Un sommet de la Francophonie en Tunisie axé sur l'économie dans un contexte de crises

Une femme en tenue traditionnelle brandit un drapeau national tunisien à l'extérieur du lieu où se tiendra le 18e "Sommet de la Francophonie", sur l'île tunisienne de Djerba, le 18 novembre 2022. (AFP).
Une femme en tenue traditionnelle brandit un drapeau national tunisien à l'extérieur du lieu où se tiendra le 18e "Sommet de la Francophonie", sur l'île tunisienne de Djerba, le 18 novembre 2022. (AFP).
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Publié le Samedi 19 novembre 2022

Un sommet de la Francophonie en Tunisie axé sur l'économie dans un contexte de crises

  • Le sommet de deux jours doit officiellement mettre l'accent sur le «numérique comme vecteur de développement»
  • Il sera aussi l'occasion pour les dirigeants occidentaux et africains d'échanger sur des sujets brûlants comme l'invasion russe de l'Ukraine sur laquelle un fossé semble les séparer

DJERBA : Un sommet de la Francophonie s'ouvre samedi en Tunisie, axé sur la coopération économique en présence d'une trentaine de dirigeants, un "succès" pour le président Kais Saied, plus d'un an après son coup de force.

Si le sommet de deux jours doit officiellement mettre l'accent sur le "numérique comme vecteur de développement", il sera aussi l'occasion pour les dirigeants occidentaux et africains d'échanger sur des sujets brûlants comme l'invasion russe de l'Ukraine sur laquelle un fossé semble les séparer.

De nombreux pays africains déplorent en effet ce qu'ils perçoivent comme un manque de solidarité internationale avec le continent face à ses propres crises, en constatant que l'Europe s'est rapidement mobilisée en revanche pour venir en aide à l'Ukraine.

Ce 18e sommet de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) sur l'île de Djerba sera aussi l'occasion de célébrer avec retard les cinquante ans d'une organisation fondée en 1970 et forte de 88 membres qui ne sont pas tous francophones, tels que l'Arménie, l'Egypte, la Moldavie, les Emirats arabes unis ou la Serbie.

Le sommet coïncide avec la phase finale de la COP27 sur le climat en Egypte et fait suite à une réunion du G20 en Indonésie qui a été dominée par la guerre en Ukraine, pays observateur au sein de l'OIF.

Au total, 89 délégations sont présentes, sept organisations internationales et plus de trente dirigeants dont le Français Emmanuel Macron, le Canadien Justin Trudeau, le président du conseil européen Charles Michel ou le Sénégalais Macky Sall.

La réélection de la secrétaire générale de l'OIF, la Rwandaise Louise Mushikiwabo, seule candidate en lice, est également au programme des deux jours de rencontres entre représentants d'un espace de 321 millions de francophones qui plus que doubleront à 750 millions en 2050, grâce à la démographie africaine.

Avant le sommet, Mme Mushikiwabo a dit à l'AFP vouloir demander aux Etats membres de "redoubler d'efforts" face à un recul du français dans les organisations internationales.

En dépit de voix critiques dénonçant une Francophonie "inaudible", Mme Mushikiwabo a jugé son organisation "plus pertinente que jamais" et en mesure d'"apporter une petite plus-value" à "la plupart des problèmes du monde", citant la COP27.

Selon un responsable du Canada, poids lourd de la Francophonie, l'organisation "peut être une force positive" sur des questions comme "la paix, la prospérité économique et la consolidation de la démocratie".

Ce responsable a indiqué que le Canada voulait par ailleurs se faire l'écho, lors du sommet, des "inquiétudes" pour "la participation démocratique" en Tunisie depuis que le président Saied s'est emparé des pleins pouvoirs en juillet 2021, et qui traverse une grave crise socio-économique.

La Tunisie accueille cette rencontre qui se tient habituellement tous les deux ans, après deux reports --en 2020 pour cause de Covid-19, puis à l'automne 2021 après le coup de force de M. Saied, accusé d'avoir mis fin à une expérience démocratique unique dans le monde arabe.

«Francophonie économique»

La tenue du sommet en Tunisie est "un succès" pour son président car elle va "le sortir de son isolement au moins temporairement", selon le politologue français Vincent Geisser.

Mais le sommet n'éclipsera pas la crise traversée par la Tunisie, comme est venue le rappeler vendredi une tentative de manifestants de se rendre à Djerba pour attirer l'attention sur la disparition, il y a deux mois dans un naufrage, de 18 migrants tunisiens, partis d'une ville voisine.

