Le 18e sommet de la Francophonie s'ouvre à Djerba sous le thème du numérique

18e Sommet de la Francophonie à Djerba, la photo de famille des dirigeants des 85 pays participants (Photo, Melinda Mrini).
18e Sommet de la Francophonie à Djerba, la photo de famille des dirigeants des 85 pays participants (Photo, Melinda Mrini).
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Publié le Mardi 22 novembre 2022

Le 18e sommet de la Francophonie s'ouvre à Djerba sous le thème du numérique

  • Le sommet sera l'occasion pour les dirigeants occidentaux et africains d'échanger sur des sujets brûlants comme l'invasion russe de l'Ukraine
  • De nombreux pays africains déplorent un manque de solidarité internationale avec le continent face à ses propres crises

DJERBA: Après deux reports, le 18e sommet de la Francophonie a débuté ce samedi 19 novembre sur l'île de Djerba, en Tunisie.

 Les représentants des 85 pays sur 88 composant l'organisation internationale de la francophonie (OIF) se réunissent pour discuter et établir des stratégies pour le développement de la langue française mais aussi du développement des États membres. Cette année le thème retenu est le numérique. Le Mali, la Guinée et le Burkina Faso étaient absents de la cérémonie. 

Les chefs d’Etats et de gouvernements ont été reçus par le chef d’Etat tunisien, Kais Saied qui assure la présidence du Sommet et par la Secrétaire générale de l’OIF, Louis Mushikiwabo.

A l'occasion de ce 18e sommet de la francophonie à Djerba, Nivine Khaled , directrice de la Diversité culturelle et de la langue française au sein de l’ OIF a répondu aux questions de notre envoyée spéciale Mélinda Mrini: 

Parmi les participants reçus, Charles Michel, le président du conseil européen, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, le président sénégalais, Macky Sall, le président du Rwanda, Paul Kagamé ou encore le premier ministre de l’Arménie, Nicol Bachinian dont le pays assurait la présidence du Sommet depuis 2018.

Le Président français Emmanuel Macron est arrivé le matin à Djerba pour participer au sommet qui sera l’occasion pour lui de discuter avec ses partenaires et les membres de l’organisation internationale de la Francophonie des projets mises en place et de proposer de nouvelles initiatives dans le but de promouvoir la Francophonie, notamment dans l’espace numérique, thématique du sommet.

 

Le président français Emmanuel Macron accueilli par le président de Tunisie Kais Saïed (photo, Mélinda Mrini)
Le président français Emmanuel Macron accueilli par le président de Tunisie Kais Saïed (photo, Mélinda Mrini)

Si le sommet de deux jours doit officiellement mettre l'accent sur le "numérique comme vecteur de développement", il sera aussi l'occasion pour les dirigeants occidentaux et africains d'échanger sur des sujets brûlants comme l'invasion russe de l'Ukraine sur laquelle un fossé semble les séparer.

De nombreux pays africains déplorent en effet ce qu'ils perçoivent comme un manque de solidarité internationale avec le continent face à ses propres crises, en constatant que l'Europe s'est rapidement mobilisée en revanche pour venir en aide à l'Ukraine.

Ce 18e sommet de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) sur l'île de Djerba sera aussi l'occasion de célébrer avec retard les cinquante ans d'une organisation fondée en 1970 et forte de 88 membres qui ne sont pas tous francophones, tels que l'Arménie, l'Égypte, la Moldavie, les Émirats arabes unis ou la Serbie.

M. Macron s’entretiendra avec le président tunisien, Kais Saied, avant de participer à une séance à huis clos, consacrée à l’avenir de la Francophonie. Suivront plusieurs entretiens bilatéraux (Photo fournie)

Le sommet coïncide avec la phase finale de la COP27 sur le climat en Égypte et fait suite à une réunion du G20 en Indonésie qui a été dominée par la guerre en Ukraine, pays observateur au sein de l'OIF.

