 2002 d'une directive européenne qui limite la responsabilité des plateformes sur le contenu qu'elles véhiculent, notamment «lorsqu'elles agissent comme un simple conduit», précise Meta dans ce document.

«En pratique, cela garantit que les plateformes en ligne ne sont pas principales responsables des contenus, informations et/ou activités illicites de tiers effectués sur la plateforme dont ils n'ont pas connaissance», précise Meta.

Le gouvernement britannique a déposé en septembre un projet de loi pour abandonner au 31 décembre 2023 toute la législation héritée de l'UE après le Brexit qui n'aurait pas été explicitement maintenue dans le droit national. Il est en cours d'examen au Parlement.

Meta appelle donc les députés à maintenir explicitement la législation dont il est question, ou à l'exclure du champ d'application de la nouvelle loi, faute de quoi «les plateformes et les sites web seront moins susceptibles de vouloir opérer au Royaume-Uni».

Le projet de loi a suscité une très large levée de boucliers au Royaume-Uni, de nombreux groupes d'intérêts ou organismes publics comme privés accusant notamment le gouvernement de vouloir aller beaucoup trop vite.

«Le projet de loi propose de balayer automatiquement des milliers d'actes législatifs et de bouleverser des décennies de jurisprudence», a par exemple dénoncé la fédération syndicale britannique TUC dans une autre contribution écrite.

«Il est frappant que les ministres n'aient pas encore expliqué quelles lois ils ont l'intention de conserver, de modifier ou de laisser expirer», a poursuivi la TUC, jugeant que «le but ultime est la déréglementation».

TheCityUK, l'un des principaux lobbies financiers londoniens, n'est pas en reste et s'interroge sur «la pertinence de ce projet de loi dans les circonstances actuelles», notamment en raison «de risque d'aggravation des relations avec l'UE» mais aussi «d'augmentation potentielle des charges pesant sur les entreprises».

«Au minimum, le projet de loi devrait être modifié pour permettre une période beaucoup plus longue de mise en oeuvre, sans gaspiller les moyens limités» du gouvernement, préconise TheCityUK.


Aux Etats-Unis comme en Europe, l'ombre de l'inflation pèse sur le Black Friday

Les ventes de jouets du Black Friday sont présentées dans un magasin Walmart à Wilmington, Delaware, le 25 novembre 2022. (Photo, AFP)
Les ventes de jouets du Black Friday sont présentées dans un magasin Walmart à Wilmington, Delaware, le 25 novembre 2022. (Photo, AFP)
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  • La première économie mondiale fait face depuis plusieurs mois à une envolée des prix, qui jette un voile sur l'ensemble de la période des fêtes de fin d'année
  • Au Royaume-Uni, GlobalData anticipe un recul du volume de ventes pour les journées commerciales de Black Friday malgré une progression du chiffre d'affaires

NEW YORK: Traditionnel coup d'envoi de la saison des achats de Noël, le Black Friday, journée de promotions en magasins et sur internet, risque d'être marqué par l'inflation. Aux Etats-Unis et en Europe, les commerçants espèrent malgré tout que les consommateurs seront au rendez-vous vendredi.

La première économie mondiale fait face depuis plusieurs mois à une envolée des prix, qui jette un voile sur l'ensemble de la période des fêtes de fin d'année.

Pour l'heure, le cabinet Deloitte et la Fédération nationale de la vente de détail s'attendent à une hausse des revenus à un chiffre, inférieure à l'inflation.

L'indice des prix à la consommation ralentit peu à peu aux Etats-Unis mais s'élevait encore à 7,7% sur un an le 10 novembre, ce qui signifie qu'une hausse de cette ampleur durant les soldes d'hiver conduira à une baisse du volume de ventes.

Ces inquiétudes existent aussi outre-Atlantique, où le Black Friday s'est popularisé depuis environ une décennie.

Au Royaume-Uni, GlobalData anticipe un recul du volume de ventes pour les journées commerciales de Black Friday malgré une progression du chiffre d'affaires.

En Espagne, les dépenses des internautes devraient atteindre en moyenne 183 euros, contre 200 euros l'an dernier, selon le cabinet spécialisé Tandem up.

Risques de surstocks

L'an dernier, les préoccupations étaient différentes, le secteur devant faire face à des difficultés d'approvisionnement à cause de la désorganisation du transport mondial et des fermetures d'usines provoquées par la pandémie.

Pour éviter pareille mésaventure, les industriels ont anticipé leurs commandes, avec cette fois un risque de surstocks, alors que les consommateurs réduisent leurs dépenses.

«Hier, le problème c'était les pénuries d'approvisionnement, aujourd'hui c'est d'avoir trop de choses», résume Neil Saunders, directeur général du cabinet spécialisé GlobalData Retail.

Selon lui, le trop-plein de commandes pourrait profiter aux chasseurs de bonnes affaires dans de nombreux secteurs, comme l'électronique ou l'habillement.

Pour de nombreux Américains, la hausse du coût de l'essence et de l'alimentaire représente un défi, mais tous ne sont pas égaux face à l'inflation. «Les bas revenus sont clairement plus touchés», rappelle Claire Li, analyste pour Moody's, «car ils dépensent proportionnellement plus dans les produits essentiels».

Jusqu'ici, les consommateurs américains se sont montrés peu sensibles aux diverses crises traversées depuis le début de la pandémie, dépensant plus qu'attendu, même quand les indicateurs de confiance soulignaient leurs inquiétudes.

«Pression continue» -

Une partie de l'explication est à chercher du côté d'une épargne inhabituellement élevée chez de nombreux foyers ayant profité d'aides gouvernementales durant la pandémie, alors que la consommation était au plus bas.

Mais le coussin commence à s'affaisser: après un pic de 2.500 milliards de dollars mi-2021, l'épargne américaine est retombée à 1.700 milliards de dollars un an plus tard, selon Moody's.

Les consommateurs avec un revenu annuel inférieur à 35.000 dollars sont les premiers concernés, leur épargne ayant baissé de 39% au premier semestre. Conséquence: les crédits à la consommation sont en hausse, selon les données de la Réserve fédérale.

«On voit une pression continue», explique Michael Witynski, directeur général de la chaîne à bas prix Dollar Tree, qui observe une «évolution» des consommateurs «bien plus concentrés sur leurs besoins et qui tentent de s'assurer d'avoir suffisamment d'argent pour finir le mois».

Les résultats du secteur de la vente au détail offrent un tableau contrasté de la santé des consommateurs.

La chaîne Target a accusé le coup face à la forte baisse des achats en octobre, présage d'une mauvaise saison de Noël. Le groupe table sur de fortes promotions pendant les fêtes, selon son directeur général Brian Cornell.

«Les consommateurs font face à une inflation persistante trimestre après trimestre», a-t-il expliqué lors d'une conférence téléphonique avec des analystes, «ils se montrent très prudents, sont très attentifs et se disent +d'accord, si je dois acheter, je veux faire une très bonne affaire+».

Chez Lowe's, spécialiste du bricolage et de la décoration, l'ambiance est toute autre, avec un troisième trimestre «solide» et aucun signe d'essoufflement attendu. «Nous n'observons rien qui ressemble à un repli des achats», a estimé son directeur