Comme bon nombre de membres de l'OIF, la province canadienne du Québec entend profiter du sommet pour "accroître (sa) présence en Afrique francophone où les occasions d'affaires se multiplient".

"Leader en matière de francophonie économique", le Québec insistera via son Premier ministre François Legault "sur l'importance du français, troisième langue d'affaires dans le monde", selon un communiqué officiel.

Pour la ministre sénégalaise à la Francophonie, Penda Mbow, "on jugera les pays francophones sur leur capacité à réduire la fracture numérique au sein de leur société".

Mme Mbow pronostique aussi un rôle accru de la Francophonie dans la gestion des crises internationales.

Mais pour Alioune Tine, figure de la société civile sénégalaise, l'OIF s'est montrée "totalement impuissante, face à des élections frauduleuses, aux troisièmes mandats (de dirigeants africains, NDLR) et aux coups d'Etat militaires", au Mali, en Guinée ou au Burkina Faso.


Le ministre saoudien des Affaires étrangères appelle à tenir les colons responsables des violences en Cisjordanie

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s'exprimait lors d'une réunion de haut niveau sur le dialogue interreligieux à Rome. (SPA)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s'exprimait lors d'une réunion de haut niveau sur le dialogue interreligieux à Rome. (SPA)
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  • Le prince Faisal ben Farhane appelle à mettre immédiatement fin aux attaques

ROME : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a appelé mercredi à prendre des mesures pour tenir les colons israéliens responsables des violences commises contre les Palestiniens, avertissant que la poursuite des attaques et l'expansion des colonies illégales compromettaient les perspectives d'une solution à deux États.

S'exprimant lors d'une réunion de haut niveau consacrée au dialogue interreligieux à Rome, le prince Faisal a demandé la cessation immédiate des attaques dans la Cisjordanie occupée, affirmant qu'elles étaient menées sous la protection ou avec le soutien des forces de sécurité israéliennes.

Il a salué les mesures adoptées par plusieurs États, notamment l'interdiction des importations en provenance des colonies israéliennes, les sanctions visant les personnes responsables de graves violations des droits humains, ainsi que les restrictions de voyage imposées aux colons impliqués dans des actes de violence.

Le prince Faisal a appelé à renforcer davantage les mécanismes de responsabilité, estimant que ces violations ne devaient pas rester impunies, car elles compromettent les perspectives de paix et portent atteinte aux droits des Palestiniens à la vie, à la sécurité, à la dignité et à l'autodétermination, selon l'Agence de presse saoudienne.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de préoccupation internationale croissante face aux violences en Cisjordanie occupée, à la suite d'affrontements survenus le 24 juillet entre des habitants du village de Tal, au sud-ouest de Naplouse, et des colons israéliens, qui ont fait quatre morts palestiniens et deux morts israéliens.

Depuis lors, les forces israéliennes ont mené de vastes opérations militaires, des arrestations et des démolitions de maisons à travers la Cisjordanie.

Les Nations unies ont à plusieurs reprises mis en garde contre des niveaux records de violences commises par des colons, tandis que plusieurs gouvernements occidentaux, dont le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et des États membres de l'Union européenne, ont imposé des sanctions à des colons extrémistes et à des organisations accusées d'être impliquées dans des attaques contre des Palestiniens.

Le prince Faisal a également réaffirmé le rejet par l'Arabie saoudite de toute tentative visant à modifier le statut historique et juridique de Jérusalem ainsi que de ses lieux saints musulmans et chrétiens.

Il a mis en garde contre les provocations répétées à la mosquée Al-Aqsa et les attaques visant les sites religieux, estimant que de tels actes alimentaient les tensions religieuses et réduisaient encore les chances de parvenir à une paix durable.

Dans son intervention, le prince Faisal a déclaré qu'une sécurité durable ne pourrait être assurée tant que les Palestiniens seraient privés de leurs droits légitimes.

La réunion, présidée par le vice-président du Conseil italien et ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a réuni les membres de l'Alliance mondiale pour la mise en œuvre de la solution à deux États ainsi que des partenaires internationaux afin d'examiner le rôle du dialogue interreligieux dans l'avancement du processus de paix.