Macron espère engranger des soutiens sur l'Ukraine

Emmanuel Macron ne prononcera pas de discours samedi lors du sommet de la Francophonie en Tunisie, mais compte évoquer en coulisses la question ukrainienne pour tenter d'engranger des soutiens au terme d'un long périple diplomatique.

Après le G20 à Bali et la réunion de l'Apec à Bangkok, le président français achève sur l'île de Djerba une séquence internationale au cours de laquelle il a notamment appelé davantage de pays à se joindre au «consensus croissant» contre la guerre.

Et plusieurs leaders de la communauté francophone souhaitent, samedi, lors d'une session à huis clos consacrée à l'avenir de la francophonie, «parler de la guerre en Ukraine», explique-ton dans l'entourage du chef de l'Etat.

Emmanuel Macron s'entretiendra aussi avec le président tunisien Kais Saied à la mi-journée, et rencontrera le Premier ministre arménien Nikol Pachinian, a-t-on ajouté de même source.

A son arrivée à Djerba, le président français a rencontré des jeunes ambassadeurs de la francophonie, soulignant qu'il fallait faire preuve de réalisme: «la francophonie s'étend par la démographie de certains pays (...) mais il y a aussi des vrais reculs».

Il y a quelque 321 millions de francophones dans le monde et les projections font état de 750 millions en 2050.

Il y a quelque 321 millions de francophones dans le monde et les projections font état de 750 millions en 2050 (Photo, fournie).
Il y a quelque 321 millions de francophones dans le monde et les projections font état de 750 millions en 2050 (Photo, fournie).

Pourtant, «dans les pays du Maghreb, on parle moins français qu'il y 20 ou 30 ans», a observé Emmanuel Macron, invoquant notamment «des formes de résistances quasi politiques», la facilité d'usage de l'anglais ou encore la difficulté d'accéder à des livres en français à des prix abordables.

«On doit avoir un projet de reconquête», a-t-il poursuivi, exhortant à rendre de nouveau la langue française «hospitalière» en montrant que l'on peut parler un français qui n'est «pas forcément académique», mais une langue facilitant le commerce.

Pour le continent africain, «c'est la vraie langue universelle», «la francophonie c'est la langue du panafricanisme», a-t-il encore opiné.

Emmanuel Macron repartira dans la soirée avant la fin du sommet qui s'achève dimanche.

Francophonie «inaudible» ?

La réélection de la secrétaire générale de l'OIF, la Rwandaise Louise Mushikiwabo, seule candidate en lice, est également au programme des deux jours de rencontres entre représentants d'un espace de 321 millions de francophones qui plus que doubleront à 750 millions en 2050, grâce à la démographie africaine.

Avant le sommet, Mme Mushikiwabo a dit vouloir demander aux États membres de "redoubler d'efforts" face à un recul du Français dans les organisations internationales.

En dépit de voix critiques dénonçant une Francophonie "inaudible", Mme Mushikiwabo a jugé son organisation "plus pertinente que jamais" et en mesure d'"apporter une petite plus-value" à "la plupart des problèmes du monde", citant la COP27.

Selon un responsable du Canada, poids lourd de la Francophonie, l'organisation "peut être une force positive" sur des questions comme "la paix, la prospérité économique et la consolidation de la démocratie".

Ce responsable a indiqué que le Canada voulait par ailleurs se faire l'écho, lors du sommet, des "inquiétudes" pour "la participation démocratique" en Tunisie depuis que le président Saied s'est emparé des pleins pouvoirs en juillet 2021, et qui traverse une grave crise socio-économique.

La Tunisie accueille cette rencontre qui se tient habituellement tous les deux ans, après deux reports – en 2020 pour cause de Covid-19, puis à l'automne 2021 après le coup de force du président tunisien Saied, accusé d'avoir mis fin à une expérience démocratique unique dans le monde arabe. 

