L'UE s'inquiète des licenciements chez Twitter

Le commissaire européen à la Justice a fait part jeudi à Dublin de son inquiétude à propos des licenciements chez Twitter depuis son rachat par Elon Musk, après des informations de presse sur une fermeture du bureau du groupe à Bruxelles. (PHOTO, AFP)
Le commissaire européen à la Justice a fait part jeudi à Dublin de son inquiétude à propos des licenciements chez Twitter depuis son rachat par Elon Musk, après des informations de presse sur une fermeture du bureau du groupe à Bruxelles. (PHOTO, AFP)
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Publié le Jeudi 24 novembre 2022

L'UE s'inquiète des licenciements chez Twitter

  • Suite à l'acquisition de l'entreprise le mois dernier, Elon Musk a licencié environ la moitié des 7 500 employés de Twitter, y compris de nombreux employés chargés de la lutte contre la désinformation
  • Les activités européennes de Meta et Twitter sont installées en Irlande, tout comme celles de Google, Apple et Microsoft, ce qui fait de l'agence irlandaise de protection des données le principal régulateur chargé de leur demander des comptes en Europe

DUBLIN: Le commissaire européen à la Justice a fait part jeudi à Dublin de son inquiétude à propos des licenciements chez Twitter depuis son rachat par Elon Musk, après des informations de presse sur une fermeture du bureau du groupe à Bruxelles.

"Nous sommes préoccupés par la décision de faire travailler de moins en moins de personnes dans l'entreprise", a déclaré le commissaire européen à la Justice, Didier Reynders, à Dublin, où Twitter et d'autres groupes technologiques américains ont leur siège européen.

"Lorsque nous discutons des discours de haine, je suis sûr que nous avons besoin de ressources humaines", a-t-il ajouté après une réunion avec des représentants de Twitter.

"Si vous voulez détecter efficacement et prendre des mesures contre la désinformation et la propagande, cela nécessite des ressources. Surtout dans le contexte de la guerre de désinformation", a tweeté la vice-présidente de la Commission européenne Vera Jourova.

Une évaluation de l'UE a montré que le nombre de notifications de discours haineux examinées par les principaux réseaux sociaux en 24 heures est passé de 90% en 2020, à 81% en 2021 et 64% en 2022.

Les chiffres montrent que seul YouTube a amélioré son taux de suppression des contenus de haine - tels que définis par un code de conduite de l'UE - alors que les efforts de Twitter et d'autres entreprises technologiques ont diminué.

Les inquiétudes concernant Twitter après son rachat par Elon Musk ont grandi jeudi: selon le Financial Times, la société a démantelé son bureau de Bruxelles, après le départ des cadres qui étaient chargés de la conformité avec les règles de l'UE.

"C'est une préoccupation supplémentaire, car pour nous, avoir une équipe dédiée à la relation avec les institutions européennes est très important", a déclaré Didier Reynders en réaction à l'article du Financial Times.

Toutefois, le commissaire européen a ajouté qu'il était "optimiste de nature" et qu'il avait reçu des engagements selon lesquels l'équipe de Twitter à Dublin assumerait ce rôle.

Suite à l'acquisition de l'entreprise le mois dernier, Elon Musk a licencié environ la moitié des 7 500 employés de Twitter, y compris de nombreux employés chargés de la lutte contre la désinformation.

Pendant son séjour à Dublin, M. Reynders doit également rencontrer des représentants de Meta, le propriétaire de Facebook, vendredi.

Le fondateur de Facebook et dirigeant de Meta Mark Zuckerberg a annoncé le 9 novembre la suppression de 11 000 postes, soit environ 13% de ses effectifs, en raison d'une baisse de la publicité.

Les activités européennes de Meta et Twitter sont installées en Irlande, tout comme celles de Google, Apple et Microsoft, ce qui fait de l'agence irlandaise de protection des données le principal régulateur chargé de leur demander des comptes en Europe.


USA et UE tentent de trouver des convergences sur le commerce et la technologie

La représentante américaine au Commerce Katherine Tai, le secrétaire d'État américain Antony Blinken, la secrétaire américaine au Commerce Gina Raimondo, la vice-présidente exécutive de la Commission européenne Margrethe Vestager et le vice-président exécutif de la Commission européenne Valdis Dombrovskis participent à un dialogue des parties prenantes USA - UE lors de la réunion ministérielle du Conseil du commerce et de la technologie (TTC) à l'Université du Maryland à College Park, Maryland, le 5 décembre 2022 (Photo, AFP).
La représentante américaine au Commerce Katherine Tai, le secrétaire d'État américain Antony Blinken, la secrétaire américaine au Commerce Gina Raimondo, la vice-présidente exécutive de la Commission européenne Margrethe Vestager et le vice-président exécutif de la Commission européenne Valdis Dombrovskis participent à un dialogue des parties prenantes USA - UE lors de la réunion ministérielle du Conseil du commerce et de la technologie (TTC) à l'Université du Maryland à College Park, Maryland, le 5 décembre 2022 (Photo, AFP).
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  • Cette troisième réunion du Conseil pour le commerce et les technologies (TTC), à l'Université du Maryland près de la capitale américaine, doit «lancer de nouvelles initiatives concrètes»
  • Le TTC avait été lancé par le président américain Joe Biden et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen en juin 2021

COLLEGE PARK, Etats-Unis: L'administration américaine et une délégation de la Commission européenne se retrouvent lundi près de Washington afin de tenter de rapprocher les deux premières économies mondiales sur les questions du commerce et des nouvelles technologies, mais peu d'avancées concrètes sont attendues.