Le prince Faisal a affirmé que l'Arabie saoudite poursuivrait sa coopération avec les États-Unis, l'Autorité palestinienne et ses partenaires internationaux pour mettre en œuvre le plan de paix global soutenu par la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies et la Déclaration de New York, notamment à travers des initiatives visant à promouvoir le dialogue entre les fidèles de différentes religions. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Liban enquête sur une rencontre entre un influent banquier et Netanyahu

La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire. (AFP)
La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire. (AFP)
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  • Le correspondant du média américain Axios, Barak David, a mis en ligne mardi une photo montrant le PDG de la Société Générale de Banque au Liban (SGBL), Antoun Sehnaoui, aux côtés de M. Netanyahu et de son épouse lundi soir, à Washington
  • Il a précisé que M. Sehnaoui avait organisé ce dîner avec sa compagne, l'ancienne émissaire américaine pour le Liban Morgan Ortagus, en hommage au sénateur républicain Lindsey Graham, décédé le 11 juillet

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire.

Le correspondant du média américain Axios, Barak David, a mis en ligne mardi une photo montrant le PDG de la Société Générale de Banque au Liban (SGBL), Antoun Sehnaoui, aux côtés de M. Netanyahu et de son épouse lundi soir, à Washington, provoquant un tollé au Liban.

Il a précisé que M. Sehnaoui avait organisé ce dîner avec sa compagne, l'ancienne émissaire américaine pour le Liban Morgan Ortagus, en hommage au sénateur républicain Lindsey Graham, décédé le 11 juillet.

M. Sehnaoui, décrit par sa compagne comme un "chrétien sioniste", prône la normalisation des relations israélo-libanaises, alors que les deux pays, techniquement toujours en état de guerre, mènent depuis avril des négociations sous égide américaine pour une issue à leur conflit.

Son établissement, la Société Générale de Banque au Liban (SGBL) fait partie des plus grandes banques libanaises, accusées d'avoir joué un rôle dans l'effondrement économique du pays à partir de 2019. M. Sehnaoui possède également des parts dans des médias.

Un responsable judiciaire qui a requis l'anonymat a indiqué à l'AFP que le procureur général avait demandé aux forces de sécurité d'ouvrir une enquête sur la photo d'Axios "pour établir son authenticité".

"Les mesures légales appropriées seront prises si c'est le cas", a-t-il ajouté.

De leur côté, plusieurs avocats libanais ont saisi la justice, réclamant des poursuites contre M. Sehnaoui pour ses contacts avec Israël et son Premier ministre, a-t-il indiqué.

Une autre photo publiée par M. Netanyahu sur X montre M. Sehnaoui derrière lui.

En avril, M. Sehnaoui était apparu dans une vidéo dans laquelle Mme Ortagus annonçait qu’il avait fait un don au musée de l’Holocauste aux Etats-Unis et le présentait comme un "chrétien sioniste".

Le banquier est dans le viseur des enquêteurs français depuis avril.

Ils suspectent la SGBL et sa filiale française Banque Richelieu France, dont M. Sehnaoui est président non exécutif, d'avoir participé, avec d'autres établissements, à des transferts d'actifs vers l'Europe pendant et après le début de la crise financière de 2019.

 


Egypte: incendie sur deux navires stockant du gaz dans le port de Damiette 

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  • Le ministère a indiqué dans un communiqué qu'un "incendie s'était déclaré à bord du navire de regazéification et du navire de stockage présents dans le port de Damiette, et que la situation avait été immédiatement maîtrisée"
  • Le ministère précise que "les mesures nécessaires sont en cours afin d'évaluer les conséquences de l'incident"

LE CAIRE: Un incendie s'est déclaré mercredi à bord de deux navires de traitement et de stockage de gaz naturel dans le port de Damiette, dans le nord de l'Egypte, a annoncé le ministère égyptien du Pétrole, sans préciser les causes du feu.

Le ministère a indiqué dans un communiqué qu'un "incendie s'était déclaré à bord du navire de regazéification et du navire de stockage présents dans le port de Damiette, et que la situation avait été immédiatement maîtrisée", ajoutant qu'il n'y avait eu aucune "perte humaine".

Le ministère précise que "les mesures nécessaires sont en cours afin d'évaluer les conséquences de l'incident".

L'ancien président de l'Autorité du port de Damiette, le général Ayman Saleh, a indiqué à l'AFP qu'"un navire de regazéification était amarré aux côtés d'un méthanier dans le port", expliquant que l'opération de regazéification "s'effectue sous une très forte pression", de sorte que toute fuite peut provoquer un incendie.

Il n'a pas précisé à qui appartenaient les deux bâtiments.