De gauche à droite, Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de l'OIF, Charles Michel, président du Conseil européen, Kais Saïed président de la république de Tunisie (capture d'écran, Mélinda Mrini))
De gauche à droite, Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de l'OIF, Charles Michel, président du Conseil européen, Kais Saïed président de la république de Tunisie (Photo, Mélinda Mrini)

 

Le président du Sénégal, Macky Sall, au centre, entouré, de gauche à droite de la secrétaire générale de l'OIF Louise Mushikiwabo et du président de la Tunisie Kais Saïed (photo, Mélinda Mrini)
Le président du Sénégal, Macky Sall, au centre, entouré, de gauche à droite de la secrétaire générale de l'OIF Louise Mushikiwabo et du président de la Tunisie Kais Saïed (photo, Mélinda Mrini)

 

L’OIF, en bref

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) est une institution fondée sur le
partage d’une langue, le français, et de valeurs communes. Elle rassemble 88 États et gouvernements.
Selon un rapport sur la langue française dans le monde, publié en 2022, il y aurait plus de 321 millions de locuteurs de français. Présente sur les cinq continents, l’OIF mène des actions
politiques et de coopération dans les domaines prioritaires suivants : la langue française et la
diversité culturelle et linguistique; la paix, la démocratie et les droits de l’Homme ; l’éducation et la formation ; le développement durable et la solidarité. 
La Secrétaire générale conduit l’action politique de la Francophonie, dont elle est la porte-
parole et la représentante officielle au niveau international. Louise Mushikiwabo a été élue à
ce poste lors du XVIIe Sommet de la Francophonie, en octobre 2018, à Erevan (Arménie).
Mme Mushikiwabo a pris ses fonctions en janvier 2019.

«Francophonie économique»

La tenue du sommet en Tunisie est "un succès" pour son président car elle va "le sortir de son isolement au moins temporairement", selon le politologue français Vincent Geisser.

Mais le sommet n'éclipsera pas la crise traversée par la Tunisie, comme est venue le rappeler vendredi une tentative de manifestants de se rendre à Djerba pour attirer l'attention sur la disparition, il y a deux mois dans un naufrage, de 18 migrants tunisiens, partis d'une ville voisine.

Comme bon nombre de membres de l'OIF, la province canadienne du Québec entend profiter du sommet pour "accroître (sa) présence en Afrique francophone où les occasions d'affaires se multiplient".

"Leader en matière de francophonie économique", le Québec insistera via son Premier ministre François Legault "sur l'importance du français, troisième langue d'affaires dans le monde", selon un communiqué officiel.

Pour la ministre sénégalaise à la Francophonie, Penda Mbow, "on jugera les pays francophones sur leur capacité à réduire la fracture numérique au sein de leur société".

Mme Mbow pronostique aussi un rôle accru de la Francophonie dans la gestion des crises internationales.

Mais pour Alioune Tine, figure de la société civile sénégalaise, l'OIF s'est montrée "totalement impuissante, face à des élections frauduleuses, aux troisièmes mandats (de dirigeants africains, NDLR) et aux coups d'État militaires", au Mali, en Guinée ou au Burkina Faso.

Membres et observateurs

54 ÉTATS ET GOUVERNEMENTS MEMBRES
Albanie • Principauté d’Andorre • Arménie • Belgique • Bénin • Bulgarie • Burkina Faso •
Burundi • Cabo Verde • Cambodge • Cameroun • Canada • Canada-Nouveau-Brunswick•
Canada-Québec • Centrafrique • Comores • Congo • République Démocratique du
Congo • Côte d’Ivoire • Djibouti • Dominique • Égypte • France • Gabon • Grèce • Guinée •
Guinée-Bissau • Guinée équatoriale • Haïti • Laos • Liban • Luxembourg • Macédoine du Nord• Madagascar • Mali • Maroc • Maurice • Mauritanie • Moldavie • Monaco • Niger • Roumanie • Rwanda • Sainte-Lucie • Sao Tomé-et-Principe • Sénégal • Seychelles • Suisse• Tchad •Togo • Tunisie • Vanuatu • Vietnam • Fédération Wallonie-Bruxelles