Cette troisième réunion du Conseil pour le commerce et les technologies (TTC), à l'Université du Maryland près de la capitale américaine, doit "lancer de nouvelles initiatives concrètes" permettant de renforcer "notre coopération", selon des officiels américains.

Le TTC avait été lancé par le président américain Joe Biden et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen en juin 2021.

Les discussions rassemblent le secrétaire d'Etat Antony Blinken, la ministre du Commerce Gina Raimondo et l'ambassadrice au Commerce Katherine Tai côté américain, et côté européen, les commissaires Valdis Dombrovskis, en charge du commerce, et Margrethe Vestager, pour la concurrence.

Les conséquences du grand plan américain pour le climat et l'emploi (IRA) doivent faire partie des sujets de discussion, a-t-on assuré côté européen. Cela suscite en effet des inquiétudes tant à Bruxelles que dans les capitales européennes.

Le président français Emmanuel Macron en avait discuté avec son homologue américain Joe Biden la semaine dernière lors de sa visite d'Etat à Washington. La délégation française s'est dite satisfaite d'avoir été entendue par l'administration américaine.

"Le président a fait prendre conscience à M. Biden et son administration des conséquences possibles de l'IRA sur l'industrie européenne, qui est déjà fragilisée par la guerre en Ukraine et par les prix de l'énergie", a ainsi assuré vendredi le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, lors d'un entretien à l'AFP.

Pour autant, peu d'avancées concrètes sont attendues des discussions lundi. Les marges de manœuvres américaines sont réduites sur l'IRA, entre perte de la majorité démocrate à la Chambre des représentants début janvier, conséquence des élections de mi-mandat, et l'aspect hautement symbolique du plan pour Joe Biden.

"Il y a une volonté de prendre en compte nos inquiétudes sans entrer en confrontation", a précisé à la presse un responsable européen présent sur place, tout en soulignant qu'il y avait toujours côté européen "l'attente d'une réponse plus solide" de la part des Etats-Unis.

La volonté européenne est de s'appuyer sur les précédentes discussions relatives aux semi-conducteurs, qualifiées de "coopération très positive" et vues comme "un bon point de départ" pour avancer sur les préoccupations liées à l'IRA, a-t-on expliqué de même source.

Cependant, la délégation européenne reconnaît qu'une évolution éventuelle de la législation sera "très difficile", tout en soulignant qu'il y a aussi "ce qu'ils peuvent faire en terme de mise en place".

Le commissaire européen Thierry Breton, chargé du marché intérieur, a pour sa part choisi de ne pas accompagner ses collègues aux Etats-Unis du fait du peu d'avancées attendues sur ce sujet.

"L'agenda du TTC ne laisse pas suffisamment d'espace pour répondre aux inquiétudes de nombreux ministres et industriels européens, le commissaire a donc décidé de ne pas y assister", expliquait-on à son bureau à Bruxelles vendredi.

Les discussions traiteront également notamment des conséquences de la guerre russe en Ukraine sur l'économie mondiale ainsi que des politiques économiques chinoises et des défis qu'elles représentent tant pour les Etats-Unis que l'Europe.


Allemagne : le rebond des ventes de voitures se poursuit en novembre

Des voitures sont exposées lors de la pré-nuit Mercedes-Benz du Salon international de l'automobile (IAA) Allemagne, le 5 septembre 2021, à Munich (Photo, AFP).
Des voitures sont exposées lors de la pré-nuit Mercedes-Benz du Salon international de l'automobile (IAA) Allemagne, le 5 septembre 2021, à Munich (Photo, AFP).
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  • Au total, 260 512 automobiles ont été immatriculées dans la première économie européenne
  • Les autres marchés européens comme la France, l'Autriche, l'Espagne, l'Italie et la Suisse ont connu des hausses en novembre, moins importantes toutefois qu'en Allemagne

BERLIN: Le marché automobile allemand a poursuivi sa hausse en novembre, confirmant une embellie pour la fin de l'année, malgré une moyenne annuelle qui reste toujours à un niveau historiquement bas, selon des chiffres publiés lundi.

Au total, 260 512 automobiles ont été immatriculées dans la première économie européenne, soit une hausse de 31,4% sur un an, a indiqué dans un communiqué lundi l'Agence fédérale pour l'automobile (KBA).

C'est la quatrième hausse consécutive pour cet indicateur.

"À la fin d’une année automobile globalement décevante, l’espoir d’un petit sprint final apparaît", relève Reinhard Zirpel, président de la fédération des importateurs automobiles VDIK, cité dans un communiqué.