7 MEMBRES ASSOCIÉS
Chypre • Émirats arabes unis • France–Nouvelle-Calédonie • Ghana • Kosovo • Qatar • Serbie

27 OBSERVATEURS
Argentine • Autriche • Bosnie-Herzégovine • Canada/Ontario • Corée du Sud • Costa Rica•
Croatie • Dominicaine (République) • Estonie • Gambie • Géorgie • Hongrie • Irlande • Lettonie• Lituanie • Louisiane • Malte • Mexique • Monténégro • Mozambique • Pologne • Slovaquie• Slovénie • tchèque (République) • Thaïlande • Ukraine • Uruguay

Dès le début de son discours d’ouverture de la conférence de la Francophonie, la Secrétaire générale de l’OIF  a cité Gustave Flaubert qui décrit dans un de ses roman Djerba comme une île merveilleuse où « l’air est si doux qu’il empêche de mourir » ... Nous ne sommes pas rassemblés à Djerba aujourd’hui dans une quête spirituelle d’éternité. Mais nous sommes ici pour que ce XVIIIe Sommet de la Francophonie permette d’inscrire, de manière effective et significative, notre Organisation dans l’avenir, a-t-elle déclaré.

Elle a tenue à rendre hommage à l’ancien président tunisien, Habib Bourguiba un des pères fondateur de la Francophonie qui était « en avance sur son temps, convaincu des bienfaits de la politique interculturelle, adepte de l’éducation bilingue, engagé pour le progrès du statut de la femme, qui restent, encore de nos jours, des piliers de la société tunisienne, mais aussi et surtout, de la coopération francophone. » 

Louis Mushikiwado est revenue sur ces quatre dernières années dont « le climat a été peu favorable » en raison de la pandémie de Covid 19, la récession économique, la multiplication de crises et de conflits politiques, les effets du réchauffement de la planète... La secrétaire générale s’est toutefois dit heureuse que «ces circonstances adverses ne nous ont pas empêchés d’avoir des résultats probants et encourageants. »

Elle a mis en avant le nouveau Cadre stratégique 2023-2030 qui sera adopté lors du Sommet, et qui aura en ligne de mire trois principaux objectifs : l’action pour les jeunes et les femmes ; l’influence sur la scène internationale ; et l’attractivité.

Le nom du nouveau secrétaire général sera connu ce soir après son élection. La date et le lieu du sommet de la Francophonie sera aussi annoncé.


Trump offre sa médiation à propos du mégabarrage sur le Nil

Le président américain Donald Trump et le président égyptien Abdel Fattah Al-Sisi à Charm el-Cheikh, en Égypte, le 13 octobre 2025. (REUTERS)
Le président américain Donald Trump et le président égyptien Abdel Fattah Al-Sisi à Charm el-Cheikh, en Égypte, le 13 octobre 2025. (REUTERS)
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  • Donald Trump propose de relancer la médiation américaine entre l’Égypte et l’Éthiopie afin de résoudre durablement le différend sur le partage des eaux du Nil lié au Grand barrage de la Renaissance
  • Le président américain met en garde contre tout contrôle unilatéral du Nil et appelle à une solution évitant un conflit armé

WASHINGTON: Donald Trump a offert sa médiation à l'Egypte et l'Ethiopie à propos du mégabarrage sur le Nil, le plus grand d'Afrique, dans une lettre adressée au dirigeant égyptien Abdel Fattah al-Sissi et rendue publique vendredi par la Maison Blanche.

"Je suis prêt à relancer la médiation américaine entre l'Egypte et l'Ethiopie afin de résoudre de manière responsable et définitive la question du partage des eaux du Nil", écrit le président américain dans ce courrier.

Il a ajouté qu'"aucun Etat dans la région ne devrait contrôler de manière unilatérale les ressources précieuses du Nil et, ce faisant, désavantager ses voisins".

Le dirigeant républicain a souligné qu'il espérait trouver une formule garantissant un approvisionnement en eau prévisible pour l'Egypte et le Soudan, et permettant à l'Ethiopie de vendre ou de fournir de l'électricité aux deux pays en aval.

Dans ce courrier, avec copie aux dirigeants saoudien, émirati, éthiopien et soudanais, M. Trump salue le rôle joué par l'Egypte dans le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza.

Et il dit "sincèrement espérer que cette dispute légitime à propos du GERD ne mènera pas à un conflit armé majeur entre l'Egypte et l'Ethiopie".

L'Ethiopie, après 14 ans de travaux, a officiellement inauguré en septembre son Grand barrage de la Renaissance (GERD) sur le Nil, plus grand ouvrage hydroélectrique d'Afrique, malgré les tensions générées avec l'Egypte en particulier, qui le qualifie de "menace existentielle", craignant un tarissement de sa principale source d'approvisionnement en eau.

Le GERD se trouve sur le Nil Bleu, qui prend sa source en Ethiopie et s'écoule jusqu'au Soudan, où il rencontre le Nil Blanc pour former le Nil. Le Nil Bleu fournit jusqu'à 85% des eaux du Nil.

Or l'Egypte et ses environ 110 millions d'habitants dépendent à 97% du Nil pour leurs besoins hydriques, notamment pour l'agriculture.

Le Soudan a également fait part de son inquiétude.

Différentes tentatives de médiation depuis une décennie entre les trois pays - sous l'égide successivement des Etats-Unis, de la Banque mondiale, de la Russie, des Emirats arabes unis et de l'Union africaine - ont toutes échoué.


Les dernières sanctions américaines ciblent les réseaux de financement des Houthis, selon le Trésor

Vendredi, l'administration Trump a imposé de nouvelles sanctions visant davantage les Houthis soutenus par l'Iran au Yémen et le transfert de produits pétroliers, d'armes et d'autres équipements dits à double usage qui, selon elle, contribuent à financer le groupe. (AP/Photo d'archive)
Vendredi, l'administration Trump a imposé de nouvelles sanctions visant davantage les Houthis soutenus par l'Iran au Yémen et le transfert de produits pétroliers, d'armes et d'autres équipements dits à double usage qui, selon elle, contribuent à financer le groupe. (AP/Photo d'archive)
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  • Depuis 2023, les Houthis ont lancé de nombreuses attaques contre des navires en mer Rouge qu’ils considèrent liés à Israël

WASHINGTON : L’administration Trump a annoncé vendredi de nouvelles sanctions visant les Houthis soutenus par l’Iran au Yémen, ainsi que le transfert de produits pétroliers, d’armes et d’autres équipements dits à double usage, qui auraient financé le groupe.

Cette action cible 21 personnes et entités ainsi qu’un navire, incluant certaines sociétés-écrans présumées au Yémen, à Oman et aux Émirats arabes unis, a indiqué l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Trésor dans un communiqué.

« Les Houthis menacent les États-Unis en commettant des actes de terrorisme et en attaquant des navires commerciaux transitant par la mer Rouge », a déclaré le secrétaire au Trésor Scott Bessent.

Cette mesure s’inscrit dans la continuité des actions précédentes du Trésor pour faire pression sur les « vastes réseaux de génération de revenus et de contrebande des Houthis, qui permettent au groupe de maintenir sa capacité à mener des activités régionales déstabilisatrices », y compris les attaques en mer Rouge.

Le point central du nouveau paquet de sanctions est Janat Al Anhar General Trading LLC, l’un des nœuds financiers les plus sensibles du réseau extérieur des Houthis.