Le bilan depuis janvier reste toutefois sous son niveau de l'année 2021, déjà historiquement bas. L'écart annuel se réduit avec une différence de -2,4% en novembre, contre -5% en octobre.

L'industrie automobile a été durement touchée en 2020 et en 2021 par les restrictions sanitaires pendant la pandémie de coronavirus, qui ont eu des conséquences sur l'approvisionnement des industriels en semi-conducteurs.

"La croissance actuelle montre que la disponibilité" de ces éléments "s'améliore après avoir conduit à de massives chutes de production l'an dernier", affirme Peter Fuss, expert pour EY.

Mais la branche fait désormais face aux conséquences de la crise énergétique, de la guerre en Ukraine et de la politique zéro Covid en Chine, qui plombe l'ensemble de l'industrie allemande.

Les perspectives sont donc "mitigées" pour 2023, selon EY.

Dans le détail, les voitures 100% électriques ont représenté en novembre 22,3% des immatriculations, devant le diesel (15,3%), mais derrière l'essence (27,9%).

"Pour la première fois, plus de 100 000 véhicules électriques ont été immatriculés sur un mois", s'est félicitée la fédération de constructeurs VDA dans un communiqué.

Les automobiles de la marque Volkswagen sont restées en novembre à la tête du marché, avec une part de 18,0%, devant Mercedes (10,6%).

Les autres marchés européens comme la France, l'Autriche, l'Espagne, l'Italie et la Suisse ont connu des hausses en novembre, moins importantes toutefois qu'en Allemagne, selon EY.


La croissance du secteur non pétrolier en Arabie saoudite est la plus élevée depuis septembre 2021

Les coûts de production se sont accrus dans les secteurs de la fabrication, du commerce de gros et de détail et des services. (Shutterstock)
Les coûts de production se sont accrus dans les secteurs de la fabrication, du commerce de gros et de détail et des services. (Shutterstock)
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  • Le dernier rapport PMI de la Riyad Bank d’Arabie Saoudite indique que le Royaume maintient la croissance du secteur privé non pétrolier pour le 27e mois consécutif
  • «Les niveaux de production dans le secteur non pétrolier du Royaume ont progressé à leur rythme le plus rapide depuis sept ans», selon Naïf al-Ghaith, économiste en chef à la Riyad Bank

RIYAD: L’indice des directeurs d’achat (PMI) d’Arabie saoudite a atteint 58,5 en novembre – son niveau le plus élevé depuis septembre 2021 – alors que le secteur privé non pétrolier du Royaume continue de se développer dans un contexte de pression inflationniste croissante, selon un rapport.

Le dernier rapport PMI de la Riyad Bank d’Arabie Saoudite indique que le Royaume maintient la croissance du secteur privé non pétrolier pour le 27e mois consécutif.

En octobre, l’indice PMI saoudien était de 57,2, alors qu’il était de 56,6 en septembre. Selon l’indice, publié par S&P Global, les chiffres supérieurs à 50 indiquent une croissance, et ceux inférieurs à 50 signalent une contraction.

«L’économie saoudienne a poursuivi son expansion dans le secteur non pétrolier en novembre, et les conditions commerciales se sont améliorées dans tous les domaines à la lumière de la hausse de la demande», a affirmé Naïf al-Ghaith, économiste en chef à la Riyad Bank.

M. Al-Ghaith a ajouté que les niveaux de production dans le secteur non pétrolier du Royaume ont progressé à leur rythme le plus rapide depuis sept ans, ce qui a fait monter les pressions financières et entraîné une augmentation des prix facturés aux clients.

«Une amélioration des attentes des entreprises a également été observée en raison de l’exécution en cours des initiatives de la Vision 2030, ce qui a donné confiance dans les perspectives de la production future des activités non pétrolières», a-t-il souligné.

Selon le rapport, le taux de croissance des ventes des entreprises non pétrolières a atteint en novembre son niveau le plus élevé depuis plus d’un an, plus de 41% des entreprises interrogées ayant signalé une augmentation par rapport au mois précédent.

Le rapport note en outre que ces entreprises ont connu la hausse la plus rapide des nouvelles activités d’exportation depuis novembre 2015, en raison de des conditions domestiques dynamiques.

Le rapport PMI révèle également une recrudescence de l’inflation du coût des intrants en novembre, les prix moyens des intrants ayant enregistré une nette ascension, la plus rapide depuis juillet.

«L’accélération de l’inflation des coûts a entraîné une augmentation solide et plus rapide des coûts de production, les entreprises cherchant à répercuter la hausse des dépenses sur leurs clients», ajoute le rapport.

Le rapport indique par ailleurs que les coûts de production se sont accrus dans les secteurs de la fabrication, du commerce de gros et de détail et des services, alors qu’ils ont diminué dans le secteur de la construction.

D’après le rapport, la création d’emplois dans le secteur non pétrolier a été très faible en novembre, la plupart des entreprises n’ayant pas changé leurs effectifs.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com