Bien que la société soit enregistrée aux Émirats, selon des sources consultées par Al-Masdar Online, elle fonctionne pratiquement comme une chambre de compensation pour les transferts d’argent du marché noir liés aux Houthis. Elle traite des fonds utilisés par des commerçants affiliés au groupe pour acheter des marchandises de contrebande, des pièces détachées, du matériel et même des cargaisons liées à l’armement en provenance de Chine et d’autres pays.

Janat Al Anhar relie un réseau de commerçants à Sanaa à des circuits financiers externes aux Émirats et au-delà, permettant aux Houthis de gérer des flux financiers parallèles hors du système bancaire officiel et à l’abri de la surveillance.

Janat Al Anhar est le nouveau nom commercial d’Abu Sumbol General Trading LLC après sa désignation en 2024 pour soutien à Sa’id Al-Jamal, facilitateur financier des Houthis basé en Iran.

Les sociétés émiraties Al Sharafi Oil Companies Services et Adeema Oil FZC, détenues par Waleed Fathi Salam Baidhani, ainsi qu’Arkan Mars Petroleum DMCC, ont également été désignées comme facilitatrices majeures pour le pétrole et le gaz au profit des Houthis.

« Ces sociétés reçoivent un soutien financier du gouvernement iranien et maintiennent des liens avec des ressortissants iraniens », note le Trésor.

Également sanctionnée, Alsaa Petroleum and Shipping FZC (Alsaa), détenue par le ressortissant iranien Imran Asghar, facilite les transactions financières entre le gouvernement iranien et les sociétés pétrolières affiliées aux Houthis. Alsaa a également agi comme société-écran pour effectuer des paiements et examiner des transactions pour Arkan Mars Petroleum DMCC.

Le Trésor américain a aussi désigné New Ocean Trading FZE (New Ocean) comme agent d’une société yéménite qui se procurait du matériel militaire pour les Houthis.

« New Ocean a importé des dispositifs de communication, des systèmes techniques et de contrôle, des ordinateurs, de l’électronique, du matériel de forage, des matériaux industriels et électriques et des systèmes énergétiques vers les zones contrôlées par les Houthis au Yémen », précise l’agence américaine.

« New Ocean a fourni des services logistiques et financiers à l’importateur de pétrole Houthi Arkan Mars Petroleum Company en tant qu’expéditeur d’une cargaison de carburant entre Sharjah (Émirats) et Ras Isa (Yémen).

« Suite à cette action, tous les biens et intérêts dans les biens des personnes désignées ou bloquées, situés aux États-Unis ou en possession ou sous contrôle de ressortissants américains, sont bloqués et doivent être signalés à l’OFAC. »

« De plus, toute entité possédée, directement ou indirectement, à hauteur de 50 % ou plus par une ou plusieurs personnes bloquées est également bloquée. Sauf autorisation par une licence générale ou spécifique délivrée par l’OFAC, ou exemption, la réglementation de l’OFAC interdit généralement toutes les transactions par des ressortissants américains ou aux États-Unis impliquant des biens ou intérêts de personnes bloquées. »

Depuis 2023, les Houthis ont mené de nombreuses attaques contre des navires en mer Rouge qu’ils considèrent liés à Israël, affirmant agir en solidarité avec les Palestiniens face à la guerre israélienne à Gaza.

L’influence régionale de Téhéran a été affaiblie par les attaques israéliennes contre ses proxies, y compris les Houthis au Yémen.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le roi Salmane d’Arabie saoudite quitte l’hôpital après des examens médicaux à Riyad

Aucune autre information n'a été fournie concernant son état de santé ou tout autre détail médical. (AFP)
Aucune autre information n'a été fournie concernant son état de santé ou tout autre détail médical. (AFP)
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RIYAD : Le roi Salmane d’Arabie saoudite a quitté vendredi soir l’hôpital spécialisé King Faisal de Riyad, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Le souverain y avait effectué des examens médicaux, avait indiqué plus tôt l’Agence.

Selon le communiqué, les résultats des examens se sont révélés « rassurants ». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com